Tout le monde connaît l’histoire d’Astérix : nous sommes en -50 avant J.C. et toute la Gaule est occupée par les romains. Toute ? Non. Car le petit gaulois et ses copains résistent encore et toujours aux plans d’invasion plus machiavéliques les uns que les autres concoctés par César.
Après les bandes dessinées qui firent la gloire du héros franchouillard, après les métrages d’animation d’abord en 2D puis ensuite en 3D, après les films dits « Live » au succès en dent-de-scie, après les nombreux jeux vidéo, il était plus que temps d’aborder la série (toujours dans le domaine de la 3D toutefois).
Débarquée en grande pompe sur Netflix, cette nouvelle aventure du plus célèbre des gaulois est-elle à la hauteur de son illustre réputation ?
LE COUP DU MENHIR
Tandis que le village d’Armorique poursuit paisiblement ses activités, entre chasse aux sangliers et vente de poisson pas frais (« Comment ça pas frais ?!! »), du côté de Rome une certaine Métadata propose un énième plan à son Empereur.
Selon une ancienne loi gauloise, un chef de tribu peut provoquer en duel un de ses comparses, et ainsi prendre la tête du village convoité si victoire il y a. L’idée n’est pas mauvaise mais il y a un hic, encore et toujours le même : le druide et sa potion magique qui rend irréductibles ces fichus gaulois. Sans compter ce tailleur de menhir aux braies bleues et blanches…
Qu’à cela ne tienne, le centurion Fastanefurius – et accessoirement oncle de la jeune femme – fera de ces deux obstacles ses priorités, coûte que coûte…
C’est donc sur ces entrefaites que démarre « Le Combat des Chefs « , bien qu’en vérité on retrouve ici des inspirations issues de bien plus nombreux albums. Et ce dès les premières minutes qui reviennent sur la jeunesse de nos héros, chose inédite en animation.
Durant les cinq épisodes de ce qu’on espère être une première saison en appelant des suivantes, on prendra donc un malin plaisir à découvrir les nombreuses références aux différents numéros parus au fil des décennies. Mais aussi à toute la culture populaire au sens large, allant du cinéma à la musique en passant par l’art contemporain, voire même la politique.
Tous les clins d’œil sont judicieusement amenés, sans aucune lourdeur. Au contraire ils sont posés avec beaucoup de pertinence et de justesse. Et tous apportent au minimum un sourire, au mieux un franc éclat de rire. Tout comme l’humour admirablement bien dosé de bout en bout. On notera un Obélix particulièrement hilarant, aux répliques cinglantes tels des coups de fleuret. Un très gros plus… pardon, un plus particulièrement bien enveloppé.
À ROME, FAIS COMME LES ROMAINS…
Le studio d’animation toulousain TAT – principalement connu pour leur géniale série « Les As de la Jungle » – est à la manœuvre pour donner vie au village gaulois, sous la supervision de Fabrice Joubert, un ancien animateur de chez Dreamworks et d’Alain Chabat, l’ex-Nul devenu réalisateur. Et qui d’ailleurs fut derrière la caméra pour le deuxième métrage sorti en 2002, « Astérix et Cléopâtre », que beaucoup considèrent comme un film culte.
La qualité visuelle est vraiment stupéfiante. On ne le remarque pas forcément au début, on pense retrouver exactement la même 3D que pour les deux longs-métrages alors sous la houlette d’Alexandre Astier et Louis Clichy (ancien de chez Pixar) mais plus on observe la série et plus on remarque les petits détails – les rides sur les visages, les jeux de lumière, les mouvements d’arrière-plan… – qui font une fois de plus gravir une marche en terme de graphisme à la licence.
La réalisation est elle aussi de qualité, qui puisera autant ses idées dans la BD qu’au cinéma ainsi qu’en une surréaliste occasion dans l’animation enfantine style Pocoyo (une petite séquence qui fera date).
Mathieu Alvado lui est en charge de la musique et il parvient à imposer un thème qui marque agréablement les oreilles, faisant même oublier le titre pourtant emblématique d’ »Astérix le Gaulois ».
Dernier point technique à aborder et pas des moindres : le doublage. Et il faut bien avouer que nous avons un peu plus de réticence de ce point de vue là. Nous avons d’un côté de très belles performances et de l’autre des plus… discutables. Pas en ce qui concerne le jeu en tant que tel mais plus niveau cohésion voix/personnage.
Si Monsieur Chabat fait un Astérix crédible, Fred Testot un vil centurion impeccable, Laurent Laffitte un César impérial, Anaïs Demoustier une Métadata attachante et Jêrome Commandeur une maman acariâtre parfaite, c’est un peu plus…compliqué pour une partie du reste du casting. Avec en premier lieu un Thierry Lhermitte en Panoramix au timbre trop doux, pas assez marqué par les ans. Un peu le même reproche pour Grégoire Ludig en Abraracourcix même si cela reste moins marquant. Et en ce qui concerne Gilles Lellouche en Obélix (qu’il interprétait déjà dans « Astérix et L’Empire du Milieu ») il faut s’y faire car le ton est assez loin des anciennes voix très rondes du bonhomme.
PARC ASTÉRIX
L’intrigue part assez loin avec carrément la construction d’un parc à proximité du village pour faire de ce ‘Combat des Chefs’ opposant Abraracourcix à Aplusbégalix un événement populaire, avec gradins, manèges, parcours aquatique et même la venue de Jules César en personne ! Une sorte de Parc Astérix avant l’heure en somme.
Introduction également de nouveaux personnages, comme les susnommés Fatsanefurius et sa nièce Métadata. Dans un autre registre plus anecdotique, on nous présente la ‘docteur de la tête’ d’origine Goth Apothika dont la séance de psy avec notre duo emblématique est à la fois le cœur de la série et une scène pleine de drôlerie. Malheureusement la diva gothique ne servira pas plus que cela et passera le reste des épisodes à faire de la figuration.
Enfin, il est important de signaler la présence d’un court-métrage caché après le dernier générique de fin racontant l’historiette de deux sangliers en chasse des légumes du potager du village. C’est dans un style très cartoon qui tranche radicalement d’avec le reste mais qui demeure très sympathique à visionner en tant que bonus.









