Close

Login

Close

Register

Close

Lost Password

TEST : Mystic defender – La magie de la Mega Drive opère encore

RyuHado [Rédacteur]
Trouver la voie du Hado, en allant à la salle Mikado!

En réalité, ce jeu pourrait s’appeler Mystic Defender 2, car il n’est autre que la suite d’un jeu bien connu de la 8 bits de Sega : SpellCaster. Notre épisode 16 bits, Mystic Defender, qui nous intéresse aujourd’hui, laisse de côté la mise en scène des multiples dialogues en faveur d’un jeu 100 % action, brut de pommes !

Sega souhaite donner le ton de ce que sera la Mega Drive : une machine de guerre avec des jeux de guerre, riches en action…

A la base

Avant de devenir un jeu vidéo, Kujaku Ou 2 (de son nom original japonais) est avant tout un manga, plus précisément un seinen manga mêlant action et occultisme. Ce manga de Makoto Ogino sera publié dans le magazine Young Jump entre 1985 et 1989 et met en scène Kujaku (Joe Takuma hors du Japon) comme héros. (Les lecteurs de seinen sont globalement de jeunes adultes de sexe masculin, voire des personnes plus âgées.)

Le manga totalisera 17 volumes, puis trois OAV verront le jour par la suite. Et justement, l’histoire du jeu sur Mega Drive correspond à ces OAV, soit à ce qu’il y avait de plus récent dans l’avancement de l’œuvre au moment de sa sortie. Le personnage de Kujaku Ou rencontrera un certain succès et, de ce fait, quelques années plus tard, plusieurs suites verront le jour.

Kujaku Ou 2

Un jeu glauque, 100 % action et développé en grande partie par des femmes

Nous reviendrons un peu plus tard sur l’ambiance sombre de Mystic Defender, mais il est bon de noter que derrière l’élaboration de ce jeu se trouvent bon nombre de femmes talentueuses et surtout reconnues dans l’univers du jeu vidéo chez Sega…

J’appelle donc à la barre, dans le rôle de game designer, Mme Reiko Kodama, également connue sous le pseudonyme de Phoenix Rie (hélas décédée le 9 mai 2022). Elle a déjà prouvé toute l’étendue de son talent chez Sega, notamment sur Master System avec, entre autres, Phantasy Star et Alex Kidd in Miracle World, rien que ça ^-^. Ou encore sur Mega Drive, où elle officia sur Altered Beast, Phantasy Star IV ou encore Sonic the Hedgehog. Enfin, bien plus tard, elle sera productrice sur Dreamcast du fabuleux Skies of Arcadia.

Elle sera assistée par Mme Takako Kawaguchi, qui a également officié sur Master System avec Fantasy Zone et Galaxy Force, ainsi que sur Mega Drive avec Castle of Illusion Starring Mickey Mouse. Au niveau des musiques, Mme Chikako Kamatani sera responsable d’assurer l’ambiance sonore. Elle a notamment composé les musiques d’E-SWAT sur Master System, puis celles de Phantasy Star II et d’Alex Kidd in the Enchanted Castle sur Mega Drive.

En bref, c’est un casting de véritables Magical Girls qui nous offre ce Mystic Defender !

Le premier jeu de la Megadrive

La Sega Mega Drive sort en France le 30 novembre 1990. Le jour de sa sortie, un certain Mystic Defender fait partie du line-up aux côtés d’Altered Beast, Golden Axe et Ghouls’n Ghosts, de superbes titres venus de l’arcade pour faire le plein d’action.

Du coup, Mystic Defender fait office d’outsider, voire d’inconnu aux yeux du grand public, des fans et des joueurs qui fréquentent les salles d’arcade. Heureusement, il a des arguments à faire valoir, mais dans un style qui lui est propre, assez unique même.

Mystic Defender screen01

Joe, ce héros seul et contre tous

Joe est un jeune moine bouddhiste, spécialiste de la pratique de l’exorcisme. Il est mandaté pour tuer tous les démons qui oseraient entrer dans notre monde. Il s’est vu conférer des pouvoirs hors normes par Lucifer et devra sauver Alexandra (Ashura en japonais), fille de la déesse de la pureté qui vient d’être kidnappée par le roi du mal, Zareth (Nobunaga).

Zareth l’emmènera dans son château d’Azuchi afin de sacrifier la jeune vierge pour ressusciter Zao, le dieu des démons. Bien des démons vont se dresser sur le chemin de Joe pour que le sacrifice ait bien lieu.

Kamehame Haaaaaaa !

Le pouvoir de base est une boule de feu bleue qui fait office de Kaméhaméha… Vous vous rendez compte, on pourrait presque se prendre pour Goku. Et si l’on concentre sa boule pendant deux secondes, en laissant son doigt appuyé sur le bouton de tir, trois boules de feu en sortiront.

Vous obtiendrez par la suite le pouvoir du feu, grâce auquel votre corps sera enflammé et projettera une vague de boules de feu que vous pourrez orienter dans la direction souhaitée. Le dernier pouvoir sera celui de l’étoile, qui vous permettra d’éparpiller des boules de feu dans toutes les directions. Par contre, cette fois, vous ne pourrez pas contrôler leur trajectoire.

Puis, en cas de force majeure, vous pourrez utiliser l’icône de la foudre qui déclenche un coup imparable, digne de Dragon Ball… Forcément, certains pouvoirs sont préconisés sur certains stages et moins adaptés à d’autres. La remarque est également valable lors des combats contre les boss.

De plus, tout au long des rounds, Joe pourra collecter des orbes de deux couleurs : les bleues régénèrent votre jauge d’énergie, tandis que les rouges augmentent la vitesse de rechargement de votre barre de pouvoir. À vous de les utiliser avec parcimonie et de parvenir à les trouver, car elles ne sont parfois pas faciles d’accès.

Mystic Defender screen02

Atmosphère, Atmosphère. est ce que Joe a une gueule d’Atmosphère ?

Oui, Mystic Defender a une ambiance particulière, bien à lui. Elle est glauque au possible : le sang coule le long de certains murs, on aperçoit par-ci, par-là des cadavres, des produits visqueux sur le sol, etc. En gros, Joe n’est pas dans un environnement accueillant, mais littéralement malsain : il n’est absolument pas le bienvenu.

Il va traverser, au cours des huit rounds, une forêt lugubre, un temple maudit, une mer de lave et bien d’autres endroits encore plus surprenants avant de pouvoir pénétrer dans le château d’Azuchi.

Les ennemis sont variés et atypiques. On croisera des moines, des aliens, des têtes mutantes et surtout… des bébés ! Lors des deux premiers rounds, ils sont particulièrement agressifs et se ruent sur vous sans vous laisser le moindre répit. Sur le reste du jeu, les ennemis avancent à leur rythme et empruntent toujours les mêmes trajectoires, effectuant des allers-retours qui les rendent finalement très prévisibles.

Au début, il est normal de se faire surprendre par bon nombre d’ennemis, mais avec un peu d’entraînement et de mémorisation sur certains passages, le jeu se terminera sans verser trop de gouttes de sueur. Quant aux six boss répartis sur les huit rounds, ils ne vous poseront, dans l’ensemble, pas trop de problèmes.

Et les musiques dans la même veine

Si vous pensiez que les musiques seraient apaisantes, vous faites fausse route, ce n’est pas de veine… Hormis le premier round, dont le thème est entraînant et plaisant sans tomber dans la mélancolie, les rounds suivants nous plongent petit à petit dans une ambiance bien plus pesante, stressante et malsaine à souhait.

La musique des boss est oppressante, d’une puissance dont je ne me lasse pas. Vraiment, les musiques occupent une place prépondérante dans l’ambiance unique du jeu.

Mystic Defender screen03

Les graphismes 16 bit, c’est vachement bien après des années sur 8 bit

Comme je le disais plus haut, Sega décide de passer à la vitesse supérieure en commercialisant sa 16 bits afin d’enterrer la NES de Nintendo et de faire passer Mario pour un ringard. Les joueurs Sega vont ainsi pouvoir comparer SpellCaster et Mystic Defender, et bien évidemment, l’avantage revient à la 16 bits.

La Mega Drive va donc devenir la console à posséder absolument pour tout gamer qui se respecte. Tout n’est pas encore parfait : Joe n’a ni yeux ni bouche et certains décors ne sont pas très fouillés, mais il y a une réelle évolution qui nous donne l’impression de nous retrouver dans un autre monde.

Les sprites sont plus gros, l’animation est aux petits oignons et les musiques stéréo sont bien plus audibles. Nous avons même le droit à des effets de parallaxe : Sega tient à montrer toute la puissance de la Mega Drive.

Une animation qui tient la route

L’animation est impeccable, sans bugs ni ralentissements notables malgré la présence de nombreux ennemis. Nous profitons ainsi d’une animation effrénée, 100 % action, pour notre plus grand plaisir de gamers.

Joe répond au doigt et à l’oeil

Certes, Joe est un poil rigide, surtout dans les sauts, mais il reste parfaitement jouable. Honnêtement, si l’on tombe lors des phases de saut, c’est entièrement de notre faute, pas celle du jeu ^-^.

Implacable mais juste, un peu comme un Mega Man, il procure beaucoup de plaisir lorsqu’on sait le manœuvrer parfaitement.

Mystic defender

Face au mal : un autre mal, la censure !!

Dans la version japonaise Joe porte une toge bouddhiste alors que dans sa version européenne il porte un costume bleu, dans le style de Shin dans Ken le survivant… C’est plutôt pas mal mais je trouve que le vêtement bouddhiste est bien plus beau et style, puis respecte l’oeuvre originale du manga. L’attaque ultime de Joe est initialement un bouddha et devient un dragon chez nous. On ne tiendra pas rigueur du changement des noms, trop japonisants et je le comprends fort bien sur ce point. Mais là où le bât blesse, ce sont les ennemis qui changent d’apparence pour certains.

En effet, le round 2 est pour moi le passage le plus censuré. Dans la version nipponne les ennemis étaient bien des humains, adultes et nourrissons qui apparaissaient des murs dans une flaque de sang alors que dans la version occidentale, ils sont devenus tous verts pour les déshumaniser au possible. De plus les bébés n’explosent plus pour enlever la cruauté du soft. Dans les décors, aussi les traces de sang disparaissent pour faire plus clean… Au round 8, Alexandra ne sera plus nue lorsqu’elle sera sauvée par notre héros mais porter a une robe rose. Mystic Defender a donc 2 versions qui diffèrent sur ce point.

La version REV00 nous permettra de voir Alexandra nue alors que dans la REV01 elle portera la fameuse robe rose.

AVIS DE LA REDAC

Mystic Defender est pour moi une pépite, une perle, un jeu hors-norme au final. A sa sortie le jeu était plutôt réussi graphiquement parlant et on voyait un net changement avec les jeux de la Master Sytem et du coup Spellcaster. Certes il a un peu vieilli mais le charme reste intact. Personnellement c’est un jeu que je joue au minimum une fois par an, au moment des fêtes de fin d’année, au même titre qu’un Hagane (SNES), Batman (NES) ou Kabuki quantum Fighter (NES) dans un style assez similaire. Il n’a pas un énorme replay value mais par exemple on peut se lancer des défis comme finir le jeu avec le même pouvoir et non pas jongler avec les 3… En plus de ne pas perdre de vies. Ce jeu était fait pour tourner sur la 16 bits de Sega et non sur la Super Nintendo de par son genre lugubre et chaotique poussé à l’extrême. Et puis après tout, les initiales de Mystic Defender (M.D) vont si bien à la Megadrive (MD)… Ce jeu a vraiment une âme et je souhaite sincèrement que les joueurs qui sont passés à côté lui redonnent une seconde chance car il le vaut bien et ce genre de jeux on n’en fait quasiment plus de nos jours… Préférez comme souvent de jouer sur la version japonaise ^-^

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
80
%
Graphisme
70
%
Animation
70
%
Maniabilité
80
%
Intérêt
80
%
Son
80
%
Graphisme
70
%
Animation
70
%
Maniabilité
80
%
Intérêt
80
%
LES PLUS
  • L’ambiance chaotique unique
  • Les graphismes (surtout pour l’époque)
  • Les musiques
  • De l’action, toujours de l’action
LES MOINS
  • Nous occidentaux, lésés avec la censure (comme d’habitude)
76
%
CA PASSE BIEN

    Laisser un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

    Merci d'avoir soumis votre commentaire !

    nos dernieres actus