Suicide Squad – Kill The Justice League a été testé sur PS5
Dans ce jeu, incarnez Harley Quinn, Deadshot, Captain Boomerang et King Shark qui se lancent dans une mission impossible à travers Metropolis pour sauver la Terre et vaincre les plus grands super-héros DC au monde, la Justice League. Voilà le programme prometteur pour cette promenade au cœur de ce chaos brainiacesque!
L’histoire d’un « road movie »
Après un long didacticiel qui nous présente les différents personnages et leurs spécificités de déplacement, de saut, de capacités, on arrive dans Arkham Asylum, lieu emblématique des studios Rocksteady qui va nous rappeler bien des aventures. C’est ici que nous rencontrons Amanda Walker, la directrice de L ‘Argus , division secrète de la sécurité intérieure. Et on y retrouve nos quatre méchants détenus Harley Quinn, anciennement Dr Harleen Quinzel, Deadshot, alias Floyd Lawton, Captain Boomerang, alias Digger Harkness et King Shark, alias Nanaue.
Ces « Rois et Reine » d’Arkham, méchants reconnus pour leur capacité de survie au sein DC universe vont alors être confrontés à un choix cornelien : soit continuer à croupir dans cette prison infecte, soit sortir et « faire le bien ». La directrice pose alors sur une table un inséminateur de micro-bombe créé par la Lex Corp tout en leur révélant qu’il n y a une place que pour une seule personne !
Après quelques échanges rapides sur le fondement de cette proposition, et après la libération de Captain Boomerang puis des autres, l’ action commence. C’est là que se déclenche une bagarre épique de ces psychopathes doués pour prendre les mauvaises décisions et je peux vous dire que cela m’a agréablement surpris de voir un si beau rendu et surtout des dialogues épiques à l’humour et la dérision de ces causes perdues.
C’est une belle présentation de la psychologie des personnages et de leur naïveté car au final, la seule gagnante est Waller car ces quatre se retrouvent avec une bombe implantée dans la tête, les obligeant donc a obéir.
Voilà donc les origines de cette formation improbable de héros qui sera appelée la Tag Force X.
L’intro se finit par un choc électrique, des évanouissements et un réveil dans un train pour une destination inconnue. Après un crash et un magnéto de notre chef préféré, on y découvre notre premier objectif : celui de rejoindre les toits.
Lors de cette première mission, on va arriver au musée de la Justice League où l’ on va récupérer nos premiers gadgets et équipements (je vous laisse découvrir lesquels en y jouant) et nous voilà donc sur le toit du monde pour découvrir Metropolis à la proie de Brainiac, (« génie », NDLR), sorte de cyborg extraterrestre dont la volonté est de pouvoir accéder à la connaissance suprême et ce, même s’il doit asservir les peuples de l’univers et de la Terre. C’est aussi un des ennemis emblématique de Superman, notamment car il s’attaque à sa planète de cœur, mais aussi car il avait miniaturisé Kandor, la capitale de Kripton.
Et lors de nos premiers pas sur ce Metropolis dévasté, on va vite découvrir que ceux qui sont censés protéger cette ville (et cette planète) sont sous l’emprise de Brainiac. N’oublions pas que celui-ci est l’ un des méchants les plus intelligents de DC Universe ! Il possède des connaissances incroyables dans de nombreux domaines scientifiques, il est doté en plus de pouvoir de télépathie et de télékinésie….ce qui lui a permis de prendre le contrôle de certains membres de la Justice League (afin de ne pas spoiler je vous laisse découvrir lesquels !).
On ne doit donc plus seulement affronter cet extraterrestre robotique mais surtout ceux qui normalement sont censés nous protéger, et le dernier rempart dans cette mission suicide, c’est la fameuse Tag Force X (qui sera plus tard connue sous le nom de « Suicide Squad »). Nous voilà donc plongés dans différentes missions et objectifs à accomplir sous le contrôle d‘Amanda Waller pour « tuer la Justice League ».
Ce jeu était très attendu des joueurs et de la critique, et pour rester le plus objectif possible (et surtout pour me faire mon propre avis sur le jeu ou ne pas subir de spoilers), je n’ airegardé aucun let’s play ou avis de sites internets spécialisés ! Je vous avoue que ce côté film d’action mêlé au jeu m’a plutôt séduit et m’ a donné un réel plaisir à jouer et suivre ce quatuor comme un spectateur !
C’est en ça que les studios Rocksteady ont assuré le show et ont montré leur puissance créative et artistique, bien qu’on en attendait pas moins de ceux qui ont popularisé le série des jeux Batman: Arkham.
Et durant ce roadtrip infernal, on finit par s’attacher à la personnalité déjantée de ces quatre compères en recherche d’existence. On y retrouve toute la folie de l’univers de Suicide Squad avec ses personnages très marqués qui, malgré leur intelligence, apparaissent comme « bêtes », que ce soit par des blagues lourdes qu’ils se balancent dans les cinématiques ou « in game ». Et moi, j’avoue que je suis très amateur de ce genre d’humour, et donc avoir rit à certaines punchlines (même si certaines s’enchainent à répétition).
Ici, Rocksteady nous présente un véritable bijou cinématographique, avec des scènes dignes des studios d’Hollywood (merci au moteur UnrealEengine 4). Derrière ces caméras, on y découvre les aventures de ces quatres « héros » auquel on s’attache notamment grâce à la qualité de ces mini films d’ action et de ces dialogues qui viennent nous chercher, nous séduire, nous faire aimer ces « oubliés » normalement solitaires. Grâce à ces ficelles, on a une véritable synergie qui se crée entre ses comparses et on finit par les adopter avec leurs défauts.
De plus , la qualité du doublage de la version française fait mouche ici. Ainsi , Harley Quinn est doublée par Valérie Siclay qui faisait déjà sa voix dans Batman: Arkham Asylum (2009), Batman: Arkham City (2011), Batman : Arkham Origins (2013) mais aussi dans Injustice:les Dieux sont parmi nous (2013).
Deadshot est doublé par Frank Lorrain, qui a prêté sa voix de Floyd Lawton dans deux opus batmaniesque (Arkham City, Arkham Origins) mais aussi dans Injustice 2 et Lego DC Super-Villains . Mais c’est aussi la voix de l’agent Chamber dans Valorant ou de Franklin « Foggy » Nelson dans Luke Cage.
Captain Boomerang est lui doublé par Pierre Alam qui lui a fait des voix additionnelles de Assassin Creed Valhalla et de Marvel’s Spider-Man . Mais aussi la voix de Shen dans League of legend !
Et enfin King Shark prend la voix de Jochen Haegele à qui l’on doit de nombreuses voix de Bleach comme Zangetsu,Tōshirō Hitsugaya ou Yumichika Ayasegawa. Il fait aussi la voix de Laurentius dans A Plague Tale : Innocence ou encore la voix de Kurt Wagner alias Diablo dans X men: Apocalypse !
Tout cela pour montrer à quel point le développeur a voulu faire de ce jeu un véritable blockbuster à regarder ! Mais on peut se demander si l’on retropuve dans le gameplay la même qualité que l’ on retrouve dans cette animation !
Un gameplay fun mais qui peut sembler répétitif
Tout d’abord, dès le début du jeu , on apprivoise les quatres personnages avec leurs spécificités, leurs caractères au travers d’une histoire » tutoriel « . Et ce sera à nous de choisir lequel nous convient le mieux. On a donc le choix !
Soit Harley Quinn, qui depuis les événements tragiques d’Arkham et la mort de son Amour le Joker, est tombée dans l’oubli et la solitude, déterminée à faire cavalier seule. Grâce à son grappin emprunté à Batman, elle est agile dans les airs et permet de se déplacer assez facilement entre les immeubles de la ville. Notre Queen a un style de combat autant acrobatique qu’imprévisible : elle manie aussi la batte que le marteau, de manière redoutable, tout comme le Pistolet.
Si votre cœur est plus tireur d’élite ou tueur à gages, on a Deadshot ! Si vous aimez le travail bien fait, êtes égocentrique, obsédé par votre réputation (il ne manque jamais sa cible !) et que vous préfèrez faire le travail vous même et à distance, c’est le personnage qu’ il vous faut. Son jetpack lui permet de se déplacer assez facilement dans les airs pour se positionner sur les toits et faire usage de son sniper. Il est assez à l’aise à plus courte portée avec des armes fixées à ses poignets !
Si on veut se la jouer divine, on a alors King Shark, fils rejeté du Dieu Requin ! Grâce à sa force surhumaine et colossale, il est très brutal et frappe très fort. Mais surtout il est capable de sauter très haut et très loin grâce à sa capacité de rebonds. Ses armes lourdes lui donnent une puissance de feu incroyable.
Et enfin, la surprise : Captain Boomerang (il doit son nom à des journalistes qui lui ont donné ce sobriquet à cause de son origine australienne) ! Et donc il a décidé de les prendre au mot et son arme de prédilection est évidemment le boomerang ! Sa capacité de téléportation due à un gantelet volé lui donne un avantage notable pour attaquer et s’échapper de situations problématiques.
Chaque personnage à ses propres mécaniques de déplacement et on s’aperçoit très vite qu’on peut les améliorer, les customiser… Et ceci, grâce au type même du jeu qui est un looter shooter : et oui il va falloir se bouger, découvrir la ville et tuer de l’extra-terrestre, réaliser des missions, combattre des ennemis légendaires…. pour pouvoir augmenter ces armes que vous allez équiper, améliorer ou revendre auprès de marchands très connus du monde DC comme Copplepot alias le Pingouin! Je vous laisse volontairement découvrir le reste !
En effet , il y a toute une mécanique propre à ce type de jeu avec des missions qui vous permettront de monter vos compétences et là c’est une surprise car il y en a pour chaque personnage et trois arbres de capacités à développer. Et je vous avoue que je n’ai pas tout rempli malgré mes nombreuses heures de jeu !
Pour pouvoir les acquérir, pas de surprise, il faut tuer pour monter en level, ce qui oblige à jouer avec chaque personnage, et là , les développeurs ont bien pensé la chose : une pression sur la croix directionnelle et on peut passer d’un personnage à l’ autre.
La ville est bien conçue, le jeu est pensé pour que l’on puisse prendre de la hauteur, observer des ennemis, visiter des lieux emblématiques du DC Universe comme le Daily Planet, la Lex Corp … et le tout dans un rendu incroyable autant dans les décors que dans la modélisation des personnages et ennemis. Il y a plusieurs niveaux pour combattre, il faut tuer des ennemis qui patrouillent au sol à pied ou en char, des protecteurs défenses ennemies ou des hélicoptères sillonnant le ciel…
Oui car, comme dit au dessus, le principe du jeu est de tuer pour avoir du loot afin de pouvoir monter en compétences et en capacités pour affronter des ennemis légendaires. Il faudra donc sans cesse allez faire la chasse aux extraterrestres ! Et on a vraiment cette impression que le jeu est construit autour de cette mécanique principale ! Par extension, on retrouve un côté répétitif qui peut repousser les joueurs qui ne sont pas adeptes de ce genre ! Car même les missions proposées dans cette ville ne vont pas échapper à cette règle de répétition (détruire les incubateurs, libérer les civils…) Cela dit ,il est quand même dommage après tant de retard dans la publication du jeu d’avoir cette impression de « pas fini » !
Mais heureusement, le système de combat, même s’il est perfectible, amène du punch et de la « frénésie » (je ne vous parlerai pas de toutes les attaques et combos vu que les didacticiels successifs vous les apprendront au fur et à mesure de votre exploration). On prend ainsi un plaisir fou à combattre, à esquiver, à ramasser des balles ou des grenades… Et encore plus en multijoueur ! Dès que l ‘on joue à plusieurs, entre amis , c’est là que le jeu prend une vraie dimension et que l’on s’aperçoit que la coopération entre les membres est essentielle. Je n’ ai pu jouer qu’avec des amis pour partager un moment de fun et de plaisir, mais signalons un petit bémol : il faut aller dans les options pour activer le chat vocal in game!
Cependant dans les combats virevoltants et effrénés, une multitude d’indicateurs viennent perturber ou plutôt surcharger toute cette fluidité, et peut s’avérer extrêmement gênant (une aura bleue pour manque de bouclier, une aura rouge pour une vie basse, les hits de dégâts sur vos ennemis…). Pour ma part, ce « joyeux bordel « est digne de l’esprit de ces méchants de la Task force X. De plus , on peut facilement tout paramétrer dans les options, voire les désactiver !
Une des seules ombres au tableau est peut-être le système de récompenses qui vient casser le rythme de l’histoire. A chaque fin de mission, de combat de boss….on a cet écran qui vient, avec les mêmes animations qui, à force, lassent, et un peu plus de variété n’aurait pas fait de mal. Il aurait simplement été préférable de nous laisser le choix de les afficher ou d’y accéder quand on le souhaite!
Au-delà de tout ça, dans une ville à la proie d’un psychopathe extraterrestre qui capture les humains pour en faire son armée, je trouve dommage que les seuls êtres humains vivants, à part les protagonistes du jeu que l’on combat où rencontre, sont ceux capturés par les drones ! Tout le reste c’est l’armée de Brainiac, et on a vite fait le tour du bestiaire !
Enfin, à vouloir absolument faire un Arkhamverse, ou du moins justifier que ce jeu est la suite logique de la série Batman, on en oublie presque l’essentiel, les vrais héros sont ces rebus d’Arkham !
Je m ‘explique : on a beaucoup de références à une série emblématique des studios Rocksteady, celle de Batman et ce, au travers de l’origine des héros prisonniers de l’asile emblématique du jeu, mais aussi de par les voix choisies étant celle des jeux du même nom. A force de clin d’œil, et comme pour vouloir légitimer Suicide Squad comme spin-off et digne successeur de la série, on nous oblige à faire la comparaison ! Et la déception peut vite arriver .
Prenez par exemple les trophées de l’homme mystère, ils sont simplement posés et il suffit juste de les ramasser ! On est loin de la recherche des mécanismes pour libérer ceux dans le jeu de la chauve-souris. Ainsi, pour les énigmes, il faut juste réfléchir un petit peu et scanner, tout simplement. Je ne parlerais pas de l’absence des véhicules dans le jeu ! Au moins dans Batman on avait la batmobile . Et je ne parlerai même pas du système de combat de corps à corps qui, chez le » Chevalier noir » était juste exceptionnel et magnifique!
Avant de terminer, un mot sur le rôle d’Amanda Waller, qui est un despote pour cette team : son rôle se limite à « escortez ceci », « survivez », « défendez cela »… Un peu plus de diversité dans les ordres de mission aurait été un plus , mais je pense que c ‘est le système de jeu qui veut ça. A vouloir trop respecter le genre, on a un constant goût de répétition qui tranche avec le côté imprévisible des héros.
On aurait aussi pu avoir un scénario un peu plus poussé pour vivre ce film vidéo-ludique, sans compter que le jeu « omet » de montrer comment des héros de la Justice League sont devenus les esclaves de Brainiac ! Concernant la bande-son, elle ne m’ a pas marqué plus que cela !
Pour conclure, Rocksteady nous livre ici un très bon looter shooter, en respectant cependant un peu trop tous les codes du genre. Mais la véritable réussite de ce jeu est d’avoir su nous faire apprécier cet univers atypique des méchants, même s’il est un peu forcé. Loin des comparaisons de ses prédécesseurs, Suicide Squad :Kill The Justice League est un bon jeu qui nous fera passer des heures et je ne serais pas étonné de voir apparaître de nouveaux méchants pour venir compléter cette bande de tarés attachants.














