L’année devait être celle des 30 ans de Kana, elle prend finalement une tournure beaucoup plus triste. Yves Schlirf, fondateur de la maison d’édition spécialisée dans le manga, est décédé le dimanche 13 septembre, laissant derrière lui une longue carrière consacrée à la bande dessinée et plusieurs générations d’éditeurs et de lecteurs.
Né à Bruxelles dans les années 1950, Yves Schlirf découvre très tôt le monde de la bande dessinée. En 1972, il crée Schlirfbook, l’une des premières librairies bruxelloises entièrement consacrées à la bande dessinée. Sa curiosité et son envie d’explorer de nouveaux horizons l’amènent ensuite à se rapprocher du métier d’éditeur. Dans les années 1980, il rejoint ainsi le service promotion des éditions Dupuis, à la demande de Jean Van Hamme, alors Directeur Général. Cette rencontre débouchera également sur une longue amitié et sur le rôle d’éditeur de XIII pour Yves Schlirf.
Son parcours se poursuit avec la création à Bruxelles de la branche belge des éditions Dargaud. Il accompagne alors plusieurs séries majeures de la bande dessinée franco-belge, parmi lesquelles Pin-Up, Murena, Le Scorpion ou encore La Complainte des landes perdues, tout en contribuant au succès de XIII. Son expérience de libraire, son flair pour les séries populaires et son goût pour la découverte vont progressivement l’amener à regarder de plus en plus vers le Japon.
Ses nombreux voyages dans l’archipel aboutissent en 1996 à la création de Kana, une nouvelle maison d’édition entièrement consacrée au manga. Cette initiative accompagnera ensuite plusieurs générations de lecteurs et contribuera à installer durablement le manga dans le paysage éditorial francophone.
Parallèlement, Yves Schlirf poursuit son travail à Bruxelles avec les équipes de Dargaud Benelux, notamment autour des publications de l’éditeur et des nombreux albums consacrés à Blake et Mortimer. Il transmet également son savoir-faire à plusieurs générations de collaborateurs, formant notamment des éditrices qui participeront à l’émergence de nouvelles séries importantes dans la bande dessinée franco-belge.
Avec sa disparition, le monde du 9e art perd ainsi une figure profondément attachée à la bande dessinée, à la fiction et à l’aventure humaine. Mega Force Magazine adresse ses pensées et ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de ses collaborateurs et amis.

