Tatsunoko vs. Capcom: Ultimate All-Stars
Quand la série Versus de Capcom débarque dans les salles d’arcade en 1996 avec X-Men vs. Street Fighter, le jeu de combat connaît un sérieux coup de fouet. À l’époque, le genre s’essouffle sous une avalanche de clones et de suites peu inspirées. L’idée de mélanger les héros de Capcom avec ceux de l’univers Marvel crée alors un choc aussi improbable que spectaculaire. Le concept fonctionne immédiatement : combats explosifs, équipes de personnages et gameplay survolté deviennent la marque de fabrique de cette série devenue culte.
Au fil des années, Capcom multiplie les affrontements improbables. Les joueurs ont droit à des duels avec SNK, puis à l’immense Marvel vs. Capcom 2, véritable festival de personnages. Mais pendant près d’une décennie, la série reste silencieuse. C’est finalement sur Wii qu’elle fait son retour avec Tatsunoko vs. Capcom: Ultimate All-Stars, un épisode étonnant qui oppose les héros de Capcom à ceux du studio d’animation Tatsunoko Production.
Pour beaucoup de joueurs occidentaux, ce nom ne dit pas grand-chose. Pourtant, Tatsunoko est un pilier de l’animation japonaise, responsable de séries mythiques comme Speed Racer, Gatchaman, Macross ou encore Samurai Pizza Cats. Lorsque le jeu sort au Japon en 2008, peu de joueurs imaginent qu’il franchira un jour les frontières. Mais face à la pression des fans, Capcom finit par proposer une version occidentale enrichie, transformant ce projet presque confidentiel en véritable événement.
Quand les héros de Capcom croisent les légendes de l’animation
Du côté de Capcom, les visages familiers sont bien présents. Ryu, Chun-Li et Morrigan répondent évidemment à l’appel. Mais l’éditeur ne s’arrête pas là et pioche aussi dans des licences moins attendues.
On retrouve par exemple Alex de Street Fighter III, personnage exigeant mais redoutable une fois maîtrisé. Batsu de Rival Schools fait également une apparition très appréciée, rappelant au passage cette série souvent oubliée. D’autres univers sont aussi représentés : Dead Rising, Lost Planet, Mega Man, Viewtiful Joe, ou encore le très obscur Quiz Nanairo Dreams.
Face à eux, les combattants de Tatsunoko apportent une touche différente. Les amateurs d’animation reconnaîtront Ken l’Aigle de Gatchaman, Casshan ou encore Tekkaman. Pour les joueurs moins familiers avec ces séries, ces personnages restent néanmoins fascinants grâce à leurs capacités souvent spectaculaires, dignes de super-héros.
Un roster plus petit mais mieux équilibré
Le casting est évidemment moins gigantesque que celui de Marvel vs. Capcom 2, célèbre pour ses 56 personnages jouables. Pourtant, cette limitation joue finalement en faveur du jeu.
Chaque combattant possède un véritable intérêt et aucun ne semble être là pour remplir la liste artificiellement. Là où certains jeux de combat regorgent de personnages oubliables, Tatsunoko vs. Capcom propose une sélection plus resserrée mais beaucoup plus cohérente.
Comme dans les précédents épisodes de la série Versus, le joueur doit choisir deux combattants. Ceux-ci peuvent être échangés à tout moment pendant le combat. Le personnage en réserve peut également intervenir brièvement grâce aux Cross-Over Assist, des attaques de soutien qui ajoutent une dimension stratégique aux affrontements.
Un feu d’artifice visuel permanent
Visuellement, Tatsunoko vs. Capcom prend un virage intéressant. Les personnages sont entièrement modélisés en 3D, contrairement à Marvel vs. Capcom 2 qui utilisait encore des sprites en deux dimensions.
Ce choix permet une meilleure cohérence visuelle avec les décors, eux aussi en trois dimensions. L’action est constamment noyée dans une avalanche d’effets lumineux. Les coups spéciaux déclenchent des explosions d’énergie, les Hyper Combos déforment l’écran et les impacts provoquent des ondes de choc spectaculaires.
Même si la résolution n’atteint pas celle de Street Fighter IV, le spectacle reste impressionnant. Le jeu compense largement la puissance modeste de la Wii par une direction artistique extrêmement dynamique.
Un système de combat explosif et accessible
Contrairement à Street Fighter IV, qui demande une approche méthodique et presque chirurgicale du combat, Tatsunoko vs. Capcom privilégie l’action pure.
Les combats sont remplis de combos aériens, d’attaques combinées et de déferlements d’énergie. Les Cross-Over Combinaisons permettent même aux deux personnages de déclencher simultanément leurs attaques spéciales dans une tempête de puissance complètement démesurée.
Le système de commandes a également été simplifié. Là où Street Fighter repose sur une configuration à six boutons, ce jeu utilise seulement trois attaques principales : faible, moyenne et forte. Les différentes combinaisons permettent ensuite d’accéder aux coups spéciaux.
Cette simplification rend le jeu plus accessible aux débutants, tout en conservant une profondeur suffisante pour les joueurs expérimentés.
La question délicate des contrôles sur Wii
La Wii n’est clairement pas la console la plus adaptée aux jeux de combat. Jouer avec la Wii Remote peut rapidement devenir une expérience frustrante.
Heureusement, Capcom a prévu plusieurs alternatives. Le jeu est compatible avec la manette GameCube, le Classic Controller et le Classic Controller Pro. Ces options rendent les combats beaucoup plus agréables.
Pour les puristes, un stick arcade reste évidemment la solution idéale. Les jeux de combat ont toujours été conçus pour ce type de contrôleur, et Tatsunoko vs. Capcom ne fait pas exception.
Des bonus et un mode en ligne bienvenu
La longue attente entre la sortie japonaise et occidentale a permis à Capcom d’ajouter quelques nouveautés intéressantes.
Le jeu propose notamment un mode en ligne via la Nintendo Wi-Fi Connection, permettant d’affronter des joueurs du monde entier. La connexion peut parfois montrer quelques signes de faiblesse, mais elle reste tout à fait jouable.
Un mini-jeu intitulé Ultimate All-Shooters est également présent. Jusqu’à quatre joueurs peuvent y participer dans une petite séquence de shoot vertical. Ce mode reste anecdotique, mais il constitue un bonus sympathique.







