Alors qu’on ne l’avait pas vu venir, voilà que débarque un épisode (gratuit !) relié à la célèbre saga horrifique et psychologique de Konami : Silent Hill.
C’est peu dire si la surprise était palpable, et le lancement du téléchargement, sur le store de notre PS5, immédiat. Après avoir fait le tour du jeu, enfin disons du mini-jeu, ou de l’expérience, c’est selon votre sensibilité, petit retour sur ce qu’il s’y passe pendant un peu plus d’une heure.
Silent Night
Ici, point de ville dénommée SILENT HILL, mais une petite bourgade d’Europe, en proie à des difficultés économiques et sociales. Sans révéler le scénario, qui connaitra des rebondissements, on suit en parallèle quelques instants de la vie d’une jeune adulescente, à travers nos manettes, et le destin d’une ville, au travers de récits disséminés tout au long de l’épisode.
Cela a certes le mérite de donner un peu d’épaisseur au background du jeu, et de lui conférer, sur la fin, une dimension légèrement surnaturelle, pour autant l’intérêt du titre réside surtout dans cette lente plongée dans la psychée torturée d’Anita, notre héroïne.
Si l’on tâtonne au début à savoir de quoi il en retourne, on comprend bien vite ce qu’il se passe, et les démons auxquels Anita est en proie.
En effet, au fil de cut-scènes, dont certaines tournées avec de vraies actrices, et de nos déambulations dans cet immeuble miteux, bardé de tags plus barrés les uns que les autres et de cafards qui trouvent un malin plaisir à parcourir les murs, le propos du jeu se montre enfin.
Véritablement en phase avec son temps, il est question, au sein d’un groupe de jeunes amies, de perte de repères familiaux, de scolarité et de rêves brisés, d’amitiés perdues, de harcèlement, et, malheureusement, de suicide.
Si le jeu préviens d’emblée, avec des messages d’aide et d’alerte lors de son lancement, c’est pour mieux nous préparer à ce qui va suivre. Ainsi, au fur et à mesure de notre parcours, on s’enfonce dans l’esprit de notre presqu’adulte, et ce qui s’y passe commence à nous prendre par les tripes.
En effet, si l’on « ressent » ces émotions c’est parce que l’ensemble est rendu cohérent, grâce à des trouvailles de gameplay très actuelles : avec un smartphone « scotché » à la main (pour utiliser la lampe torche dans les couloirs sombres), Anita est constamment connectée (comme toute une génération) aux SMS et aux réseaux sociaux, ceux-là même qui donnent le « la » de la vie des ados d’aujourd’hui. Très sensibles aux « followers » et au contenus proposés (allusions sexuelles, pensées noires,…), on comprend de mieux en mieux comment le petit groupe d’amies en est arrivé à un point de non retour, désastreux sur tous les plans.

The Haunting of Hill House
La mise en évidence de ces thématiques très dures et difficiles est exacerbée par une ambiance glauque (on est dans un SILENT HILL après tout), avec des sonorités pleines de basses assourdissantes, de sons plein de tensions, de bruitages lourds, et, évidemment, de silences pesants.
Les décors sont sales, lugubres, les couloirs et appartements de l’immeuble que l’on visite sont délabrés, jonchés de détritus, et les éléments consultables (cahiers, articles de presse,…) nous détaillent l’histoire derrière cette descente aux enfers.
Ajoutez à cela des graphismes psychédéliques (sans le côté grandiloquent) très bien réalisés, avec un monstre (intérieur) qui sait nous surprendre, et nous nous retrouvons à trembler parfois, sursauter de temps en temps, ressentir de la tension surtout.
Le smartphone, que l’on a constamment dans notre champs de vision, est agrémenté de SMS échangés avec ses amies (enfin, c’est ce que l’on croit au début) qu’Anita reçoit au fil de l’aventure, et sert aussi de « radar » à certains moments du jeu, plus labyrinthiques et horrifiques.
Dans ces séquences, où l’on doit à tout prix éviter de tomber nez à nez avec son ennemi, son némesis, les jumps scare et moments intenses sont légions. Nous ne vous dirons pas tout, mais c’est plutôt bien travaillé de la part des développeurs, qui ont su alterner les décors avec un malin plaisir afin de jouer sur plusieurs de nos peurs.
Ces moments entrecroisent cependant des moments plus calmes, mais tout de même stressants, avec de petites énigmes à résoudre ou des éléments à trouver, afin de découvrir toute l’histoire qui se trame dans la vie, et l’esprit, de notre pauvre Anita.
Cette héroïne, qui n’a que peu d’actions possibles (consulter un livre, regarder un tag, ouvrir une porte), n’est malheureusement pas aussi bien modélisée que le reste des décors. Si l’on évolue en vue subjective, avec une bonne maniabilité, mais sans plus, c’est lors des cut-scènes que l’on remarque un niveau de détails légèrement inférieur au reste. Rien de bien méchant, mais l’on s’attache par conséquent moins au personnage qu’à l’histoire ou qu’aux thèmes évoqués.
Au final, dans cette mini-aventure, les développeurs nous fournissent une intense réflexion sur la société d’aujourd’hui, et le devenir des jeunes de demain. Troublant, et poignant, du début à la fin.
https://www.youtube.com/watch?v=RmEamyHS3c4








