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TEST : Die Hard Trilogy – Digne de McT ?

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

En cette époque bénie des Dieux où la saga Die Hard n’était encore qu’une trilogie sortait sur PS1 et Saturn ‘Die Hard Trilogy’ (un titre fort judicieux). Sur le même principe que pour le ‘Alien Trilogy’ du même développeur Probe Entertainment, le jeu nous proposait de revivre les films cultes dans la peau du trépidant policier John McClane.
La grande particularité de cette adaptation vient du fait que chaque segment donne lieu à un genre différent : Le tir à la troisième personne pour ‘Piège de Cristal’, le shoot sur rail pour ’58 minutes pour vivre’ et de la course-poursuite en bagnole pour ‘Une Journée en Enfer’.

Cette originalité contribua pour beaucoup à sa popularité, déjà bien haute au vu des œuvres retranscrites ici. Mais était-ce vraiment un bon jeu ou un énième titre opportuniste surfant sur une franchise cinématographique estimée ?
Alors on avale son aspirine cul sec, on récupère le Beretta posé sur le carton à pizza, on n’oublie pas son indispensable insigne de flic et en piste pour dézinguer du terroriste par paquet de 12 !

« HO ! HO ! HO ! MAINTENANT J’AI UNE MITRAILLETTE… »

Los Angeles. Tour Nakatomi. Les lieux sont envahis par une bande de terroristes sans foi ni loi. Malheureusement pour eux, l’officier John MacClane passait par là et il n’a rien de mieux à faire que d’éradiquer toute cette racaille surarmée. Du parking au toit il gravira les étages à coup de fusil automatique en repeignant les murs du sang frais de ces vils malfaiteurs. Et quand il en aura la possibilité il prendra aussi le temps de sauver quelques otages qu’il croisera sur son chemin.

Il s’agit donc d’un TPS se déroulant dans l’étroitesse d’un labyrinthique immeuble de bureau, au début de l’ère de la 3D. Autant dire que ce n’est pas gagné. Notre héros se manie tel un pachyderme dans des couloirs trop étroits. Le but est de tuer tout les vilains présents dans le niveau (y compris les nombreux renforts qui ne tarderons pas à venir aider leurs camarades) et de libérer tous les otages – en évitant au maximum de les plomber.

Il y a possibilité de changer d’armes ou de ramasser différents types d’explosifs via des items récupérables devant les ascenseurs (sous forme de caisses sur des chariots) ou bien alors sur quelques ennemis défaits. On pourra donc passer du Beretta de base à quelques fusils d’assaut voir aux fusils à pompe jusqu’à épuisement des munitions (on ne cumule pas les armes, on les utilise une par une). Les grenades elles s’utilisent à l’envie tant qu’on en possède dans notre besace.

À la fin de chaque niveau se pointe dans un ascenseur une bombe avec un compte-à-rebours sur laquelle il faut foncer tête baissée avant la fin du temps imparti sinon on est bon pour refaire tout le stage depuis le début (argh !).

Le premier tiers de cette trilogie est bien nerveux et sans temps mort. Les ennemis sont très nombreux et il faudra bien du courage pour tous les occire. Mais on rencontre aussi là les premiers problèmes du soft avec des intelligences artificielles au ras des pâquerettes (on ne devait certainement pas appeler cela comme ça à l’époque). Les gredins passent parfois à coté de nous sans nous voir tandis que d’autres nous détectent à travers les murs.
Quand aux otages, ils trouvent toujours le moyen de se fourrer au milieu des fusillades (et se font donc cartonner comme des lapins) alors que parti dans l’autre sens ils n’auraient vu que des couloirs vides.

La caméra fait aussi des siennes même si les concepteurs ne s’en sont pas si mal sorti avec ce principe des murs qui deviennent transparents quand ils bouchent le champ de vision du joueur.

Cependant le pire – le pire ! – c’est la maniabilité. On parle d’un temps pré-analogique où seule la croix directionnelle servait à se déplacer. Faire droite avec la croix n’était pas se déplacer à droite, mais tourner à droite pour pouvoir ensuite en faisant haut s’y avancer. Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître…et tant mieux d’ailleurs ! Quand on pense qu’à l’époque on trouvait cela normal cette jouabilité dites ‘du Tank’.

Parfois emprunter une simple porte – surtout celles à peine plus large que John – est une gageure et il faut s’y reprendre à 3 ou 4 fois pour bien s’engager dans le passage. Heureusement pour lui, notre bon vieux flic possède dans sa panoplie de mouvements pas-de-côtés et roulades qui lui permettent de se mouvoir en un clin d’œil sur ses flancs, ce qui lui sauvera la mise à maintes reprises.

Dernière précision, bien que le lieu et le personnage soient respectés, n’espérez pas voir une quelconque référence au scénario du film, pas même ténue (OK on croise le fourgon et l’ambulance dans le sous-sol, mais c’est bien tout). Et rien non plus dans la mise en scène, par exemple le dernier étage seulement occupé par Hans Gruber et un seul otage qui serait Holly. Rien de tout cela. Le dernier niveau s’achève sans fioritures et sans boss particulier.


« C’EST PAS LA FÊTE DE LA ST-JEAN, MAIS C’EST PAS GRAVE !»

Washington DC. L’aéroport de Dulles. Des terroristes prennent d’assaut le bâtiment et commettent un carnage parmi les nombreux voyageurs. Mais manque de bol pour eux, l’agent de police John McClane à vu de la lumière et s’est invité à la fête. Du hall principal jusqu’au ciel de la capitale, il fera vivre un enfer à ses empêcheurs d’atterrir en rond.

Changement de perspective avec ce deuxième tiers qui n’est rien d’autre qu’un bon vieux Rail-Shooter des familles. Et bien entendu totalement compatible avec les ‘Guns’ consoles de l’époque. Toutefois il est tout à fait possible de parcourir à la manette les 8 niveaux qui composent cette partie. Et même avec cet handicap certain, Die Harder reste le plus maniable des trois jeux, et de loin !

La trame suit de manière assez sommaire le film mais c’est avec plaisir que l’on parcourt les endroits emblématiques du métrage de Renny Harlin. Le hall de l’airport, l’annexe en travaux, le cargo militaire, l’église… Tout autant de lieux que l’on traverse en bombardant l’écran comme un dératé pour ne pas laisser filer le moindre nuisible.

Seul le dernier niveau, avec son ambiance assez lunaire, peut déstabilisé. On vole près d’un avion autour duquel virevoltent des hélicoptères rouges (les méchants) et des hélicoptères bleus (la police). Les fans qui connaissent le film par cœur se disent qu’il s’agit du Boeing des terroristes qui tentent de s’échapper et en toute logique tirent donc abondamment sur la carlingue de l’appareil. Sauf qu’en vérité il faut empêcher les hélicos rouges de l’assaillir afin que le 747 bien innocent puisse atterrir en paix. Oups…

On profite de la belle réussite de ce second segment sur lequel il n’y a rien de particulier à signaler en dehors de ses qualités pour revenir sur un des points forts de cette trilogie : sa musique. Dynamique et entraînante elle accompagne l’action de la plus belle manière qui soit et reste agréablement en tête une fois la manette posée. Une bande originale comme on les aime, à la fois simple et efficace.


« LE PLUS RAPIDE POUR ALLER VERS LE SUD C’EST PAS LA NEUVIÈME, C’EST PAR CENTRAL PARK …»

New York. Manhattan. Des terroristes on placé des centaines de bombes à travers la ville. Mais pas de veine, l’inspecteur McClane était dans le coin, chez son serrurier. Il parcourra alors pied au plancher toute l’île pour désamorcer à la dure les engins explosifs. De Harlem à Wall Street en passant par Chinatown il ne reculera devant rien pour empêcher Big Apple d’être réduite en cendres.

Bon. Die Hard with a Vengeance. Basiquement un jeu de courses à checkpoint dans un décor urbain. L’idée est cool. La mise en œuvre est désastreuse. Rien ne va dans ce dernier tiers. Mais vraiment rien ! La jouabilité tout d’abord qui n’est rien de moins qu’ignoble et qui se paye le luxe de ne pas réagir à maintes reprises (la voiture qui refuse de démarrer alors qu’on martèle la touche d’accélération par exemple).

Ensuite les bugs de collision, tellement qu’on pourrait en écrire un dictionnaire en 10 volumes. Le paradoxe étant que dans les niveaux qui sont censé être les plus tortueux (Central Park et ses nombreux arbres) les obstacles sont en fait dématérialisés. C’est donc bien les stages en pleine ville qui se révèlent cauchemardesques entre les coins d’immeubles qui prennent en traître et la circulation qui rend fou.

Sans parler des bouchons dans lesquels vous vous retrouvez coincé comme un gland sans parvenir à en sortir. Il arrive même parfois que les véhicules ennemis se prennent les pieds dans le tapis et se retrouvent bloqués dans un élément de décor ou dans le trafic routier. Pour dire jusqu’où vont les soucis de conception dans ce dernier segment.

À force de persévérance, de continues et de crise de nerfs on parvient tout de même à avancer, étape par étape. Outre les « bombes-checkpoint » et les épreuves de courses dans des tunnels, on trouve les phases de « voitures piégées », de loin les épreuves les plus balèzes du lot. Car en plus du timer déjà bien stressant, il faut courser le dit véhicule explosif et lui défoncer la carrosserie avant le grand ‘‘Boom’’. Et tout cela en évitant les myriades de pièges – intentionnels ou non – des environnements ! De quoi devenir dingue !

Heureusement une boussole indiquant à tout instant la direction de l’objectif parvient à nous aiguiller quelque peu dans ces tortueux niveaux.

Le dernier stage quant à lui nous voit affronter un hélicoptère sur lequel il faut sauter via des tremplins ou des icônes de saut tout en réalisant sans la moindre erreur un parcours d’obstacle. Vaut mieux avoir une sacrée dose de patience et de dextérité pour en voir le bout, autant vous prévenir.

On peut donc distinguer trois styles de niveaux différents: les cartes semi-ouvertes qui constitue le gros des 16 niveaux, les couloirs (le métro, l’aqueduc…) et le boss de fin. Mais vraiment on insiste, cette section est absolument injouable et même sans ce satané chronomètre elle se révélerait une épreuve pour les nerfs. Alors avec…

Un dernier mot au sujet des graphismes de cette Die Hard Trilogy. Ils ont certes prit un sacré coup de vieux mais ne sont pas déplaisant pour autant. À condition d’avoir une certaine tolérance pour les bouillies de pixels. Reste que le plus important est de retrouver l’ambiance des chefs-d’œuvre de John McTiernan, et c’est déjà pas mal ! Yippee-Ki-Yay comme dirait Roy Rogers…

AVIS DE LA REDAC

Constitué de trois parties distinctes très inégales allant du très bon à l’injouable, Die Hard Trilogy reste une expérience intéressante dans son approche. L’ensemble est cependant plombé par une maniabilité extrêmement lourde comme rarement on à pu le voir. Seule la seconde section échappe à cet écueil et livre un rail-shooter correct qui s’avère malheureusement trop court.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
72
%
Graphisme
60
%
Animation
58
%
Maniabilité
45
%
Intérêt
67
%
Son
72
%
Graphisme
60
%
Animation
58
%
Maniabilité
45
%
Intérêt
67
%
LES PLUS
  • On peut jouer à une trilogie culte !
  • Trois gameplay différents sur une seule galette
  • De l'action non-stop
  • Une bande-son dans le ton
LES MOINS
  • Une maniabilité revêche
  • Des graphismes qui piquent les yeux
60
%
CA PASSE BIEN

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