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Critique Cinoche : SOS Fantomes: La Menace De Glace – Un retour sympathique mais inégal

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

« Quand la Nostalgie frappe à votre porte ! »
« Si un coup de Blues vous envahit au moment du dîner ! »
« Lorsque l’insouciance joyeuse des années 80 vous manque ! »
« Qui faut-il appeler ?! »

 « SOS Fantômes !! »

HOME SWEET HOME

Faisant suite à « Héritage » qui sortait sur les écrans en 2021 (réalisé par Jason Reitman, fils d’Ivan Reitman – qui lui était derrière la caméra des deux premiers métrages) ce nouveau film sur les chasseurs de fantômes tentera une synthèse entre son aîné et les deux métrages cultes des eighties. Car cette fois fini la campagne de l’Oklahoma, retour à la Grosse Pomme ! Et plus précisément dans la célèbre caserne qui sert à la fois de base d’opération et de maison aux Spengler, devenus le cœur des casseurs désormais.

On retrouve donc Phœbe la petite génie (Mckenna Grace) toujours en compagnie de son frère Trevor (Finn Wolfhard) et de sa mère Callie (Carrie Coon). Cette dernière vit désormais avec Gary Grooberson (Paul Rudd), qui cherche sa place au sein des Spengler nouvelle génération. Mais entre la vie de famille et les interventions paranormales, c’est loin d’être évident.

Gravitant autour de ce noyau familial, Podcast et Lucky, eux aussi introduit dans l’opus précédent, font également leur retour (Logan Kim et Celeste O’Connor). Pour le petit gars à la chaîne Youtube, il est désormais l’assistant de Ray Stantz à sa « boutique de l’Occulte » tandis que la jeune femme à rejoint elle la branche scientifique des Ghostbusters, située dans un ancien aquarium abandonné. De tous ces laborantins cherchant à percer les mystères de l’au-delà, un seul sera mis en avant, un personnage assez peu amical dont le nom n’a pas marqué nos esprits.

Puisqu’on parle de Ray, évoquons le reste du casting original qui vient faire coucou au cours de quelques séquences bien sympathiques. Tous ont répondu présent ou presque, Sigourney Weaver et Rick Moranis ne rempilant pas. Mais on retrouve la ‘team’ classique avec même cette fois Janine Melnitz (Annie Potts) qui enfile le costume. Même l’irascible Walter Peck (William Atherton), devenu Maire, fait son comeback !

On fera aussi connaissance avec un drôle de type, très vénal, qui se révélera primordial pour lutter contre la menace qui se profile. Interprété par un Kumail Nanjiani cabotin, nous avouons n’avoir pas été sensible au sens de l’humour de l’acteur. Mais peut-être les enfants de huit ans seront plus à même d’apprécier son interprétation somme toute très caricaturale…

Pour en finir avec cette longue énumération du casting, il faut mentionner Melody (Emily Alyn Lind). Avec elle, la saga commence à introduire une nouvelle vision des revenants, qui mériterait d’être explorée par la suite.

GHOST IN THE CELL

C’est d’ailleurs l’un des thèmes sous-jacents de ce quatrième épisode cinématographique : que deviennent les fantômes emprisonnés dans l’unité de confinement ? Leurs âmes sont-elles toutes mauvaises et belliqueuses ? N’y aurait-il pas un moyen de vraiment les aider à passer de ‘l’autre côté’ au lieu de ‘simplement’ les emprisonner sans savoir quoi en faire ensuite ?

Mais on se pose là de trop grandes questions par rapport à l’ambition du film, qui se contente d’être un divertissement tous public sans grande envergure . Un statut qui aura un impact sur cette fameuse « Menace de Glace » du titre qui se révélera dans les faits moins terrifiante que certains véritables hivers que connaissent les New-yorkais. Le vilain-pas-beau responsable de cette vague de froid ne sera d’ailleurs qu’une fonction, un « grand méchant lambda» voulant se constituer une armée de spectres afin de conquérir le monde pour se venger de l’humanité. Absolument rien de plus.

Et pire encore, on ne ressent jamais la dangerosité du démon des glaces, tant le film est aseptisé et préfère passer sous silence les conséquences d’une ville entièrement prise par un zéro degré absolu. En dehors de la scène introductive et d’un pauvre hère au détour d’une scène dans une échoppe de vapote, jamais ne nous est montrée la population en danger. Il y a bien quelques plans, notamment à la plage où l’on voit les pauvres quidam fuir à toutes jambes mais personne ne se fait embrocher par les pics acérés, personne ne meurt de froid, personne ne meurt de peur.

Quel est le sort des habitants de New-York quand frappe le danger d’une ville gelée ? Que se passe-t-il dans les hôpitaux, dans les écoles ? Que deviennent les nageurs restés dans l’eau ? On n’en sait rien, le film se concentre uniquement sur le « Tower-Defense » de la caserne, et sur rien d’autre. Dommage.

Évoquons maintenant les fantômes de manière plus générale, au-delà de ce Sub-Zero à corne. Beaucoup d’apparitions en tout genre, des petits Marhmallows rigolos au terrifiant croque-mitaine. Un tour d’horizon faisant découvrir tout un panel de créatures spectrales, aussi diverses physiquement que moralement. Car toutes ne sont pas forcément dangereuse. On retrouve d’ailleurs quelques anciennes têtes connues, la plus parlante étant l’emblématique Bouffe-tout.

Assez paradoxalement c’est dans ces « petits fantômes » que l’on trouve le plus marquant de tous – bien plus que le congélateur sur pattes en tout cas. Un possesseur sournois et vif comme l’éclair qui mettra en grande difficulté nos héros à maintes reprises.

Notons l’absence de la séquence traditionnelle des fantômes attaquants Manhattan, le métrage – sans en révéler plus que cela – se terminant au moment où cela se produit. Là encore on estime que c’est un peu « loupé le coche ».

MISTER FREEZE

Peu avant cette conclusion qui en promet plus qu’elle n’en montre, nous avons droit à un affrontement final entre la petite-fille d’Egon (regretté Harold Ramis) et Garraka – le blaze de notre vendeur de glaceexpédié de manière un peu trop accommodante et avouons-le, peu satisfaisante. Une fois de plus, le grand cornu reste une menace en carton, malgré une certaine présence et un visuel plutôt réussi (quoique convenu).

Tiens, parlons-en justement, des visuels. Les effets spéciaux numériques semblent avoir pris d’assaut tous les plans d’existence et désormais toutes les créatures sont traitées sous l’angle digital. On va être gentil et prétendre que cela reste acceptable (on est TRÈS gentil) même si les effets de plateau en dur avec des marionnettes et autres animatroniques commencent vraiment à manquer.
On n’atteint pas le stade de la bouillie numérique de l’ignoble version de 2016 mais on n’en est pas si loin non plus. Le film à l’intelligence – ou le manque de moyens – de ne pas en faire trop de ce côté-là. L’apparence de Melody est quand à elle plutôt stylée, malgré quelques couacs d’intégration sur certaines scènes.

Ce dernier film en date n’est pas mis en scène par un Reitman, mais par Gil Kenan. L’homme qui n’a pas réalisé de projets marquants (on citera là encore par gentillesse le Poltergeist de 2015 produit par Sam Raimi) est donc pour la première fois ici sur un travail d’envergure avec une vraie grosse licence. Il livre une copie correcte mais pas non plus remarquable (aucun plan ne vous fera lever de votre fauteuil). La musique du compositeur italien Dario Marianelli elle non plus ne restera pas spécialement dans les mémoires.

Par contre c’est assez intéressant de constater que le script intègre dans son univers la popularité des SOS Fantômes d’antan. C’est-à-dire que les produits dérivés (en gros les jouets) ainsi que le célèbre clip de Ray Parker Jr existent bel et bien dans le monde des films. Un moyen assez malin de mêler l’histoire de la franchise – bien réelle – à la vie des personnages imaginaires. Un bon point assez bien vu.
Précisons enfin qu’il existe une scène dite de « Mid-Credit » plutôt amusante mais qui n’introduit en rien l’avenir (à moins que…) et aucune scène post-générique.

AVIS DE LA REDAC

Ce nouvel opus de SOS Fantômes est certes un film agréable mais il ne restera pas dans les mémoires comme ses ancêtres. La saga, devenue un drame familial alors que c’était auparavant des comédies entre potes ne s’adresse plus au même public et à perdu au passage ce qui faisait son charme - et son humour - pour devenir une franchise banale au milieu de toutes les autres. Le métrage propose par ailleurs beaucoup trop de personnages et par conséquent ne fait que survoler chacun d’entre eux. Un focus est quand même mis sur Phœbe mais pas sûr que les vieux fans se retrouvent dans cette adolescente blasée par son génie. Plus qu’à espérer une suite qui reviendra aux fondamentaux, comme le laisse suggérer le dernier plan...

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • De retour à New-York
  • Une suite respectueuse des anciens films
  • Un début de réflexion sur les fantômes et le devenir de leurs âmes
LES MOINS
  • Trop de personnages
  • Un antagoniste bien peu menaçant...
  • ...dû à un métrage bien trop sage
68
%
CA PASSE BIEN

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