The 7th GUEST VR a été testé sur Meta Quest 2 en mode autonome.
Après certaines déconvenues vidéo ludiques dans les adaptations de jeux cultes et/ou rétro en VR, l’annonce de ce The 7th GUEST VR avait de quoi attiser notre curiosité tout comme soulever nos plus grandes peurs de gamers.
Repris par Vertigo Games, développeur derrière Arizona Sunshine et After the Fall, deux grosses productions VR, The 7th GUEST VR est-il entre de bonnes mains ? Enfilez votre casque, et suivez-nous jusqu’au manoir hanté de Mr STAUF…
Mr STAUF… ou plutôt… Mr FAUST ?
Je n’ai que peu connu l’épisode originel, le 7th Guest sorti sur ordinateur et sur Philips CDi. Si le jeu a connu des suites plus ou moins heureuses, ou encore des ressorties hasardeuses, la VR était un terrain de jeu qui lui manquait, et qui sied parfaitement aux jeux typés « puzzle games » façon « point and click » ; la retranscription de ce gameplay pouvant donner lieu à de véritables expériences de réalité virtuelle abouties. Des titres comme I Expect You to Die ou Red Matter en sont le parfait exemple.
Ainsi, si nous ne reviendrons pas sur les avantages et inconvénients de la VR, il faut avouer que transposer ce type de jeu fait totalement sens si l’on veut immerger le joueur !
Aussi, la découverte de ce titre dans une version VR ne m’a pas empêché de me plonger dans le lore de cette série, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle se démarque du reste par son atmosphère unique, et son ambiance si particulière.
Le jeu se déroule dans un manoir hanté, celui d’un fabricant de jouets, Henry Stauf, personnage ô combien énigmatique. Il y a bien longtemps des enfants y ont péri, et, peu après, Henry Stauf avait invité 6 personnes à venir dans ce fameux manoir, invités qui ne sont jamais ressortis…
Nous sommes alors conviés à parcourir et à découvrir le manoir bien des années après ces événements, afin de résoudre le mystère de la disparition des « guests » lors de cette nuit d’horreur, et ainsi découvrir le terrible secret du 7eme invité…
Dans le passé, personne ne vous entend crier
Si le jeu était une véritable prouesse technique pour l’époque (première vraie utilisation du CD-ROM, notamment pour les cinématiques, décompression à la volée sur CDi, cinématiques avec acteurs réels,…), la transposition en réalité virtuelle est du même acabit !
L’immersion totale, visuelle et sonore, permise par la VR renforce une ambiance glaçante et une atmosphère lugubre au travers de graphismes fins et détaillés et d’une bande son qui colle parfaitement au thème.
Parfois oppressante, parfois dramatique, la partie sonore imprègne le joueur de son aura maligne, et est renforcée par les grésillements très justes des enregistrements sonores ou visuels que l’on découvre au fil de notre enquête. Les voix sont parfaitement doublées et les personnages, joués par de vrais acteurs, nous invitent à plonger dans leur psyché avec délectation.
Le manoir, et les différentes salles à visiter, sont graphiquement à la hauteur de l’enjeu, à savoir nous transposer dans 2 époques : celle des événements, dans les années 30, et celle d’aujourd’hui, moment de nos investigations. Si l’on est bien sûr loin d’un AAA sur consoles nextgen, ici c’est la direction artistique qui impressionne !
En effet, nous sommes affublés, lors de notre arrivée au manoir, d’un phare portatif, sorte de lampe à l’éclairage puissant, qui va nous permettre de visiter le passé tout en illuminant nos déambulations, révélant alors secrets et trahisons parmi les invités.
Nous nous retrouvons parfois devant des tableaux qui changent en fonction de l’éclairage, pour devenir inquiétants, d’autres fois devant des murs sales soudainement propres (et inversement), ou encore devant des puzzles dont la résolution varie selon l’époque dans laquelle on se trouve. Des saynètes peuvent également être révélées par cet éclairage portatif, et servent à la bonne compréhension de l’histoire, riche, très riche !
Des trouvailles graphiques et de gameplay bien pensées qui nous imprègnent, nous impliquent, et ne peuvent donc nous laisser de marbre.
Manoir hanté… mais par qui… ?
Niveau gameplay justement, il n’y a pas que cette « lampe torche voyageuse du temps » qui va nous servir. Ici, pas de « point and click » comme avant, mais pour autant les puzzles et résolutions d’énigmes restent au cœur du jeu. C’est donc notre cerveau, notre capacité à jongler entre les époques et notre adaptation à l’environnement qui va nous donner les clés de la résolution des énigmes, ce qui rend l’expérience quasi jouissive tellement c’est immersif et interactif.
Si certaines énigmes sont parfois compliquées, il ne faut pas lâcher prise et notre implication sera notre salut ! Enfin ça… et l’aide ingame, qui permet de nous donner des indices, voire de résoudre les énigmes si on le souhaite. De petites facilités, certes bienvenues, mais qui entravent l’expérience en nous faisant trop vite renoncer à une solution qui nous tendait pourtant les mains (squelettiques, qui apparaissent à l’écran en lieu et place des manettes VR).
Les puzzles, quant à eux, sont des revisites des puzzles originaux : certains ne fonctionnant pas ou plus à l’heure actuelle, ils ont été retravaillés pour coller à ce nouveau style de jeu, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une réussite.
En effet, ils sont bien pensés, à la difficulté croissante, et utilisent très bien l’environnement et le gameplay au casque pour être résolus.
Petit bémol cependant, VR oblige, il faut parfois bien se positionner devant l’énigme ou le puzzle pour pouvoir la ou le résoudre : d’un mauvais placement peut en découler une perte d’informations, ces dernières devenant invisibles à nos yeux. Ne pas hésiter donc à se déplacer régulièrement, afin d’avoir toutes les données à disposition.
A cela s’ajoutent certains bugs pour « attraper » les objets, bugs qui nuisent à la jouabilité en nous faisant perdre du temps, notamment dans certains puzzles avec plusieurs pièces à manipuler. Ce petit manque de précision dans les gestes n’est pas préjudiciable, mais impose le calme et la concentration pour éviter les erreurs. C’est une petite déception donc, mais rien de dramatique.
Au final, ce sont l’atmosphère et l’ambiance qui prennent le pas sur ces petits écueils, au travers d’un scénario travaillé qui fait que l’on se retrouve plongé dans les abymes sombres d’un manoir hanté par la folie… après votre première session de jeu, oserez-vous remettre votre casque ?

