Yakuza Ishin
a été testé sur PS5.
Nous avons tant de fois parlé du légendaire Kazuma Kiryu, le Dragon de Dojima, aux multiples titres et faits d’armes incontestés. Cependant, d’où viennent ses racines, quelles sont ses origines et, plus important encore, quelle est l’origine des Yakuza ?
L’opus Ishin, sorti uniquement au Japon en 2014, répond parfaitement à ces questions. Il est temps pour moi de vous emmener dans une époque lointaine, bien loin de la ville trépidante de Kamurocho.
Il est important de noter que Kenzan, sorti en mars 2008, est un spin-off qui n’est pas lié à Ishin, car il se déroule 200 ans avant les événements de cet opus. Les enjeux et les personnages sont totalement différents et n’ont aucun lien familial ni de clan.
Epoque Bakumatsu 1868
Notre héros, Sakamoto Ryoma, se cache après avoir été accusé de la mort de son mentor, Yoshida Toyo. Il quitte sa maison et son frère, puis s’enfuit à Kyôto, où il rejoint le Shinsengumi sous la fausse identité de Saito Hajime, afin de traquer et tuer l’utilisateur du Tennen Rishin-ryū qui a assassiné Toyo et provoqué le coup d’État de Tosa.
Il doit également faire face aux nouvelles tensions entre le Shinsengumi, faction servant de police chargée de faire régner l’ordre dans un Kyôto agité, et les différents partis politiques qui tentent de prendre le pouvoir face à un empereur affaibli et humilié par les Américains.
Malheureusement, celui-ci se voit accusé une seconde fois, à tort, du meurtre d’un notable. Sa seule piste, et son seul choix désormais, sont de retrouver le véritable assassin, qui utilise une technique de sabre rappelant les méthodes du Shinsengumi.
L’ancêtre de Kiryu, n’écoutant que son courage et la voie du sabre, parvient à se faire engager par cette faction afin de l’aider à résoudre ce mystérieux assassinat.

La voix du sabre mais pas que
Si vous connaissez un peu le contexte de cette époque, les samouraïs ayant été désavoués par le nouveau régime, seules les autorités ont le droit de porter un sabre ou une arme dans les rues de Kyôto et du Japon en général.
Sakamoto, ayant été engagé par la police, dispose d’une palette de coups variée ainsi que de différents styles de combat : katana, revolver, ou, si vous avez du courage, il est même possible de se battre à mains nues. Il peut également utiliser, en bonus, des lances et même un canon qu’il peut ranger dans son futal comme par magie.
Chaque style possède son lot de finish moves et d’attaques spéciales à débloquer au fur et à mesure de la progression. Les sphériers de compétences sont toujours présents, un incontournable de la série. Le but est de faire évoluer Ryoma au maximum afin de débloquer de nouvelles attaques, des contres, mais aussi d’augmenter votre barre de vie.
On peut également s’aider de l’environnement, et il est fortement conseillé de regarder autour de vous afin de récupérer des objets bonus qui vous serviront plus tard dans la quête principale comme dans les quêtes annexes. Le gameplay reste classique : on est sur du beat ’em all habituel, qui colle parfaitement à la série.
Les combats de boss sont toujours extraordinaires, avec des cinématiques et des QTE qui nous en mettent plein la vue. Le sensationnel fait partie de la recette magique de la licence, avec des duels qui donnent constamment envie d’en voir plus.

On ne joue pas, on est Sakamoto !
Ce qui a toujours été étonnant dans la licence, c’est que nous vivons toutes les scènes à 100 % ! On rit, on souffre avec les protagonistes, et Ishin ne fait pas exception. Les rebondissements et les drames sont légion, sans parler du puissant sentiment d’attachement que l’on peut éprouver pour Sakamoto. C’est ce que j’aime particulièrement dans cette production.
On ne reste pas indifférent, et cela révèle pleinement notre capacité d’empathie. Il n’est pas question ici d’une aventure sans saveur ou d’un énième jeu dont on ne retient que la fin, mais plutôt d’une véritable épopée humaine que je conseille à tous ceux qui n’ont jamais commencé un Yakuza.
Avec son contexte historique riche, le Japon féodal, ou tout du moins le début de l’industrialisation de l’archipel, avec tout ce que cela engendre, constitue une véritable mine d’or pour l’imagination. Le studio a su transposer des faits qui se sont réellement produits, car Sakamoto Ryoma a véritablement existé. Il était donc difficile d’associer la vérité et la fiction autour de cet « ancêtre de Kiryu », à mon humble avis.

Le jeu bientôt chez nous une réalité ?
Il faut savoir que le jeu n’est malheureusement disponible qu’au Japon et que j’ai donc dû passer par la case import pour pouvoir me le procurer. Cependant, grâce au récent succès d’un certain Ghost of Tsushima, le rêve de nombreux joueurs pourrait bien devenir réalité.
Il y a quelque temps, Scott Strichart, Senior Localization Producer chez SEGA et, accessoirement, l’un des responsables de tout ce qui touche à la localisation des Yakuza, s’est exprimé sur l’avenir de ces deux spin-off :
« Au point où nous en sommes, nous (SEGA West, ndlr) sommes intéressés par tout ce que va faire SEGA Japon. Nous admettons volontiers qu’il y a des trous dans le catalogue que nous souhaitons combler et que SEGA Japon souhaite que nous comblions. La question est littéralement de leur trouver de la place dans le planning des sorties.
Comme vous l’avez dit, il existe des risques de saturation. Devons-nous donc arrêter de proposer de nouvelles choses pour sortir d’anciens titres ? Devons-nous sortir un ancien jeu alors que nous sommes en plein travail sur un nouveau, puis demander aux joueurs d’acheter les deux ? Il existe une véritable problématique de saturation du marché, et c’est là où nous en sommes malheureusement.
Aussi forte soit notre envie de sortir ces jeux en Occident, nous devons d’abord trouver la place et le bon moment pour le faire. »
Daisuke Saito producteur de la série a révélé aussi.
« A titre personnel, j’aimerais que ces titres soient localisés et que nos fans occidentaux puissent en bénéficier. Nous avions pour priorité de reconquérir l’Occident avec Yakuza 0, puis le temps a filé sans que nous trouvions le bon moment de sortir ces jeux. Selon moi, l’action de ces épisodes est parmi ce qui se fait de mieux dans la franchise, alors j’aimerais les traduire si nous en avons l’opportunité. Toutefois, Ishin n’est pas loin d’avoir 7 ans, donc nous devrions plutôt envisager des remakes au lieu de simples portages, ce qui complique un peu plus les choses. »
Une durée de vie comparable a un opus lambda
Il y a des bonnes choses qui ne changent pas, comme le contenu toujours aussi monstrueux, agrémenté de mini-jeux plaisants à faire entre deux missions.
Battle Dungeon : Cette activité apparaît au siège du Shinsengumi. L’idée de base est que le joueur doit traverser un donjon, combattre les ennemis et ramasser des éléments tout au long du parcours, avant de vaincre un mini-boss à la fin. Les missions vont de la récupération de coffres volés au sauvetage de civils kidnappés. Le Battle Dungeon met en avant les Soldier Cards, qui représentent différents personnages et sont classées par rareté. Trois d’entre elles doivent être sélectionnées, dont une est désignée comme caporal, tandis que les deux autres sont des soldats réguliers. L’emplacement du caporal confère des capacités supplémentaires, comme la possibilité d’ajouter une carte de soldat supplémentaire.
L’arène : C’est essentiellement la même chose que le colisée de combat des autres jeux, sauf que le joueur doit remporter cinq combats d’affilée au lieu de trois. De plus, les ennemis de chaque série sont toujours les mêmes, mais apparaissent dans un ordre différent. Le combat final est nettement plus difficile, puisque l’adversaire est systématiquement en mode berserk. Remporter une série de combats permet de gagner de l’argent ainsi que des orbes de combat, qui peuvent être échangés contre des objets dans la boutique de l’arène.
Une vie de famille : Ryoma décide de devenir le tuteur d’une adolescente appelée Haruka après le décès de ses parents. Ceux-ci ont laissé une dette de 100 ryos, et un homme annonce qu’il va saisir la maison familiale afin de se rembourser. Haruka est bouleversée, car cette maison représente tous les souvenirs qu’elle garde de sa famille. Un prêtre shintoïste supplie l’homme de lui laisser du temps pour rembourser la dette, rappelant qu’Haruka n’est encore qu’une enfant, mais celui-ci reste inflexible. C’est alors que Ryoma intervient. Le prêtre lui demande son aide, et Ryoma accepte de s’occuper d’Haruka tout en l’aidant à rembourser la dette, à condition qu’elle participe également aux efforts. Haruka s’en réjouit, expliquant qu’elle souffrait d’un problème de santé lorsqu’elle était enfant et que cette dette provient essentiellement des frais médicaux engagés à l’époque. À ses yeux, il est donc normal qu’elle en assume la responsabilité.
Ce ne sont là que trois exemples parmi tout ce que propose cet opus. Les loisirs comme le karaoké, le mahjong, la pêche et bien d’autres activités sont également présents. Tout cela renforce considérablement la durée de vie du soft. Comptez entre 60 et 70 heures pour terminer le jeu à 100 %, selon le temps que vous consacrerez aux nombreuses activités proposées.
https://www.youtube.com/watch?v=wZP8eduECw8


