Close

Login

Close

Register

Close

Lost Password

TEST : Astérix aux jeux olympiques – Historique mais pas dans le sens voulu…

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Astérix aux Jeux Olympiques

Nous sommes en 2008 après Jésus-Christ et tous les cinémas français sont envahis par les blockbusters américains. Tous ? Non ! Certains résistent encore et toujours à l’envahisseur et se décident à diffuser dans leurs salles le troisième long-métrage d’Astérix, qui pour l’occasion s’en va participer aux Jeux Olympiques. Clovis Cornillac remplace Christian Clavier tandis que notre Gégé national renfile une fois encore les braies d’Obélix. Et nous voilà reparti pour un tour !

Pour accompagner la sortie de ce film événement, une immense campagne de communication est lancée, et parmi les nombreux projets publicitaire se trouve un jeu vidéo qui sera développé par l’équipe ayant remis au goût du jour les aventures vidéoludiques du petit gaulois avec ses deux épisodes XXL, Étranges Libellules.

ARRÊTES TON CHAR !

Quel drame pour ce pauvre Alafolix ! L’élue de son cœur, la princesse Irina, est promise à Brutus, le fils de César. S’opposant à cette union, et pour prouver sa valeur, l’amoureux transi promet de gagner les jeux olympiques qui auront bientôt lieu. La belle accepte le défi : elle épousera celui qui remportera les jeux !

La guerre est déclarée entre le gaulois au cœur battant et le fils de Jules. Le vil félon héritier de l’Empire, connu pour être un roi de la manigance et des coups fourrés, met en effet toutes les chances de son côté pour remporter la victoire.

Avec l’aide de son savant fou personnel, un certain Docteurmabus, il complote jour après jour pour non seulement se faire passer pour un grand sportif mais aussi pour étendre son pouvoir sur Rome. Et quand il a le temps, il tente un assassinat sur son empereur de père (on a les hobbys que l’on peut).

C’est ainsi que le terrible duo met la main sur une étrange clé interdimensionnelle, un outil qui sera abusivement utilisé par Brutus et dont la manipulation à outrance commence à avoir de graves répercussions sur le monde.

Déprimé et au fond du trou, Alafolix vient trouver ses amis dans leur petit village d’Armorique pour leur demander conseil, voire quémander de l’aide. En parallèle, Sam Fichaure est lui aussi de retour et vient informer Astérix, Obélix et Panoramix des dangers des projets fous du Docteurmabus.

Les deux affaires semblant tourner autour d’Olympie, la petite troupe décide de se rendre en Grèce et de s’inscrire aux jeux pour à la fois aider leur camarade à conquérir sa belle mais aussi pour mettre un terme à la folie des grandeurs multiverselles de Brutus.

Un produit publicitaire donc. Une commande opportuniste faite vraisemblablement par la production du film en accord avec Atari pour promouvoir le métrage de Thomas Langmann (sur lequel nous ne reviendrons pas).

À l’époque, ce sont les studios d’Étranges Libellules qui sont en charge des aventures vidéoludiques du gaulois, et après nous avoir offerts le mitigé XXL et l’excellentissime XXL2, les voilà en charge de développer au mieux ce nouveau jeu vidéo.

Au lieu d’opter pour l’adaptation classique, l’équipe de programmeurs a eu l’idée de poursuivre sur la voie des XXL, tout en intégrant des éléments du film « par-dessus ». D’où cet étrange concept du multivers qui permettra d’inclure à la truelle quelques caméos d’acteurs bien réels.

Autant ne pas tourner autour du pot, tout ce qui viendra de la version cinéma n’est rien de moins que scandaleusement ridicule. Et probablement imposé par les producteurs (du film, pas du jeu). En revanche, le reste se révèle dans la lignée de ce qui avait été fait précédemment et on découvre avec plaisir une jouabilité agréable au sein d’un scénario certes basique mais qui se suit agréablement.

—————————-

Un petit point sur la continuité vidéoludique des derniers jeux tirés de la BD la plus vendue en France s’impose. Car de fait cet « Astérix aux Jeux Olympiques » est le vrai dernier épisode de la « trilogie XXL ».

Microids sortira bien en 2019 un « XXL 3 : Le Menhir de Cristal » créé par OSome Studio mais il n’aura en vérité pas grand-chose à voir avec les deux précédents (pas la même vue, absence de Sam Fichaure…). En revanche ce dernier titre est en lien avec « XXXL : Le Bouclier D’Hibernie » de la même équipe de développement, qui lui sortira en 2022.

Entre-temps, en 2021, Mr Nutz Studio, toujours pour le compte de Microids, aura sorti le remarqué mais redondant « Baffez Les Tous ! », qui connaîtra une suite en novembre 2023. Une belle zizanie. Et encore on ne fait pas entrer dans l’équation les remasters XXL (eux aussi des studios OSome)…

GARDER LA FLAMME

Pour ceux ayant connu les XXL, on retrouve donc rapidement ses marques quand on commence « Jeux Olympiques », les codes et mécanismes sont grosso modo identiques.

C’est donc le retour des téléphériques pour le petit blond et des tatanes par paquets de douze pour le rouquin avec un léger embonpoint. Bien entendu les phases de combat où le seul but sera d’envoyer au tapis un nombre défini de soldats de l’Empire sont toujours de la partie, on continue sur ses acquis.

On fait connaissance toutefois avec de nouveaux principes ludiques comme les « Romains colorés » sur lesquels il faudra frapper dans le bon ordre pour recomposer l’air joué par une machine à musique à l’effigie d’Assurancetourix, les Crapeaux-ballons à passer avec le pied et tout autant d’habileté à son compagnon pour atteindre son but ou bien encore attraper des légionnaires par le col pour les envoyer dans des cibles jusqu’à destruction de celles-ci.

Ces dernières épreuves – avec les cibles – constitueront le gros des missions à accomplir pour pouvoir continuer à progresser au sein de l’aventure et seront pour certaines d’entre elles particulièrement pointilleuses (pour ne pas dire agaçantes).

Idéfix quant à lui se chargera de dégoter les objets cachés, qui une fois récoltés donneront plus de capacités à nos héros en terme de vie, de grimpette ou de tournoiement (la capacité à faire tourner un romain au-dessus de soi à bout de bras). Il reniflera également avec efficacité les pigeons en cage, au nombre de 50, et qui eux permettent de débloquer les personnages pour le mode olympique.

Comme à l’accoutumée, de nombreux casques romains sont à ramasser et permettent d’acheter à la boutique présente à l’entrée du grand stade de nouvelles capacités, principalement des coups spéciaux.

Comme pour les précédentes péripéties du binôme à moustache, il est plus que conseillé (vraiment, on vous le conseille !) d’acquérir la compétence Twister avant de vous engager dans la dernière ligne droite de votre périple. Au risque de vivre un très grand moment de solitude lors du combat final.

D’autres stands sont présents en de nombreux lieux du village olympique et serviront de tout autant de point de sauvegarde.

Village qui au demeurant ne sera pas particulièrement immense à parcourir mais il est judicieusement agencé pour permettre une exploration par étape plutôt bien vu. En fait, à chaque nouveau palier atteint au sein des épreuves légendaires se débloquera une nouvelle section à visiter d’Olympie. Cela permet donc d’entrelacer avec intelligence les phases d’aventures avec les séquences purement sportives pour une durée de vie générale d’environ 7 heures.

Cela pourra paraître peu mais c’est bien suffisant. Et il faut bien prendre en compte que le fait d’avancer et finir le mode histoire permet de transformer petit à petit le jeu en un party-game plutôt sympathique.

Tout cela se passe sous l’égide d’une technique assez correcte, qui ne souffre que parfois d’angles de caméra pas des plus pratiques. La version Wii use à foison de ses capacités de « Motion Gaming » qui font passer au joueur des grands moments de solitude quand il doit agiter dans tous les sens wiimote et nunchuk. À bon entendeur.

Graphiquement on est dans la lignée de ce qui fut réalisé auparavant, c’est-à-dire des environnements 3D d’assez bonne qualité qui respectent l’univers de la bande dessinée de Goscinny et Uderzo. Et c’est déjà pas si mal.

Olympie n’a pas la grandeur de Rome c’est sur et on découvre des lieux certes exigus mais non dénués de charme. On explore la ville grecque avec envie et on regrette seulement qu’elle ne soit pas plus animée.

Par contre il faut souligner la pauvreté de mise en scène de la plupart des « cinématiques », qui ne sont rien de plus que des images fixes légèrement mise en mouvement grâce à différents effets et aplats de plans.

Seules quelques-unes ont droit à de l’animation en trois dimensions, généralement celles ou apparaissent les acteurs en chair et en os venus du film. Et celles-ci sont de vraies calvaires à visionner (synchronisation labiales aux fraises, incrustation médiocre, aucun impact scénaristique…).

On passe au dossier sonore pour signaler une musique assez discrète mais efficace (le thème principal qui marque les esprits avec ses quelques notes). Les dialogues sont dans la moyenne haute, surtout en ce qui concerne les gaulois. Notez bien qu’on retrouve la voix emblématique de Roger Carel, ce qui fait toujours plaisir.

Benoît Poelvoorde prête son timbre vocal à son équivalent de pixel, ce qui reste suffisamment incroyable pour être souligné.

PLUS VITE, PLUS HAUT, PLUS FORT

Mais on parle on parle et il serait peut-être bien venu le temps d’en dire un peu plus sur ces fameuses épreuves !
Au nombre de neuf, classées en trois catégories, elles mettent nos protagonistes devant des challenges pas forcément évidents à relever. Passons les en revue.

Saut en Longueur : après une longueur de course à pied, combien serez-vous capable de sauter dans un bac à sable ? Classique mais efficace.

Course à Pied : opposé à un autre coureur, il faudra atteindre la ligne d’arrivée avant lui. Gare aux coups fourrés…

Tir à la Corde : en face-à-face, qui parviendra à tirer le nœud du centre de la corde le plus longtemps dans son camp ? Il est en fait plus simple de faire chuter l’adversaire dans le terre-plein boueux central.

Crapoball : entre le foot et le volley, qui enverra le plus de crapauds gonflables dans l’autre camp ? Attention aux amphibiens explosifs !

Le Roi de l’ Arène : qui de vous ou de votre adversaire fera le plus gros score en déglinguant un maximum de légionnaires ?

Lancer de Marteau : une épreuve pas facile qui demande du doigté, de la rapidité et de la puissance. Jusqu’où parviendrez-vous à enfoncer le clou du spectacle ?

Lancer de Javelot : assez similaire à la course en longueur dans le principe, auquel on ajoute une épreuve de lancer puis de vol à travers les nuages. L’une des plus cool à faire.

Le Romainophone : reprenant le principe des boites à musiques et des romains colorés, il faudra finir de jouer le morceau avant le concurrent. Pas aussi simple que ça en a l’air.

La Course de Chars : l’épreuve reine. Celle qui déplace les foules. Mais en vérité cela tient plus du parcours d’obstacles que de la véritable course. Il suffit d’engranger moins de dégâts que l’autre compétiteur et la victoire est à nous. Plus tactique qu’autre chose…

Toutes ces épreuves sont accessibles dès le menu principal une fois débloquées. À vous de battre les différents records dans chacune d’entre elles ou d’affronter vos amis dans des parties endiablées !

LE REVERS DE LA MÉDAILLE

Malgré les efforts et le très bon travail du studio de développement, le tout est plombé par cette histoire abracadabrantesque sur les mondes parallèles qui comme déjà signalé plus haut propose des séquences plus que gênantes. Et surtout sans queue ni tête.

Sans rien révéler d’incroyable, on se demande bien pourquoi le Brutus vidéoludique échange sa place avec la version cinématographique au début du jeu, vu que cela n’apporte strictement rien au scénario, en dehors d’un caméo improbable de Benoît Poelvoorde…

Restons sur Brutus pour signaler un fait qui reste assez rare dans le jeu vidéo : un faux raccord. Au cours d’une des scènes Obélix se voit mettre une beigne au rejeton de l’Empereur. Le perfide scélérat s’envole alors sans ménagement, en tenue de conducteur de char (autrement dit vêtu uniquement de sa jupette verte très seyante).

Mais quand on le voit atterrir telle une météorite dans un champ bien plus loin, il est alors en armure ! À croire qu’il possède un vestiaire dans les nuages ! On concède volontiers que cela reste un détail sans grande importance mais qui n’en demeure pas moins assez marrant à relever.

Un autre point bien plus problématique, et qui confirme le bazar qu’a dû être l’écriture de ce jeu, c’est le fait que Sam disparaît au cours du niveau dans les souterrains sans que jamais on ne le revoie par la suite. Il n’y a donc aucune conclusion à son arc narratif (certes faible mais tout de même…).

Dans le même ordre d’idée, une fois la course de chars remportée par nos héros (pardon pour cette révélation qui nous le supposons vous surprend au plus haut point), on voit juste une dernière fois Alafolix remerciant ses compagnons et basta, adieu petit gars. On n’aura même pas l’occasion d’entr’apercevoir sa dulcinée !

Pour en revenir à la jouabilité, le parcours de nos ancêtres favoris traversera quelques remous lors de passages bien spécifiques mais rien de véritablement bloquant. Si l’on excepte cette infernale section de plateforme à l’entrée du laboratoire du savant fou qui est une véritable prise de tête. Il s’agit de réaliser un parcours en un temps limité (la barre d’endurance d’Astérix) avec des corniches qui parfois se déplacent.
Point important : l’endurance dure juste le temps nécessaire pour réaliser l’entièreté de cette portion de grimpette. Ce qui fait que si vous n’êtes pas dans le bon timing et que vous devez attendre que la corniche suivante revienne à votre portée, c’est la chute assurée. Un chemin de croix.

AVIS DE LA REDAC

Troisième et dernière aventure des gaulois sous le giron du studio Étranges Libellules, « Astérix aux Jeux Olympiques » est avant tout un produit marketing qui dans ses phases publicitaires est complètement à la ramasse (les incrustations, les voix, les caméos…). Cependant, pour tout ce qui tient de la suite du culte XXL2, il parvient à surpasser son statut initial et à proposer une aventure de toute évidence étriquée mais surtout rondement menée au vu des nombreuses contraintes du cahier des charges qui devait peser sur le projet. Cette visite impromptue du village olympique est donc à la fois pas mal foutraque et étrangement captivante. On traversera Olympie en triomphant d’épreuves plus ou moins ardues jusqu’à une bataille finale dantesque qui laisse d’abord dubitatif avant qu’on en comprenne le principe. On regrettera surtout un manque de moyens et de temps de la part de la production ayant amené à des coupes incompréhensibles dans le récit. Pauvre Sam Fichaure qui ne connaîtra jamais de conclusion digne de ce nom...

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
65
%
Graphisme
75
%
Animation
65
%
Maniabilité
70
%
Intérêt
55
%
Son
65
%
Graphisme
75
%
Animation
65
%
Maniabilité
70
%
Intérêt
55
%
LES PLUS
  • Une nouvelle aventure gauloise
  • Les traits d'humour
  • Les épreuves olympiques
  • Un jeu narratif devenant un party-game
LES MOINS
  • Tout ce qui attrait à la promotion du film (caméos, bonus, extraits...)
  • Un cahier des charges exigeant et contre-productif
  • Un ou deux passages au pic de difficulté élevé
66
%
CA PASSE BIEN

    Laisser un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

    Merci d'avoir soumis votre commentaire !

    nos dernieres actus