Au-delà des polémiques engendrées, à cause de l’importance et la crédibilité disproportionnées qu’on accorde à un évènement crée, rappelons le, par une personne qui, il y a quelques années, était l’homme sandwich d’une grande marque de chips triangulaires, c’est l’annonce du retour des franchises cultes de Sega qui a m’a certainement marqué le plus pendant ces Games Awards 2023. Hasard de calendrier (ou pas ?), ce beaucoup trop court teaser dévoilant notamment un Jet Set Radio qui donne très envie d’en savoir plus et de replonger dans les rues de Tokyo-To, fait écho à la sortie en version physique de celui qui a tout pour être prétendant au titre de fils spirituel, Bomb Rush CyberFunk.
Et comme chez MEGA Force, on a loupé sa sortie l’été dernier, l’excuse est toute trouvée pour revenir sur la dernière production du studio Team Reptile et pouvoir vous donner notre avis. Bon, c’est vrai, recevoir un code pour le faire, ça aide aussi…mais je vous promets de garder objectivité et impartialité tout long de ce test !! Et puis, de toute façon, moi, je n’aime pas les Doritos…
Jouer à Bomb Rush CyberFunk, c’est s’offrir un véritable voyage dans le temps. Un retour plus de 20 ans en arrière, voir même un peu plus encore ! Bienvenue dans cette période bénie des afficionados du jeu de plateforme 3D. Bienvenue aux fans de Sonic Adventures, Spyro, et autres Rayman. Bienvenue aussi aux fans de « Street Culture », skaters et sports de rue, taggeurs, musiciens underground…Et bienvenue aux studios Smilebit qui nous offre peut être la meilleure association de tous ces éléments dans un jeu unique qui marquera les esprits : Jet Set Radio et sa suite (peu de temps après) Jet Set Radio Future.
On ne va pas tourner autour du pot trop longtemps : Oui, jouer à Bomb Rush CyberFunk, c’est comme jouer à la suite Jet set Radio. Mais, non, ce n’est pas Jet Set Radio 3.
Bomb Rush Radio
Tokyo-To est remplacée par New Amsterdam, mais la situation est pourtant furieusement identique : on prend le contrôle d’un personnage en quête d’identité recruté dans un « crew » en quête de reconnaissance auprès de ses pairs, le tout dans une ville en quête de liberté où les autorités policières considèrent la cuture de rue comme nuisible et criminelle. Notre avatar, nommé Red, et ses compagnons vont donc devoir parcourir les 5 quartiers composant la mégalopole pour y imposer les couleurs du Bomb Rush Crew et battre à la loyale les autres gangs qui se partagent le territoire.
Le nom a changé mais les lieux restent les mêmes et si vous avez déjà trainé vos rollers dans le monde de Grind city, les décors ne manqueront pas, à coup sûr, de vous rappeler quelque chose. Le cell-shading, l’identité première de JSR, est bien maîtrisé et sied toujours aussi bien aux décors urbains. Et si on ne peut que saluer le travail effectué sur le level-design pour rendre l’exploration des lieux des plus agréable et fun, notamment pour tout ce qui concerne les grinds verticaux et la tête en bas, on se sent dans un cadre beaucoup trop familier pour avoir l’impression de tenir une vraie suite dans les mains. Bomb Rush Cyberfunk se voit plus comme une aventure parallèle, une sorte de stand-alone de Jet Set Radio mais qui serait sorti 20 ans plus tard, avec des characters inédits et un scénario plutôt accrocheur à défaut de décrocher l’oscar de l’originalité.
Même constat pour tout ce qui concerne le déroulement concret en jeu : dans un Hub central littéralement copié/collé de Jet Set Radio Future donnant accès aux différents terrains de jeu/niveaux, BRCF vous propose de choisir notre personnage parmi Tryle, le chef du groupe, Bel, l’accroc au téléphone portable et bien évidemment Red. Et comme chez ses prédécesseurs, vous allez devoir parcourir un quartier à la recherche de spots plus ou moins facile d’accès et apposer vos grafs sur ceux du crew adverse pour attirer leur attention. Après avoir affronté les membres individuellement lors de parcours imposés, l’épreuve finale sera de faire le meilleur score dans une ultime joute en équipe et gagner pour la domination du territoire en jeu.
Bien que sa boucle de gameplay devient assez rapidement répétitive, la maniabilité si unique d’un plateformer 3D sur roulettes est pour autant accrocheuse et enchaîner les grinds les plus fous pour accéder à des endroits à première vue inatteignables à quelque chose de jouissif manette en main. Et on peut compter sur la police, toujours plus inventive pour ce qui est de mettre un terme à vos agissements, qui viendra ponctuellement casser cette routine au travers de boss aussi spectaculaires que grotesques et toujours dans l’esprit de la série.
Jet Set CyberFunk
Seulement, autant les non-initiés et tous ceux qui ne connaissent la série du studio Smilebit qu’au travers de quelques screenshots emblématiques croisés sur la toile verront un brillant hommage de la part du studio indépendant néerlandais, autant les « vieux de la vieille », même si ils ne peuvent que saluer le respect au matériau d’origine, ne pourront s’empêcher de ressentir une certaine frustration par rapport à ce dont on est en droit d’attendre d’un jeu en 2023.
Afin de se forger une identité le distinguant de ses ainés, Team Reptile a apporté quelques nouveautés à son Bomb Rush CyberFunk. La plus évidente est bien sûr la possibilité de choisir entre roller, skate et bmx, feature qui était la plus attendue depuis ses premières annonces. Malheureusement, on ne ressent aucune différence de gameplay manette en main : poids, maniabilité, hauteur de saut…Rien qui ne motive un choix plus qu’un autre en dehors du côté esthétique et « cool » de votre monture.
C’est d’autant plus dommage qu’il ne faut pas non plus compter sur l’exécution des tricks pour apporter de la profondeur et de la technicité à la jouabilité : trois boutons, trois tricks, et des variantes quand on les déclenche en mode dash. Ce n’est certes pas le cœur du jeu, et c’est que l’on reprochait aussi à Jet Set Radio, qui en plus souffrait de la comparaison avec un certain Tony Hawk Pro Skater qui cartonnait à son époque. C’est plus une occasion manquée de se démarquer de son modèle. Surtout que Bomb Rush CyberFunk a réussi à trouver ce juste équilibre entre JSR et Future pour ce qui est des tags !! Trop laborieux dans le premier et trop facile dans le second opus, graffer les murs de New Amsterdam est un vrai plaisir grâce à un système ingénieux comparable aux schémas des écrans de déblocage de nos smartphones actuels.
Terminons tout de même sur une note positive concernant l’environnement sonore en précisant la participation d’ Hideki Naganuma, compositeur attitré de la licence, qui nous offre un score de très bonne facture et en parfaite adéquation avec les précédents opus. Une raison de plus pour foncer découvrir ce Bomb Rush CyberFunk, en attendant LE tant espéré Jet Set Radio (3, remake, remaster…) que nous a fait miroiter Sega lors de cette cérémonie indigeste et écœurante comme…un paquet de Doritos !
Testé sur Switch avec un code fourni par l’éditeur (Merci à eux). Screenshots issus du kit presse, parce que transférer les images depuis une Switch, c’est quand même une grosse galère !! Merci Nintendo !







