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Test : Mafia 4 ‘The Old Country’ – Sous le soleil brillant de la Sicile…

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Mafia 4 ‘The Old Country’ a été testé sur PS5.

Annoncé depuis belle lurette, ce quatrième épisode de Mafia est enfin sorti de sa tanière pour prolonger une saga certes pas aussi reconnue que d’autres dans le petit milieu du jeu vidéo, mais qui possède tout de même son lot de fans, qui eux attendaient de pied ferme de pouvoir se replonger dans cet univers aux codes si particuliers.

Après un troisième opus en demi-teinte, sorti trop tôt et proposant un gameplay n’ayant pas satisfait les joueurs, suivi en 2020 par un remake du titre original de haute volée, Hangar 13 est donc de retour pour nous proposer cette fois-ci une préquelle aux jeux précédents, quittant l’Amérique et ses folles promesses pour nous plonger au cœur d’une Sicile millénaire… Andiamo !

ASCENSION

Sicile, 1904. Enzo est un jeune employé des mines exploité sans vergogne par la société détentrice des lieux, au même titre que des centaines de ses camarades. Suite à un coup de sang et un duel au couteau contre son chef, il se doit de fuir l’endroit sous peine de très mal finir… Chevauchant à vive allure dans la nuit noire, sans but, il finira par s’endormir dans une grange anonyme. Il y sera retrouvé au petit matin par ses poursuivants mais sera sauvé in extremis par l’exploitant du vignoble sur lequel il a trouvé refuge.

Dès lors il sera entièrement dévoué à son bienfaiteur, Bernardo Torrisi, un Don qui gère ses affaires d’une poigne de fer sur toute la région. En compagnie des lieutenants du Grand Patron, Enzo apprendra à la dure les lois de « La Famille » et y obtiendra sa place à force de persévérance, d’obéissance et d’abnégation. Et de crime de sang.

Il fera aussi la connaissance d’Isabella, une belle demoiselle au caractère espiègle qui ne le laisse pas insensible. Sera-t-elle la raison de sa perte ou de son absolution ?

Nous voici donc de retour dans l’univers de Mafia avec ce « The Old Country«  qui, dans bien des aspects, va retourner ‘aux sources’. À la fois des jeux mais aussi de l’organisation criminelle. On retrouvera cependant le schéma classique inhérent à ce genre de récit, avec l’arrivée du petit nouveau (que l’on incarne) qui sera à la fois l’événement déclencheur et l’apport narratif à l’histoire que l’on va suivre.

De retour donc, mais avec un élément essentiel qui va grandement différer des autres titres Mafia : son lieu. Parce que oui, fini la cabriole en milieu urbain, place ici à la ruralité dans toute sa splendeur. En dehors du chef-lieu du nom de San Celeste (et qui était d’ailleurs visible dans le prologue de Mafia II) et d’un ou deux patelins portuaires, l’entièreté de la carte est bien constituée de ce que l’on nomme parfois avec effroi ‘la campagne’.

Et c’est alors en milieu champêtre que se dérouleront la quinzaine de missions qui nourriront l’aventure d’Enzo, Luca et Cesare, notre trio central. Car oui, on retrouve la même construction narrative que précédemment (à l’exception du III, l’épisode ‘à part’ de la franchise), à savoir des chapitres desquels on ne pourra pas déroger.

L’exploration de la carte à votre guise se fera elle via un mode spécifique, accessible dans le menu principal via la section nous permettant justement de rejouer un chapitre. Le point intéressant, c’est que chaque évolution et chaque objet récolté lors de ces balades en toute liberté seront validés pour le mode histoire. Un élément à sérieusement prendre en compte de toute évidence…

Mais revenons un peu sur la véritable star du jeu : la Sicile. Le travail pour reconstituer l’île italienne de ce début de XXᵉ siècle est vraiment époustouflant et sans la moindre concession. On y retrouve son architecture, son ambiance très pieuse, ses églises, ses ruines, sa beauté naturelle entre ruisseau d’eau claire et massif rocailleux. Une terre idyllique en somme.
Seule « La Montagne », un volcan qui fait parfois gronder ciel et terre, vient ternir l’atmosphère paradisiaque des lieux, et rappelle à ses habitants que la nature peut parfois aussi être cruelle.

Ses panoramas laissent entrevoir des environnements magnifiques d’où ressortent de vieux temples grecs, des forteresses oubliées ou des villages à flanc de colline. Sans être à la hauteur d’un Red Dead Redemption II (mais qui le pourrait ?) On parcourt ses décors avec un vrai sentiment de bien-être et une certaine envie de nonchalance. Mafia IV dégage avec brio un véritable parfum de vacances, et sa sortie au cœur de l’été ne fait qu’apporter à cette sensation de flânerie foutrement agréable.

AU SOMMET

Le premier point positif à souligner sur cette nouvelle proposition des studios Hangar 13, c’est la qualité de son scénario et l’écriture de ses personnages. Certes chaque protagoniste aura son « rôle fonction », mais le tout est tellement bien écrit et bien ficelé que l’intrigue suit son cours sans le moindre accroc de A jusqu’à Z. Petite cerise sur le gâteau, sachez qu’il est possible de faire le jeu en sicilien. Immersion garantie.

On pourra reprocher un certain manque d’innovation dans le récit, c’est sans doute un peu trop calibré dans les poncifs genre, mais en vérité ce que délivre Mafia IV est exactement ce que l’on est venu chercher à la base : un drame mafieux dans la lignée de l’indépassable saga cinématographique « Le Parrain » du réalisateur Francis Ford Coppola.

Et la formule fonctionne du feu de Dieu. On est pris dans l’histoire d’Enzo dès le départ et la tension monte crescendo mission après mission jusqu’au moment inévitable de l’explosion fatidique.

Si le récit qui nous est conté parvient à ses objectifs, qu’en est-il du reste ? Parlons maintenant jouabilité. Comme dans ses aïeux, Mafia The Old Country nous propose de nous promener au sein d’une carte de taille réduite – bien loin de ses concurrents – pour y accomplir des missions d’assassinats soit en usant d’infiltration soit au travers d’affrontements armés.

On pourra circuler comme d’habitude en voiture d’époque ou – et c’est là une nouveauté – à cheval. Et inutile de dire que chevaucher à travers la lande sicilienne est un pur régal. Plusieurs montures seront à notre disposition, chacune avec ses caractéristiques. En fait, il en est de même pour tout ce qui est de nos utilitaires, qu’on parle de vieilles carlingues ou de l’armement.

La conduite est agréable, fluide et authentique. On entend par là que les engins auxquels on tient le volant sont des véhicules de leur temps. Le freinage n’est pas optimum et certaines côtes seront ardues à franchir. Mais dans l’ensemble ça va, conduire reste une bonne expérience de jeu. Notez que certaines guimbardes demandent d’être démarrées à l’aide d’un bon coup de manivelle (via un léger QTE), on est vraiment au tout début de l’ère automobile.

Les affrontements armés seront là aussi calqués sur ce qui avait été fait sur le remake du premier Mafia, c’est-à-dire en mode ‘couverture + tir’. Les nombreux opposants seront du genre coriace et il est même marrant de constater qu’il existe plusieurs « types » d’ennemis, identifiables par leur apparence (non, chaque PNJ n’a pas un physique unique). On reconnaîtra les fusiliers et leur bonnet si atypique, les jeunes chiens fous qui s’abattront sur vous, les gros durs qui avanceront sur votre position munis d’un bon gros fusil à pompe, les plus timorés qui passeront d’un abri à l’autre, etc., etc.

Chose assez étonnante, le nombre d’ennemis n’est pas défini. En clair, si vous tenez votre position indéfiniment lors d’un assaut adverse, il arrivera indéfiniment de la canaille pour vous faire la peau. Il faut donc avancer – parfois au forceps – pour éradiquer la menace une bonne fois pour toutes. Dans ces moments-là, on vous conseille d’avoir un maximum de bandages (élément de soin) dans votre besace car la confrontation va être rude…

Les armes pour notre héros sont disponibles via quelques guichets disposés dans les planques, mais il vous arrivera bien souvent de piquer celles de vos adversaires passés à trépas. Vous pouvez porter une arme de poing (pistolet), un gros calibre (fusil) et un couteau de combat. Transition parfaite pour parler d’un des gros aspects du soft : les duels au couteau !!

Clairement la grosse surprise du jeu, les combats à coups de lame sont de loin les moments les plus intenses de notre épopée italienne. D’abord brouillonne, notre technique s’affinera au fur et à mesure de nos combats et de notre expérience. Un revers, une estocade, une parade et une esquive, accompagnées d’une frappe puissante pas simple à placer, ce sera à vous de gérer au mieux ces compétences pour mener la bataille.

En face, ils sauront vous planter sans hésitation, useront parfois de feintes ou même de triche, sans parler d’enchaînements imparables qui feront mal, très mal. Vaincre ne sera pas chose aisée, même si une certaine indulgence sera octroyée en fonction du mode de difficulté. Des phases tendues qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Dans un autre genre, plus ludique, quelques missions proposeront de participer à des courses au travers de la région. Parfois automobile, parfois hippique, toujours épique. Là encore la concurrence est rude et ne fera pas de cadeaux, même si « Famille » oblige, il est fort possible que les adversaires alignés sur le départ aient à subir quelques malus ainsi de leur plein gré…

Parfois au cours de vos pérégrinations, vous croiserez quelques collectibles à ramasser, comme des journaux ou des breloques pour votre chapelet. Il existe également des spots spécifiques pour prendre des photographies ou bien des Tricatas, objets cultuels représentant Méduse et échangeables contre des dinars, constituant la monnaie du jeu (la lire est évoquée mais ne sera pas cumulable par le joueur, assez étrange). Vous pourriez même tomber sur d’étranges renards empaillés…

Pour expliquer la fonction du chapelet, il s’agira en quelque sorte de votre ‘arbre de compétences’, sur lequel vous pourrez placer diverses perles ou pendentifs qui vous donneront accès à des ‘bonus’, comme par exemple être plus résistant ou récolter plus d’objets lors de la fouille des ennemis. Il est donc possible de personnaliser Enzo selon les désirs du joueur sur ses aspects plus défensifs ou offensifs, ou bien de collecte.

Possible également de changer l’apparence de notre protagoniste au travers de diverses tenues ou coupes de cheveux (dans le mode histoire votre tenue devra rester cohérente avec le récit). Cela reste assez sommaire et n’aura pas grande influence (voire même pas du tout), mais c’est toujours sympathique de pouvoir customiser notre personnage à notre goût.

LA CHUTE

Bien que l’ensemble soit plutôt de bon augure, il faut bien reconnaître que le tout est bien trop souvent engoncé dans des scripts parfois bien lourds qui ternissent un brin le plaisir du joueur. L’équilibre entre la liberté de jeu et la nécessité de raconter une histoire imposée trouve alors ses limites, qui pourront en irriter plus d’un. La dernière séquence – que nous tairons – est symptomatique de cet énorme défaut du titre.

Et cela sans compter les erreurs de ces mêmes scripts qui pourront parfois être très pénalisantes, et forceront même à l’occasion à recharger au dernier point de passage…

Autre signe d’agacement, les touches d’actions contextuelles qui ont parfois bien du mal à ‘se mettre en route’. On pense notamment aux ouvertures de porte où il n’est pas rare de devoir insister deux-trois fois avant que le jeu ne capte notre maintien sur ladite touche.
Dans la même catégorie, la touche ‘ramasser’ et ‘fouille’ qui mélangeront les pédales quand trop de corps traîneront au même endroit (« Non ne ramasse pas ce fusil ! Fouille le gars, abruti !! Mais quel lourdaud… »).

Sinon on pourra aussi relever le fait que le canevas narratif rappellera beaucoup le premier Mafia, certaines missions reprenant même de temps en temps les mêmes schémas et parfois même carrément les mêmes séquences de jeu. Hommage ou manque de créativité, on vous laisse juge.

Autre point positif au passage, cette préquelle permet d’unifier encore un peu plus la saga, faisant référence aussi bien au premier qu’au deuxième (et dans une bien moindre mesure au troisième), surtout au travers de personnages secondaires (Sam de Mafia 1 et Leo de Mafia 2 par exemple). Sans parler de la place centrale de San Celeste qui fera remonter des souvenirs aux fans du deuxième opus.

Toutefois ce qui fera le plus grincer des dents, ce sera le faible choix proposé dans les différentes ‘sections’. En gros vous ne serez pas submergé par la diversité des armes, des véhicules, des tenues, des chevaux et tout le toutim… On est très loin des véritables catalogues que proposent d’autres titres du genre.

Une dizaine de couteaux et de canassons, une douzaine d’armes, une quinzaine de véhicules… Cela peut sembler peu mais en vérité il n’y a pas besoin de plus. Ce que met à disposition le jeu est bien suffisant et pourra s’expliquer par l’époque du récit (par exemple il n’y a pas de radio, ce qui est logique) mais aussi par la production même du projet.

Effectivement, ce Mafia IV n’est pas un AAA à proprement parler, et n’a pas bénéficié d’un budget de haute volée (sans non plus avoir été fauché). S’en résulte un titre ‘Entredeux’, qui a dû – et su – se concentrer sur l’essentiel. Pour un résultat plus que satisfaisant au vu de son financement.
Certes sa durée de vie est un peu courte (en vérité pas moins que celle du premier) mais le jeu est proposé à un tarif moindre, ce qui fait qu’au final on y trouve son compte.

EN RESUME

Mafia The Old Country parvient contre toute attente à tenir ses promesses et poursuit la série avec un nouvel épisode à la hauteur de la réputation de celle-ci (oui, on sait, encore et toujours le 3 qui reste à part…). Avec ses personnages bien croqués et une intrigue captivante de laquelle on ne parvient pas à décrocher, on roule littéralement sur le jeu sans s’en rendre compte. Reste une jouabilité assez classique de jeu de tir et une conduite trop pépère ainsi que quelques défauts techniques mineurs mais enrobés dans un emballage cousu d’or dont la Sicile sort grande gagnante. Sans conteste le feuilleton de l’été 2025.

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    CONCLUSION DU SCHMURZ

    Son
    87
    %
    Graphismes
    92
    %
    Animlation
    90
    %
    Jouabilité
    82
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    Intérêt
    85
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    Son
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    Graphismes
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    Animlation
    90
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    Jouabilité
    82
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    Intérêt
    85
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    LES PLUS
    • Son écriture, ses personnages, son ambiance....
    • Ses références discrètes qui unifient l'ensemble de la saga
    • La Sicile, paysage au parfum de vacances...
    LES MOINS
    • Quelques couacs au niveau des touches
    • Trop calibré sur ses scripts
    87
    %
    OH QUE OUI !

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