Castlevania Judgment
a été testé sur Wii.
Sorti sur Wii sous l’égide de Konami, Castlevania Judgment ambitionnait de transformer la célèbre saga d’action-aventure en jeu de combat en arènes 3D. Sur le papier, l’idée avait de quoi intriguer. Le projet pouvait compter sur un invité prestigieux : le mangaka Takeshi Obata, connu notamment pour Death Note, chargé du character design. L’objectif était clair : proposer une vision moderne de l’univers Castlevania tout en mélangeant plusieurs inspirations issues du jeu de combat.
Cette approche pouvait sembler logique. La licence regorge de personnages emblématiques : Simon Belmont, Alucard, Maria Renard ou encore Cornell. Les réunir dans un affrontement direct paraissait presque évident. Malheureusement, derrière ces ambitions séduisantes, l’expérience finale se révèle beaucoup plus hésitante une fois la manette en main.
Des combats en arènes qui veulent tout mélanger
Les influences du jeu sautent rapidement aux yeux. Castlevania Judgment tente de fusionner les combats armés traditionnels de la série avec une approche plus libre rappelant Power Stone. Les combattants évoluent dans des arènes en 3D, peuvent se déplacer librement et récupérer des objets dans des caisses pour attaquer leurs adversaires.
Sur le principe, cela apporte un peu de variété. Il est possible de lancer des couteaux, d’utiliser des chauves-souris ou d’exploiter différents objets inspirés de l’univers Castlevania. Mais dans les faits, ces mécaniques restent assez secondaires. Les attaques à distance infligent peu de dégâts et sont très faciles à éviter avec un simple mouvement du stick analogique. Le système paraît donc prometteur au départ, mais devient rapidement accessoire pendant les combats.
Quand la Wiimote complique les affrontements
Le véritable problème vient surtout de la maniabilité. Le jeu exploite les mouvements de la Wiimote, mais les gestes réalisés par le joueur ne correspondent pas toujours clairement aux actions affichées à l’écran. Les combats demandent souvent de secouer la manette sans véritable précision.
Peu importe la direction ou la vitesse du mouvement : les combos restent quasiment identiques. Le tutoriel lui-même explique qu’un seul ensemble d’attaques existe pour chaque personnage. Il est possible de jouer avec une manette GameCube ou une Classic Controller, ce qui rend l’expérience un peu plus confortable, mais cela ne change pas le manque de profondeur des affrontements.
Un équilibrage très discutable entre les personnages
Cette simplicité se ressent aussi dans l’équilibrage des combattants. Plutôt que de proposer des personnages relativement équilibrés, le jeu adopte une hiérarchie de puissance très marquée.
Des figures emblématiques comme Alucard, Maria Renard ou Simon Belmont dominent largement les combats, tandis que d’autres personnages comme Eric Lecarde, Cornell ou le Golem sont nettement moins efficaces. Les affrontements deviennent alors assez prévisibles : le personnage le plus puissant remporte souvent la victoire.
La seule variation vient du choix entre deux types de combos : l’un plus puissant mais risqué, l’autre plus sûr mais moins destructeur. Ce système apporte un léger aspect tactique, mais il reste trop limité pour réellement renouveler les combats.
Une progression longue et une narration discutable
Le contenu du jeu n’aide pas non plus à maintenir l’intérêt. De nombreux personnages doivent être débloqués en terminant les différents scénarios proposés. Le problème, c’est que les nouveaux combattants obtenus sont souvent plus faibles que ceux déjà disponibles.
Si l’on souhaite compléter la liste complète, il faut terminer de nombreuses campagnes, ce qui devient rapidement répétitif. La narration n’arrange pas non plus la situation. Certains dialogues donnent une image assez étrange des héros de la saga, transformant parfois ces chasseurs de vampires en caricatures maladroites.
Des arènes spectaculaires mais parfois confuses
Les environnements offrent malgré tout quelques bons moments. Certaines arènes, comme le palais de Dracula, affichent un style visuel réussi et regorgent de pièges interactifs : lacs de lave, fosses empoisonnées, rayons laser, mécanismes mortels ou tentacules géants.
Malheureusement, ces éléments perturbent souvent la lisibilité de l’action. Il arrive même que les ennemis contrôlés par l’ordinateur restent coincés dans un piège jusqu’à perdre toute leur énergie. Curieusement, les décors sont parfois plus soignés que les personnages eux-mêmes.
Les costumes déblocables ajoutent également une touche étrange. Certains combattants peuvent porter des tenues de sport, un choix esthétique plutôt surprenant dans l’univers gothique de Castlevania.
Des modes de jeu variés mais inégaux
Malgré ses défauts, Castlevania Judgment propose plusieurs modes. On retrouve un mode Story, un mode Arcade, un mode Survie ainsi qu’un multijoueur local. À l’époque, un mode en ligne était également disponible, mais il n’est plus accessible aujourd’hui.
Le mode Château reste finalement l’élément le plus intéressant. Inspiré du mode Conquest de SoulCalibur II, il propose d’affronter des vagues d’ennemis et de boss dans une série de défis. Au fil de la progression, il est possible de débloquer différents équipements parfois très décalés.







