Amis lecteurs, frères geeks, l’arrivé d’un double dragon est toujours un événement en soi. Pour ce Double Dragon Gaiden Rise of the Dragons, la curiosité fut bien là. Allait il être à la hauteur ? Je vous propose une rétrospective avant le test, mais si vous voulez accéder au test directement, sans rétrospective, vous pouvez vous rendre directement à la partie « Beau comme un must-have Android » !
Si pour toi le jeu vidéo rime avec plaisir et bon temps, installe toi. Je te propose un voyage en trois temps. Et les deux premiers, de l’arcade au salon, parleront de l’apogée de la licence qui trouvera ses racines à la fin des années 80 (1987 exactement), l’année où tout a commencé, avec un jeu développé par Technos.
MAGNETO !!
Voilà bien un jeu sorti d’outre-tombe, avec son cortège de souvenirs et son petit voyage rituel en DeLorean. Le jeu d’un autre temps, d’une autre époque. Cette fameuse année 87 où l’adrénaline de l’arcade prenait une nouvelle physionomie. Double Dragon était clairement parmi les master-pièces du panthéon vidéoludique et l’indétrônable de sa catégorie, le Beat’ Em Up .
Il n’était pas le seul de cette catégorie et parmi tous ses concurrents, le champion c’était lui. La majorité des gamers convoitaient une partie sur la borne, et, une fois devant, se trouvait le pèlerinage. La plus longue file s’amassait ici, chacun y attendait sa partie. Un succès en arcade, c’était visible à sa foule devant. Pour les salles, c’était le mariage de l’officiel et de l’underground.
Un lieu toléré mais vu comme marginal. De l’éclairage tamisé, façon boite de nuit, en passant par cette odeur de tabac froid rythmé par le sons des boutons qu’on tapote, les mouvements des sticks, et cette atmosphère addictive portait quelque chose de jazzi.
‘Dans le saloon », se développait un mode de vie parallèle, où l’on pouvait observer les amoureux de l’école buissonnière, venant savourer régulièrement cette barbe à papa, grisante et transgressive. Le visiteur en mal d’amusement y trouvait son compte et souvent, on entendait un joueur pester de n’avoir plus d’espèces, qui repartait les poches vides sans pouvoir se refaire une partie. Cette fièvre, Double Dragon l’avait si bien incarné. Une ambiance badasse, grisante, hors du temps et profondément addictive.
Il faut dire, contrairement à ses rivaux, il avait apporté de la profondeur de jeu. On ne se contentait plus de frapper sur la tête de l’adversaire se présentant en face, non, on lui tournait autour, tentait de ne pas être piégé entre deux opposants, ou encore de ne pas rester bloqué sur un angle. Appâter ses adversaires, les forcer à se regrouper et une fois arrivée à notre niveau les prendre par surprise avec la technique du coup de coude, la plus rapide et dévastatrice.
Les combats devenaient stratégiques, mobiles, instinctifs. Dans la forme c’était simple, mais pour la maniabilité et son évolution proposée, c’était le nouveau monde. Un véritable phénomène…
L’arrivée de sa descendance au format salon se fera l’année suivante, sur Famicom. Changement de lieu et d’atmosphère, le jeu aura sa part du lion lui aussi. Environnements plus ouverts, maniabilité rehaussée, il sera le plus connu et reconnu des fans. Aux commandes se trouvait toujours Technos et l’alchimie de la réussite s’appelait, encore une fois, Double Dragon…
Plusieurs formules ont vu le jour, accompagnées d’une qualité très variable, d’une version à l’autre. Après l’arcade et les versions 8bits, rien de réellement inoubliable. Avec scepticisme et sans attentes grandiloquentes, j’attendais donc fébrilement cette sortie. Le teaser m’avait déjà fait remarquer un détail, le jeu ne cherche pas la prouesse technique…
« BEAU COMME UN MUST-HAVE ANDROID »
Cette palabre résumerait bien ma première impression. Des graphismes très minimalistes aux personnages en super-deformed, j’avais l’impression de voir une œuvre taillée pour les attentes dans le métro. Sans m’en inquiéter pour autant, mes attentes étaient sur le niveau bas. Je me demandais si on ne tenait pas plutôt là le candy-crush nouvelle formule.
Alors, pour le jeu, qu’en est il réellement ? Niveau scénario, le côté nanard 80’s est totalement respecté. La ville est assiégée et divisée en quatre quartiers, chacun organisé autour de la personnalité d’un chef et son clan, donnant ainsi à chaque niveau son propre design, ses décors à lui et son bestiaire. Pour le pitch c’est les « guerriers de la nuit » au format vidéoludique, et le nouveau maire vous demandera bien entendu, de l’aide, pour nettoyer la ville.
LET’S PLAY!!!
Les premières minutes de jeu furent vraiment très agréables. Les sensations d’impacts sont bonnes, la palette de coups se voit améliorée, ce qui est une découverte agréablement plaisante. Quatre personnages de départ sont sélectionnables avec chacun leur style de combat, du corps à corps à l’expert en armes à feux. Si la palette d’action est plutôt large, elle utilise toute de même les boutons de façon très dynamique. Les combos sont particulièrement intéressants surtout en utilisant la capacité de « switcher » durant le combat avec son équipier, à la façon d’un capcom versus marvel.
Nous avons donc l’attaque standard, de mêlée, le dash, ou encore une jauge pour twister avec son équipier et les coups spéciaux. Les premières impressions me rappellent surtout street gangs ( autre référence de la NES). Les corps des adversaires rebondissent sous les impacts et déjà la recherche de quelques stratégies gagnantes accompagnent mon observation, comme effectuer ces rebonds dans une zone bien calée avec l’attaque spéciale utilisée au bon moment, pour se voir gratifier de quelques bonus de restaurations.
Ces bonus en question dépendront du nombre d’ennemis tués en même temps. Ainsi, trois ennemis tués rapporteront un hot-dog, quatre un hamburger, cinq une dinde complète. Les bonus d’énergie et la façon de les récolter feront ouvertement partis de votre stratégie de progression dans le jeu. Plus vous ferez de combos intéressants, plus l’énergie récoltée sera conséquente.
Deux grosses nouveautés font leurs apparitions. c’est un beat’ em up avec la progressions d’un rogue-like. A chaque fin de stage, l’argent que vous aurez récolté vous servira à vous acheter des améliorations qui seront variables d’une partie à l’autre (il n’y en a pas non plus des masses) mais également des continues qui se présenteront sous la forme de jetons.
Vous aurez le choix de ne pas continuer et ainsi collecter vos jetons afin de vous acheter les bonus du jeu. Dans ces bonus, vous trouverez des nouveaux personnages jouables à débloquer et, chose intéressante, le gameplay sera totalement diffèrent d’un persos à l’autre, ce qui procure au jeu une certaine rejouabilité.
Petite cerise sur le gâteau, rogue-like oblige, vous aurez des variations de level-design dans les niveaux d’une partie à l’autre : les boss de fin de stage pourront varier et même les boss de zone pourront ne pas avoir la même apparence ainsi que des paterns différents selon votre partie. Par exemple, Anubis, m’a bien emballé dans sa deuxième forme.
Sa difficulté est bonne, progressive, stratégique. Pour terminer les quatre zones et la dernière cachée, il vous faudra donc bourriner intelligemment !
Que doit on retenir du jeu ?
Un petit jeu bien sympatoche, pêchu et rythmé où je n’ai pas boudé mon plaisir. Les parties se refont avec plaisir et avec un pote, cela sera encore meilleur. Cela dit, quelques malus freinent mon enthousiasme : le prix tout d’abord, pour 30 euros, on trouve aujourd’hui des pépites graphiques sur la scène indé. Sa réalisation technique mignonette ne tient clairement pas la comparaison face à la concurrence et son prix en devient indécent.
« On ne peut pas être et avoir été »
Dans une vie révolue, un autre lieu, une autre époque, Double Dragon était le dieu incontesté du jeu de combat. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un petit jeu indépendant qui tente, tant bien que mal, de se démarquer… Sur les beat’ em up récents, il a encore sa place à faire, la faute à une réalisation bien trop minimaliste. L’appellation Double Dragon ne suffit plus à faire vendre, tout comme les clins d’œil à la licence ne font pas la licence… Si les sensations au niveau du gameplay sont très bonnes, on se sent également très loin de ce que fut Double Dragon, un phénomène culturel à part entière.
Ce dernier opus est plaisant à jouer mais trop loin du statut indispensable. Combien de console NES ont été achetées pour ressentir à nouveau les sensations de l’arcade ? Pour ce dernier épisode, je le place modestement au dessus de la moyenne, un chouette petit jeu qu’on découvre et redécouvre, avec de très bonnes idées et un gameplay correct. Reste une réalisation sans prestige ni éclats qui lui fera peut être perdre cette place de « pilier de la scène indépendante », surtout face à un Shredder’s Revenge ou autre Street of Rage 4 qui ont su évoluer admirablement bien avec notre époque tout en respectant les œuvres du passé.








