Fist of the North Star – Lost Paradise a été testé sur PS4
La carrière de la saga Yakuza aura connu depuis ses débuts bien des remous en Occident, tandis qu’elle s’imposait comme une valeur sûre dans l’archipel nippon. Devenue désormais une licence incontournable du jeu vidéo elle est dorénavant l’un des grands noms du média. Elle offrira même quelques jeux annexes parfois surprenant, mettant en scène morts-vivants ou prenant place à l’époque féodale. En 2018, le studio proposa d’appliquer sa formule à une licence autre que la sienne, à savoir Hokuto no Ken, mieux connu sous nos contrées sous le nom de Ken le Survivant.
KEN & MAX & KIRYU & BRUCE
Dans un futur apocalyptique sans foi ni loi, un homme seul s’élève contre les nombreux gangs mettant à sac les rares survivants. Il connaît de nombreuses aventures et tout autant d’ennemis, qu’il combat grâce à sa maîtrise des arts martiaux. Car c’est un élève de l’Hokuto (de Cuisine), une discipline qui ne laisse que peu de chances à ses opposants.
Shin, de l’école du Nanto (de fourrure) à kidnappé l’amour de sa vie, Julia. Il part donc faire face à son ravisseur afin de la libérer. C’est là que l’on retrouve Kenshirô manette en main, lors de l’ascension du palais vers le blond ricanant. Affrontements contre les sbires avant d’atteindre le vil amoureux éconduit. Règlement de compte viril entre les deux hommes. Ken domine son adversaire, à qui il demande avant que ce dernier ne rende son dernier souffle l’endroit où est détenue sa compagne. Celle-ci a été emmenée par des inconnus dans une cité lointaine, que des rumeurs prétendent être un « Paradis Perdu ».
Ni une ni deux, l’homme aux sept cicatrices se met en route…
Nous nous trouvons avec ce jeu dans un destin parallèle, un ‘What if ?‘ mettant au centre du manga originel Eden, la fameuse ville de la renaissance. Nous revivrons donc les grands passages d’antan, mais transposés dans ce nouveau cadre. S‘ajoute également un tout nouveau scénario dans lequel nous ferons connaissance avec les dirigeants de cette fameuse cité. Ainsi qu’avec ses ennemis.
Lorsque le studio Ryu ga Gotoku – en charge de la prolifique série Yakuza – annonça ce titre à l’époque, cela fit grand bruit. Réaliser un spin-off dans l’univers post-apo de Buronson était un pari assez fou. De plus il fallait apporter à la licence leur propre identité, ce qui n’était pas gagné par avance. Ken Le Survivant étant déjà à la base un mix entre Max Rockatansky et Bruce Lee, lui injecter en sus du Kazuma Kiryu aurait pu être indigeste.
Et au final la recette est réussie. Les différents ingrédients se mélangent à merveille pour proposer un plat à la fois goûtu et consistant. Une bonne lampée de Mad Max avec ses poursuites en bagnoles et son Dôme du Tonnerre, un zeste de Brucesploitation pour ses nombreux affrontements contre des oppresseurs de bonnes gens, une belle portion de Yakuza pour sa structure générale et sa narration puis en cerise sur le gâteau on garnit le tout avec l’univers d’Hokuto no Ken.
On obtient alors ce succulent Hokuto ga Gotoku, réunissant en son sein toutes ces licences dans un ensemble cohérent dans lequel on a plaisir à se retrouver.
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- Notre fier héros dans sa planque avec sa servante, son poulet et sa Master System. Une certaine idée du bonheur.
Composé de 11 chapitres, l’histoire principale nous narre donc l’arrivée de Ken et des conséquences de celle-ci à Eden. Très vite son rôle va devenir central et il deviendra le protecteur de la ville, le temps tout du moins de retrouver sa dulcinée. A l’instar de la série-mère mettant en scène la mafia nipponne, de nombreuses cinématiques et phases de dialogue émailleront l’aventure. Elles sont tout de même dans l’ensemble moins présentes – et surtout moins longues ! – que dans Yakuza. Et ce n’est pas un mal.
UN NOUVEL EDEN
Nous allons dans cette partie vous décrire la bourgade du futur dans une sorte de mini-guide succinct, afin de présenter vite fait le principal lieu de l’action.
On a tout d’abord la ville proprement dite, de taille modeste, découpée classiquement en quartiers. Dans ses rues on croise des échoppes en tout genre, du ferrailleur à la marchande de friperies en passant par les étals de fruits et légumes. Aussi des restaurants bon marché, des bars malfamés, une clinique, un casino et même une salle d’arcade réunissant des bornes d’avant-guerre. Globalement la cité est moins grande que Kamurocho et bien moins achalandée mais remplie parfaitement son rôle de théâtre des opérations.
Sur la place centrale on trouve le Colisée, à la fois tribunal et salle de combat (et souvent les deux fonctions se confondent…). Au nord se dresse ‘La Cathédrale’ qui bien que conservant le décorum religieux n’en a nullement la fonction. C’est le siège du pouvoir.
Au-delà de cette bâtisse se trouve Sphère-city, obscur bâtiment tout de verre et d’acier dont on ne sait pas grand-chose en dehors du fait que c’est lui qui fournit l’énergie nécessaire à la bonne vie des citoyens.
Tout autour l’agglomération est protégée par une enceinte ou sur sa partie nord par une haute chaîne de montagnes aux pics acérés.
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Présentons maintenant quelques notables habitants des lieux.
À la tête de la ville, on trouve Xsana (prononcez ‘Kiss’-Anna), fille du fondateur d’Eden. D’apparence frêle, elle n’en possède pas moins une forte détermination, en ayant toujours à l’esprit avant tout le bien-être de ses concitoyens.
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- En tenue de fonction, en civil ou pas mal éméchée, la patronne garde en toute circonstance son port altier
En poste en tant que chef des Gardiens, Jagre est un homme bourru et sans fioritures. Il ne mâche pas ses pensées sauf en ce qui concerne ses sentiments évident envers sa supérieure. Il deviendra un allié précieux et proposera son aide dès que l’occasion se présentera.
Lyra est un personnage important pour la cité car elle est à la fois en charge du Colisée et du casino, le célèbre ‘Lost Paradise’. De par sa position elle a de nombreux contacts dans la ville, à la fois dans ses hautes sphères et ses bas-fonds. La belle jeune femme est de fait le véritable visage d’Eden, presque son porte-parole officiel. Elle est très proche de Xsana, qu’elle considère un peu comme sa sœur.
Ensuite viennent les alliées de tous les jours, comme le marchand du Iron Hammer ou bien entendu Bat et Lin, les éternels jeunes bras-droits du héros martial. Le gamin sert de mécano pour la Jeep tandis que la minot tient un stand de livraison à domicile.
On rencontre pour finir dans les artères du patelin de nombreux malfrats et autres petites frappes qu’il nous incombe de remettre à leur place. Et la plupart du temps cela se termine en gerbe de sang, Ken n’étant pas réputé pour faire dans la dentelle.
Outre son passe-temps favori de cogneur des Enfers, Kenshirô pourra participer à quelques activités en ville, dont barman ou chasseur de primes. Les fameuses ‘substories‘ habituelles du studio sont bien entendu toujours de la partie et apportent humour et second degré à cet univers habituellement sauvage et désespéré. Au nombre de quatre-vingt ces petites histoires parallèles sauront vous occuper un long moment.
Malheureusement, de par la nature même de l’époque et du lieu exit le billard, les fléchettes et autres petits mini-jeux présent bien souvent dans les Yakuza. Dommage mais compréhensible.
En tant qu’homme viril et toujours en alerte, notre bon Ken jouera aussi au docteur, prêt à prendre soin de ses patients et à remettre quelques os en place. L’activité médicale consiste en une espèce de jeu de rythme très étrange qui nous est resté assez hermétique malgré nos très nombreux essais. Il est accompagné lors de ses séances par la très mignonne infirmière Mao, ce qui nous amène tout doucement à un autre sujet subsidiaire…
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ALPHA & BÊTA
Dans l’univers d’Hokuto no Ken il existe deux catégories de personnages, les forts et les faibles, les meneurs et les suiveurs, ceux qui ont un destin et les gens lambda sans importance. Voici en quelques captures d’écran l’illustration de cela:
Cet aparté pour dire que dans le manga, l’animé ou ce jeu, les personnages importants sont systématiquement hypersexualisés. Testostérone à l’excès pour les hommes, ce qui leur donne des corps difformes, et sexy en diable pour les femmes, quitte à l’incohérence.
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- Liz, hôtesse du Nightclub de son état est, comme l’indique la capture, « une femme très classe ». Charmante certes mais un peu étrange dans un univers post-apo loin d’être tendre…
Les autres, les quidams d’arrière-plans, sont justes comme le commun des mortels, et ce d’autant plus dans un environnement post-apocalyptique.
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Et en ce qui concerne la carte en dehors de la ville ?
Du sable, du sable et encore du sable. Quelques point d’intérêts présent ici et là comme des villages ou des stations-service. Sans oublier les pistes de courses of course ! Et bien sûr les nombreuses rencontres avec les gangs, qui peuvent parfois s’avérer très compliquées !
Mais globalement la map extérieure est assez mal fichue, mal conçue surtout. De nombreux culs-de-sac ne révèlent absolument rien, on s’embête donc inutilement à y aller. Ailleurs les routes sont bien trop longues pour rejoindre certaines parties isolées.
Le plus incompréhensible reste cependant le bord de la carte. Un mur invisible entoure l’espace de jeu, vieille mécanique mais pourquoi pas. Sauf qu’il aurait été bien plus judicieux de délimiter la frontière par les immenses falaises omniprésentes !
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- Exemple parfait d’un mauvais level-design : les cercles rouges symbolisent le mur invisible qui délimite la zone de jeu. Hors 25m plus loin se dresse une falaise. Pourquoi ne pas avoir placé la dite falaise au niveau du mur invisible pour obtenir une limite de zone bien plus immersive et cohérente ? Une erreur incroyable pour un jeu de 2018 !
Et c’est là qu’on en arrive à évoquer le plus gros problème de ce Fist of the North Star…
TECHNIQUE DE LA PS2-SHINKEN
Jouer à Ken le Survivant Lost Paradise aujourd’hui c’est un peu revivre ce que la PS2 avait à offrir de meilleur. Les mécaniques sont complètement dépassées pour un titre de 2018. Ça charge quasiment tout le temps (entrée et sortie d’un bâtiment, départ en bagnole depuis une zone etc.), impossibilité dans le désert de trop s’éloigner de son véhicule, les choix de dialogues dans des boîtes à l’ancienne, mise en scène datée et caricaturale, les fameux murs invisibles décrits plus haut… jusqu’au catalogue des musiques à écouter en voiture qui ne doit pas dépasser la dizaine (!).
Non vraiment de ce point de vue là on est très loin des standards PS4. Il suffit de comparer avec son ‘jeu-frère‘, à savoir le Mad Max d’Avalanche Studio sorti en 2015 – soit 3 ans plus tôt – pour se rendre compte de cet incroyable décalage technique.
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- Pas forcément la meilleure illustration pour signaler une technique vieillotte mais on vous assure que nous sommes en présence ici d’une architecture de système de jeu datant d’une bonne décennie. Au moins.
Pour poursuivre en matière de défaut on ne peut passer sous silence tout le côté ‘bagnole‘ du titre. Il faut dire que la jouabilité de la voiture n’est franchement pas passionnante. Elle est poussive au mieux. « Mais on peut l’améliorer la caisse, non ? » demandez-vous en chœur. Et bien oui mais c’est une véritable tannée.
Déjà d’une il vous faudra récupérer les différentes parties à customiser (des moteurs, des freins, des ailerons) mais celles-ci ne pourront pas être installées de suite. Car en l’état elles sont défectueuses.
Il faudra donc, et c’est là que ça devient tendu, obtenir les pièces nécessaires aux réparations soit en les trouvant purement au hasard de vos pérégrinations (via les collectibles), soit en les achetant chez les commerçants, soit en les échangeant contre les Bonus Point acquis durant les courses sur piste.
Et c’est long, très long, trop long ! Dans les faits on abandonne avec regret assez rapidement cette partie du jeu tellement c’est pénible. Encore une fois comparons avec Mad Max. Pourquoi nous prendrions nous la tête à retaper une bagnole pour un résultat mitigé alors qu’il suffit de lancer le jeu de son cousin australien pour avoir du fun immédiat ?
Mais le plus gros point noir qui en rebutera plus d’un, c’est le fait que le jeu ne connaît donc pas de traduction française, que ce soit à l’écrit ou oralement. Vous avez le choix entre le japonais ou l’anglais au niveau vocal et uniquement anglais pour tout ce qui est du texte (pour la version occidentale).
Toutefois nous ne sommes pas ici en présence des longs dialogues alambiqués des Yakuza. Dans Lost Paradise un niveau d’anglais moyen est plus que suffisant pour comprendre une large part des discussions. Car elles vont à l’essentiel : « Moi taper toi ! » « Toi être méchant, moi gentil ! » « Toi être faible femme, moi protéger toi ! » On force le trait bien entendu mais on n’est pas si loin que ça non plus.
Bon par contre pour les menus c’est une autre histoire, ainsi que pour les subtilités des mini-jeux où parfois c’est ardu de tout saisir. Diriger le Nightclub par exemple est particulièrement rude car entre les nombreux objectifs, les filles ayant chacune leur point fort/faible et les infos à l’écran, il faut là pour le coup être un cador dans la compréhension de l’English.
À noter une drôle d’exception, le dernier mot étant bel et bien le français ‘FIN’. On ne sait pas si c’est le cas dans toutes les versions mais en tout cas cela l‘était dans la nôtre.
ET LA CASTAGNE DANS TOUT ÇA ?!
Trêve de point noir, revenons au vrai pourquoi de notre présence ici: le charcutage de troufions par dizaines, par centaines même. Et de ce point de vue là, on est plus que servi !
Incarner Kenshirô massacrant des pauvres bougres un peu malhonnêtes on avoue que cela prête à sourire. N’importe quel prétexte étant bon pour se foutre sur la tronche ! Et les développeurs ont eu l’intelligence de jouer à fond le second degré. Car au premier cela aurait été tout simplement malsain.
Faire exploser via leurs points de pression des types certes vulgaires mais uniquement pour quelques provocations malvenues c’est peut-être un poil trop extrême tout de même. Bon pour d’autres on sera plus en accord avec ce choix, le monde décrit n’étant pas non plus avare en pourritures finies…
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- Ken exécute avec brio ses enseignements. La technique de la double-ration ici illustrée s’accompagne en jeu de nombreuses autres. Citons pêle-mêle la technique de la planche à pain, la technique du Paris-Brest, la technique de la Tarte-Tatin, la célèbre distribution de pain qui connaît quelques variantes (au chocolat, au lait, au sésame etc). L’école de l’Hokuto (de cuisine) n’est vraiment pas avare en mouvements mortels !
Les phases de Beat’m All se révèlent agréables, malgré quelques heurts ici et là. De nombreuses capacités sont à débloquer via les menus de compétences très fournis et la possibilité de crafter des amulettes aux nombreux effets permettent de varier les approches tactiques.
Ces amulettes s’obtiennent au fur et à mesure des rencontres mais doivent être raffinées chez un marchand particulier, avec des composants à ramener soi-même (dans la même logique que pour les pièces de la voiture).
On pourra préférer les phases de baston de Ken à celle de Kiryu, car plus sèches et brutales (et Yakuza ne fait pourtant pas dans la petite pichenette). Plus jouissive aussi d’un certain point de vue, car voir éclater en charpie un type uniquement en lui claquant le beignet cela prête inévitablement à sourire tant c’est absurde.






















