L’un des jeux les plus attendus de cette année 2022 vient enfin de sortir chez nous. En effet, Sifu pointe le bout de son nez sur PlayStation et PC avec un gameplay particulièrement exigeant.
À la tête du projet, le studio Sloclap nous propose une histoire de vengeance directement inspirée des films de kung-fu des années 80. Une nouvelle licence qui a su faire forte impression auprès des joueurs lors de ses différentes présentations.
Cependant, ce titre mérite-t-il réellement l’engouement qu’il suscite ? C’est l’heure du test !
Avant j’étais votre disciple, aujourd’hui je suis le maitre !
Tout commence par une nuit sombre et pluvieuse. Yang, l’ancien disciple, envahit l’école de son ancien maître afin de récupérer un précieux artefact. Mais sur place, il ne trouve que de jeunes apprentis et son vieux guide pour l’accueillir.
Accompagné de ses acolytes, il défie un à un les élèves qui se présentent à lui pour défendre leur lieu d’apprentissage. Ces derniers se font balayer les uns après les autres sous les coups de techniques mortelles acquises après de longues années d’entraînement.
Cette partie scénarisée, durant laquelle l’on incarne l’antagoniste principal de l’histoire, sert de tutoriel et permet d’apprendre les bases du gameplay : attaquer, parer, esquiver, mais aussi asséner le coup fatal à ses adversaires.
À la manière d’un bon vieux film d’arts martiaux, l’aventure prend racine durant une période antérieure aux événements qui pousseront le fils à partir en quête de vengeance.
Les premières sensations sont particulièrement prometteuses et les différentes sonorités, associées à une direction artistique haute en couleur, font immédiatement mouche.
L’ambiance sombre et les dialogues renforcent la personnalité des différents protagonistes, car Yang est accompagné de cinq assassins, tous experts en arts martiaux. Chacun excelle dans son domaine afin de s’assurer une victoire nette et sans bavure…
Il n’est pas question ici d’une simple visite de courtoisie ou de partager une tasse de thé : ils sont venus pour en finir rapidement ! Et le joueur le comprend dès l’instant où les coups commencent à pleuvoir, tant ils sont redoutables et ne laissent aucune chance de survie.
Même si le menu fretin baisse rapidement les armes, il constitue malgré tout un obstacle. Quant au propriétaire du dojo, le Sifu (maître en cantonais), il va amèrement regretter d’avoir transmis son enseignement…
Dans le kung-fu, le lien qui unit un maître à son élève peut devenir aussi fort que celui qui lie un père à son fils. Dès lors, on devine assez facilement l’issue tragique de cette introduction. Le contexte est désormais posé : place aux choses sérieuses !
Entre alors en scène le fils, animé par un profond désir de vengeance. Celui-ci possède un talisman magique lui permettant de ressusciter autant de fois que nécessaire.
La contrepartie ? Son processus de vieillissement s’accélère à chaque résurrection.

La légende raconte
La particularité de ce jeu réside dans le fait qu’il est impossible d’y mourir comme n’importe quel être humain. Un talisman, représentant une ancienne monnaie chinoise aujourd’hui considérée comme un porte-bonheur ou un attrape-rêves (pièce Feng), permet de reprendre vie afin de poursuivre sa quête en échange de quelques années d’existence.
J’ai d’ailleurs remarqué une allusion qui m’a fait sourire. Grand amateur d’arts martiaux, je n’ai pas pu m’empêcher de constater l’hommage rendu au film, mais aussi au jeu Dragon: The Bruce Lee Story, dans cette œuvre.
En effet, le protagoniste tente d’échapper à l’empereur grâce aux pièces utilisées par notre jeune héros pour revenir à la vie. Sans parler du Pak Mei, ce style de combat dont le symbole est un Bagua Feng Shui, faisant directement référence à cette monnaie aux attributs magiques.
Sifu se veut exigeant, mais jamais impossible, car échouer n’est pas une fatalité pour qui souhaite aller jusqu’au bout de l’aventure.
Il va toutefois falloir un temps d’adaptation. Rares seront les senseis en devenir capables de terminer le jeu lors de leur premier run. Les ennemis se montrent parfois coriaces et particulièrement agressifs, tandis que le sablier de la vie continue de s’écouler inexorablement vers une mort prématurée qui ne signe pourtant pas la fin de la partie, du moins pas avant un certain âge.
Prendre de la bouteille représente finalement un mal pour un bien, puisqu’il est possible d’engranger des points d’expérience à dépenser auprès du Dragon de Jade afin d’améliorer ses capacités et de rendre l’aventure un peu plus clémente.
Du moins temporairement, car vous deviendrez certes plus puissant, mais également plus vulnérable (plus de puissance, moins de santé). Ajoutez à cela le nombre de morts accumulées et la situation ne fera qu’empirer au fil du temps, jusqu’à votre inévitable déclin.
Heureusement, vaincre des mini-boss a pour effet de réduire votre compteur de morts, ralentissant ainsi votre vieillissement.

La Chine contemporaine
Le jeune prodige a bien grandi et évolue désormais dans une Chine contemporaine. À l’image d’une Batcave, en beaucoup plus rustique, il dispose d’un refuge lui servant de quartier général pour mener son enquête. Tout au long de votre périple, vous pourrez y rassembler différents indices afin de comprendre le « pourquoi du comment » et ainsi accomplir votre destinée.
Une fois un niveau terminé, il est possible d’y retourner afin d’emprunter des raccourcis et d’optimiser sa progression. Il peut d’ailleurs s’avérer judicieux de recommencer un niveau précédent si votre âge trop avancé compromet la suite de l’aventure.
Comme évoqué précédemment, la direction artistique est tout simplement sublime. Les développeurs de Sloclap ont réalisé un travail remarquable sur les jeux d’ombre et de lumière, apportant au titre une identité visuelle particulièrement soignée.
À l’image de cette esthétique épurée, les chorégraphies des combats de kung-fu sont elles aussi impressionnantes. Chaque mouvement est mis en scène avec soin, au point que l’on prend parfois le temps d’admirer la fluidité des enchaînements. Il est également possible d’utiliser l’environnement à son avantage afin d’infliger davantage de dégâts ou de déstabiliser ses adversaires lorsque les poings ne suffisent plus.
Prenez toutefois garde ! Les combats de boss représentent un véritable défi. Rien de comparable avec les ennemis classiques et autres gros bras simplement présents pour ralentir votre progression. Il sera indispensable d’étudier leur comportement et leurs différents patterns afin d’analyser précisément chacun de leurs mouvements.
Anticiper, esquiver et frapper au bon moment : voilà les véritables chapitres de votre livre de chevet si vous espérez survivre !



