Indiana Jones et le Cercle Ancien a été testé sur la version Gamepass sur Xbox série X. Screenshots issus de cette même version.
Mon dernier test de l’année. Mon dernier test en retard de l’année. Alors pour ne pas alourdir ce retard encore un peu plus, place au test !!
Sans la moindre subtilité (un peu comme mon intro en fait), mais avec une efficacité redoutable ( pas comme mon intro en fait…), Indiana Jones et le Cercle Ancien nous offre comme mise en bouche rien de moins que de revivre la mythique scène du Temple Maudit et va jusqu’à se permettre d’oser la comparaison avec son illustre ainé en reprenant plan par plan certaines scènes clés. L’occasion de pouvoir surtout admirer la qualité et le soin apporté par les équipes de MachineGames à ces cinématiques et qui plonge immédiatement dans l’ambiance, doublé de ce plaisir nostalgique très plaisant de retrouver une licence majeure de la culture populaire.
Mais, se comparer aussi frontalement à ses propres origines dès les premières minutes de jeu, c’est aussi devoir tenir cette promesse tout au long de l’aventure.
Pour prolonger cette magie et donner vie à ses acteurs en polygones, le studio suédois s’est offert les services de comédiens de doublage de haute volée, à commencer par Richard Darbois, LA voix de Harrison Ford. Et si la différence d’âge entre le comédien et son avatar virtuel se fait parfois sentir, il aurait été impensable de confier cette tache à tout autre personne aussi talentueuse soit-elle. Bien entendu, l’ensemble du casting vocal offre une prestation tout aussi qualitative et ajoute au charme de tous les personnages qu’Indy rencontrera tout au long de ses aventures.
Ainsi et comme rarement dans un jeu vidéo, certaines scènes de comédie pure comme celle du confessionnal sont un vrai régal à voir et à entendre !!
L’histoire que l’on nous propose de vivre Indiana Jones et le Cercle Ancien se calque sur l’ossature scénaristique de la trilogie originale. Situé entre Les Aventuriers de l’Arche Perdue et La Dernière Croisade, l’action nous place en 1937 où le vol d’un artefact ancien dans l’enceinte du Marshall College sera le point de départ d’un voyage à travers le monde à la recherche d’un pouvoir mystique, très ancien et évidemment assez puissant pour dominer tout ou partie du monde.
Rajoutez des fascistes, chemises noires ou autres nazis eux aussi à la recherche de ce pouvoir pour leurs noirs desseins, saupoudrez le tout une pincée de surnaturel, et vous obtenez un scénario dans la droite lignée de ses origines cinématographiques, en étant à la fois simple d’accès et captivant à suivre car riche en intensité. On ne s’ennuie pas une minute tout au long de la vingtaine d’heures nécessaire pour en voir le dénouement final.
La première escale de notre périple sera le Vatican et ses souterrains où dorment de nombreux trésors du passé. Une première zone suffisamment vaste et au level design justement dosé pour trouver rapidement ses repères et offrir une liberté d’action suffisante pour aborder une même destination de plusieurs manières différentes. Cependant, si rien ne vous interdit de passer par la porte en éliminant toute menace comme un gros bourrin, il sera plus souvent judicieux et gratifiant de prendre de la hauteur à la recherche d’une fenêtre entre ouverte pour infiltrer des lieux où parfois, un déguisement sera nécessaire pour rejoindre votre objectif.
Car bien qu’en pleine fleur de l’âge, notre archéologue virtuel n’est pas pour autant un combattant aguerri ni même un Sam Fisher des années 30. Bien qu’expert en maniement du fouet, les déplacements d’Indiana Jones se montrent assez lourd, notamment pour toutes les phases d’escalade et de grimpettes. Héros du quotidien (ou presque), Indiana Jones et le Cercle Ancien va à l’encontre de ce que nous propose les productions vidéoludiques actuelles débordant de super-pouvoirs et autres capacités surhumaines réduisant tout challenge à peau de chagrin .
N’en déplaisent à ceux qui voyaient en lui un descendant de Wolfenstein ou de Dishonored, le dernier né de Bethesda est avant tout un jeu d’exploration et d’énigmes mâtiné d’action, tout comme ses ancêtres cinématographiques sont des films d’aventure saupoudrés de scènes spectaculaires.
Néanmoins, déambuler librement dans une zone de jeu reste très plaisant. Manette en main, le plaisir d’incarner et non de simplement diriger notre avatar est bien présent grâce notamment à la maitrise de la vue subjective chez MachineGames aussi bien pour les phases d’exploration que pour les combats à mains nues, au grand désarroi de ses détracteurs de la première heure qui se plaignaient de ce choix avant même la sortie du jeu.
On peut même soupçonner un sabotage volontaire des passages en vue à la troisième personne, tellement ces phases font peine à voir et cassent complètement le rythme, juste pour donner tord à ces crieurs inutilement plaintifs. (NDR: Rien ne le prouve, mais je trouve cela très drôle !!).
Le Vatican de la fin des années 30 grouille de vie et nombreux sont les PNJ que vous croiserez dans ses couloirs et allées. Si la plupart ne servent que de « décors vivants », certains d’entre eux vous donneront accès aux désormais inévitables quêtes secondaires. Production 2024 oblige, Indiana Jones et le Cercle Ancien contient son lot de missions de remplissages et autres collectibles inintéressantes au possible.
Fort heureusement, la plupart des objectifs annexes proposés bénéficient d’un soin remarquable pour motiver le joueur à les compléter, briser la monotonie d’un gameplay s’étalant sur plus de 20 heures et suffisamment courtes pour éviter toute dissonance narrative qui ferait perdre le fil de l’aventure principale.
Tout comme ses homologues sur pellicules, Indiana Jones et le Cercle Ancien est avant tout un produit grand public. Les énigmes présentes sont simples et ne bloqueront jamais votre progression. Les fans des point’n’click de LucasArts des années 90 resteront logiquement sur leur faim, mais grâce à une mise en scène efficace au possible, il y a un plaisir viscéral à voir ces mécanismes de pierre endormis depuis des centaines d’années se réveiller pour ouvrir une énorme porte gardienne d’un temple perdu (maudit ?). Et vous vous surprendrez à arborer ce sourire en coin iconique tel Harisson Ford dans ses plus belles heures.
Tout semble donc idyllique pour que la dernière proposition de Bethesda se fasse une place de choix dans les productions vidéoludiques de cette fin d’année. Cependant et à l’instar de l’autre grande saga de LucasFilms, Indiana Jones et le Cercle Ancien possède un côté obscur bien moins reluisant et parfois rédhibitoire.
Le statut de grosse production AAA oblige à minima à un sans faute technique pour jouer son rôle de produit vitrine et force est de constater que pour Indiana Jones et le Cercle Ancien, le compte n’y est pas.
Comme dit précédemment, si les cinématiques en imposent visuellement parlant, le downgrade graphique des visages principalement lors des phases de jeu est flagrant. Les décors se veulent magnifiques et quelques panoramas resteront dans les mémoires. Malheureusement, le clipping est trop présent pour être ignoré, surtout dans son dernier tiers à Sukhothaï. Certaines textures s’affichent tardivement. Certains éclairages couplés à une gestion des ombres qui veut trop en faire, pénalisent la lisibilité en jeu (l’exemple le plus flagrant sera ici la machine Enigma dont la solution de l’énigme s’entraperçoit plus qu’elle ne se voit vraiment).
Les PNJ sont souvent de simples clones dupliqués à l’envie et aux animations répétées comme des animatroniques de parc d’attractions. La partie sonore possède aussi son lot de casseroles, le mixage des voix ayant notamment tendance à faire n’importe quoi.
Comme dit précédemment, le gameplay et ses choix surprenant sont au final plutôt judicieux. Mais tout n’est pas parfait non plus quand on s’attarde en particulier dans le menu de pause active. Un menu que l’on est souvent amené à consulter puisque contenant la carte, les documents ramassés où se trouvent de précieux indices ou des codes pour ouvrir un coffre, ou encore la liste des missions secondaires à notre disposition.
Et si on peut pardonner la mécanique de l’objectif ne s’affichant que lorsque vous avez la carte en main, un peu comme dans Sea of Thieves, pour plus de « réalisme », naviguer entre les documents pour glaner ici où là une information importante s’avère tout bonnement laborieux. L’impression de trimballer une très lourde bibliothèque très mal rangée plutôt qu’un calepin se fait cruellement sentir au fur et à mesure que celui-ci s’étoffe.
Comme dit précédemment (encore !) la découverte du Vatican et ses mystères tout comme la découverte de la boucle de gameplay du jeu est un vrai plaisir manette en main. Dommage cependant que les zones de Gyseh et Sukhothaï, les deux autres grandes destinations, se contentent de reprendre à la virgule prêt le même schéma : quête principale, quêtes secondaires, collectibles à récupérer identiques d’une zone à l’autre pour des effets tout aussi identiques…on sent le côté « copié/collé » dans un nouveau décor malgré des tentatives intéressantes (en Himalaya) mais trop peu approfondies (le niveau de Shangaï) voir carrément ratées (le « bad trip » à l’université)
Bien sûr, impossible de passer sous silence LE truc qui fâche et met à feu et à sang le peu d’esprit restant dans les fans-boys/girls décérébrés qui pullulent sur la toile. Oui, vos adversaires sont stupides, aveugles, mal entendant voir même sourd et sont dotés de la réactivité digne d’un poulpe sous antidépresseur. L’excuse avancée de ce choix étant de s’ouvrir au maximum à tous les publics, on ne pas s’empêcher de penser qu’adapter les compétences de l’IA en fonction du niveau de difficulté souhaité aurait été plus pertinent .
Tel un jeu d’infiltration du début des années 2000, on ne compte plus les passages dans le dos du garde avec une torche enflammée éclairant comme un sapin de Noël, l’élimination de gardes à coups de pelles bruyantes mais ne faisant nullement réagir son collègues situé deux mètres plus loin, ou cette capacité à s’agglutiner comme des lemmings devant une porte étroite parce qu’ils veulent tous rentrer en même temps !!! Les nazis n’ont jamais été réputés pour leur intelligence (sinon ce ne seraient pas des nazis ^^) mais il ne faut peut être pas exagérer non plus !!









