a été testé sur PS1.
Sorti dans les années 1990 sur Sony PlayStation, Tekken est l’un des jeux de combat les plus importants de sa génération. Développé par Namco, il marque un tournant dans l’histoire du jeu vidéo grâce à son utilisation de la 3D, à son système de combat original et à ses personnages devenus emblématiques. À une époque où les jeux de versus fighting connaissent un grand succès, Tekken parvient à se démarquer par son style plus réaliste, sa jouabilité accessible mais technique, ainsi que par son univers centré sur le tournoi du King of Iron Fist.
Ce jeu a non seulement connu un fort succès commercial, mais il a aussi posé les bases d’une licence majeure du jeu vidéo. Il est donc intéressant d’étudier comment le premier Tekken a réussi à s’imposer comme une référence du jeu de combat sur console.
Quand les pixels deviennent musclés
L’essence de Tekken se comprend mieux en regardant ce qui existait avant lui. Dans le domaine des jeux de combat, Virtua Fighter a été le premier titre à exploiter pleinement la 3D pour proposer des combats plus réalistes. Son intérêt résidait dans la possibilité de créer des versus plus crédibles que ceux proposés par Street Fighter II, qui reste le jeu fondateur du versus fighting. Alors que Street Fighter II adoptait un style très manga, avec des techniques surnaturelles comme le « Hadou », Virtua Fighter privilégiait un rendu plus proche des arts martiaux réels, inspiré de disciplines comme le jeet kune do, le catch ou d’autres sports de combat classiques.
En 1994, Namco sort Tekken, son propre jeu de combat en 3D. Ce dernier se positionne rapidement comme un concurrent direct de Virtua Fighter, en proposant à la fois un style visuel proche du réalisme humain et une jouabilité accessible mais technique. À l’instar de nombreux jeux de l’époque, la licence invente son propre art martial fictif, le « karaté Mishima », qui devient un pilier emblématique de la série. Pour rendre les combats spectaculaires, le jeu utilise des mouvements réalistes issus de la motion capture tout en accentuant la violence visuelle à travers les collisions, les impacts et les effets sonores, situant l’action à mi-chemin entre réalisme et animation stylisée.
Qui veut taper qui ?
La version originale d’arcade proposait huit personnages jouables, chacun associé à un boss spécifique à affronter lors du dernier stage. Heihachi Mishima, antagoniste principal et boss final, n’était pas jouable dans cette version. En revanche, la version PlayStation a élargi le casting pour inclure tous les boss et offrir une expérience complète aux joueurs. Le roster complet comprend notamment : Kazuya Mishima/Devil (avec sa transformation incomplète), King, Paul Phoenix, Marshall Law, Michelle Chang, Nina Williams, Jack, Yoshimitsu, Heihachi Mishima, Lee Chaolan, Armor King, Kuma, Ganryu, Kunimitsu, Anna Williams, Prototype Jack, et Wang Jinrei.
Chaque personnage possède un style de combat distinct, et certains d’entre eux présentent des techniques ou transformations spéciales, ce qui augmente la profondeur tactique du jeu. Cette diversité a contribué à faire de Tekken une série emblématique, où le choix du personnage influe directement sur le style de jeu du joueur.
Papa Mishima et le club des pouvoirs chelous
L’un des éléments narratifs marquants de Tekken est le « Devil Gene ». Ce concept est présent dès le premier épisode, même si le terme exact n’apparaît pas immédiatement et que ses origines restent floues. Dans l’histoire, avant le début du premier tournoi, Heihachi Mishima tente d’éliminer son fils Kazuya en le jetant d’une falaise pour punir un crime qu’il n’a pas commis. Kazuya survit grâce aux pouvoirs surnaturels qu’il détient, connus plus tard sous le nom de Devil. Dans la version PlayStation, cette transformation est introduite et devient jouable, mais l’origine exacte du pouvoir reste volontairement mystérieuse.
Pendant longtemps, les joueurs se sont appuyés sur l’anime Tekken: The Motion Picture pour expliquer ce phénomène, où Kazuya doit « vendre son âme » à Devil pour survivre. Les véritables secrets et l’ampleur du Devil Gene ne seront révélés que dans les épisodes suivants de la série, ce qui a contribué à créer un mystère durable autour du personnage et à enrichir la mythologie de Tekken.
Quatre boutons, mille coups
Tekken propose des combats opposant deux personnages, chacun doté d’une jauge de santé placée en haut de l’écran. Cette barre colorée diminue lorsque le personnage subit des dégâts. Une fois totalement vidée, le joueur est assommé et perd le round. Ce système, simple et intuitif, permet aux débutants de comprendre rapidement les mécanismes du jeu, tout en laissant une marge de progression aux joueurs plus expérimentés. Le gameplay repose sur quatre boutons principaux, chacun correspondant à un membre du personnage : X pour le coup de pied gauche, O pour le coup de pied droit, ∆ pour le coup de poing droit et □ pour le coup de poing gauche. À cela s’ajoutent des projections et des combos spéciaux qui varient selon le style de chaque combattant. Certaines prises peuvent infliger des dégâts importants, parfois spectaculaires, renforçant la dimension artistique et dramatique des affrontements. Ce qui distingue Tekken, c’est la reconnaissabilité des styles de combat.
Chaque personnage possède une gestuelle unique, inspirée de véritables arts martiaux et retranscrite grâce à la motion capture. Les mouvements paraissent ainsi réalistes, cohérents et dynamiques, offrant au joueur une expérience crédible malgré l’exagération propre aux jeux de combat. Aujourd’hui, le jeu a quelque peu vieilli : les graphismes et certaines animations paraissent datés, et il peut être difficile de s’y replonger après des années. Cependant, revenir sur Tekken permet de comprendre les origines de la série et de mesurer l’importance de son influence sur les jeux de combat modernes. En ce sens, il constitue un véritable jalon historique pour tout amateur du genre.




