1996, alors que la population mondiale est en train de baver devant la 3D démocratisée par la Saturn et la Playstation, on voit débarquer en salle d’arcade et sur les consoles SNK une nouvelle licence 2D qui marquera les esprits et deviendra rapidement culte. METAL SLUG !
Citer ce nom fait remonter de nombreux souvenirs d’une époque où tous les jeux de salle d’arcade surpassaient leurs homologues sur consoles. Tous ? Non ! Une irréductible machine tirait son épingle du jeu et réussissait à proposer réellement l’arcade à la maison : la Neo-Geo.
Bien qu’il fallut y mettre le prix, la machine de SNK permettait à ses possesseurs de profiter de jeux avec des graphismes 2D dont la qualité n’avaient été atteinte sur aucune autre console. Même si l’entreprise n’a jamais vraiment réussi à s’imposer sur le marché des consoles, comme ont pu le faire Sega, Nintendo, Sony et Microsoft, SNK a néanmoins su se faire une place et imposer son business model en s’appuyant sur son savoir-faire en arcade.
L’entreprise a créé des licences cultes à la fois sur ses machines mais également sur les consoles de la concurrence. C’est ainsi que des jeux comme King of Fighters, Fatal Fury ou encore Metal Slug ont marqué les esprits autant que les grands jeux Sega ou Capcom comme Street Fighters, Street of Rage pour ne citer qu’eux.
Ceci étant dit, c’est un réel plaisir de pouvoir en 2023 réaliser ce test de Metal Slug. La version testée ici est celle de la Neo-Geo mini, sachez néanmoins que le jeu est sorti sur Neo-Geo AES et CD mais également sur Saturn et Playstation en 1997, et qu’il a en outre été réédité à plusieurs reprises dans des compilations de jeux SNK.
Une maniabilité au top qui dégaine l’artillerie lourde
Metal Slug est un jeu mélangeant la plateforme et le shoot’em up type Run and Gun qui vous plongera en plein champ de bataille tout en vous mettant dans la peau d’un soldat américain caricatural des films de guerre de l’époque. Vous vous retrouverez seul ou à deux au milieu de centaines de soldats ennemis qui feront tout pour vous éliminer.
Votre objectif sera de vous débarrasser des soldats adverses tout en arrivant au bout des différents parcours. Les ennemis vous attaqueront de manières variée, avec des flingues, des bombes, des chars ou encore des avions. Une fois arrivés à la fin d’un monde, vous serez confrontés à un boss de niveau d’une taille bien plus imposante que les PNJ croisés avant.
Afin de détruire vos adversaires, vous aurez plusieurs armes à votre disposition. Initialement, vous disposerez d’un gun classique avec des balles illimités, et vous aurez également des bombes mais en quantités limitée.
Au cours de votre aventure vos devrez libérer des otages, et, en échange, ces derniers vous récompenseront avec des points bonus mais surtout avec des nouvelles armes plus puissantes telles une mitraillette, un lance flamme ou un lance-roquettes. Ces armes seront à votre disposition en quantités limités, vous devrez alors libérer d’autres otages afin de récupérer d’autres munitions. Attention, si vous mourez, vous perdrez votre arme bonus.
En plus de pouvoir récupérer différentes armes à feu, vous pourrez durant votre partie embarquer dans un char : le « metal slug » ; qui a donné son nom au jeu, et ce dernier vous permettra d’avancer plus facilement, le char disposant d’un canon et vous permettant d’écraser vos ennemis.
Cette limace de métal (traduction de Metal Slug) vous protégera tant que sa propre barre de vie n’est pas épuisée, et, si cela arrive, vous devrez évacuer le char rapidement avant que ce dernier n’explose.
Niveau maniabilité c’ est simple mais très efficace. En plus de la direction, seuls trois boutons sont utilisés : saut, tir et bombe. La prise en main est intuitive et vous comprenez comment il faut jouer quasiment instantanément. Votre personnage répond parfaitement aux commandes et on s’amuse tout de suite. C’est un bon point !
C’est beau, c’est rapide, c’est nerveux. C’est parfait ?
Au niveau visuel autant vous dire que l’on en prend plein la vue. On sent que l’on est à l’aboutissement graphique des jeux en 2D de l’époque, et honnêtement, vingt-sept ans après sa sortie, le jeu est une claque visuelle.
C’est hyper détaillé, les décors sont fournis et colorés, et là où la Megadrive peut afficher 64 couleurs en simultanée et la Super Nintendo 256, la Neo-Geo peut en afficher plus de 4000 à la fois. Pour un joueur qui a fait ses armes en 2D sur les 16-bit de Sega et Nintendo, jouer à Metal Slug est un vrai feu d’artifice de couleurs.
Les animations des personnages, en plus d’être drôles, impressionnent également par leur niveau de détail. Le jeu est ce qu’il faut de sanglant mais toujours avec une touche humoristique.
Le nombre de personnages affiché à l’écran est incroyable, ça défile très vite et en masse au point de rendre le tout totalement bordélique à certains moments (trois ou quatre bombes bien placées vous permettront de faire le ménage).
Les décors ne sont pas en reste non plus, ils sont juste somptueux. Le passage où il y a toutes les cascades est à tomber par terre, ça bouge dans tous les sens et les effets de transparence de l’eau sont excellemment bien exécutés. C’est par la quantité et la vitesse des animations qui apparaissent en même temps à l’écran que l’on se rend réellement compte de la supériorité technique de la Neo-Geo sur les autres machines 2D de son époque.
Court mais intense
L’aventure s’étend sur six niveaux qui possèdent chacun une direction artistique très recherchée. Si le premier niveau vous fera voyager au sein d’une jungle tropicale ressemblant à l’ex-Indochine, le jeu vous emmènera également en pleine mer ou en ville (mention spéciale pour les paysages londoniens détruits). Le titre possède une réelle identité visuelle, c’est un régal pour les pupilles.
Six niveaux, cela peut paraître peu mais n’oubliez pas qu’il s’agit là d’un jeu d’arcade. Ce dernier est loin d’être facile et il vous faudra faire preuve d’une grande détermination pour arriver au bout. Ne vous inquiétez pas, comme tous les bons jeux d’arcade et de plateforme de l’époque, Metal Slug est hyper addictif, recommencer plusieurs fois l’aventure reste un réel plaisir.
Le mieux reste encore bien évidemment de faire la partie à deux joueurs : le jeu montre alors tout son intérêt et son fun. Le tableau des scores vous permettra de connaitre votre classement parmi les meilleurs.
Afin d’accompagner cette perle vidéoludique, SNK a prévu une bande-son nerveuse et entrainante. Les mélodies s’accordent parfaitement à l’aventure, les différentes compositions sont particulièrement réussies.
Et ça,… quelle réussite ! En sortant ce jeu en 1996, SNK a réalisé un réel coup de poker en montrant que les grands jeux en 2D étaient toujours d’actualité à une époque où le grand public n’avait d’yeux que pour la 3D, récemment débarquée dans les salons. Pari réussi puisque plus de six autres épisodes de Metal Slug sortiront.







