CRITIQUE PLAY-CINE : MISSION IMPOSSIBLE Dead Reckoning Partie 1
Mission Impossible : Dead Reckoning Partie 1 est le septième volet de la franchise Mission : Impossible et la première partie d’un diptyque. Le film est réalisé par Christopher McQuarrie et met en vedette Tom Cruise dans le rôle d’Ethan Hunt.
Le film suit Ethan alors qu’il tente d’arrêter un groupe de terroristes ayant développé une nouvelle arme technologique. Hunt est aidé par son équipe de fidèles compagnons, dont Ilsa Faust, Benji Dunn et Luther Stickell. Le film est un spectacle visuel époustouflant, avec des séquences d’action à couper le souffle et des cascades dangereuses. Cruise est toujours aussi bon dans le rôle d’Ethan Hunt et il donne une performance mémorable.
Le film est également bien écrit et bien réalisé. McQuarrie livre un film divertissant et plein de suspense. Dans l’ensemble, Mission : Impossible – Dead Reckoning Part One est un excellent film d’action qui ravira les fans de la franchise. C’est un film à voir absolument pour les amateurs de cascades, de suspense et de Tom Cruise.
Voici quelques points forts du film :
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Les séquences d’action sont à couper le souffle.
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Tom Cruise est toujours aussi bon dans le rôle d’Ethan Hunt.
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Le film est bien écrit et bien réalisé.
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C’est un film à voir absolument pour les amateurs de la franchise.
DEUS EX MACHINA
Cette courte critique que vous venez de découvrir a été écrite par la menace même que Tom Cruise et son alter ego Ethan Hunt cherchent à combattre dans ce nouveau Mission Impossible au cinéma : une intelligence artificielle (Bard en l’occurrence). Un ennemi d’une actualité vivace en ce moment même à Hollywood qui baigne ces derniers temps dans une grève dure de la part des scénaristes, rejointe depuis peu par les acteurs. Tous pointent du doigt le danger de ce Skynet orwellien qui ne dit pas son nom.
Mais revenons pour le moment à nos moutons. Mission Impossible Dead Reckoning Part One est le septième film de la franchise qui vit le jour sur grand écran en 1996, à l’époque dirigée par Brian De Palma. Adapté de la série TV des années 60 (qui connut un revival en demi-teinte en 1988) elle met en scène une équipe de ‘super-espion’ chargé de réussir les missions qui seraient impossibles pour tout autre qu’eux. Action, tension, suspens et une galerie de personnages débrouillards donnèrent à cette licence ses lettres de noblesse.
En passant du petit au grand écran, Mission Impossible devint une saga d’action à succès sur laquelle nombre de réalisateurs livrèrent leurs visions personnelles de la franchise. De Palma donc mais aussi John Woo, l’ampoulé J.J. Abrams, le petit gars de chez Pixar Brad Bird et depuis le cinquième opus Christopher McQuarrie. Ce dernier, devenu très proche de Tom Cruise, semble être en phase totale avec l’acteur : faire un cinéma « brut », à l’ancienne dit-on désormais. Des décors naturels, de véritables cascades et du vrai cœur à l’ouvrage. Oui cela demande plus de temps et de moyens mais le résultat à l’écran est là !
Et ce n’est pas ce Dead Reckoning premier du nom qui démentira tout cela. On ressent le poids de ces environnements grandioses, de ces panoramas éblouissants. Sans oublier bien sûr le travail sur les scènes d’action magnifiées par des acteurs impliqués, Tom Cruise en tête.
Au côté de la tête d’affiche on retrouve son équipe désormais habituelle composée de l’éternel Luther Stickell (Ving Rhames) Benji Dunn (Simon Pegg) et Ilsa Faust (Rebecca Ferguson). La petite troupe que l’on connaît désormais bien fonctionne toujours impeccablement même si on pourra regretter le manque d’interaction entre les différents coéquipiers. On retrouvera également avec plaisir Henry Czerny, qui reprend son rôle de directeur de la CIA qu’il tenait il y a près de 30 ans dans le premier film. Retour également de la très sensuelle Veuve Blanche (sublime Vanessa Kirby) et de son bovin de frangin Zola (Frederick Schmidt).
Place aux nouvelles têtes qui amèneront petit à petit au cœur du sujet. Tout d’abord Grace, sous les traits d’Hayley Atwell, une baroudeuse aux mains baladeuses qui se retrouve mêlée malgré elle dans une histoire qui la dépasse de loin. Absolument parfaite avec ses mimiques charmantes et ses réparties aussi cinglantes qu’amusées, elle apporte beaucoup à l’aventure en lui donnant une touche d’humour bienvenu sans être lourdingue ou artificiel. Autre rôle féminin marquant, Pom Klementieff qui donne à Paris – le nom de son personnage – une aura entre fascination et répulsion, résumant parfaitement toute l’ambiguïté chez cette mercenaire que l’on devine instable. Une adversaire de taille que l’équipe de la Force Mission Impossible ne devra pas sous-estimer.
On en arrive à Gabriel, incarné par un Esai Morales impérial. Un homme dont on ignore les motivations profondes mais dont on sait qu’il a un passif avec Ethan, avant même qu’il ne devienne un agent de L’IMF. Un personnage clairement au-dessus de la mêlée, étant capable grâce à sa divine patronne algorithmique de prédire, voir de modifier à son avantage les événements. Un talent qu’il saura utiliser en sa faveur à de nombreuses reprises, lui conférant une aura quasiment magique très inhabituelle pour la série. À croire parfois qu’il peut influencer sur le scénario même du métrage. Vraiment étonnant.
Il faut dire qu’il a pour employeur direct une alliée de taille : l’Entité. La fameuse IA qui rêve d’émancipation et de contrôle sur « La Vérité ». Une machine froide et calculatrice, au-delà du bien et du mal. Un esprit numérique que le monde entier convoite mais qui fera tout pour garder son indépendance, quel qu’en soit le prix.
Voilà pour un peu de contexte « dans le film ». Mais il y a aussi le contexte « hors du film ». Et il est franchement surprenant de voir avec quelle précision chirurgicale Mission Impossible à su caler sa date de sortie afin d’être synchrone avec les événements dans cette bonne vieille ville de Los Angeles. C’est ce qui s’appelle tomber à point nommé ! Et avoir un sacré coup de pot…
Car si la grève des scénaristes concernent divers points (les rémunérations, les droits et les revenus sur les œuvres diffusé en streaming etc.) l’un des griefs qui est le plus mis en avant concerne justement… la menace des IA.
« DES GRANDS ENFANTS QUI JOUENT AVEC DES MASQUES »
ChatGPT et consorts sont sortis du bois il y a quelques mois, et depuis leur mise en lumière médiatique, les avis se confrontent. Aide bienvenue ou terrible menace ? Quel avenir pour la création ? Quel avenir pour l’art ? Quel avenir pour l’homme et sa pensée ? Par delà ces questionnements philosophiques, il y a du concret en béton armé pour tout un tas de professions, et notamment celles de « faiseurs d’histoires », des romanciers, des conteurs… des scénaristes.
Les premiers à avoir perçu le danger, ce sont les petites mains qui conçoivent les scripts, puis les façonnent pour en faire des scenarii
. Quid de leur métier si demain un ordinateur fait tout le boulot à leur place ? Si demain l’intelligence artificielle est capable de pondre une histoire cohérente en à peine deux dixièmes de seconde. Et pourquoi demain d’ailleurs ? Les IA sont déjà capables de faire cela. Dans le monde réel, ce n’est pas de la science-fiction.
Il ne s’agit cependant pas là de la seule crainte pour les travailleurs d’Hollywood, car est venu aussi le temps où le droit a l’image à grandement évolué, à une époque où le grand Moff Tarkin peut encore être représenté à l’écran par Peter Cushing, pourtant décédé deux décennies plus tôt. Qui ne garantit pas que l’image d’un Harrison Ford encore fringant ne sera pas utilisée pour d’éventuels futures productions Indiana Jones ? Ou Blade Runner ? Ou que le prochain Pirates des Caraïbes utilisera le visage de Johnny Depp mais sans Johnny Depp, pour éviter les controverses tout en « satisfaisant » les fans de Jack Sparrow ?
Et même si le générique absolument affreux de « Secret Invasion » laisse clairement entendre que ce n’est pas pour demain qu’une IA pourra se la jouer Steven Spielberg, on avance chaque jour un peu plus dans cette direction…
Les acteurs, monteurs et même réalisateurs ont donc dû presque malgré eux se rendre à l’évidence : l’avenir ne leur est pas forcément acquis. Le syndicat des acteurs SAG-AFTRA a donc rejoint la grogne des scénaristes depuis quelques jours, pour une contestation d’ampleur telle qu’on n’en avait pas vu depuis 1960 dans le milieu. Et tout cela à des conséquences, de nombreux tournages sont actuellement au point mort : Deadpool 3, la version Live de Lilo & Stitch, les prochains Avatar de Cameron, Paddington 3, la très attendue suite de Beetlejuice… mais aussi des séries comme la deuxième saison de The Last of Us, la dernière de Stranger Things ou bien Andor et The Mandalorian du côté de la Galaxie très lointaine…
Là où la boucle se boucle, c’est que même Mission Impossible Dead Reckoning partie 2 voit sa production mise en stand-by, alors que pourtant jamais un métrage n’avait abordé le sujet de manière si pertinente dans son volet actuellement en salle. Pertinente et judicieuse car s’il y a bien une franchise qui parle de tromperie et de masque, c’est bien celle-là. Souvenez-vous de l’introduction du Mission Impossible 2 de ce cher John Woo : et si demain n’importe quel acteur pouvait interpréter Tom Cruise ? La rumeur prétend d’ailleurs qu’il est le seul à avoir dans ses clauses de contrats l’interdiction totale de scanner son visage pour d’éventuelles manipulations présentes et futures… Ethan Hunt ne connaît que trop bien le danger des faux-semblants.
Avec ces considérations en tête, le septième opus de Mission Impossible de Christopher McQuarrie prend une tout autre dimension, une lecture presque méta qui ne fait que renforcer l’impact déjà puissant d’un film fort réussi par ailleurs.
SANS ARTIFICE
Le réalisateur, tout entier au service de sa star et de son film, sait mettre en avant la grandiloquence exigée pour un film d’action qui a pour promesse de repousser les limites en matière de grand spectacle. Pourtant il est loin de proposer les prouesses les plus époustouflantes de la franchise – on pense à la séquence sur le Burj Khalifa à Dubaï ou de l’hélicoptère dans Fallout – mais celles misent en avant ici impressionnent par leur beauté crue quasiment palpable : Le crash du train, le combat dans la ruelle, le saut à moto, la poursuite à Rome. Tout autant de scènes qui par leur réalisme abrupt savent nous en mettre plein la vue.
La beauté des décors participe également à ce sentiment de réussite global tant ils sont mis en valeur de la plus belle manière qui soit. Le Palais des Doges virevoltant de ses éclairages dansants à l’unisson de ses convives est une splendeur visuelle qui émerveille. La course-poursuite autour du Colisée permet d’en admirer toutes les facettes avec délectation. Le passage dans le désert n’est pas sans évoquer les péplums d’antan (en plus musclé convenons-en) et les montagnes autrichiennes semblent sortir tout droit d’un roman de la petite Heidi.
Toutefois ne vous attendez pas non plus à une inventivité folle en terme de réalisation pure. Elle fait le café, nous présente les situations de manière claire et lisible et sait offrir quelques plans vraiment chatoyants mais ne vous fera pas non plus sauter de votre siège en criant au génie.
En revanche les fans de la première heure seront ravis de retrouver des airs connus de la série télévisée. Car si le célèbre thème composé par Lalo Schifrin – qui selon la légende serait un message en code Morse – est lui servi à toutes les sauces, ce n’est pas du tout le cas des autres petites ritournelles qui furent très peu utilisées dans les versions grand écran en dehors du De Palma qui avait su en placer quelques-unes dans sa composition musicale (merci Danny Elfman). Cela peut paraître anecdotique mais l’effet « nostalgie » fonctionne à fond quand on les perçoit avec nos oreilles de vieux briscard. Bien joué Lorne Balfe.
L’intrigue quant à elle fait dans le classique mais l’efficace : il s’agit pour nos protagonistes de mettre la main sur deux clés cruciformes qui une fois réunies permettront de prendre le contrôle de l’Entité. Cette dernière, anticipant cette possibilité, envoie ses propres mercenaires à la poursuite des clefs, avec à leur tête ce fameux Gabriel.
Question symbolisme, le film ne fait pas vraiment dans le subtil. Un être démiurge capable de tout ou presque ayant pour ange gardien un homme sans cesse vêtu de blanc du nom de Gabriel, cherchant par tous les moyens à se procurer une croix – seul objet capable de l’atteindre – que possède celle que l’on surnomme Grace… Vous avez la réf’ ?
Sans parler de ce fameux saut en moto qui a tant fait parler de lui sur la toile et qui constitue rien de moins qu’un saut de la Foi pour Ethan, dans le but justement pour lui aussi de trouver Grace, alors en danger.
Le rythme lui ne connaît pas de soubresaut et les 2h45 passeront sans même vous en apercevoir. On notera tout de même quelques dialogues d’exposition parfois trop long et sans doute un peu trop récité car trop verbeux mais dans l’ensemble vous ne vous ennuierez pas.
On le signale au passage aux quelques étourdis qui n’auraient pas suivi mais il s’agit donc d’une première moitié d’une histoire divisée en deux, la résolution de la plupart des intrigues aura donc lieu dans le métrage suivant, qui sera aussi le chant du cygne pour Ethan Hunt, Tom Cruise ayant décidé de passer la main. Ce qui explique en partie l’évolution du personnage de Grace, mais cela reste à voir à l’avenir… dans Dead Reckoning Part 2, à sortir en 2024 (si la grève ne repousse pas de nouveau le film déjà retardé suite au Covid. Pas de pot décidément !).







