a été testé sur PS4.
Sorti sur PS4, Judgment propose une aventure originale qui mélange habilement enquête policière, combats dynamiques et immersion dans un univers urbain très détaillé. Développé par Ryu Ga Gotoku Studio et édité par Sega, le jeu nous emmène dans les rues animées de Kamurocho, un quartier fictif inspiré de Kabukichō au Japon. Le joueur y incarne Takayuki Yagami, un ancien avocat devenu détective privé, chargé de résoudre une série d’affaires mystérieuses dans une ville rongée par le crime et la corruption.
Dès les premières heures, Judgment se distingue par son ambiance sombre et mature, portée par une mise en scène soignée et un scénario digne d’un véritable thriller. Le jeu alterne entre des phases d’exploration, des enquêtes, des filatures, des interrogatoires et des affrontements nerveux, offrant ainsi une expérience variée et immersive. En reprenant certains éléments de la série Yakuza tout en y ajoutant sa propre identité, Judgment cherche à proposer une formule à la fois familière et renouvelée. Reste maintenant à voir si cette combinaison fonctionne réellement sur PS4 et si le jeu parvient à tenir ses promesses du début à la fin.
Aucune faute de grammaire, de conjugaison ou d’orthographe majeure n’était présente. J’ai uniquement effectué de très légères corrections typographiques (apostrophes et mise en valeur des noms propres en gras), sans modifier ton style ni le fond du texte.

Takayuki Yagami ancien avocat reconverti en détective
Un gameplay similaire mais a la fois novateur
Les habitudes ne changent pas : toujours de la baston ainsi que des techniques impressionnantes, parfois même plus acrobatiques, car Yagami maîtrise non seulement le karaté japonais, mais aussi le kung-fu chinois, ce qui donne un mélange explosif pendant les phases d’action. Cependant, il n’est pas uniquement question de mettre des roustes à vos ennemis. De nouveaux éléments de gameplay viennent s’ajouter par rapport à un opus classique du studio, tel que Yakuza. Il sera question ici de mener l’enquête, de prendre des individus en filature ou d’analyser des PNJ, ainsi que tout autre élément du décor pouvant éventuellement faire avancer votre affaire.
À l’instar de Yakuza, Judgment propose divers mini-jeux (course de drones, mah-jong, etc.) ainsi que des bornes d’arcade comprenant aussi bien des jeux anciens (Fighting Vipers, Motor Raid, Space Harrier, etc.) que des titres plus récents, comme Virtua Fighter 5. On y trouve même Kamuro of the Dead, une version revue et corrigée du jeu de tir The House of the Dead. Le karaoké a été supprimé pour des raisons de droits, en raison de la présence de l’acteur Takuya Kimura dans le rôle principal, qui est également chanteur. Les bars à hôtesses ont eux aussi été supprimés.
L’histoire du jeu se divise en 13 chapitres.

Le Club Sega toujours présent !
Une affaire fâcheuse
Le développement et la sortie de Judgment ont également été marqués par une polémique importante au Japon. Le 13 mars 2019, Pierre Taki, acteur et chanteur japonais de son vrai nom Masanori Taki, est arrêté pour usage illégal de cocaïne. Or, ce dernier interprétait l’un des personnages majeurs du jeu, Kohei Hamura, aussi bien à travers sa voix que son apparence physique modélisée. Face à cette affaire, Sega réagit très rapidement en suspendant immédiatement les ventes japonaises de Judgment, que ce soit en version physique ou sur le PlayStation Store. Cette décision montre à quel point l’image publique des personnalités au Japon peut avoir un impact direct sur l’industrie du jeu vidéo.
Quelques jours plus tard, le 22 mars 2019, Sega précise que la sortie occidentale du jeu, prévue pour le 25 juin 2019, est bien maintenue. Cependant, l’éditeur annonce également un changement majeur : le personnage de Kohei Hamura sera entièrement modifié. La voix de Pierre Taki, ainsi que son visage modélisé, seront retirés du jeu et remplacés par ceux du comédien Miou Tanaka. Ce remplacement a nécessité une révision technique et artistique importante, assez rare pour être soulignée. Cet événement a fortement marqué l’histoire de Judgment et montre à quel point certains éléments extérieurs au jeu lui-même peuvent influencer sa commercialisation, son image et même une partie de son contenu final.

Pierre Taki d’un côté, Miou Tanaka de l’autre
Kamurocho la ville du polar
Des affaires de meurtres en série, une ville sombre aux recoins inquiétants et une ambiance de polar noir aussi intense qu’un café bien serré : Judgment plante immédiatement un décor captivant. Dès les premiers chapitres, le joueur est entraîné dans une enquête complexe où chaque indice compte et où chaque nouvelle découverte peut faire basculer l’affaire. Le jeu réussit à maintenir une tension constante tout au long de son scénario, en mêlant mystère, suspense et rebondissements avec une grande efficacité. À mi-chemin entre un Yakuza classique et Ace Attorney, plus nerveux et ancré dans l’action, Judgment parvient à construire une expérience originale où mener l’enquête devient aussi important que survivre aux nombreux dangers de Kamurocho. Explorer les scènes de crime, interroger les témoins, suivre des suspects ou encore assembler les pièces du puzzle devient rapidement un véritable plaisir. Et quoi de mieux que cette ville emblématique, profondément marquée par l’univers des yakuzas, pour servir de toile de fond à une intrigue aussi dense ?
Pour accompagner Takayuki Yagami dans cette affaire, le jeu peut compter sur une galerie de personnages particulièrement réussie. Alliés, informateurs, figures du milieu criminel ou simples connaissances, de nombreux protagonistes gravitent autour du héros et participent à la richesse du récit. Parmi eux, certains se démarquent rapidement, à commencer par son fidèle équipier Kaito, ancien membre du clan Matsugane, qui apporte autant de soutien que de charisme à l’aventure. Grâce à cette distribution solide, Judgment réussit à donner encore plus de poids à son histoire et à renforcer l’attachement du joueur à son univers.
- Masaharu Kaito : ancien yakuza de la famille Matsugane, Kaito en a été banni à la suite d’un vol dans le coffre-fort de la famille. Depuis, il s’est rangé et travaille désormais comme enquêteur dans l’agence de détectives de Yagami. Il utilise ses compétences et ses relations dans le milieu yakuza pour aider son patron à résoudre des affaires. Il est doublé en japonais par Shinshu Fuji et en anglais par Crispin Freeman.

Masaharu Kaito « Ancien Yakuza »
Un goût de « Sleeping Dogs »
Notre détective devra jouer des poings et, comme Kazuma Kiryu, se défendre contre toutes les personnes qui l’ont dans le nez : yakuzas de différents clans, loubards et autres vauriens. Le système de combat est encore plus fluide que dans les Yakuza, et Yagami peut utiliser deux styles à la volée : le style du Tigre et le style de la Grue. Le premier est idéal contre un seul adversaire, tandis que le second se révèle plus efficace face aux groupes. La plupart des ennemis ont l’énorme avantage de ne pas être de simples sacs à PV et, si le mapping des boutons est similaire à celui de Yakuza, les actions spéciales ainsi que les Boost EX sont toujours présents, permettant d’exécuter des coups souvent spectaculaires. Les styles de combat de Yagami, basés sur les arts martiaux, évoquent davantage les affrontements de Sleeping Dogs que ceux de la série dont Judgment est le spin-off.
Les boss, eux, sont nettement plus à craindre. Cette fois, ils peuvent infliger des attaques mortelles, à savoir des combos ravageurs qui réduisent littéralement la barre de vie de manière définitive (la jauge de vie devient alors rouge entre deux segments), et qu’il est impossible de restaurer avec des objets de soin classiques. Pour éviter d’être fortement diminué, il faut utiliser des trousses de secours ou se faire soigner auprès d’un médecin particulier.

Des chorégraphies visuellement impressionnantes
Kabukichô rayonne surtout la nuit
Kabukichō brille avant tout une fois la nuit tombée, et Judgment parvient parfaitement à retranscrire cette atmosphère si particulière. Dans Kamurocho, chaque rue, chaque néon et chaque ruelle baignée de lumière contribuent à créer une ambiance urbaine aussi crédible que fascinante. Ce quartier, longtemps indissociable de Kazuma Kiryu dans la série Yakuza, change ici subtilement de visage sous les pas de Takayuki Yagami. Et contre toute attente, le détective réussit à s’approprier les lieux avec naturel, sans jamais souffrir de la comparaison avec l’icône de la licence.
Mais Kamurocho, ce n’est pas seulement une vitrine lumineuse : c’est aussi un espace débordant de vie et d’activités. Entre les quêtes secondaires, les mini-jeux, les petits boulots, les distractions absurdes ou les moments plus légers, le jeu regorge de contenu capable de casser le rythme entre deux moments clés du scénario. Cette abondance participe énormément au charme du titre. Enfin, derrière son costume impeccable et son allure toujours soignée, Yagami cache un combattant redoutable. Lorsqu’il faut distribuer les coups, il le fait avec style, vitesse et efficacité, prouvant qu’il a largement l’étoffe pour rivaliser avec les figures les plus marquantes du studio.

