Party Central – Testé sur Switch (sortie prévue sur Meta Quest également)
Il n’est pas évident à rédiger ce test. Pris entre une excitante nostalgie issue de l’époque Dreamcast et la crainte d’une nouvelle désillusion à voir une licence iconique de chez SEGA potentiellement maltraitée, c’est la fébrilité au bout des doigts que j’insère « suavemente » la cartouche dans la console. Et c’est tout ce que j’ai à faire ? Oui, point de maracas ici comme sur la feu console de SEGA, on décroche les joycons et c’est parti pour la fiesta !
Bailamos a la playa
De suite, on se met en ambiance « Bachata » y « Salsa piquante » avec une présentation endiablée et criarde qui nous en met plein les mirettes et envahit nos oreilles de sons tous plus latinos les uns que les autres. En même temps, on s’y attendait, mais il faut avouer que cela fonctionne.
En position pour danser « toda la noche » (à ne pas confondre avec un titre de chanson), on explore les menus pour découvrir ce qui nous attend, et, le fait est qu’on reste sur du « classico ». Danses en solo, à plusieurs, en ligne, et quelques défis viennent parsemer notre expérience.
On note la présence de petits modes assez curieux, dont le mode « amoureux » qui permet de danser « con su amor » en rythme, et d’un mode en ligne assez sympa dans lequel on joue contre plusieurs joueurs, puis un joueur est éliminé après chaque chanson, le but étant d’être le dernier survivant d’une partie de danse endiablée.
Plusieurs niveaux de difficultés nous sont proposés « para alguna cancion », et, si la difficulté la plus basse permet de se mettre en jambe, et finalement de bien s’amuser, les difficultés plus hautes peuvent devenir délicates, à cause de plusieurs écueils sur lesquels nous reviendront un peu plus tard.
Continuons notre tour d’horizon avec les divers bonus qui nous sont proposés, globalement tous cosmétiques : nouvelles apparences, nouveau chapeau, nouvelles maracas,… rien de bien palpitant et rien qui ne change l’expérience de jeu.
Dommage, il y avait sans doute mieux à faire de ce côté là. M’enfin, nous sommes sur un jeu de rythme, tant que l’essentiel est axé sur ce point, c’est tout ce dont nous avons besoin.
Rythm ‘n Blues
Et niveau rythme, on est servi ! Une multitude de chansons nous est proposée, et, globalement, elles fonctionnent toutes ! On sent la « calor » monter en nous, les musiques sont bien pêchues, rythmées, et l’on découvre un petit déhanché survenir naturellement, signe que l’on va bien s’amuser.
Petite précision : le jeu est jouable avec les manettes accrochées à la console, via les joysticks (par exemple pour les possesseurs de Switch Lite), mais l’expérience de jeu est nettement affaiblie.
Si l’on retrouve les classiques du genre, SEGA ne s’est pas contenté de faire le strict minimum et nous propose toute une variété de styles qui permet de découvrir des artistes, et de s’essayer à du facile comme du plus coriace. La playlist est donc très très sympa, et l’on prend un réel plaisir à écouter et à secouer ses bras sur des rythmes endiablés !
Pour ce qui est su gameplay, SEGA propose de nombreuses variations au cours d’une chanson : il faut, de base, secouer les « maracas » au bon moment au bon endroit, mais parfois apparaissent des figures imposées ou des bonus qui déchainent nos hanches avec des moments « muy rapidos », pour le malheur de nos triceps.
Les parties s’enchainent donc dans la joie et l’alégria, et c’est encore plus vrai si l’on est accompagné, les parties n’en étant que plus agréables. De beaux moments de rire et d’amusement, mais qui, malheureusement, trouvent vite leurs limites…
Todo no esta rosa
Le plus gros défaut du jeu, « es el juego » en lui même. Je m’explique : c’est un jeu de rythme, pas un jeu d’aventure, par un jeu de rôle, non, c’est un jeu qui permet de faire quelques pas de danse en levant les bras, mais cela ne durera que le temps de quelques chansons (pour le commun des mortels), et l’on reposera ensuite les manettes pour ranger la console.
On ressortira avec envie le jeu lorsqu’on sera « con la familia » ou des amis, histoire de rigoler un peu, mais cela ne devrait pas aller plus loin. La faute à un style répétitif, et surtout à quelques soucis techniques.
Si les graphismes sont corrects, ils ont parfois la fâcheuse tendance à être bien fouillis, ce qui nuit à l’appréciation du moment exact où l’on doit bouger notre manette. Les « cercles » à viser étant eux aussi pleins de couleurs chatoyantes, ils se noient parfois parmi les pixels du décor, rendant complexe l’obtention d’un combo maximum ou de la note maximale attribuée en fin de chanson.
Enfin, dernier souci et non des moindre, les joycon ! S’ils font le job pour les modes de difficulté les plus bas (encore que), lorsque l’on cherche à augmenter la difficulté, c’est un peu la chanson de Métal au milieu du Paso Doble : ça dénote !
N’est pas maracas de Dreamcast qui veut, et les manettes de la Switch montrent leurs limites aux « movimientos rapidos » ! L’expérience de jeu s’en trouve alors gâchée à force pester sur ces gestes qui ne sont pas bien reconnus. On se limitera donc assez rapidement aux niveaux les plus faciles, afin de profiter un peu plus du jeu et de ses savoureuses mélodies.
Samba de Amigo Party Central est donc un bon jeu de rythme, mais les petites faiblesses citées ne lui permettent pas d’approcher le niveau atteint par l’épisode sorti sur Dreamcast, même s’il y a du mieux depuis l’épisode Wii.
Un ptit mot sur les DLC
Parce qu’il y a des petites choses qui fâchent, ce petit grain de sable qui vient passablement irriter, SEGA s’est senti obligé d’en mettre un sur notre route : les DLC !
Si l’on comprend qu’il faille renouveler les chansons et maintenir le joueur sur le jeu en proposant régulièrement certains ajouts, il est dommage de constater qu’à peine sorti, le jeu se voit déjà prêt à accueillir de nombreux packs de chansons (4 packs sur le premier mois de commercialisation dont deux au moment de la sortie du jeu) à un prix plutôt élevé.
Signe que tout était prêt pour les intégrer au jeu de base mais que la monétisation a pris le pas sur le reste… Dommage, d’autant que l’édition Deluxe du jeu ne contiendra pas tous les packs annoncés…
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