Lancée sur le marché du jouet en 1959, la poupée Barbie a su traverser les générations pour se maintenir en 2023 au top de sa popularité. Historiquement, et « stéréotypement » représentée par une grande blonde au physique de rêve, la célèbre poupée de Mattel a su diversifier son offre au fur et à mesure du temps en sortant des nouveaux modèles afin d’être plus inclusive avec , entre autres, un modèle de Barbie en fauteuil roulant. En plus de diversifier ses modèles de poupées, Mattel a, comme il se devait, sorti un grand nombre d’accessoires pour accompagner Barbie dans sa vie de bourgeoise californienne. Qu’il s’agisse d’un avion, d’un van, d’un bateau, d’une fusée, de patins à roulettes…pour ne citer que ceux-là. Le monde de Barbie ne serait toutefois pas complet sans Ken, l’ami /amant de Barbie dont la première poupée fut lancée en 1961 !
La licence Barbie, en plus du monde du jouet, a été déclinée de différentes manières, que ce soit en jeux vidéo ou en produits dérivés, comme des vêtements, des sacs et autres goodies. Elle a également fait son apparition à la télévision et au cinéma, notamment avec son Ken dès Toy Story 2, jusqu’à devenir l’une des héroïnes du dernier opus de la saga. L’humoriste Florence Foresti a même dédié un sketch au célèbre avion de Barbie, en faisant venir un modèle géant de ce dernier, dans un de ses spectacles. Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, elle ou ce qu’elle représente, il apparaît que cette petite blonde a marqué la pop-culture de ces dernières décennies.
Forte de son succès, et de son quasi-monopole sur le monde des poupées adultes, Barbie débarque au cinéma en cet été 2023 dans un film avec des acteurs faits de chair et d’os. La bande annonce de Barbie laissait entrevoir que le film n’était pas forcément réservé aux seules petites filles de primaire, qu’en est-il concrètement ?
Après nous avoir fait un historique très personnalisé de l’histoire des poupées, puis de la création de la poupée Barbie, le film commence dans le monde parallèle de Barbie, étonnamment nommé Barbieland, où les Barbie et les Ken vivent en harmonie. Grandes maisons roses, plages de rêve, soirées entre filles… BarbieLand est un endroit fait de plastique où il fait bon vivre depuis toujours et pour toujours. Pour toujours ? Pas si sûr que ça ! En effet, une pensée morbide et un peu de cellulite peuvent vite assombrir le ciel bleu de Barbieland. Pour préserver sa vie parfaite, Barbie devra rejoindre le monde réel et mener l’enquête afin de trouver la source du problème et sauver sa vie idéale.
Assez simple, le scénario du film reste efficace en reprenant le concept d’un personnage d’un monde fictif qui est transporté dans notre réalité. Ce même concept, encore assez peu éculé, qu’on a déjà vu dans Il était une fois de Disney par exemple, fonctionne car il amène toujours à des situations plutôt cocasses en raison du fait que l’antagoniste ne possède, comme d’habitude, pas les codes de notre monde. Sans grande surprise, l’histoire reste néanmoins bien rythmée avec de nombreux rebondissements.
Le film est rempli d’humour avec, comme dans un bon Disney, une lecture pour les enfants et une autre pour les adultes. Le film semble d’ailleurs plus cibler les adultes nés à la fin du 20ème siècle que les enfants. Bien qu’il transpire les bons sentiments, le métrage parvient à mettre en lumière les failles de notre société et des individus qui la composent. Comme nombre de productions actuelles, le film promeut une idéologie féministe et dénonce le patriarcat. Néanmoins, à la différence de la tendance du moment, le film ironise beaucoup sur le féminisme en montrant le monde de Barbie comme un miroir du nôtre où les filles ont tous les droits et où les hommes (les Ken) sont relégués au rend de potiches. Au final, la morale de l’histoire n’est ni féministe ni machiste mais encourage plutôt chaque individu à être ce qu’il a envie d’être.
L’ironie et l’autodérision sont le cœur de l’humour de ce long métrage, et ça marche ! L’univers de Barbie s’évertue à se moquer de lui-même : de ce point de vue c’est une totale réussite ! Le film joue à fond la carte des clichés de « la fille blonde » tout en réussissant à lui amener de la profondeur au fil de l’histoire. On rigole souvent face aux situations complètement absurdes qui se déroulent sous nos yeux.
Les dialogues sont quant à eux assez bien écrits, ce qui est véritablement un point positif.
Bon, il est vrai que le film possède quelques moments un peu maladroits et certaines longueurs, notamment une phase chorégraphiée avec les Ken, mais on lui pardonne largement ses imperfections face à l’originalité générale de l’œuvre. C’est un pari réussi. Mattel a pris le risque de casser l’image de sa poupée phare et ça marche, car au final on ressort de la séance en ayant presque l’impression que Barbie a fait avancer la cause des femmes. Sans manquer de faire penser à certains films du genre comme La revanche d’une blonde avec Reese Witherspoon.
La Barbie principale du film est jouée par l’actrice Margot Robbie et le Ken principal par Ryan Gosling. Les deux acteurs collent très bien aux personnages et sont plutôt convaincants dans leurs rôles de personnages naïfs et superficiels, bien que d’aucuns trouveront leurs performances en dessous de celle de Reese Witherspoon dans La revanche d’une blonde ou de celle d’Amy Adams dans Il était une fois.
La réalisation est vraiment un des points forts de ce film Barbie : les décors de Barbieland sont vraiment très réussis et donnent l’impression que tout ce petit monde fait de plastique rose est très vivant. D’innombrables références à l’univers de la poupées sont présentes, tous les moyens de transports sont représentés, la façon dont ils sont montrés est d’ailleurs très drôle. On retrouve également des clins d’œil à toutes les Barbie et aux Ken qui ont été vendus depuis la création de la marque : Barbie médecin, Barbie cheveux extra-longs, Barbie sirène, etc… Les créateurs du films ont même mis les Barbie ayant été retirées de la vente comme la Barbie enceinte ou Allan l’ami de Ken… Le film ne cesse de nous en apprendre sur l’histoire de la mythique poupée à travers les âges et honnêtement c’est loin d’être inintéressant, tant Mattel a marqué l’inconscient collectif avec sa Barbie !
Concernant la bande son, il se pourrait que le film Barbie soit le plus « chanté » après les classiques Disney. Presque en tous cas, attendez-vous à entendre chanter la plupart des personnages avec plus ou moins de réussite. Sans être des catastrophes auditives, on sent qu’ Alan Menken (créateur de la b.o.de la Belle et la Bête ou de Aladdin) n’est pas à la composition. Quoique Dua Lipa semble avoir marqué des points avec certaines chansons de la B.O. Au niveau des musiques non-chantées, les choix sont plutôt cohérents mais globalement, elles ne sont pas marquantes : ne vous attendez pas à avoir une bande originale du niveau de Star Wars, Harry Potter ou Jurassic Park !








