a été visionné sur Netflix.
Pendant des décennies, les fans ont rêvé d’une adaptation capable de rendre justice à l’œuvre de Tsukasa Hōjō. Entre l’anime culte qui a marqué toute une génération et les différentes adaptations produites au fil des années, le défi semblait immense. En France, Netflix a d’ailleurs choisi de commercialiser le film sous le nom de Nicky Larson, reprenant l’appellation popularisée dans les années 90. Pourtant, derrière ce titre bien connu du public français se cache toujours City Hunter, l’une des séries les plus emblématiques du manga japonais.
Avec cette production réalisée par Yuichi Satoh, la plateforme s’attaque à un monument de la culture populaire japonaise. Et contre toute attente, le résultat dépasse largement les craintes que pouvait susciter un tel projet.
Un polar d’action efficace
L’histoire nous replonge dans les rues illuminées de Shinjuku, où Ryo Saeba exerce toujours son activité de nettoyeur privé. Accompagné de son partenaire Hideyuki Makimura, il enquête sur une étrange série d’incidents impliquant des individus dotés d’une force surhumaine grâce à une mystérieuse substance.
Lorsque Hideyuki est assassiné au cours de l’enquête, sa sœur Kaori Makimura décide de reprendre le flambeau. Aux côtés de Ryo, elle va progressivement découvrir les dessous d’un vaste complot criminel qui dépasse largement le simple trafic de drogue.
L’intrigue reste relativement classique dans sa construction, mais elle possède suffisamment de mystère et de rebondissements pour maintenir l’intérêt du spectateur jusqu’au bout. Le scénario réussit surtout à trouver un équilibre entre enquête policière, scènes d’action et moments plus émotionnels.
Ryo Saeba enfin fidèle au manga
La grande réussite du film repose incontestablement sur Ryohei Suzuki. Fan déclaré de l’œuvre originale, l’acteur semble avoir parfaitement compris le personnage.
Il parvient à retranscrire toute la dualité de Ryo Saeba. D’un côté, le dragueur compulsif incapable de résister à un joli visage. De l’autre, un professionnel redoutable qui devient immédiatement dangereux lorsqu’il sort son arme.
Cette alternance permanente entre humour et sérieux constitue l’essence même de Nicky Larson, et Suzuki l’incarne avec une étonnante facilité. Jamais caricatural, jamais ridicule, il donne au personnage une crédibilité qui manquait souvent dans certaines adaptations précédentes.
Face à lui, Misato Morita livre une excellente prestation dans le rôle de Kaori. Leur relation constitue le véritable cœur émotionnel du film. Entre chamailleries, moments de complicité et blessures personnelles, leur duo fonctionne parfaitement.
Une modernisation intelligente
L’un des pièges aurait été de reproduire l’univers des années 80 à l’identique. Au lieu de cela, le film choisit d’actualiser son environnement tout en conservant l’esprit de l’œuvre originale.
Les réseaux sociaux, le monde du cosplay et les nouvelles technologies s’intègrent naturellement à l’histoire sans jamais donner l’impression d’être là uniquement pour moderniser artificiellement le récit.
Cette approche permet au film de rester accessible aux nouveaux spectateurs tout en conservant suffisamment de références pour satisfaire les amateurs de longue date.
Les nombreuses allusions au manga et à l’anime sont présentes sans devenir envahissantes. Les connaisseurs y verront un hommage sincère tandis que les nouveaux venus pourront suivre l’intrigue sans difficulté.
Action spectaculaire et mise en scène nerveuse
Visuellement, le film impressionne régulièrement. Les rues de Shinjuku deviennent un véritable terrain de jeu pour les personnages. Les néons, les enseignes lumineuses et l’activité permanente du quartier créent une ambiance particulièrement réussie.
Les scènes d’action figurent parmi les points forts du long-métrage. Fusillades, combats rapprochés et poursuites s’enchaînent avec efficacité. Certaines séquences rappellent même par moments le cinéma d’action hongkongais qui a largement contribué à populariser le genre dans les années 80 et 90.
La mise en scène reste dynamique sans sombrer dans la surenchère visuelle. Les affrontements demeurent lisibles et suffisamment variés pour ne jamais devenir répétitifs.
Quelques défauts malgré tout
Tout n’est cependant pas parfait. Les principaux antagonistes manquent parfois de profondeur et apparaissent davantage comme des fonctions scénaristiques que comme de véritables personnages mémorables.
Le film aurait également gagné à disposer de quelques minutes supplémentaires pour développer certains protagonistes secondaires et approfondir certaines relations.
Enfin, l’humour très japonais de Nicky Larson reste fidèle à l’esprit du manga, mais certains gags pourront sembler datés ou excessifs pour une partie du public actuel.





