Stray a été testé sur PC (Steam)
N’ayant pu m’y essayer avant, j’ai découvert Stray un peu tardivement, alors que j’ai toujours été intrigué par l’originalité du jeu et l’ambiance qui se dégageait des trailers et autres extraits de gameplay. Après avoir fait le tour du titre, voyons voir si j’ai eu raison de rester le sourcil levé pendant tout ce temps !

Une originalité au poil
Alors qu’il vit sa vie de chat, le quadrupède et ses acolytes parcourent le monde, en miaulant, ronronnant, déambulant, grattant leurs griffes sur les arbres tout en se reposant entre deux de ces actions éreintantes. Tout cela, si vous avez rêvé de le faire un jour, le jeu vous le permet, dès le début de l’aventure, via un tutoriel bien pensé qui présente le gameplay et l’originalité du titre.
C’est alors qu’une stupide erreur, loin d’être fatale, fait retomber le félin sur ses 4 pattes dans ce qu’il reste d’une ville fantôme, lui faisant malheureusement perdre tout contact avec sa meute. Il ne restera pas longtemps bien seul, car une vie grouille quand même dans ces lieux, mais attention, car les êtres qui peuplent cet endroit ne seront pas forcément amicaux à l’égard de la petite bête à poils roux…

Meute en émeute

Et là, c’est le drame…
Chat perché
Commence alors une aventure remplie de poésie, délicate comme des coussinets roses. Sous couvert d’un discours en phase avec son temps, qui va nous transporter au-delà de nos références vidéoludiques, le propos est juste, touchant, et sert délicieusement le titre, pour lui permettre de se sortir des carcans des jeux vidéo formatés que l’on a trop l’habitude de voir.
Véritable jeu de plate-forme à l’ancienne sous un écrin moderne (avec une vue à la troisième personne), la maniabilité est précise, tandis que les choix de gameplay, qui peuvent crisper, servent finalement à rendre l’entreprise plus abordable pour tout un chacun.
En effet, ici, l’approximation est permise car le joueur n’a pas à réfléchir pour son futur saut : tout passe par un seul bouton que l’on ne peut activer que lorsqu’on est sur un rebord (d’objet ou d’immeuble) et que l’on a simplement « ciblé » notre lieu atterrissage avec la visée.
Pas de possibilité de tomber dans le vide, pas de possibilité de « se louper » en sautant à côté ou en tombant car l’on aurait appuyé trop tard sur le bouton pour sauter. Il n’est donc pas difficile d’arpenter les toits, climatisations, planches ou autres caisses, mais pour autant, la réflexion est de mise concernant notre prochain obstacle à déjouer pour se rendre à l’endroit désiré.
Une difficulté simple mais pas simpliste donc, qui place plutôt la réflexion au centre du jeu, sans subir de punition en cas de chute. Car, de toute façon, le jeu placera de nombreux ennemis sur la route de notre bête à poils, qui, eux, se manqueront pas de se charger de lui faire perdre une des ses 9 vies !
A chat d’être un très grand jeu !
Jeu de plateforme donc, mais aussi jeu de réflexion, avec de petites énigmes à résoudre, mais facilement abordables grâce à l’aide incorporée au jeu : en plus d’un petit robot qui est à nos côtés, le chemin est bien souvent indiqué d’une manière ou d’une autre.
C’est dommage, mais ce qui surprend, c’est surtout le soin apporté à tout cet univers, le rendant parfaitement cohérent. Avec des graphismes qui, sans révolutionner le genre, sont de très bonne facture, c’est plutôt la direction artistique qui est à saluer.
Prise entre le glauque de l’univers post-apocalyptique et l’originalité rafraichissante d’avoir à contrôler un chat, le tout forme une œuvre organique qui nous prend aux tripes, nous donnant tour à tour un sourire, de la tristesse, de l’empathie, ou encore de l’espoir.
Fort de petites trouvailles rendant l’ensemble presque palpable (« tiens un tapis, je vais faire mes griffes dessus! »), la progression ne peut se faire qu’en se lovant dans la peau d’un chat, comme, par exemple, lorsqu’on doit faire tomber un pot de peinture d’un rebord avec sa patte, afin de casser une vitre en contre-bas, ce qui permet de continuer notre progression. Car, qui n’a jamais pesté contre son chat qui prenait un malin plaisir à faire tomber de la commode le moindre petit truc qui se tenait à portée de griffes ?
Ainsi, le chat, sa démarche, son attitude, son élégance, tout est fidèlement reproduit, agrémenté d’une partie sonore qui, elle aussi, n’est pas en reste et sert le tout de fort belle manière.
Que cela soit le ronronnement, fidèle, le miaulement, doux, la retombée sur les pattes, sèche et délicate, les petits rictus animaliers quand le saut était difficile,… tout est admirablement fait et force le respect. On ressent ainsi vraiment que l’équipe a pris énormément de plaisir à travailler sur chaque aspect de ce titre !
Un titre qui a du chien !
Mais que ça fait du bien ! Et quelle découverte ! C’est un véritable vent de fraicheur qui a soufflé sur le jeu vidéo avec ce jeu, c’est une ode à la poésie, au calme, à la détente, le tout dans un univers cohérent, réfléchi, qui nous transporte loin des archétypes vidéoludiques presque épileptiques des dernières années.



