Doom n’est désormais plus seul dans le club très fermé des jeux d’action sponsorisés par l’APC (l’Amicale des Paranoïaques Cardiaques), puisque Descent vous propose de plonger dans des mines infestées de robots en mal de conquête. Mais n’est pas Doom qui veut…
L’Homme ayant définitivement épuisé les ressources de la Terre, il fut alors obligé d’installer ses mines sur diverses planètes du système solaire pour subvenir à ses immenses besoins en matières premières. Construire des stations spatiales avec de la terre cuite, ça fait plutôt mauvais genre.
Les mines sont dirigées par d’immenses compagnies dont la plus importante porte le doux nom de Post Terran Mining Corporation. Mais cette dernière connaît bon nombre de problèmes car, depuis peu, toutes ses colonies ont envoyé des SOS angoissants faisant référence à une tentative d’invasion extraterrestre.
Comme votre job est de veiller à la sécurité du matériel des mines, et un peu à ses employés s’il vous reste du temps, c’est tout naturellement vous qui allez explorer les antres des gisements à bord de votre vaisseau de combat.
Doom en apesanteur
À la différence de Doom, qui utilise principalement deux axes de déplacement, Descent exploite une vraie 3D et vous permet de vous retourner dans tous les côtés possibles et imaginables. Dans un moment de panique, il est ainsi possible de se retrouver la tête en bas, toute l’action se déroulant alors à l’envers.
C’est évidemment ce qui fait toute l’originalité du jeu. Vous ne parcourez pas simplement des couloirs en allant devant vous : vous pilotez véritablement votre appareil dans des mines où le haut et le bas n’ont plus beaucoup de sens.
Mais cette liberté de mouvement se paye par une prise en main un peu délicate en raison du nombre de boutons nécessaires pour se déplacer. Pour mieux comprendre, imaginez que vous pilotiez un hélicoptère avec une marche avant et une marche arrière, pivotant dans tous les sens, ce qui ne fait pas moins de dix boutons rien que pour se mouvoir. Ajoutez à cela la sélection des armes et divers gadgets et vous aurez une meilleure idée de ce que je veux dire.
Il faut donc un petit temps d’adaptation avant de commencer à vraiment maîtriser son vaisseau. Une fois les commandes assimilées, on découvre cependant un système particulièrement libre, où l’on peut foncer dans un couloir, faire demi-tour, monter, descendre ou se retourner pour prendre un ennemi à revers.
Une réalisation qui tousse
Le graphisme subit malheureusement une sorte de tramage bizarre qui nuit à la beauté des textures. Certes, on s’y habitue au bout de quelque temps mais la sensation reste néanmoins présente.
S’il s’agit d’une magouille technique pour accélérer l’animation, l’effet est plutôt raté car cette dernière passe de l’état de fluide lorsqu’il n’y a qu’un ennemi à l’écran, à saccadée lorsque leur nombre dépasse trois. Bien dommage pour une machine de la puissance de la PlayStation, sûrement capable de beaucoup mieux que cela.
Il reste toutefois quelques effets particulièrement réussis, notamment les effets de lumière. Lorsque vous tirez un coup de laser dans un couloir sombre, les parois s’illuminent et donnent vraiment une impression de profondeur. C’est l’un des points forts de Descent, et cela fonctionne encore très bien.
La perspective est plutôt bien rendue, comme le prouve ce genre de vue. Tout cela pour dire qu’il faut vraiment regarder de tous les côtés pour ne pas oublier un passage.
Des mines complètement folles
C’est surtout dans la conception des niveaux que Descent impressionne. Certains sont tellement biscornus qu’ils s’étendent dans tous les sens, et se repérer sur la carte devient alors une vraie galère.
Mal de mer assuré.
L’automap en 3D devient donc rapidement indispensable. Elle permet de retrouver les différents passages déjà visités et de mieux comprendre la structure de ces véritables labyrinthes. Sans elle, il serait parfois très facile de tourner en rond pendant un bon moment.
Chaque mine possède ses propres objectifs. Il faut généralement récupérer les différentes clés d’accès, ouvrir les portes correspondantes, trouver le réacteur puis le faire exploser. Une fois le réacteur détruit, le compte à rebours commence et il ne reste plus beaucoup de temps pour rejoindre la sortie avant l’explosion de la mine.
Et pendant ce temps, les robots ne vous laissent évidemment pas tranquille.
Des otages sont également éparpillés dans les mines et il faudra souvent beaucoup chercher pour les retrouver. Les ramener vivants permet d’obtenir un bonus, ce qui donne une bonne raison de ne pas simplement foncer vers la sortie.
Un arsenal plutôt complet
Le nombre des armes différentes est tout à fait honorable. Vous aurez en effet à valser entre plusieurs types de lasers, missiles, plasma et autres mines destructrices.
L’arsenal est divisé en armes principales et secondaires. Les lasers peuvent être améliorés, le Vulcan Cannon possède ses propres munitions tandis que le Spreadfire Cannon, le Plasma Cannon ou encore le puissant Fusion Cannon proposent chacun leur manière de faire parler la poudre.
Du côté des armes secondaires, on retrouve notamment les missiles à tête chercheuse, les bombes à proximité et les missiles beaucoup plus puissants. Il faut donc apprendre à choisir son arme en fonction de la situation, surtout lorsque les robots commencent à vous tomber dessus de tous les côtés.
Et justement, les ennemis ne se contentent pas tous de foncer bêtement vers vous. Certains attaquent à distance, d’autres surgissent dans les angles morts et certains préfèrent vous prendre par surprise. Il existe même des robots capables d’alerter leurs congénères de votre présence.
Le résultat peut rapidement devenir assez tendu, surtout lorsque vous vous retrouvez dans une petite salle avec plusieurs adversaires et que votre vaisseau commence à manquer d’énergie.
Pas vraiment une balade de santé
Descent n’est pas le genre de jeu où l’on avance tranquillement en regardant les décors. La difficulté est bien présente et certaines zones demandent une bonne connaissance des lieux et des ennemis.
Les cinq niveaux de difficulté vont de Trainee à Insane, et même les habitués des jeux d’action ont intérêt à prendre leurs marques avant de s’attaquer aux modes les plus corsés. Certains ennemis, comme le Class 1 Driller, peuvent d’ailleurs vous faire comprendre très rapidement que vous n’êtes pas venu ici pour une promenade de santé.
Le jeu possède également un système de vies et de score, avec des vies supplémentaires obtenues en accumulant suffisamment de points. Les ennemis détruits, les otages sauvés et les objectifs accomplis permettent de gonfler le score.
Le principe est assez classique, mais il fonctionne bien avec cette structure de jeu. Et lorsqu’on perd une vie, les bonus récupérés sont dispersés dans le niveau, ce qui peut donner une petite chance de récupérer son équipement.
Le son dans les tunnels
Les bruitages sont plutôt convaincants. Les tirs de missiles, les lasers qui fusent et les robots qui se mettent à grogner lorsqu’ils vous repèrent donnent une bonne ambiance aux mines.
Le fameux compte à rebours annonçant la destruction du réacteur participe lui aussi à cette sensation d’urgence. Lorsque les secondes commencent à défiler, il vaut mieux savoir où se trouve la sortie.
La musique est un peu plus particulière. Les amateurs de techno devraient y trouver leur compte, avec plusieurs morceaux qui accompagnent correctement les longues séances d’exploration. Certaines pistes sont particulièrement réussies et collent bien à cette sensation de voler dans des installations complètement perdues au milieu de l’espace.
Une adaptation qui divise
Sur PC, Descent avait marqué les esprits par sa 3D et son système de déplacement à six degrés de liberté. La version PlayStation conserve évidemment cette idée.
Mais le passage sur console ne se fait pas sans concessions. Le tramage des textures et les ralentissements observés lorsque plusieurs ennemis apparaissent simultanément sont bien réels. La maniabilité demande également davantage d’efforts au départ, notamment à cause du nombre de commandes nécessaires.
En revanche, jouer avec une manette fonctionne finalement plutôt bien une fois les touches personnalisées et les mouvements assimilés. Certains joueurs préfèreront évidemment les commandes de la version ordinateur, mais la PlayStation réussit tout de même à faire rentrer cette drôle de machine volante dans le salon.
La version console conserve également le cœur du jeu : les mines labyrinthiques, les combats, les clés colorées, les otages, les réacteurs et cette sensation permanente de ne jamais savoir dans quelle direction se trouve réellement la sortie.
Avec le recul de 2026
À l’époque, la comparaison avec Doom était quasiment inévitable. Pourtant, Descent ne cherchait pas simplement à refaire la même chose dans un autre décor. Son véritable intérêt venait de cette liberté de mouvement totale, encore assez inhabituelle dans les jeux d’action de l’époque.
Avec le recul de 2026, c’est justement ce point qui reste le plus impressionnant. Les textures et certains ralentissements ont évidemment pris un coup de vieux, mais l’idée de piloter son vaisseau dans des labyrinthes en apesanteur reste immédiatement identifiable.
Et si Forsaken reprendra plus tard cette formule de FPS en 3D avec déplacement libre, Descent reste l’un des jeux qui ont véritablement installé cette manière de jouer dans les années 90.









