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Critique Cinoche : Furiosa – Une référence du cinéma d’action

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

FURIOSA !!!! VRRROOOOOOOOOM VROOOM VROOOOM VROOM Vroooooom VROOM VROOM !! VROOOOOOOOM VROOOM VRRRROOOOOOOOOOOOOOM. VROOOMvroooom VROOOM VROOOM VRRROOM, VROOOOOOOOOM VROOOM VROOM. Vroom vroom. *

COLLAPSOLOGIE

C’est en 1979 que George Miller commençait sa saga Mad Max avec un Mel Gibson alors débutant. Le jeune réalisateur – anciennement toubib – était loin d’imaginer qu’il installait là une franchise majeure du cinéma. Et encore plus loin sûrement de se douter qu’il était un conteur d’histoire hors pair, un maître des images désormais incontesté et incontestable.

Après une trilogie dans les années 80, le réalisateur australien reviendra à sa saga post-apocalyptique en 2012 après bien des circonvolutions (parfois un peu cochonnes ou dignes d’un manchot) pour une sortie en salle en 2015. Ce fut la claque Fury Road. Un travail titanesque pour un résultat époustouflant qui estomaquera une bonne partie du public cinéphage. Mel Gibson céda cependant sa place à Tom Hardy et plus que jamais l’aspect mythologique du récit était mis en avant, à la fois dans la narration mais aussi – et surtout ! – dans le moindre aspect de la scénographie. Un souci du détail et de précision qui force encore et toujours le respect.

Parmi les personnages de cette suite longtemps espérée relatant une fuite en avant désespérée, on trouve Furiosa, incarnée par une Charlize Theron au summum de son charisme hypnotique. Car comme à son habitude, notre bon Max Rockatansky ne se révèle être qu’un héros de « second plan« , c’est-à-dire de passage dans un monde plus vaste. Un chevalier solitaire qui sur son éternel chemin vers la paix et la solitude va croiser des situations diverses dans lesquelles sa simple présence va modifier des événements qui auront eu lieu qu’il soit là ou non – à l’instar d’un Conan ou d’un Lucky Luke, plus d’autres du même acabit.

Le projet relatant la vie de l’Imperator Furiosa était prévu de longue date, avant même la sortie de Fury Road. Mais il n’était pas foncièrement un film. Pendant longtemps ce destin devait être dévoilé via un comics, on évoque même un roman voire parfois un métrage d’animation. Mais avec le succès dantesque de la dernière aventure cinématographique de Max le Fou, c’est bien sur grand écran que la biographie de la guerrière se verra narrer.

Et c’est là un premier reproche que l’on fera à « Furiosa », car en voulant raconter la vie de ce personnage, nous voilà face au premier « retour en arrière » dans la saga, qui jusque-là allait toujours de l’avant. Certes c’est un spin off, un « pas-de-côté » permettant d’approfondir l’univers mais en se focalisant sur ce destin singulier depuis l’enfance de son héroïne jusqu’à l’évasion programmée de Fury Road, et bien pendant ce temps-là le récit global n’avance pas. Et Wasteland – troisième et dernier volet de cette nouvelle trilogie un poil improvisée mais avec un chemin narratif général bien ficelé dans la tête de Miller – se voit repousser aux calendes grecques.

LA GUERRIÈRE DE LA ROUTE

Mais revenons-en au film dont il est censé être question ici. Furiosa : une saga Mad Max.

Ayant vécu son enfance sur ‘une Terre d’abondance’, la jeune Furiosa se fait kidnapper par une bande de motards sous la coupe d’un certain Dementus. Ce seigneur de la route fera de cette fillette sa « protégée », pour autant que ce terme veuille encore dire quelque chose dans cet univers impitoyable. À partir de là on suivra la vie de Furiosa sur plusieurs décennies, jusqu’à rattraper la situation menant à Fury Road.

Tout comme Tom Hardy remplaça Mel Gibson, c’est Anya Taylor-Joy qui prend la place de Charlize Theron, mais cette fois pour incarner une Furiosa plus jeune. On découvre toutefois le personnage sous les traits d’Alyla Browne qui l’interprète alors qu’elle est encore enfant. Et sa performance est tout aussi admirable – voire plus – que celle de sa consœur plus mature. Pendant pas loin d’une heure, l’actrice qui n’en est qu’à ses prémices dans le métier incarne avec force la future Imperator. Et pourtant elle ne récolte pas les lauriers qu’elle mérite face à sa prestation remarquable.

On note aussi au passage la présence de Charlee Fraser dans le rôle de la mère de la fillette kidnappée. Cette femme aux nombreux talents parfois surprenants fera tout son possible pour retrouver son enfant au plus vite afin de ne pas la laisser aux mains des barbares du futur.

Pour ce qui est d’Anya « nouvelle coqueluche d’Hollywood » Taylor-Joy, elle endosse le rôle pleinement mais elle est loin d’avoir la prestance presque animale de Miss Theron. Et son côté nymphette aux yeux énormes tend – de notre point de vue – à minimiser l’impact et la force brute de Furiosa. Cependant elle donne d’elle-même et les séquences de bravoure qui la mettent en scène restent furieusement bad-ass.

En antagoniste assez farfelu, nous avons donc Dementus, qui porte bien son nom. Une espèce de leader d’opérette, visiblement plus cultivé que la moyenne et qui contrôle ses agents du chaos par des discours abscons et ses manières grandiloquentes. Derrière un faux nez presque gaguesque, un Chris Hemsworth cabotin qui pourra agacer certains, et à raison. Trop caricatural et versatile, la crédibilité que ce guignol soit devenu chef d’un gang de vauriens post-apo laisse perplexe. Comment ce clown a-t-il pu accéder à une telle responsabilité sans que quiconque de plus « construit » ne vienne lui baver sur les rouleaux ?
Sans cesse en quête de pouvoir, ses ambitions démesurées seront l’élément déclencheur des péripéties du métrage.

 

On retrouve également quelques têtes connues, comme le Doc’, Immortan Joe (cette fois campé par Lachy Hulmes) ou son fils Rictus Erectus. Là où cela devient intéressant dans les caméos, c’est qu’on croise aussi le troisième fils du boss de la Citadelle, Scrotus (on ne voit pas Corpus Colossus par contre, le fils avec malformation importante). Ce mastodonte n’était rien de moins que le boss du jeu d’Avalanche de 2015 (il faudra d’ailleurs qu’on vous en parle plus longuement de ce titre).

S’y on ajoute à cela la présence de Pétroville (Gastown) qui reprend là aussi le visuel connu du jeu, nous avons donc la confirmation que l’aventure vidéoludique de Max est bel et bien canon dans le lore (même si George Miller semble désavouer cette adaptation ludique, pris par le train de la Hype de l’incontournable Kojima… d’ailleurs pour l’anecdote Mad Max le jeu et MGS V sortait le même jour en cette année 2015).

Pour rester sur le sieur Kojima, beaucoup ont vu dans le Prétorien Jack (Tom Burke) – le véritable mentor de Furiosaun hommage appuyé à Snake, le héros de la saga Metal Gear. Ce n’est pas idiot comme analyse même si celle-ci nous était passée au-dessus de la tête (votre serviteur ne compte pas parmi les fans du créateur japonais, loin de là).

LA BEAUTE DE L’APOCALYPSE

Par-delà les personnages parlons de l’imagerie en elle-même. Certes on retrouve le monde de Max mais en terme de mise en scène et de narration cela n’a rien à voir. Déjà on suit la vie de la protagoniste sur une longue période, chapitré en plusieurs parties pour avancer dans le récit à coups de plusieurs années à chaque fois. L’air de rien c’est la première fois que l’on voit ça dans la franchise.

La réalisation quant à elle est loin de se calquer sur ce qui avait été fait sur Fury Road. On est bien moins dans la force du symbole, dans le non-dit – le fameux « montrer au lieu de dire » – et des considérations plus « politiques » sont mises en place, amenant à plus de scènes de dialogues et d’expositions ; car sont fortement mise en avant les différentes cités et leurs accords commerciaux (La Citadelle, le Moulin à Balles, Pétroville).

Toutefois les séquences de pures actions et de courses-poursuites ensablées ne manquent pas et elles pimentent de manière grandiose l’aventure. On pense notamment à l’assaut du camion sur Fury Road justement. Une scène qui prend aux tripes et ne vous lâche pas jusqu’au bout. Mais ce n’est pas la seule, loin s’en faut.

En revanche, là où le bât blesse, c’est sur la gestion des effets spéciaux. Dans Fury Road, le numérique fut réduit à son minimum. Tout ou presque était fait « en dur », puis assemblée ensuite dans la composition et le montage. Pour Furiosa, le CGI est bien plus présent et bien trop décelable. Alors oui l’inventivité de certains plans peut forcer l’admiration mais ce sentiment est fortement amoindri par l’évidence que tout cela est rendu possible par ces envahissants fonds verts…

* Vroom vroom

AVIS DE LA REDAC

Alors, ce pas-de-côté à la saga Mad Max vaut-il le coup d’œil ? Clairement oui mais il ne faut pas en attendre la même chose que pour l’épopée du guerrier de la route. Avec ce retour sur la vie de l’Imperator, George Miller tente autre chose en terme narratif dans son univers post-apocalyptique (l’homme à prouvé depuis longtemps qu’il était capable de raconter bien d’autres styles d’histoires). Et comme à son habitude il livre une leçon de cinématographie. Seul bémol qui forcément en ressort d’autant plus, les effets spéciaux digitaux qui transparaissent à de trop nombreuses reprises tout au long du métrage. Mais cela n’entache pas le fait que la saga se voit affubler désormais d’un spin off à la hauteur de sa renommée.

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • L'univers de Max se voit élargit
  • Toujours aussi fou visuellement
  • Des scènes d'action dantesques
LES MOINS
  • On revient en arrière...
  • Les effets spéciaux numériques trop marqués
92
%
MEGAHIT DE LA REDAC

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