Goldorak : le festin les loups. Enfin le héros d’enfance de beaucoup d’entre nous sera le protagoniste principal d’un jeu vidéo. Certes, les plus encyclopédiques citeront entre autres le jeu d’arcade de 1993 de Banpresto Mazinger Z, mais il ne faisait que partager l’affiche avec d’autres. Là, Microids nous laisse entrevoir une aventure 100% dédié au plus célèbre des robots.
Et arriva en ce jour du 14 novembre 2023.
Bien que les premiers échos parus peu avant la sortie du jeu ne furent pas bien glorieux, cela ne m’empêcha pas de garder un enthousiasme certain quant à tester le dernier né du studio Endroad. Et les premiers instants sont plutôt positifs : un premier niveau servant de tutoriel et de mise en contexte mais surtout se déroulant sur Euphor, planète natale d’Actarus, un Goldorak vif et véloce plutôt plaisant à prendre en main et un combat de boss final réjouissant au possible. Cerise sur le gâteau, on a même droit au générique TV refait avec le moteur du jeu, image au format 4/3 s’il vous plait ! Le petit Rincevent de 10 ans a des étoiles dans les yeux mais aussi dans les oreilles. Marcin Przybylowicz et Magda Urbanska, dépoussièrent avec brio ces musiques et sonorités si chères à nos tympans. Quant aux bruitages et voix, qui ont la politesse d’être disponibles dans la langue de Molière, ils restent bien dans l’esprit de la série originale.
De plus, un arbre de compétences à débloquer progressivement est une bonne motivation pour explorer les environnements plutôt vastes, à la recherche des divers éléments qui, une fois collectés en nombre suffisant, permet d’accéder aux capacités ô combien cultes telles que le Pulvonium et bien sûr le Corno Fulgure. Le système de combos, sans être révolutionnaire, s’apprend facilement et est plutôt plaisant à prendre en main… Ah mince… j’ai déjà utilisé cette expression… 1,2,3,…8 lignes…j’ai tenu huit lignes pour tout ce qui m’a plu dans ce jeu… Il faut que je me rende à l’évidence…j’ai beau tenter de laisser s’exprimer « le petit Rincevent de 10 ans », l’euphorie d’Euphor (!) n’est pas suffisante pour masquer ce que je redoutais au plus profond de moi : Goldorak : le festin des loups n’est pas à la hauteur de la licence qu’il porte.
On ne va pas s’étendre sur ses qualités techniques, loin de tout reproche. Le jeu est sorti il y a plus d’un mois. Vous avez tous certainement vu au moins une vidéo ou lu un article à ce sujet. Mais ce n’est qu’un élément, et pas le pire en plus, parmi beaucoup qui, combinés les uns aux autres, gâche, quasi intégralement, l’expérience de jeu. Une succession de frustrations, d’erreurs et d’aberrations qui vous font vous répéter sans cesse : » Ce n’est pas mauvais, mais ça aurait pu être tellement mieux ! « . Car si les bonnes idées ne manquent pas, elles sont irrémédiablement court-circuitées par une mise en application ou une utilisation maladroite et pénible. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Morceaux choisis.
Le jeu propose de revivre les aventures du prince d’Euphor et de ses compagnons au travers de quatre gameplays distincts. Bonne idée !! Seulement, oublions rapidement les phases à pied où on incarne Actarus au ranch du Bouleau Blanc ou au Centre du Professeur Procyon, tellement plaisante à jouer qu’une cinématique ou même une scène de dialogue en images fixes auraient été préférables. Les phases de Shmup en 3D à bord du Spazer et en 2D à scrolling vertical lorsqu’on incarne Alcor, présentées comme des moments récréatifs, sont bien plus accrocheuses manette en main. Mais la trop grande facilité et le manque d’enjeu rendent ces passages finalement peu intéressants. J’ai même apprécié l’affrontement contre le Golgoth Damu Damu puisqu’on l’affronte alors qu’on est à bord de la navette de transport de Goldorak, Bonne idée !! Seulement, alors que la logique voudrait une course poursuite façon Starfox/Panzer Dragoon (rayer la mention inutile), on se retrouve à inlassablement tourner en rond autour de notre adversaire pour le détruire.
D’ailleurs, tourner en rond, voilà qui qualifierait bien la boucle de gameplay du cœur du jeu : l’exploration en zones semi ouvertes et les phases de Beat’em all. Là encore l’idée de départ est alléchante et promener Goldorak est globalement satisfaisant. Mais l’absence de carte de la zone combinée au manque de point de repère visuel de part la pauvreté des détails et la répétitivité des textures, rendent là encore l’expérience laborieuse. L’objectif de cette phase est principalement de nettoyer la région des troupes ennemies ou détruire les installations d’Hydargos et ses sbires avant d’affronter le Golgoth gardien de la région visitée. Mais parfois, des missions de protection de site ou d’escorte viennent casser la monotonie inhérente au genre. Une idée honorable gâchée par une absence de sentiment d’urgence, et donc d’implication, doublé d’une IA adverse passive et poussive.
Mais la médaille d’or du « Qu’est-ce que ça vient faire là ? » revient sans nul doute aux missions secondaires concernant Rygel, Vénusia, Misar et Banta. Même si elles ne sont pas indispensables pour avancer dans le jeu, comment prendre au sérieux la récolte d’objets totalement incongrus dans le contexte de l’histoire ? Y a t’il un épisode dans l’animé ou le manga où Actarus demande un temps mort aux troupes de Vega et prends les commandes de son robot pour aller chercher le troupeau de vaches de Rygel ? Ou des menus de fast food pour Banta ? Et, comble de l’inutile, perdre son temps à toutes les compléter ne rapportera au final… rien… pas un bonus, pas une galerie d’artworks, pas de scénario alternatif, rien qui ne donnent envie de revenir au jeu une fois fini, si ce n’est les chasseurs de trophées/succès.
Finalement, pour définitivement débarrasser de la menace ennemie, le studio français va nous offrir ce qui est à mes yeux paradoxalement le plus réussi et le plus frustrant de ce que Goldorak, le festin des loups propose : les affrontements contre les Golgoths. Frustrant parce que j’aurai voulu que l’intégralité du jeu soit aussi travaillé et bien pensé. Techniquement, le 60 FPS est de rigueur, ce qui, mine de rien, réhausse tout de suite l’attrait visuel. Confiné dans une arène, le système de combo est bien mieux adapté et s’avère efficace et accessible. Et chaque monstre a droit à sa petite mise en scène d’introduction, preuve supplémentaire du soin apporté à ses phases de jeu. Si on regrettera le manque de variété dans les paterns des boss, le fun en jeu est bel et bien là, comme une démonstration de ce qui aurait dû être le mètre étalon du reste de la production.
Testé sur Xbox Série X à partir d’un code fourni par l’éditeur.








