Sonic Adventure
a été testé sur Nintendo GameCube.
De temps en temps, un jeu redéfinit une série et l’amène dans une nouvelle direction. Sonic Adventure, d’un certain point de vue, fait partie de ces jeux-là. Il conserve la linéarité et la structure d’un jeu 2D tout en apportant, pour la première fois, une véritable sensation de vitesse à un jeu de plates-formes en 3D. Ainsi, Sonic est de retour sur Dreamcast après de bien longues années d’attente.
Ayant échoué à maintes reprises à cause de la technologie, le Dr Robotnik a commencé à chercher ailleurs les moyens de conquérir le monde. Au cours de ses voyages, il est tombé sur Chaos, un dieu de la destruction constitué d’eau. Pour atteindre son plein potentiel destructeur, Chaos doit absorber les sept Chaos Emeralds. Robotnik commence alors à parcourir le monde à la recherche de ces gemmes insaisissables, suscitant l’intérêt de Sonic.
Cinq personnages supplémentaires sont également pris dans la lutte contre Robotnik et Chaos, chacun poursuivant ses propres objectifs. Tails cherche à devenir plus indépendant vis-à-vis de Sonic ; Knuckles recherche les éclats de la Master Emerald brisée ; Amy protège un petit oiseau ; Big poursuit son ami amphibien ; et E-102 Gamma, créé par Robotnik, aspire à libérer le monde de sa famille robotique.
Plusieurs flashbacks viennent ponctuer chacune des aventures.
Les niveaux de Sonic Adventure se déclinent de deux façons : les phases d’action et les phases d’exploration. Les premières sont, comme leur nom l’indique, orientées vers l’action. Chaque niveau est entièrement autonome et propose des mécaniques de jeu qui varient selon le personnage incarné.
Les stages de Sonic se jouent globalement comme ceux des épisodes 2D de la série, en mettant l’accent sur la vitesse et les plates-formes. Ceux de Knuckles, quant à eux, sont davantage centrés sur l’exploration puisqu’il doit retrouver les différents éclats de la Master Emerald disséminés dans les niveaux.
Des zones d’exploration relativement ouvertes viennent également relier les différentes phases d’action. Ces environnements sont peuplés de nombreux personnages avec lesquels il est possible de discuter et ne contiennent aucun ennemi, à l’exception des boss du jeu.
Enfin, plusieurs objets cachés sont disséminés un peu partout dans l’aventure. Ils permettent d’améliorer les capacités des différents protagonistes et d’accéder à de nouvelles zones auparavant inaccessibles.
Même avec les différences de gameplay propres à chaque personnage, la conception de Sonic Adventure reste très simple et linéaire, de sorte que l’expérience soit toujours rapide et amusante. Sonic Adventure demeure d’ailleurs l’un des jeux de plates-formes 3D les plus rapides à ce jour.
Les boss sont bien réalisés et font preuve d’une certaine inventivité. Sonic Adventure regorge également de mini-jeux : de l’impressionnante séquence de snowboard dans la zone Icecap à la course d’autos tamponneuses de Twinkle Park, le titre ne manque pas de variété.
Cependant, le mini-jeu le plus intéressant est sans conteste celui consacré à l’élevage des Chao. Inspiré de la simulation Nightopian A-Life de NiGHTS, il permet aux joueurs de faire éclore ces adorables créatures à partir d’œufs dans trois jardins disséminés tout au long du jeu. Les Chao apprennent au contact de Sonic et de ses amis, grandissent, pondent de nouveaux œufs et se diversifient génétiquement.
Chaque Chao possède des statistiques propres en natation, en vol, en course et en force. Il est possible de les améliorer en les transférant dans une VMU (la carte mémoire de la Dreamcast) afin de les accompagner dans une mini-aventure qui leur est propre. Vous pouvez même les faire se reproduire en reliant deux VMU entre elles.
La simulation des Chao est étonnamment intéressante et amusante à découvrir, surtout lorsque l’on échange et rivalise avec ses amis.
Bien qu’impressionnant pour l’époque, Sonic Adventure présente quelques signes de faiblesse qui affectent directement le gameplay. La caméra du jeu constitue le problème le plus notable, mais des soucis de collision apparaissent également de temps à autre. La plupart du temps, la caméra ne gêne pas la progression, mais elle se montre particulièrement capricieuse dans les espaces restreints et peut parfois se coincer sous le sol ou derrière les murs, entraînant des morts aussi inutiles que frustrantes. Les problèmes de collision peuvent également provoquer la disparition prématurée de Sonic, qui traverse alors des éléments du décor pourtant censés être solides. Quoi qu’il en soit, ces défauts ne ruinent pas l’expérience de jeu, ils ajoutent simplement quelques moments de frustration. Il arrive également que Sonic reste bloqué sur certaines pentes. Si un simple saut permet généralement de corriger le problème, cela peut coûter de précieuses secondes lorsqu’on tente de décrocher un emblème.
Les immenses environnements détaillés du jeu retranscrivent parfaitement le style visuel propre aux épisodes Mega Drive. Les textures sont nettes et variées, tandis que les temps de chargement restent particulièrement courts. L’ensemble bénéficie d’une cadence d’affichage agréable malgré quelques ralentissements occasionnels.
La grande majorité des cinématiques est réalisée avec le moteur graphique du jeu et profite d’une mise en scène particulièrement soignée. La bande-son, résolument rock, tranche avec le style plus classique des précédents opus de la série et accompagne parfaitement l’aventure. Les effets sonores, quant à eux, restent fidèles à l’identité de Sonic et remplissent parfaitement leur rôle. Enfin, le doublage vocal s’avère globalement convaincant, même si certains personnages héritent malheureusement de prestations beaucoup moins inspirées. On regrettera également que Sega ait totalement fait l’impasse sur la synchronisation labiale des personnages.





