Au milieu des années 90, les salles d’arcade vivent leur âge d’or. Street Fighter II règne toujours sur les bornes tandis que Capcom cherche déjà à repousser les limites du jeu de combat. Profitant de l’immense succès de la série animée X-Men, l’éditeur japonais lance en 1994 X-Men : Children of the Atom, un titre qui va poser les bases de ce qui deviendra quelques années plus tard la mythique saga Marvel vs. Capcom. À l’époque, difficile de ne pas s’arrêter devant cette borne aux couleurs éclatantes où Wolverine, Cyclope ou encore Magneto se livraient des affrontements spectaculaires.
Aujourd’hui encore, ce premier crossover consacré aux mutants conserve une place particulière dans le cœur des amateurs de baston 2D. Derrière ses mécaniques qui peuvent sembler un peu datées se cache pourtant un jeu qui a révolutionné le genre et ouvert la voie à toute une génération de jeux de combat survitaminés.
Des pixels qui ont la classe
Impossible de parler de Children of the Atom sans évoquer son incroyable réalisation. Les sprites sont gigantesques, extrêmement détaillés et surtout superbement animés. Chaque personnage possède une personnalité visuelle immédiatement reconnaissable, fidèle aux comics comme au dessin animé de l’époque. Wolverine bondit avec une sauvagerie impressionnante, Cyclope déclenche ses rayons optiques avec puissance tandis que Magneto impose immédiatement le respect grâce à ses animations majestueuses.
Les décors ne sont pas en reste. Qu’il s’agisse du Danger Room, des bases militaires ou des différents environnements inspirés de l’univers Marvel, chaque arène déborde de détails et d’animations. Trente ans plus tard, le pixel-art n’a pratiquement pas pris une ride et reste un véritable plaisir pour les yeux.
Des musiques dignes des X-Men
La bande-son accompagne parfaitement les combats. Chaque personnage bénéficie de son propre thème musical qui colle parfaitement à sa personnalité, même si peu de morceaux atteignent le statut de véritables classiques de Capcom.
En revanche, les bruitages sont excellents. Les griffes de Wolverine, les impacts surpuissants de Colossus ou encore les célèbres répliques digitalisées des personnages participent énormément à l’ambiance. Pour beaucoup de joueurs, ces voix restent encore aujourd’hui celles qu’ils associent naturellement aux héros des comics.
Des combats qui explosent de partout
En 1994, Children of the Atom impressionnait déjà par son dynamisme. Les super sauts, les combos aériens, les attaques spéciales gigantesques et les effets visuels spectaculaires donnaient une sensation de puissance rarement vue jusque-là.
Le casting est particulièrement réussi avec douze combattants proposant des styles très différents. Cyclope représente le combattant équilibré, Colossus joue le rôle du puissant catcheur, Omega Red contrôle l’espace grâce à ses tentacules tandis que Psylocke privilégie la vitesse. Les boss comme Juggernaut, le Sentinel ou Magneto impressionnent autant par leur taille que par leur difficulté. Sans oublier le personnage caché Akuma, véritable machine de guerre qui faisait office de récompense pour les joueurs les plus expérimentés.
Simple à jouer, difficile à maîtriser
Le gameplay repose sur le célèbre système à six boutons de Capcom : trois coups de poing et trois coups de pied. Une formule simple en apparence mais qui cache déjà une vraie profondeur de jeu.
L’apparition de la jauge X-Power permet de déclencher des attaques dévastatrices tandis que les super sauts et les enchaînements aériens apportent une verticalité totalement nouvelle. Certes, le jeu paraît aujourd’hui un peu plus rigide que ses successeurs, mais il reste particulièrement agréable à prendre en main.
Chaque personnage possède ses propres techniques et demande un véritable apprentissage. Les amateurs de Street Fighter retrouveront quelques repères avec Cyclope, tandis que d’autres combattants proposent déjà des styles beaucoup plus atypiques qui feront la réputation des futurs jeux Marvel.
Le premier pas vers la légende
Là où X-Men : Children of the Atom marque définitivement l’histoire, c’est dans son héritage. Sans lui, il n’y aurait probablement jamais eu X-Men vs. Street Fighter, Marvel Super Heroes, Marvel vs. Capcom ou encore Marvel vs. Capcom 2.
Même si le contenu paraît aujourd’hui plus limité et que les modes de jeu restent classiques, le plaisir de retrouver ce casting emblématique est intact. Les fins individuelles, les personnages cachés et les nombreux clins d’œil aux comics donnent constamment envie de relancer une partie.
Surtout, on ressent immédiatement les fondations de toute la série Marvel. Les combats spectaculaires, les combos démesurés et cette sensation de puissance permanente étaient déjà présents. Pour les fans de l’univers des X-Men comme pour les passionnés de jeux de combat, il s’agit d’une véritable pièce d’histoire vidéoludique.
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