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TEST : Le monde ne suffit pas – L’autre 007 de qualité de la 64

James Bond 007 – « Le Monde ne Suffit Pas »

S’il y a bien un jeu qui vient en tête quand on évoque une bonne adaptation ayant sauté le pas du grand écran pour atterrir sur console, c’est GoldenEye, le titre de Rare sorti en 1997 sur N64. Cependant peu de gens le savent mais il existe un second James Bond sorti sur la machine à la manette trident de Nintendo.
Toujours inspiré d’un film de l’ère Pierce Brosnan et toujours un FPS entre action et espionnage, il est venu le temps de faire plus ample connaissance avec « Le Monde ne Suffit Pas » version 64 bits.

LA VIE NE VAUT PAS D’ÊTRE VÉCUE SI ON NE LA VIT PAS COMME UN RÊVE

Alors qu’une énième mission de l’agent 007 touche à sa fin et que Robert King, un magnat du pétrole proche de M, s’apprête à toucher son dû au sein même des locaux du MI6, une explosion retentit et fait passer à trépas le riche industriel. Suite au branle-bas de combat qui s’en suit on estime la fille de Robert, Elektra, en grand danger.

En effet il est fort probable que toute cette histoire soit une vengeance de Renard, un terroriste qui autrefois kidnappa la demoiselle mais qui reçut les foudres de la patronne du service d’espionnage d’Albion, qui envoya 009 régler cette histoire. Elektra parvint à s’enfuir avant l’intervention de l’agent Double 00 mais ce dernier réussira tout de même à blesser grièvement Renard d’une balle dans la tête, toujours figée dans son crâne depuis.
M craignant pour la vie de la désormais riche héritière de l’empire King, elle envoie James Bond pour la protéger…

C’est le début d’une histoire rocambolesque qui trouvera son paroxysme – devenu mythique – avec l’apparition d’une scientifique spécialisée en physique nucléaire nommée Christmas Jones incarnée à l’écran par une improbable Denise Richards ; l’Humanité n’ayant pas encore tranché la question sur le sujet de savoir s’il s’agit là soit du meilleur soit du pire casting de tous les temps.

Mais venons-en à cette adaptation pour Nintendo, sachant qu’il y eut également une version pour la Playstation de Sony par Black Ops Entertainment et une autre sur Game Boy Color par 2n Productions, toutes deux très différentes de celle qui nous réunit présentement. Le jeu qui nous intéresse ici est composé de 14 niveaux reprenant plus ou moins le cheminement du film de Michael Apted, avec quelques ajouts mais également quelques coupes de mauvais aloi.

Ne tournons pas autour du pot, « Le Monde ne Suffit pas » s’inspire grandement de ce qui avait été fait sur « GoldenEye« , et c’est loin d’être un mal. On retrouve vite ses marques et même si de menues subtilités dans la jouabilité se font ressentir – surtout au niveau de la sélection des armes et des gadgets – le feeling du chef-d’œuvre de Rare est bien présent. Avec un peu moins de maestria certes mais pas de quoi crier au scandale non plus. Le travail d’Eurocom est plus qu’honorable et à la hauteur de son illustre prédécesseur.

Visuellement, bien que les personnages soient toujours taillés à la serpe, on sent une finesse plus accrue dans les graphismes par rapport à son illustre aîné (décors, armes…) sans que pour autant cela n’en mettent plein la vue, et ce encore moins vu d’aujourd’hui. On comprend toutefois parfaitement nos alentour et cela instaure un charme rétro indéniable à l’ensemble.
Par contre, énorme ajout avec quelques dialogues vocaux qui parsèmeront les cinématiques d’introduction voire les rencontres au sein même d’un niveau. Belle surprise de ce point de vue là !

J’AURAI PU VOUS OFFRIR LE MONDE !

La plus grande force du titre va venir de la variété de ses missions et de leurs différents objectifs. Il pourra s’agir aussi bien d’infiltration, d’espionnage ou de bourrinage pur et simple. Nous serons également amenés à poursuivre un malfrat à travers tout un niveau (où il ne faudra pas traîner sous peine de le voir s’enfuir) et même à sauver le métro londonien d’une bombe à retardement. Tout un programme.

On trouvera même quelques stages proposant une expérience différente, comme une course-poursuite à skis en mode « sur rails » et, grande nouveauté par rapport à GoldenEye, des séquences sous-marines !

Les environnements seront eux aussi variés, passant des locaux du MI6 situé au cœur de la capitale britannique à un aérodrome perdu dans la forêt azerbaïdjanaise avant de nous emmener dans quelques vestiges stambouliotes. En cours de route nous aurons foulé du pied un silo à missiles au Kazakhstan et une usine de conditionnement de caviar appartenant à ce bon vieux Zukovsky, qui fait son retour après son apparition fugace mais marquante lors du niveau du Tank de GoldenEye.

En ce qui concerne l’arsenal, on reste dans le classique mais l’efficace. Le Walther P99 (rebaptisé ici en Wolfram P2K) demeure l’arme de base de l’espion le moins discret du monde , avec bien sur son indispensable option « silencieux ». Le reste des armes oscillera entre fusils à pompe, magnums et mitraillettes à user de manière efficace dans chaque niveau. Les ustensiles de mort ne se cumulent pas d’un stage à l‘autre et leur liste diffère donc à chaque nouvelle mission (certaines armes sont même cachées).

Toutes ou presque possèdent deux fonctions, là aussi à vous de voir laquelle est la plus efficace pour mener à biens vos objectifs. À noter une phase particulière contre un hélicoptère qui aura droit à son instrument de combat singulier pour une phase de boss pas évidente à appréhender.

Pour ce qui est des gadgets, outre la montre multifonctions qui se révèle parfois bien utile pour se sortir de quelques mauvais pas (laser, grappin, taser et fléchettes) on retrouve là aussi du conventionnel : perce-coffre, clavier décrypteur, lunettes détonateur ou à rayon X, carte de piratage et même appareil photo miniature (souvenez-vous, le monde d’avant les smartphones…). Leur utilisation au moment idoine restera le plus grand challenge en ce qui les concerne, à vous d’être observateur (et de lever la tête bien souvent).

Petit détail « amusant« , un partenariat avec Motorola est présent sur le jeu (sans doute hérité du long-métrage) et dès que vous faites « Pause » l’écran demandé apparaît représentant de fait votre téléphone. Le nom de la marque accompagnée de son logo sont alors bien mis en évidence en haut de l’affichage. Business is Business…

Facette ô combien importante de ce genre de titre, le multijoueur fait bien entendu son retour dans cette nouvelle aventure de 007 sur cartouche. On y retrouve peu ou prou ce qui avait fait l’indéniable succès du multi du titre phare de Rare avec cependant l’ajout notable de bots, ce qui permet de pimenter pas mal la donne (ils sont plutôt balèze).
Cela n’est toutefois pas aussi poussé que ce que l’on trouve dans « Perfect Dark » en terme d’option et de possibilité. Un entre-deux en quelque sorte, qui fera honnêtement son devoir et vous garantira de beaux moments de camaraderie entre potes… ou de fourbes trahisons !

QUI N’A JAMAIS RÊVER D’UNE DINDE DE NOËL EN TURQUIE ?

Bien que comme déjà précisé plus haut le jeu fait honneur au mythique GoldenEye 64, on ne peut pas non plus nier une réalisation globale en-deçà. Citons par exemple l’accès au menu ou le décorum des statuts de missions. En contrepartie on y gagne une meilleure mise en scène, certes moins immersive mais plus narrative.

Le plus grand écart va venir de la musique qui n’atteint pas le coup de maître inoubliable mis en œuvre par Éric Serra sur le film de 1995 et repris en grande partie sur la version vidéoludique. Dans cette adaptation de « The World is Not Enough« , les bandes sonores se font discrètes et ne sont pas particulièrement marquantes.

Si on compare non plus au jeu GoldenEye mais au film dont il est tiré, on note des pans entiers rajoutés pour sans nul doute rallonger la durée de vie ou bien car la séquence n’était pas adaptable en l’état. On pense pour ce dernier cas à la poursuite en bateau du pré-générique cinématographique qui dans le jeu se transforme en deux niveaux : un premier sur les quais suivi d’un second dans le métro (totalement absent du métrage).

Parfois le coche a été loupé (sans doute pour des raisons techniques) comme le fait d’avoir deux niveaux dans des décors similaires mettant en scène Zukovsky, à savoir son usine de caviar. Il aurait été préférable de notre point de vue de n’en conserver qu’un et de réaliser à la place du deuxième un stage au sein de son casino (stage qui existe sur PS1). Absence également d’un passage fort du film, la séquence haletante du pipeline qui aurait pourtant pu donner une épreuve formidable.

Les deux derniers niveaux, se déroulant au sein d’un sous-marin, sont chacun à leur manière assez tendus. Tout d’abord quand il faut escorter la Docteur Jones dans des coursives remplies de mercenaires armés jusqu’aux dents, et ensuite quand il faut retraverser dans l’autre sens ce même sous-marin, mais cette fois rempli d’eau. Ce labyrinthe aquatique peut faire perdre la tête si on ne parvient pas à se repérer rapidement, et cela sans oublier de gérer son oxygène bien entendu.

Petite déception en fin de parcours en ce qui concerne l’affrontement avec le grand méchant, Renard (auquel le grand Robert Carlyle donnait vie), qui est de fait inexistant. Il suffit d’appuyer sur un bouton avant la fin d’un compte à rebours. On est loin du duel dantesque contre Alec Trevelyan à travers tout un niveau…

On prendra note de la présence ici et là de bugs, notamment lors de la mission d’infiltration dans le manoir King, qui permet à certains gardes en faction de nous repérer alors que rien ne l’y autorise. On ne parle pas ici de bourdes de la part du joueur mais bien d’erreurs de programmation. Qu’un type parvienne à entendre Bond assommer une sentinelle à plus de 100m par-delà une haute muraille, il y a comme un hic…

Autre désagrément qui pointe le bout de son nez au cours de plusieurs stages, le nombre parfois limite de munitions qui nous oblige à être parcimonieux pendant nos rafales sauvages. À chacun de juger si cela est à considérer comme un bon ou mauvais point.

Dernier sujet sur lequel il faudra rester attentif, qui attrait au gameplay lui-même : les morts subites (!) ayant lieu en plein milieu d’une mission. Des actions stratégiques qu’il ne faudra louper sous aucun prétexte sous peine de devoir recommencer l’entièreté du niveau, quelle que fut la manière dont vous l’aviez mené jusque là. Un peu rude !

le monde ne suffit pas james bond 007 4

*Les images du jeu illustrant cet article proviennent d’une version « upscalée » PC. Le jeu sur console ne propose pas des graphismes aussi fins. Votre serviteur quant à lui a parcouru l’aventure sur sa bonne vieille Nintendo 64:

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Alors oui, forcément, ce « World is Not Enough » est comparé sans cesse à « GoldenEye », c’est comme ça on y peut rien. Mais en même temps cette ‘suite’ par Eurocom s’inspire fortement du titre de Rare en prolongeant le même type d’expérience. Et de ce point de vue là, malgré une exécution un chouia moins inspirée on trouve quand même quelques belles évolutions - des niveaux aquatiques pour ne citer que ça - et tout autant d’idées qui permettent d’éviter la redondance. En clair, cet « autre » James Bond 64 est un complément idéal au célèbre hit de la console de Big N.
77
%
CA PASSE BIEN
Son
65
%
Graphisme
77
%
Animation
72
%
Maniabilité
85
%
Interet
87
%
Son
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Graphisme
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Animation
72
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Maniabilité
85
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Interet
87
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LES PLUS
  • Diversité des missions et objectifs
  • Dynamique et sans temps mort
  • Quelques belles évolutions après Goldeneye
  • Denise Richards en mode pixel
  • Des voix !
LES MOINS
  • Réalisation globale en deçà de son modèle
  • Les morts subites qui peuvent ruiner une bonne partie
  • Des bugs qui rendent le jeu infernal en Agent 00
  • Un stock de munitions parfois limite
  • Les civils à protéger (qui a dit Denise Richards ?)

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