Ça y est, je l’ai fait. J’ai enfin joué à The Cursed Knight de GGS Studio Creation… Il est mortel ! Désolé pour le spoil, voulez-vous plus de précisions ? Ce sera avec plaisir, mesdames et messieurs, car une nouvelle sortie sur Mega Drive est déjà un événement en soi, et encore plus lorsque le jeu est bon.
Et il l’est, indéniablement. Depuis quelques années, nous avons la chance d’assister à un renouveau de la scène homebrew. Des titres comme Tanglewood, Xeno Crisis, Demons of Asteborg… auront sûrement ravi les acharnés qui n’ont toujours pas mis au placard leur Mega Drive. Eh bien, ils ne sont pas près de le faire.
Il y a un jeu en particulier que j’ai réellement a-do-ré ces derniers temps : Tänzer. C’est avec ce dernier que je pourrais comparer The Cursed Knight, un titre dans lequel on fonce en explosant tout sur son passage, mais avec réflexion. Le joueur désireux de performer devra trouver le chemin le mieux optimisé pour atteindre la fin d’un niveau.
Le jeu est pensé pour le speedrun, cette impressionnante discipline dont je raffole personnellement. Ça sent les ampoules aux doigts, les amis ! J’espère d’ailleurs que TCK sera référencé sur les sites spécialisés afin que l’on puisse comparer les temps et faire perdurer la hype. Mais attendons déjà que le jeu sorte et voyons un peu ce qui nous attend.
Passion et pixels…
Ça va doser sévère, j’en suis persuadé. Comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on voit la qualité du soft ? Déjà, commençons par ce qui saute aux yeux : les graphismes. Ceux-ci sont aux petits oignons, si je puis me permettre. Et lorsqu’on pense que le chef était seul en cuisine… chapeau l’artiste !
L’ambiance générale est géniale. Les décors où se déroule l’action sont très bien réalisés, en plus d’être variés. Si The Cursed Knight commence dans un délire de science-fiction « traditionnelle », avec son lot de voitures volantes et autres robots à abattre (attendez un peu de voir la phase avec la moto d’Akira !), il va peu à peu s’en émanciper pour aller vers quelque chose de plus organique, de plus « dérangeant », aurais-je presque envie de dire.
J’ai encore en tête le boss final, qui est spectaculaire à souhait et tellement, mais tellement badass ! Vous n’êtes pas prêts. D’ailleurs, c’est l’ensemble des boss qui impressionne. Ils sont tous gigantesques et il faudra bien assimiler leurs différents patterns pour en venir à bout, le bourrinage pur et simple ne menant généralement qu’à l’écran de Game Over, qui est d’ailleurs, lui aussi, particulièrement stylé avec son esthétique gothique.
Le niveau de shoot ’em up dans lequel on progresse entre d’immenses côtes, le combat contre le pendant pixelisé du célèbre youtubeur Gemu Oni, qui vous one-shot en vous tranchant la tête, le gros bébé étrange et franchement malsain, ou encore le boss final… Tout est délicieusement creepy.
Dans les décors de TCK, dans son character design, dans sa colorimétrie, dans sa technique… On sent tout l’amour du designer pour son jeu, toutes les heures passées à peaufiner tel ou tel détail, à refaire pour la énième fois le sprite d’un ennemi…
Et pour englober tout ça, une bande-son sublime. Un sacré travail a également été fourni sur les musiques et les bruitages. Que ça fait du bien d’entendre cette sonorité si typique de la Mega Drive en 2022 ! Et ce, de la plus belle des manières.
Réellement, la musique dans TCK est l’un des points forts du jeu et participe grandement au fait que le joueur reste les yeux rivés sur son écran, tryhardant, la bave aux lèvres, pour trouver la route la plus rapide vers son objectif. J’insiste sur le côté performance du soft, car je trouve ce genre d’initiative géniale. J’y reviendrai, mais pour en finir avec la réalisation : nous avons là un pur jeu Mega Drive.
Voilà. Officiel ou non, The Cursed Knight, publié par Broke Studio, vient fièrement grossir les rangs de la déjà fabuleuse ludothèque de la 16 bits de SEGA. Et je rappelle que le développement n’est pas le métier des hommes derrière ce jeu : c’est la passion qui les anime. On peut dès lors leur donner du « Monsieur » à chacun d’entre eux.

Try-haaaaard…
Après une introduction rendant hommage aux classiques, et plus particulièrement à Ghouls ‘n Ghosts, notre petit héros ninja part sauver sa belle. La fameuse histoire du chevalier blanc bravant tous les dangers par amour. Le roi a placé tous ses espoirs en lui, et il ne peut faillir…
Est-ce que je vous le dis ? J’hésite… Allez, je vais tenir ma langue pour ceux ayant pris soin de ne pas trop en voir. Sachez juste qu’un sacré twist survient très rapidement et que le scénario va vous surprendre. Les développeurs sont partis dans un sacré délire, et ce jusque dans le level design.
Celui-ci est complètement déjanté, et j’adore ça. On passe de la plate-forme au shoot ’em up en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et les chemins sont multiples. Est-ce que je prends le risque de tenter un double saut de l’ange ou est-ce que j’enclenche cette plate-forme mouvante pour avancer de façon plus sûre ? Une question récurrente…
Si, au départ, le soft se veut assez classique dans son déroulé et ses mécaniques, malgré son gameplay varié, le joueur atteint rapidement un certain point où les choses commencent à se compliquer. Ce moment, c’est lorsque la gravité fait son apparition. En appuyant sur le bouton associé, vous pouvez alterner à votre guise entre le sol et le plafond.
Cette mécanique donne lieu à de nombreux casse-têtes particulièrement ingénieux, demandant de faire preuve de skill et de mettre à profit les réflexes acquis durant la première partie du jeu. Par exemple, il arrivera au joueur de se trouver sur une plate-forme mouvante, de devoir se jeter dans le vide parce qu’un obstacle approche, puis d’inverser la gravité afin de retomber sous cette même plate-forme et poursuivre son chemin… la tête en bas. Vous voyez le principe ?
Une foule d’ennemis barrera la route du joueur, qui ne sera toutefois pas sans ressources puisqu’il disposera d’armes améliorables ainsi que d’un dash qu’il est possible de conclure par un coup de sabre.
Une mécanique d’ailleurs très pratique, mais que j’ai eu un peu de mal à assimiler au départ : l’auto-fire. Ce qui est vraiment appréciable, c’est qu’il fonctionne également au corps à corps. Notre chevalier-ninja sabre donc automatiquement ses ennemis dès qu’ils sont à portée, à condition de maintenir le bouton d’attaque enfoncé.
J’ai encore en tête le combat contre ce satané démon masqué. Celui-ci passe son temps à sauter et la meilleure technique consiste à faire de même, sans jamais relâcher le bouton d’attaque, afin de placer un coup à chaque fois que l’on croise sa trajectoire.
En tout cas, nul doute que les joueurs qui se procureront The Cursed Knight sauront ce qui les attend et assimileront rapidement toutes ces mécaniques de jeu qui empêchent le titre de devenir lassant sur la durée. De la plate-forme, du shmup, un gameplay basé sur la gravité, des boss gigantesques, des embranchements multiples… Que vous faut-il de plus ? Un système de ranking original ? Il propose aussi cela…

Trois niveaux de difficulté sont proposés : en Normal, le joueur dispose de vies infinies et réapparaît au dernier checkpoint ; en mode Old School, il ne bénéficie que de trois vies et de deux continues ; enfin, si vous osez la difficulté Insane, il faudra réussir l’exploit de terminer le jeu en one life.
Ce système confère une sacrée rejouabilité au titre. Il est certain que la recherche des meilleurs itinéraires à travers tous les niveaux va vous occuper un bon moment. Ajoutez à cela les boss, dont il faudra parfaitement retenir les patterns, les différences de gameplay… Bref, il y a de quoi faire dans The Cursed Knight.
Sachez que le temps moyen réalisé par les personnes ayant testé le jeu est d’environ 2 h 20, tandis que le record tourne autour des 40 minutes. À vos manettes (six boutons, de préférence) !
Dernière petite subtilité : la véritable fin ne s’offrira qu’aux plus méritants. Je ne suis pas en mesure de vous dire sous quel temps il faut terminer le jeu pour y avoir accès, mais si vous êtes trop lent, vous n’aurez pas le fin mot de cette histoire. J’aime bien ce genre de stratagème, qui donne vraiment envie de se dépasser pour atteindre cet objectif. Top.




