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TEST : World Heroes – Un versus fighting sans éclat

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Amoureux d’arcade, de la PC-Engine, écrit des articles sur le jeu vidéal entre deux parties de Street Fighter 2x, de Windjammers et de quelques épopées JRPGesques…

La réputation de la Neo-Geo en matière de jeux de versus fighting ne s’est pas faite du jour au lendemain. Avant d’avoir enfin des mastodontes capables de tenir tête aux titres d’une certaine firme basée à Osaka, il a fallu passer par diverses expérimentations, plus ou moins heureuses.

Back to the 90’s

1992

, une année touchée par la grâce en matière de jeux vidéo, puisqu’elle aura vu naître nombre de titres mythiques, parmi lesquels The Legend of Zelda: A Link to the Past, Super Mario Kart, Sonic the Hedgehog 2, Super Mario World, Wolfenstein 3D, Agony, Flashback… J’en passe, et des pas moins bons.

Le titre dont tous les joueurs parlent en 1992, c’est bien évidemment le rouleau compresseur Street Fighter II. Sorti en arcade l’année précédente sur le système CPS-1 de l’éditeur japonais Capcom, le jeu a rencontré un tel succès dans les salles enfumées du monde entier qu’il est impossible d’y échapper.

Ce fringuant descendant de Yie Ar Kung-Fu et de Karate Champ va alors devenir la vache à… pardon, la poule aux œufs d’or de son éditeur, mais aussi le nouveau mètre étalon d’un genre qui va incarner le nouvel Eldorado pour nombre de développeurs : le versus fighting.

Et s’il y a bien un éditeur qui compte avoir son mot à dire sur cette scène, c’est bien SNK.

L’œil du tigre mec !

Créée en 1973 par un ancien champion de boxe, Eikichi Kawasaki, SNK a dans son ADN le gène du combattant. La firme compte de nombreux succès emblématiques avec des jeux comme Vanguard, la série des Ikari Warriors et P.O.W., et elle lance, en 1990, son propre système de jeu : la Neo-Geo.

Ce système se décline en deux versions : la version MVS est destinée au marché de l’arcade. Il s’agit d’un système à cartouches interchangeables, emprunté au domaine des consoles de salon, qui offre aux exploitants une solution très puissante, économique et facile d’entretien.

La version AES, quant à elle, est d’abord destinée aux hôtels et se présente sous la forme d’une console (plusieurs variantes existent, la plus rare étant la Neo-Geo Hotel Unit) se branchant sur un téléviseur et disposant de deux imposants sticks arcade en lieu et place des habituels joypads : la classe !

Partageant le même hardware, ces deux systèmes permettent, pour la première fois, d’affirmer sans exagération que la Neo-Geo AES, c’est l’arcade à la maison.

World Heroes kawasaki

 

Fatal Fury: King of Fighters sort en 1991 et sera la première cartouche que SNK tirera dans sa guerre. Il saura marquer les esprits grâce à ses personnages hyper charismatiques pouvant (et c’est une première) se déplacer sur deux plans, à ses graphismes colorés et à son ambiance hyper pêchue.

Le gameplay, quant à lui, trahit une certaine rigidité. Les coups manquent d’impact, les combos se limitent à des one-two et, stick en main, le jeu semble être l’héritier du premier Street Fighter. Et pour cause : c’est ni plus ni moins que Takashi Nishiyama, le concepteur du premier Street Fighter, que l’on retrouve derrière celui que l’on appelle au Japon Garou Densetsu.

Débauché par SNK, il sera à l’origine de nombreuses pépites qui feront les beaux jours de la Rolls des consoles ! Mais ça, c’est une autre histoire… Ce que l’on peut ajouter, en revanche, c’est que, pour Nishiyama, Fatal Fury est SON Street Fighter II.

Et si Fatal Fury est devenu une saga légendaire de l’histoire du jeu de baston, il ne faut pas oublier que d’autres développeurs se sont également évertués à créer « leur Street Fighter ». Parmi eux figure ADK, avec sa série des World Heroes. Et aujourd’hui, c’est du premier volet, sorti en 1992, que je vais avoir l’honneur de vous parler.

WORLDHEROEScoverart

World Heroes : fighters in time !

Lorsque World Heroes débarque dans les salles d’arcade japonaises, le 28 juillet 1992, on ne peut pas dire qu’il ait beaucoup de concurrence en matière de versus fighting. Le seul véritable ténor est alors Street Fighter II’ Champion Edition, sorti au mois de mars.

L’occasion est belle pour ADK de grappiller quelques pièces de 100 yens et, peut-être, de gagner la reconnaissance du public avec son nouveau jeu, le septième à sortir sur Neo-Geo.

Là où Capcom donnait la possibilité au joueur d’incarner plusieurs casseurs de bouches issus des quatre coins du monde, ADK va proposer plusieurs combattants provenant de différentes époques. Fini le simple voyage autour du globe, bienvenue dans le voyage dans le temps… autour du globe.

Le Dr Brown (cligne, cligne) a mis au point une machine à voyager dans le temps et, plutôt que de récupérer un almanach sportif, tuer Hitler avant qu’il ne se lance en politique ou encore découvrir qui de la poule ou de l’œuf est apparu en premier, il décide d’organiser un tournoi où les meilleurs combattants de l’histoire pourront s’affronter.

C’est ainsi que l’on retrouve dans le roster plusieurs réinterprétations de personnages historiques, comme la brûlante Janne (Jeanne d’Arc), l’imposant Julius Carn (Gengis Khan), Kim « Bruce Lee » Dragon, le sorcier Rasputin, la superstar du catch Muscle Power (toute ressemblance avec Hulk Hogan ne serait pas purement fortuite), l’élastique robot officier allemand Brocken et, enfin, les deux ninjas rivaux Fuuma et Hanzou (inspirés respectivement du ninja Fūma Kotarō et du célèbre samouraï Hattori Hanzō).

Mais avant de choisir son personnage, le jeu vous propose d’opter pour votre type d’affrontement. C’est là l’un des gros points forts du titre, celui qui le différenciera de l’ogre de chez Capcom. Vous aurez donc le choix entre le mode Normal et le mode Death Match.

Dans ce mode, chaque personnage possède son propre ring ou sa propre arène, remplis de pièges (cordes électrifiées, flaques d’huile, mines et autres pics métalliques disposés de chaque côté du stage), ce qui pimente considérablement les affrontements en les rendant moins linéaires, au prix d’une variété de décors plus limitée.

Chaque piège infligeant des dégâts conséquents, il ne faudra plus uniquement miser sur son exécution et sa maîtrise du personnage, mais également sur la meilleure manière de tirer parti du level design.

Il faut noter qu’en Death Match, les classiques barres de vie disparaissent au profit d’une jauge unique où les deux combattemps (oui, j’en suis fier de celle-là) disposent d’une seule et même barre d’énergie. Ainsi, plus un joueur porte de coups, plus sa portion de la jauge augmente aux dépens de celle de son adversaire.

Une originalité évoquant le célèbre jeu du bras de fer, qui sera reprise dans quelques titres, dont le fameux Dragon Ball Z: Legends sur Saturn et PlayStation.

Passons vite fait sur le classique mode Normal, qui vous mettra aux prises avec les autres personnages, auxquels il faudra ajouter le combat final contre le Vega/M. Bison de World Heroes : le vil Neo Geegus, sorte d’ancêtre de ce bon vieux Seth (Street Fighter IV) et lointain cousin de Dural (Virtua Fighter).

À noter que, durant votre parcours, vous aurez l’occasion de vous adonner à quelques petits bonus stages, pas bien difficiles ni très inspirés, mais qui ont le mérite d’apporter un peu de variété.

Ceci étant dit, concentrons-nous désormais sur le gameplay.

Une maniabilité simple et efficace

Pour jouer à World Heroes, vous n’aurez besoin que de trois boutons, en plus de votre stick directionnel : un bouton de coup de poing, un bouton de coup de pied, un bouton pour les choppes… et puis c’est marre ! Pas de coups faibles, moyens et forts, mais un système hérité du premier Street Fighter : appuyez rapidement sur un bouton d’attaque et votre personnage exécutera un coup faible ; maintenez-le un tout petit peu plus longtemps et ce sera un coup fort.

Deux niveaux de puissance par coup, donc, mais il est à noter que cela est suffisant pour effectuer quelques petits combos des familles. Alors, on se calme, rien de bien transcendant, mais enchaîner un 3 Hit Combo se fait plutôt facilement, souvent selon le schéma coup faible, coup faible, coup fort, ou encore coup faible, coup faible, coup spécial.

Le jeu propose des coups variés, des anti-airs, et certains personnages disposent même d’un double saut. Pas mal pour l’époque, même s’il faut souligner que pas mal de coups semblent avoir été copiés sur la concurrence. Il suffit de prendre Fūma et Hanzou en main pour s’en rendre compte : mêmes manipulations à base de quarts de cercle (à un input près pour le Dragon) et mêmes propriétés de coups. Mais peut-on vraiment lui en vouloir ? Quand la base d’une recette est bonne, pourquoi ne pas en conserver quelques ingrédients ?

Le problème avec World Heroes, du moins l’un de ses problèmes, c’est que beaucoup de coups semblent avoir été repris du hit de Capcom. Là où ce mimétisme pourrait être vu comme du vol et du plagiat (« et j’aime pas trop les voleurs et les fils de p… »), l’habillage intelligent de World Heroes le transforme plutôt en parodie. Le jeu regorge d’éléments humoristiques, au point que la suite de la série embrassera totalement ce parti pris. Entre animations grotesques, poses de victoire ridicules et détails amusants dans les décors, World Heroes fourmille de petites touches qui arrachent facilement un sourire en coin aux joueurs.

Mais revenons-en au gameplay, car, si vous l’avez remarqué, je n’ai pas trop parlé de ce fameux troisième bouton dédié à la choppe. Pourtant, il faut que je vous en parle, car c’est un élément d’une importance capitale dans ce titre.

Chopper l’adversaire est ultra facile dans World Heroes, et comme cette technique inflige pas mal de dégâts, qu’elle est souvent prioritaire sur d’autres coups et qu’elle peut en plus être intégrée à des combos grâce au hit cancel, autant vous dire que la projection est complètement pétée dans ce premier opus. Elle déséquilibre souvent les affrontements tant elle favorise les bons choppeurs et les joueurs in-fighters (ceux qui développent leur jeu au corps à corps).

Au niveau de la réalisation, World Heroes s’en tire bien pour l’époque. Proposant de gros sprites et des graphismes colorés, le jeu est agréable à l’œil et ses touches d’humour tranchent avec le sérieux de la série Street Fighter. Il est amusant de parcourir le jeu en s’amusant à reconnaître, çà et là, les différentes références à d’autres titres d’ADK et de la concurrence.

La musique est assez rythmée, même si aucun des thèmes proposés ne vous restera vraiment en tête. Disons qu’elle fait le travail, agrémentée de quelques bonnes digit vocales et de bruitages d’impact un peu trop étouffés.

Cependant, là où le bât blesse, c’est au niveau de l’animation. Les coups disposent de peu d’étapes d’animation, ce qui leur confère un côté saccadé et flottant que l’on retrouve également dans les impacts. Cet écueil doit être rapproché de l’autre gros défaut du titre : sa lenteur !

World Heroes n’est pas lent, il est leeeeeeeeeent, comme un jour sans pain. Ce manque de dynamisme et de vélocité était déjà assez remarquable pour l’époque, mais, pour celui qui voudrait découvrir le jeu aujourd’hui, ce problème pourrait constituer un véritable repoussoir.

AVIS DE LA REDAC

En définitive, **World Heroes**, premier du nom, était à l'époque un jeu moyen, mais loin d'être honteux. Il représentait la promesse de lendemains meilleurs et la preuve qu'il faudrait compter sur le support **MVS**, après ce tour d'échauffement, pour proposer des titres solides en matière de versus fighting (ce qui sera le cas deux mois plus tard avec le cultissime **Art of Fighting** de **SNK**). Facile à prendre en main, rempli d'humour et proposant un mode **Death Match** jubilatoire à deux joueurs, ce premier volet a aujourd'hui pas mal vieilli et ne vaudra plus que pour quelques parties sans prise de tête entre potes autour d'une pizza ou quelques **kusoge games**. Mais il a le mérite d'avoir été le premier concurrent sérieux à **Street Fighter II** sur **Neo-Geo**, et rien que pour cela, il convient de rendre hommage à son côté candidat au suicide, certes, mais aussi à son rôle de laboratoire. Et puis, preuve que le titre a su trouver son public, il donnera lieu à plusieurs suites, mais aussi à plusieurs adaptations sur différentes consoles, à une série de mangas, et l'on retrouvera de nombreux clins d'œil à ce jeu d'**ADK** dans plusieurs productions de **SNK**, comme le fameux **Neo Geo Battle Coliseum**.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
55
%
Graphisme
70
%
Animation
50
%
Maniabilité
60
%
Interet
65
%
Son
55
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Graphisme
70
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Animation
50
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Maniabilité
60
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Interet
65
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LES PLUS
  • le mode Death Match
  • un univers et des personnages attachants
  • de l’humour
  • facile à prendre en main
  • de bonnes idées
LES MOINS
  • Une animation vraiment en deçà
  • Un système de projection vraiment abusé
  • Un déséquilibre flagrant entre les persos
  • Un roster limité
60
%
CA PASSE BIEN

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