On se souvient tous et toutes de la surprise du premier Octopath Traveler. Avec son moteur HD 2D, il avait su faire sensation et inscrire rapidement son nom dans la liste des RPG modernes marquants et qu’on avait envie de découvrir. Marquant pour deux choses : tout d’abord un rendu visuel totalement original pour l’époque et ensuite une structure narrative qu’on n’avait plus vu depuis longtemps en RPG. Ce mélange offrit logiquement à ce titre un succès certain.
Logiquement, Square a mis en chantier un second opus : Octopath Traveler 2. Dans ce second épisode, on retrouve une formule très proche de la structure narrative du précédent épisode et bien sûr le fameux rendu HD2D qui depuis, a fait beaucoup d’émule, puisqu’il a servi de base pour le visuel du Tactical RPG Triangle Strategy et pour le remake inattendu de Live a Live !
Une coïncidence ? Pas tellement en fait, puisque ce RPG de l’époque Super Famicom jusqu’alors exclusif au marché japonais est probablement la plus grosse inspiration pour le modèle Octopath Traveler, tant il sont proches dans leur structure narrative respective : un RPG proposant de vivre autant d’histoires possibles qu’il y a de personnages jouables et non pas de suivre une quête initiatique qui va réunir un groupe autour d’un héros afin de sauver le monde.
Takashi Tokita jusqu’alors occupé par les productions Tokyo RPG Factory et en quelque sorte fondateur du concept Octopath a donc profité de l’engouement et de ce rendu visuel pour refaire vivre son titre de 1994. La petite différence étant que Live A Live propose juste des histoires différentes sans lien entre elles alors que les Octopath proposent d’incarner les 8 personnages dans un monde et une époque commune tout en distinguant bien les destinées de chacun.
OCTOPATH TRAVELER 2 : 8 CHEMINS DE VIE A EXPLORER !
Pour Octopath Traveler 2, le studio Acquire, à qui l’on doit ce fameux rendu HD2D et qu’on appelle aussi parfois la « Team Asano » (de par le producer des jeux Tomoya Asano) est donc un jeu proche de Live A live, mais aussi et surtout de son aîné Octopath Traveler 1 !
De fait, il propose globalement la même formule en embarquant plusieurs profils de personnages, ayant tous une histoire personnelle à découvrir sur plusieurs chapitres. Chaque personnage se trouvant à un endroit précis de la carte, le jeu invite au départ à en choisir un. Ce dernier sera une sorte de personnage principal sans pour autant être mis plus en avant d’un point de vue narratif. De ce côté là, la répartition entre les membres du casting est très équitable (concernant la durée de vie en tout cas) puisque le temps demandé pour clore une histoire sera globalement identique pour chaque héros.
Concernant l’impact émotionnel et l’implication que chaque histoire pourra amener aux joueurs et joueuses, cela dépendra vraiment de chacun. Somme toute, les personnages sont bien écrits et même si certaines histoires peuvent paraître assez archétypales de prime abord, elles fonctionnent bien et sauront vous toucher à des moments précis. En tout cas ça a marché sur moi concernant certains profils (Thronés, Ochette et Osvald sont mes personnages préférés).
Un élément à signaler également pour celles et ceux qui se demandent si ce second épisode reprend des arcs narratifs du premier : eh bien NON ! Vous pouvez vous lancer dans ce numéro 2 sans crainte. Par ailleurs, vous saurez reconnaitre certaines similitudes de ton et de traitement entre les personnages du 1 et du 2 si vous avez fait le premier avant. Les interactions entre les héros restent hélas un peu sommaires malgré qu’elles soient meilleures que dans le premier.
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- Naoki Ikushima toujours aussi brillant dans son style explorant l’illustration européenne et le style jap’anim/manga.
LA HD2D REVET SES MEILLEURS ATOURS
Artistiquement, Octopath Traveler 2 est une petite merveille. C’est sûrement le plus beau jeu HD2D de Square Enix. Multi-plateforme oblige, la version Switch va perdre un peu en finesse mais dans la globalité, le jeu reste beau sur tous les supports. Les lumières, les ambiances colorés, les textures, tout est fin et vraiment chargé de détails. Des lieux enneigés aux couleurs blanches rehaussées de bleu sont hypnotiques, un désert de sable aux teintes ocres et jaunes rendent à merveille une chaleur accablante et les ambiances urbaines évoquent pour certaines la mélancolie et pour d’autres le fourmillement d’une cité marchande en pleine essor.
Au même titre que les exemples évoqués plus haut, les lieux naturels sont tous globalement de haute facture et le travail des lumières est fin et souvent bien étudié. Le rendu de l’eau est également très élégant, d’autant que nous pouvons en profiter par le biais d’une exploration en eau peu profonde à l’aide de barques. Ce petit élément permet d’aller chercher quelques cavernes bien cachées. Les sprites des Boss ne sont pas en reste avec ce Pixel art très impressionnant qui reprend le principe de représenter les antagonistes dans des proportions réelles face aux personnages jouables eux en SD (Super Deformed). Exactement comme dans un Final Fantasy VI par exemple.
Les effets de magie et le sound design donnent une force aux combats, ce qui amène une réelle patate pendant les affrontements, d’autant que le système de jeu repris du premier opus reste d’une précision et d’un calibrage qui force le respect. Les boss sont longs pour certains, éprouvants pour d’autres mais rendant le challenge excitant.
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- Les détails et la composition des environnement sont superbes. Et en plus, le jeu embarque un système de jour/nuit offrant une variété de teintes extraordinaires
En fonction de vos déplacements et des choix de vos personnages, le gap de niveau des opposants et des monstres saura offrir cette si fascinante frontière entre des combats âpres mais faisables, si vous jouez correctement et que vous êtes bien préparé. Mince frontière qui faisait des RPG tour par tour d’antan des jeux passionnants où le sentiment risque/récompense était savamment dosé lors des déplacements sur la carte et en donjons.
Ici encore, l’exploration est agréable et les donjons sont à taille humaine sans être non plus reversant pour leur originalité.
UNE BANDE SONORE NARRATIVE ET DELICATE
La musique de Yasunori Nishiki, déjà à la baguette pour le premier opus, est une petite merveille. Alternant les phases d’ambiances toujours au service de la narration, le ‘score‘ mêle habillement divers morceaux. De superbes complaintes lascives et féeriques réhaussées d’un piano discret et immersif amènent le mystère alors que des ambiances plus urbaines teintées des sonorités des années folles expriment la vie nocturne d’une cité où les jeux d’argent côtoient les femmes de mauvaise vie aux senteurs d’un opium tout droit venu des cités orientales aux architectures très reconnaissables.
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- Les couleurs et les ambiances sont splendides ! Regardez ce coucher de soleil et la lumière dans cette forêt verdoyante.
Ces deux exemples ne sont qu’un échantillon de ce que la bande-son cache. Les thèmes de combat et de boss sont évidemment emplis d’une énergie débordante, ce qui amène un dynamisme terrible lors des joutes. Joutes soutenues par un sound design très efficace, un jeu de caméra dynamique et des effets de lumière savamment placés lors des impacts et des magies.
TU CASSES OU TU TOMBES
Ainsi il est temps d’embrayer sur le gros point du jeu, à savoir le Gameplay et les combats. Comme évoqué juste au dessus, Octopath Traveler 2 parvient habillement par le biais de divers éléments à rendre dynamique un concept pourtant assez ancien et qui peux rebuter : le tour par tour. Mais la réussite de cette proposition n’est pas juste liée à l’habillage visuel et sonore. Le fonctionnement même des combats est dense. Octopath Traveler 2 repose sur le principe du « Break ».
Chaque personnage, en fonction de sa classe, dispose d’armes et de magies. Ces compétences sont la clef dans les combats. Chaque type d’ennemi est affublé de plusieurs fenêtres de faiblesses à découvrir la première fois que vous les rencontrez. Pour les découvrir et ainsi percer leur garde, il va falloir essayer plusieurs options. Hache, épée, couteau, magie de feu, de glace, de poison… C’est à vous de creuser et de dévoiler ce qui va faire le plus mal et probablement étourdir votre opposant.
Il existe aussi des sorts capables de dévoiler ces faiblesses pour certaines classes du jeu. Cette possibilité est une carte stratégique à jouer non négligeable, puisqu’il n’est pas rare de se retrouver face à des vagues d’ennemis. Ainsi les étourdir et leur faire perdre un tour est un véritable plus pour souffler un peu, notamment dans les combats de Boss qui n’hésitent pas à appeler des alliés pour vous compliquer la vie.
Autre point important, taper un opposant étourdi avec une de ses faiblesses provoque des dégâts qui peuvent aller du simple au double. Et si on couple à cela le superbe système de charge que propose le jeu, alors là on peut commencer à élaborer des stratégies de « burst » tout à fait grisantes.
Mais qu’est ce donc que ce système de charge ? Eh bien chaque personnage jouable (jusqu’à 4 en même temps) se voit inféodé d’une barre avec plusieurs paliers de réserve. Faire une action simple comme attaque ou défense fait monter la charge d’un palier. Ensuite, si vous pressez la gâchette de furie, vous cramez une charge pour embraser et rendre bien plus puissante l’attaque que vous désirez utiliser. Vous pouvez embraser jusqu’à 3 fois chaque attaque et ainsi taper à plusieurs reprises.
En plus de ça, le jeu amène une autre barre, un peu comme une transe qui, si vous l’activez au moment de frapper, va venir rajouter une couche de dommages supplémentaire. Vous comprenez donc que bien étudier et après avoir préalablement préparé le terrain en trouvant les faiblesses et en ayant si possible réussi à étourdir, il est possible de percer de manière très brutale les lignes de défense adverses.
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- Ici, le travail de découverte des faiblesses a été réalisé. Vous voyez aussi en bleu à côté des personnages les icônes de débuff et de buff ainsi que les barres de transe (les ronds de couleur) et les coups de réserves (les points rouges). La classe de chasseur permet de dresser des montres comme l’évoque la fenêtre de commande.
Possible et même indispensable ! Car les combats et surtout les Boss du jeu sont pour certains des gros sacs à PV qui demanderont réellement de vous créer un plan de jeu précis pour les affaiblir, sous peine de vous retrouver à voir ricocher vos coups contre un mur inébranlable. D’autant que le temps peut aussi entrer en ligne de combat puisqu’en face, un tel burst peut aussi vous tomber dessus et renverser la vapeur si la situation s’éternise. Certains combats appellent également à l’utilisation de la défense lorsqu’ils préparent leurs attaques.
SE REORIENTER ET CHANGER DE CLASSE
Tandis que Agneas chausse des patins de danse, Thronés surine telle une voleuse, alors que Ochette brille par l’habileté dont elle dispose à l’aide d’un arc. Nos 8 combattants sont tous différents, mage, apothicaire, guerrier… Chacun dispose de sa spécificité et a un rôle en combat mais aussi dans l’exploration puisque vous pouvez également influencer avec vos actions sur les personnages non joueurs. La plus classique étant de voler à la tire les passants.
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- Autre exemple d’interaction liée à vos capacités de classe : Ici par exemple, vous pouvez soudoyer un passant.
Le jeu propose aussi des classes avancés à débloquer ainsi que des secondaires que vous pourrez trouver en explorant où en faisant des quêtes. Ces classes viennent se coupler à celles des héros et étoffe un système de « Job » basé plus ou moins sur celui de Final Fantasy V. Les sprites des personnages sont d’ailleurs différents en combat en fonction de la classe que vous décidez de mettre sur tel ou tel personnage. Ce concept classique de RPG apporte une couche supplémentaire de profondeur au jeu.
A noter également tout un jeu autour des buffs et les débuffs qui sont assez présents tout au long de l’aventure. Autre petite mécanique importante et illustrant l’envie d’amener de la richesse au jeu, bien qu’ indépendante des jobs des personnages, le soft embarque des quêtes pouvant être influencées par le jour ou la nuit du jeu. Il est d’ailleurs possible pour le bien de la réalisation de ces dernières de changer l’heure de la journée très simplement.








