Comme il était intégré à la première console de jeu vidéo que j’ai possédée, la Sega Master System II, Alex Kidd in Miracle World est également le premier jeu auquel j’ai joué. Il occupe donc une place toute particulière dans mon cœur de joueur, souvent trop blasé par les productions actuelles. Près de 35 ans après sa sortie originale, le titre fait son retour grâce au travail de Merge Games et Jankenteam, sous la forme de Alex Kidd in Miracle World DX. Cette nouvelle version propose des graphismes entièrement retravaillés, plusieurs améliorations de gameplay, de nouveaux modes de jeu ainsi que des niveaux inédits. Beaucoup de belles promesses sur le papier, mais 35 ans après sa sortie initiale, la formule Alex Kidd est-elle toujours capable de séduire un public moderne ?
Les nouveaux visuels constituent le changement le plus radical d’Alex Kidd in Miracle World DX. Cet opus bénéficie d’un véritable lifting : les décors et les objets sont nettement plus détaillés, un nouveau système d’éclairage apporte davantage de profondeur aux environnements, des effets supplémentaires rendent les combats plus percutants et de nouvelles animations donnent plus de vie aux personnages. Quelques petites touches de finition ont également été ajoutées afin de renforcer la personnalité du jeu.
Il est possible de basculer à tout moment entre les nouveaux graphismes et ceux d’origine en appuyant simplement sur un bouton. Une fonctionnalité particulièrement plaisante, notamment lorsque l’on découvre une nouvelle zone et que l’on compare instantanément son apparence modernisée avec celle du jeu original. La bande-son change également en même temps que les graphismes, passant de la version originale à la version remastérisée. Cette option renforce le sentiment de découverte et accompagne agréablement l’exploration de chaque nouveau niveau.
Au départ, je n’étais pas particulièrement convaincu par cette nouvelle bande-son. Bien qu’elle s’inspire fortement des compositions originales, je l’ai trouvée un peu trop chargée, avec des sonorités acoustiques parfois légèrement nasillardes à mon goût. C’est particulièrement vrai dans le premier niveau, où le nouveau thème souffre de la comparaison avec l’original, devenu au fil du temps particulièrement mémorable et accrocheur. En revanche, passé la moitié du jeu, j’ai commencé à préférer cette nouvelle interprétation musicale. Elle s’éloigne progressivement des arrangements acoustiques les plus simples pour intégrer davantage de sonorités électroniques et de synthétiseurs, lui permettant finalement de dépasser la bande-son d’origine, naturellement limitée par les contraintes technologiques de l’époque.
Bien que de nombreux éléments aient clairement été modifiés, une chose, en revanche, n’a pas changé : le gameplay de base. Les phases de plateforme et les combats sont presque identiques à ceux de la version Master System, ce qui signifie qu’ils restent naturellement marqués par le poids des années. Et oui, la portée du coup de poing d’Alex est toujours aussi désespérément courte. Il est donc très facile de toucher accidentellement un ennemi — et de mourir instantanément — en essayant simplement de courir et de frapper. À quelques exceptions près, la conception des niveaux est elle aussi restée fidèle à l’original. Il faut donc toujours réfléchir à l’avance et choisir avec soin quels blocs détruire afin de ne pas gaspiller son argent, exactement comme à l’époque.
En revanche, le niveau de difficulté a été revu à la baisse grâce à l’ajout de plusieurs fonctionnalités bienvenues. Tout d’abord, il est désormais possible de sauvegarder sa progression, ce qui était impossible sur Master System II. De plus, lorsque vous perdez toutes vos vies, le traditionnel écran Game Over ne vous renvoie plus au tout début de l’aventure. À la place, vous recommencez au début du niveau en cours avec trois nouvelles vies. Enfin, pour les joueurs rencontrant encore des difficultés, une option permet d’activer les vies infinies. Une fois cette aide activée, plus besoin de recommencer le niveau après trois échecs : vous réapparaissez directement dans la zone où vous venez de mourir, autant de fois que nécessaire, jusqu’à parvenir à la franchir.
L’effet de ces changements est de réduire considérablement la courbe de difficulté, autrefois particulièrement abrupte. Pour ma part, c’est une excellente chose. Quand j’étais enfant, je n’ai que très rarement réussi à terminer le jeu. D’ailleurs, tous ceux qui y parvenaient avec aisance méritent encore aujourd’hui tout mon respect. Ce fichu dernier niveau dans le château reste un véritable défi. Les puristes y verront sans doute une insulte, estimant que cette prise en main est devenue trop facile. Eh bien, c’est précisément là qu’intervient le mode Classique.
Le mode Classique et le mode Boss Rush sont deux modes bonus qui se débloquent une fois le jeu terminé une première fois. Le mode Classique se présente comme une reproduction très fidèle du jeu original, même si l’équipe de développement le décrit comme « une recréation inspirée du classique Sega Master System », probablement pour des raisons juridiques. Quoi qu’il en soit, si vous souhaitez retrouver l’expérience originale de Alex Kidd in Miracle World, sans les améliorations de confort ni la réduction de la difficulté, c’est clairement le mode qu’il vous faut.
Alex Kidd in Miracle World
a toujours été un jeu très court. Si vous regardez les solutions complètes de la version originale, vous constaterez qu’il est possible de le terminer en une petite demi-heure… à condition d’être particulièrement doué. Mais, comme beaucoup de jeux de son époque, son niveau de difficulté élevé et son système de Game Over particulièrement punitif faisaient qu’un speedrunner ou un expert pouvait en voir la fin très rapidement, tandis qu’un joueur moyen pouvait y passer des dizaines, voire des centaines d’heures, sans jamais parvenir à le terminer.
Ce n’est plus vraiment le cas avec Alex Kidd in Miracle World DX, et, selon moi, ce n’est pas un défaut. Il faut désormais compter environ quatre heures pour arriver au bout de l’aventure, voire près de la moitié si vous choisissez d’activer l’option des vies infinies.





