Initial D Extreme Stage
est un jeu de course développé par SEGA pour la PlayStation 3. Il est basé sur le manga Initial D, créé par Shuichi Shigeno en 1995. Initial D Extreme Stage est sorti au Japon, à Hong Kong, à Singapour, à Taïwan et en Corée du Sud le 3 juillet 2008. Extreme Stage est la suite de Initial D Special Stage, sorti sur la célèbre PlayStation 2, ainsi que de Initial D Street Stage, paru sur PSP. Cet opus est uniquement disponible en import. Il a été commercialisé en deux versions : une version japonaise et une version asiatique. Toutes deux sont proposées en version originale, mais la version asiatique inclut un manuel en anglais.
Un coup de frein, les pneus qui crient
Initial D Extreme Stage
est un pur jeu d’arcade en 3D cel-shading. On choisit un pilote parmi les protagonistes de la série, un véhicule issu des plus grandes icônes du JDM, et en voiture ! Pendant ce temps, les musiques des menus, fidèles à l’animé, plongent immédiatement le joueur dans la peau d’un véritable street racer japonais. Dès le premier circuit, très accessible et en boucle, on se rend compte que la mise en scène est particulièrement soignée. Dérapages impressionnants, action incessante, adversaires qui vous collent au pare-chocs avant de vous dépasser dans les derniers virages… On est véritablement plongé dans l’univers des courses de rue illégales, et cela se ressent à chaque instant. SEGA a réalisé un remarquable travail d’adaptation. En permanence, un indicateur en haut de l’écran affiche le nombre de mètres qui vous séparent de votre adversaire. À la fin de chaque course, le joueur est récompensé par une cinématique scénarisée qui retranscrit parfaitement l’esprit du manga. Puis vient le niveau suivant, où l’on découvre des environnements variés : montagne, courses de nuit, de jour ou sous la pluie… C’est un véritable plaisir de redécouvrir en 3D les tracés emblématiques de l’animé.
Ce n’est qu’après quelques courses que l’on réalise que maîtriser l’art du drift demande une certaine dextérité. Les circuits deviennent de plus en plus escarpés et il n’est pas rare de finir contre une rambarde. Il faudra apprendre à négocier les virages aussi bien avec une propulsion qu’avec une traction, car le comportement des voitures joue un rôle essentiel dans ce titre. Toute la technique repose sur la capacité à enchaîner les dérapages les plus efficaces afin de négocier les célèbres épingles à cheveux. L’expérience de jeu est unique dans le genre. Ici, rien à voir avec Gran Turismo ou SEGA Rally. N’essayez surtout pas de prendre la corde comme dans un jeu de simulation, sous peine de voir votre adversaire vous humilier dans un concert de crissements de pneus !
Côté durée de vie, le contenu est largement à la hauteur. Les graphismes, magnifiques pour l’époque, le mode Carrière avec l’amélioration de votre garage — où vous pourrez acheter jusqu’à trois voitures — ainsi qu’un large choix de véhicules emblématiques de l’animé, comme les célèbres RX-7 FD des frères Takahashi ou l’AE86 de Takumi Fujiwara, participent pleinement au plaisir de jeu. La mise en scène et la bande-son créent une ambiance qui ne lasse jamais, surtout si, comme moi, vous êtes amateur de l’animé. Les musiques officielles du groupe m.o.v.e, intimement lié à l’univers d’Initial D, renforcent encore davantage cette immersion. Ajoutons enfin une option permettant d’affronter d’autres joueurs en ligne… fonctionnalité malheureusement absente de la version asiatique commercialisée à Hong Kong. Soyez donc vigilants au moment de l’achat.

Quand la musique donne
Que serait l’univers de ce manga sans la célèbre playlist Eurobeat, portée par le groupe m.o.v.e ? Véritable pilier de la série depuis ses débuts, le trio apporte une valeur ajoutée indéniable grâce à des morceaux devenus cultes. Dès l’introduction, la musique donne immédiatement le ton. Le rythme effréné des courses, accompagné d’une bande-son explosive, renforce considérablement l’immersion et fait de Initial D Extreme Stage un véritable jeu d’arcade. Il est tout simplement impossible de dissocier Initial D de m.o.v.e, tant leurs compositions font partie intégrante de l’identité de l’œuvre de Shuichi Shigeno.
L’histoire de m.o.v.e : Le groupe est fondé en 1997 par le producteur t-kimura, en parallèle de son groupe de l’époque, Favorite Blue. Leur premier single, Rock It Down, passe relativement inaperçu, mais c’est avec Around the World, utilisé comme générique de l’animé Initial D, que le groupe accède à la notoriété. En 2005, il adopte officiellement le nom m.o.v.e, en ajoutant des points entre chaque lettre afin de souligner qu’il s’agit d’un acronyme. Le trio est alors signé chez avex tune.
En Occident, m.o.v.e est surtout connu pour avoir interprété de nombreux génériques de Initial D, parmi lesquels Around the World, Rage Your Dream, Break In2 the Nite, Blazin’ Beat, Gamble Rumble, Dogfight, Blast My Desire ou encore Noizy Tribe. Le groupe a également signé le générique d’ouverture de Ikki Tousen avec Drivin’ Through the Night, le générique de fin de Final Fantasy: Unlimited avec Romancing Train, ainsi que le thème de fin du jeu Dynasty Warriors 2 avec Can’t Quit This!!!! ~ KNOCK’EM OUT ~ (SH Funk Mix).
Le 2 décembre 2008, t-kimura annonce sur le site officiel du groupe son souhait de se consacrer davantage à la production musicale qu’à la scène. Quelques mois plus tard, le 10 avril 2009, lors d’une convention, il officialise son départ. Le 5 mai 2009, la compilation MEGABEST, regroupant leurs plus grands succès, sort en Europe sous le label français Wasabi Records.
Le 7 décembre 2012, m.o.v.e annonce officiellement sa séparation à travers un message publié sur son site Internet. Le groupe précise que son ultime concert aura lieu le 16 mars 2013. Son dernier album, initialement prévu sous le nom Best Moves, est finalement renommé Best Moves. ~and move goes on~ et sort en février 2013. Quant au concert anniversaire des 15 ans, il est rebaptisé m.o.v.e – The Last Show – Champagne Fight, marquant la fin d’un groupe devenu indissociable de l’univers d’Initial D.
Du contenu qualitatif
Ces cut-scenes m’amènent d’ailleurs au véritable point fort du jeu (et ce n’est pas le seul !) : sa fidélité exceptionnelle à l’univers de la série. Tout y est : les routes du manga, les voitures emblématiques, les équipes, les musiques de l’animé — avec une excellente sélection d’Eurobeat directement issue de la quatrième saison —, les seiyū officiels… Certains dialogues en pleine course semblent même sortir tout droit de l’animé. Il n’est ainsi pas rare d’entendre Takumi lâcher un « Hai, hai… » (« Il est rapide ! ») lorsque vous lui infligez plusieurs secondes d’écart. Cette fidélité ravira les fans d’Initial D et fait de Initial D Extreme Stage un véritable prolongement du manga et de l’animé. Il est même possible de reproduire certaines techniques cultes, comme la fameuse prise de la gouttière dans les virages. Un véritable bonheur pour les connaisseurs. Le logo Initial D sur la jaquette n’est pas là uniquement pour faire joli : le jeu mérite pleinement de porter ce nom.
Initial D, c’est avant tout une histoire de voitures, et là encore, le contrat est parfaitement rempli. Le jeu propose 22 véhicules sous licence, reprenant toutes les voitures apparues dans les trois premières saisons de l’animé, auxquelles s’ajoutent deux modèles issus de la quatrième saison ainsi que quelques véhicules plus anecdotiques, proposés à l’époque en DLC. Chaque voiture peut être repeinte parmi les couleurs officielles disponibles et possède un comportement propre, déterminé par son architecture (traction, propulsion, transmission intégrale…). Mais les différences ne s’arrêtent pas là : même au sein d’une même catégorie, chaque modèle possède sa propre tenue de route et ses propres performances.
Côté personnalisation, en plus de la peinture, le garage permet de modifier la plaque d’immatriculation ainsi que l’apparence extérieure du véhicule grâce à des pièces provenant de véritables préparateurs japonais. On retrouve ainsi des noms prestigieux comme JUN, ChargeSpeed ou C-West. Cette personnalisation esthétique n’a toutefois aucune incidence sur le comportement de la voiture, contrairement aux modifications mécaniques.
Ces dernières sont réparties en cinq catégories : moteur et transmission, échappement, trains roulants, châssis et électronique. Chacune dispose de sept niveaux d’amélioration. Évidemment, plus vous progressez, plus les coûts deviennent élevés. Ces améliorations doivent être appliquées avec intelligence. Si elles sont indispensables pour rivaliser avec les pilotes de haut niveau, elles modifient également profondément le comportement de votre voiture. Si vous investissez tout votre argent dans le moteur dès le départ, votre bolide risque rapidement d’avoir la maniabilité d’un savon de Marseille sur un carrelage mouillé. Il est donc indispensable d’effectuer des séances d’essai après chaque modification afin de bien reprendre en main votre véhicule.


