LANDSTALKER – Le Trésor du Roi Nole
Titre majeur de la Megadrive n’ayant pourtant pas le statut iconique que peuvent connaître les Streets of Rage ou autre Golden Axe, Landstalker reste un jeu ayant profondément marqué les vieux de la vieille s’y étant essayé. De par son ton, son graphisme et son sens de l’aventure, on découvre un récit captivant sur lequel nous allons revenir plus longuement dans les lignes qui suivent. Alors on enfile son sac à dos et ses bottes et on se met prestement en route pour une nouvelle aventure !
BIENVENUE À MERCATOR
Vous êtes Ryle, un elfe chasseur de trésors. Alors que vous peaufinez la vente de votre dernière acquisition, une nymphette se précipite vers vous et réclame votre aide. Trois bandits la pourchassent. N’écoutant que votre courage et votre sens chevaleresque, vous secourez la petite demoiselle qui vous révèle alors la raison de cette poursuite: elle connaît l’emplacement du légendaire trésor du Roi Nole !
Ni une ni deux vous accompagnez Friday, la petite fée gothique, sur son île natale, Mercator. Mais une fois sur place les problèmes s’accumulent et pour couronner le tout il se pourrait bien que d’emplacement la misstinguette n’en connaisse point tant que cela. Tout juste sait-elle que les richesses de l’ancien tyran se trouvent quelque part sur l’îlot isolé et que les choses semblent pas mal bouger ces derniers temps. Surtout depuis que le Duc venu du continent est arrivé, avec à sa suite une princesse écervelée et toute une bande de mercenaires pas franchement recommandables…
Landstalker nous propose donc une quête au trésor pleine d’aventures et de péripéties dans laquelle nous seront amenés à traverser de long en large une île, ses villages, ses grottes, ses donjons, ses forêts et son château. Exploration, ténacité et pas mal d’astuces seront de mise pour venir à bout des différentes épreuves qui se dresseront sur le chemin de la fortune.
Autant y aller carrément, on adore absolument tout dans ce jeu ! Ses graphismes, son histoire, ses animations, ses dialogues, ses musiques… Il n’y a rien à jeter ! Et oui même – et surtout – la tronche rondouillarde de son jovial héros. Ah cette bonhommie tranquille du type qui part à l’aventure sans se poser de question ! Mais attention ! Car sous son allure guillerette se cache un redoutable combattant doublé d’un savant expert en chausse-trappes et autres pièges mortels !
Bon en fait, quand on a la manette dans les mains, on se rend compte que Nigel n’a que deux possibilités d’action (en dehors de se déplacer bien sûr): frapper de son épée et effectuer un saut.
Allez d’accord il peut aussi ramasser des objets, qu’il peut soit stocker dans son inventaire soit reposer/lancer dans le décor (comme les vases par exemple) et engager la conversation avec les habitants du coin.
Voilà, c’est tout. Oui oui, rien d’autre on vous assure.
Et pourtant de ses maigres interactions, le jeu est d’une inventivité folle pour pousser à fond ses capacités restreintes. Parfois jusqu’à l’excès quand il faut aligner à la perfection toute une série d’actions, simples prise une par une, mais pas si aisées à réussir quand il s’agit de les faire à la queue leu-leu sans la moindre erreur. Certaines salles réclament une dextérité de mouvement et une rapidité d’exécution tellement parfaite que cela en devient vite un chemin de croix. Courage !
Un élément à connaître quand on joue à Landstalker c’est l’importance des ‘réserves de vie’, à savoir les cœurs. Ils représentent bien évidemment comme d’habitude les points de vie… mais pas seulement ! Ils sont aussi l’énergie et la puissance de notre héros ! Frapper avec en notre possession 50 cœurs se révélant bien plus puissant qu’avec seulement 12 ! D’où l’impérieuse nécessité d’en trouver un maximum au cours de nos pérégrinations et de maintenir nos réserves le plus haut possible !
Notre aventurier aux oreilles taillées en pointe peut également améliorer un tant soit peu son matériel – comme son épée ou son plastron – et obtenir au fur et à mesure de son exploration ainsi que de ses achats en boutique des breloques magiques utiles à sa progression.
Certaines de ces reliques sont sur le ‘chemin’ du scénario mais d’autres sont à dégoter au détour de sentiers de bas-côté menant à des petits donjons annexes. Comme par exemple la quête qui transformera Niels en chien le temps d’une cave malfamée de sorcière.
QUESTION DE DIMENSION
D’un point de vue visuel c’est très propre. Les donjons possèdent sur leurs textures un léger grain qui épaissit un rien l’ambiance, en plus de leur palette de couleurs très sombre qui les rend un brin angoissant ; là où le monde extérieur arbore des tons clairs et un style plus lisse qui lui confèrent une atmosphère plus amène.
Mais comment ne pas évoquer le sujet principal qui nous vient à l’esprit quand on parcourt des yeux les images du soft : La 3D isométrique.
Première particularité, notre personnage ne se meut pas vraiment avec les déplacements ‘traditionnels’ (Haut, Bas, Gauche, Droite) mais avec les diagonales. Avec la manette Megadrive, on ne vous raconte pas l’effet à long terme sur le pouce gauche. Avec les joysticks modernes pour la version présente dans la compilation Sega Classics (entre autre), on a un léger avantage : le bitoniau analogique (même si certains resteront fidèles à la croix directionnelle).
Deuxième particularité, du fait même de l’angle de vue imposé, il existe tout un pan de décor qui reste systématiquement invisible au joueur. Et les programmeurs s’en sont évidemment servis pour y planquer des trucs. Ici un coffre, ici un escalier, plus loin un satané champignon noir (Grrr!). Il ne faut donc pas hésiter à ‘visiter’ tous les coins dissimulés à notre vision, on ne sait jamais sur quoi on va tomber.
Cette 3D amène aussi malheureusement parfois à des affrontements que l’on ne distingue pas, nous et notre adversaire péniblement cachés derrière un obstacle visuel. Ce qui peut vous en conviendrez causer quelques soucis de compréhension de l’action.
Troisième particularité, les phases de plates-formes. Oui, elles vont vous faire mal au crâne.
La dalle suivante se trouve-t-elle en face ou en contrebas ? Devant ou derrière le chasseur de trésors ? Bien entendu les développeurs se sont une fois de plus servi de leur effet d’optique pour pimenter les passages de saut et autres grimpettes à flanc de falaises. Mais au bout d’un moment on comprend la mécanique et on finit par mieux percevoir la gestion de l’espace.
Mais attention tout de même aux nombreux pièges… et aux plates-formes mobiles !
La vue isométrique demande vous l’aurez compris un certain temps d’adaptation pour être appréciée mais il reste quand même quelques fâcheries, comme on l’a vu plus haut. Toutefois une se révèle plus vicieuse que les autres.
L’elfe est épéiste, jusque-là, rien d’alarmant. Sauf quand notre petit bonhomme se trouve collé à un obstacle (mur, buisson, panneau…) et que par conséquent il ne peut plus dégainer sa lame ! Oups ! Croyez bien que le séide démoniaque en face en profite pour vous coller sans ménagement une violente beigne entre les deux yeux ! Un élément de gameplay indispensable à prendre en compte lorsqu’on affronte les bandits de grand chemin !
À CHACUN SA VERSION DES FAITS
La cerise sur le gâteau déjà fameux de ce Landstalker, ce sont toutes les petites anecdotes ou autres astuces qui agrémentent le tout. Comme le fait que les objets ne soient pas les mêmes en fonction des régions !
Dans la version japonaise, il y a des références ‘coquines‘ totalement gommées dans les autres pays, comme par exemple la statuette ‘Bunny‘ devenue une part de gâteau à la fraise ou un ‘Livre Rose’ transformé par la magie de la localisation en vieux grimoire.
On ne fera qu’évoquer en passant la fameuse scène ‘de la salle de bain’, coupée en dehors de l’archipel nippon, et on ne polémiquera pas sur « les cours de ballet »…
En fait tout ce qui était un peu olé-olé a été effacé pour les sorties PAL et US.
Dans un autre genre moins polisson, parlons aussi de la course de poulet qui peut, par une manipulation via la seconde manette, devenir une course de monstre. Un secret caché dans un secret en quelque sorte ! C’est vraiment fort !
Le plus étonnant reste cependant le fait que selon les différentes traductions au cours de la dernière séquence, l’elfe perd ou récupère le trésor ! En anglais et en français, il finit le jeu riche à foison mais en allemand et japonais il voit tout l’or se perdre dans le volcan !
Mais contrairement à la rumeur il n’y a pas ‘différentes fins‘, juste les cases de textes qui amènent à une analyse différente sur ce qui se déroule à l’écran.
Enfin, nous ferons un point sur les multiples identités de notre protagoniste aux grosses bottines, qui change de nom aussi rapidement qu’il ingurgite du EkeEke (à consommer avec modération). Dans la langue de Molière, il à pour nom Ryle. De l’autre côté du Rhin, il est nommé Niels tandis que par-delà la Manche on vous présente Nigel. Au Japon, pays de la création du jeu, son patronyme serait plus proche phonétiquement de Lyle. Au final, la traduction française est assez fidèle au matériau de base sur ce coup-là !









