En plein cœur de l’été est sorti le dernier Pixar, et ce qui était autrefois un événement est devenu aujourd’hui anodin, voire presque insignifiant. C’est donc sur le tard que nous nous sommes rendus en salle pour voir ce fameux Élémentaire ; afin de nous forger un avis sur ce film d’animation qui c’est le moins que l’on puisse dire n’aura pas déplacé les foules.
Alors ? Bonne surprise ou compréhensible destin ? Réponse dans les lignes qui suivent.
J’AI DE L’EAU SUR LE FEU
Monsieur et Madame Lumen débarquent un beau jour à Element City et bon gré mal gré finissent par ouvrir une boutique de produits exotiques. Du moins pour les habitants du cru, car pour ce couple de “Flamboyant” (peuple du feu), il ne s’agit que de ce qu’ils ont toujours connu. Au fil du temps et de l’arrivée de nouveaux immigrés venus des terres hautement tempérées, le quartier s’est transformé et la modeste échoppe est devenue un endroit incontournable pour la communauté.
Flam, la fille unique de la famille, tente chaque jour d’être à la hauteur des attentes de son père, qui a tout sacrifié pour son commerce. Mais le jour où il lui confie pleinement les rênes pour la mettre à l’épreuve, elle commet une gaffe monumentale qui conduit un inspecteur du travail membre du peuple aquatique à déposer une requête de fermeture définitive du magasin. Ne pouvant pas permettre cela, la jeune fille pleine de fougue et de ténacité fera tout pour que Flack – l’inspecteur de la mairie – fasse en sorte d’annuler son rapport.
De fil en aiguille, les deux jeunes gens aux personnalités opposées vont se rapprocher et apprendre à se connaître, malgré leur différence de nature et la détestation du père de Flam envers les autres élémentaires…
De ce point de départ qui en vaut n’importe quel autre vont s’enchainer diverses situations dans lesquelles nous accompagneront ce couple en devenir. Entre moment de grâce et de gêne, de complicité et d’incompréhension, de rires et de fâcheries, Flam et Flack vont devoir s’apprivoiser l’un l’autre pour mieux construire leur avenir.
Comme le laisser deviner les bandes annonces, cet énième métrage d’animation de la firme à la lampe est bel et bien une comédie romantique. L’air de rien c’est la première fois que le studio se lance dans le genre de la romance pure et dure, sans autre intrigue que celle-ci.
Bien sûr se greffe à cela la création d’un univers merveilleux où se côtoient quatre peuples aussi complémentaires que dissemblables.
TRÈS TERRE-À-TERRE
Les élémentaires de l’Eau, du Vent et de la Terre bâtirent donc la fantastique cité-capitale d’Element City, où le rôle du peuple du Feu fut visiblement quasi nul, voire inexistant (on n’en sait pas plus que cela).
Pixar a su donner vie à cette mégalopole de très belle manière, tirant parti des capacités de ses étranges habitants. De l’architecture aux moyens de transport, les idées fusent de toutes parts pour rendre crédible ce monde de l’imaginaire. Dans le concept, on pourra rapprocher Élémentaire de Zootopie pour ce qui est de “sortir une ville de terre” et de la travailler jusque dans les moindres détails, qui frise parfois la folie ou l’obsession.
À chaque seconde, à chaque plan, une myriade de petits événements se déroulent sous nos yeux sans qu’évidemment on puisse tous les distinguer à notre premier visionnage. C’est littéralement bluffant de constater cette incroyable attention portée à chaque recoin de l’écran.
Le rythme lui est au taquet, avec un coup d’accélérateur lorsque arrive dans le récit le bonhomme de flotte. L’histoire ne traîne pas durant une bonne moitié de métrage avant de ralentir pour mieux développer ses personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires. Notons qu’en dehors du couple central, le père de Flam constitue l’autre protagoniste mis en avant dans le scénario et que la relation Flam/Flack est mise au même niveau que celle que la jeune fille entretient avec son pater.
Pixar étant Pixar, visuellement c’est le top de ce que peut donner l’animation en trois dimensions, cela n’étonnera personne. Cependant on sent ici que le focus a été apporté sur les couleurs, sur les nuances et le dégradé de toute la gamme colorimétrique. Cela donne une texture et une profondeur unique au métrage, et lui confère une vraie identité.
SE PRENDRE UN VENT
Malgré ses évidentes qualités visuelles, son inventivité et ses personnages bien croqués, Élémentaire souffre d’un immense symptôme en ce qui concerne le genre de la “Rom-com”: c’est extrêmement classique. En d’autres termes on a déjà vu ça mille fois, ce qui explique sans doute son échec au box-office. Alors certes le décorum et l’atmosphère sont particuliers mais bien que la forme soit innovante, le fond est vu et revu. Vraiment, rien ne distingue cette romance cinématographique de toutes les autres. Et c’est bien là son plus gros défaut.
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- Hou Hou hou, le père de la midinette qui ne peut pas blairer le petit-copain, c’est vraiment du jamais vu !
Du moins en version originale. Car il y a un autre point extrêmement désagréable en ce qui concerne la version française : les voix de notre duo principal sont à la limite du supportable. Lors du visionnage nous avons tout de suite compris que derrière Flam et Flack ne se cachaient pas des professionnels du doublage, contrairement au reste du casting vocal. Une simple vérification nous a permis de confirmer cela.
Adèle Exarchopoulos et Vincent Lacoste prêtent effectivement leur voix aux deux tourtereaux et pour rester courtois nous dirons simplement que cela n’est clairement pas une bonne publicité pour ce qu’on appelle désormais le “Star Talent”. Doubleur – ou comédien de doublage comme ils préfèrent se présenter – c’est un vrai métier, qu’on se le dise !





