Sur Mega Force, il aurait été difficile de ne pas parler des films Sonic. Et donc par extension de la série spin off centrée sur Knuckles, le compagnon revêche du hérisson bleu aux baskets rouges. C’est donc la tâche à laquelle nous allons nous atteler après un visionnage en bonne et due forme des six épisodes disponibles sur Paramount+ depuis le 27 avril 2024. Accrochez vous, car ça va dépoter !
SONIC & KNUCKLES. Enfin, surtout Knuckles…
Peu de temps après les événements du deuxième film. Sonic, Tails et Knuckles ont trouvé refuge chez Tom et Maddie Wachowski. Et on ne peut pas dire que la cohabitation soit des plus apaisée. Surtout en ce qui concerne le petit bonhomme rouge qui en tant que grand guerrier a du mal à s’accommoder d’une vie simple dans un patelin minuscule du Montana. C’est qu’il a besoin de défi, c’est qu’il a besoin d’un objectif, c’est qu’il a besoin d’un but à atteindre. L’oisiveté, ce n’est pas son truc.
Après quelques tergiversations, c’est finalement avec Wade Whipple (Adam Pally, déjà présent dans les films), l’adjoint pataud du shériff, que l’échidné va trouver une nouvelle raison d’être : faire de lui son apprenti afin qu’il puisse remporter une grande bataille. À savoir la finale inter-états de bowling qui aura lieu à Reno, Nevada, d’ici quelques jours…
Pour préciser d’où on parle, votre serviteur n’a pas grandement apprécié les deux métrages cinématographiques, sortes de bouffonneries infantiles partant dans tous les sens et plombés par des personnages humains qui n’ont strictement rien à faire là (la belle-sœur en particulier…). Les attentes pour la série sur Knuckles n’étaient donc pas très élevées. Et même là, le résultat final se révèle plus mauvais qu’attendu. Mais alors vraiment, vraiment plus mauvais.
C’est bien simple, rien ne fonctionne et tout, absolument tout est fait de travers. Aucune cohésion globale ne se dégage de cette immense foirade et on prendra pour preuve la construction des épisodes qui varie de l’un à l’autre.
Celui-ci a une scène d’intro pré-générique, celui-ci non. Le clip de fin inaugural devient le susdit générique à partir du deuxième chapitre. Tel autre possède une scène post-générique parce que… bah parce que pourquoi pas ! Tout cela traduit une production foutraque qui ne savait pas trop où elle allait.
Mais s’il n’y avait que cela…
Le plus désolant quand on regarde la série Knuckles, c’est son humour. Ou plus exactement sa tentative d’humour. C’est tout simplement minable, indigne du pire des clowns qui tenterait un retour en fin de carrière. Et le cabotinage permanent de l’ensemble du casting ne fait que renforcer ce sentiment de gêne que l’on éprouve devant l’ensemble des épisodes.
WADE, SA FAMILLE, SES AMIS…
Le personnage étendard de cela, c’est bien entendu Wade, le compagnon de route de Knuckles – parce qui oui on ne l’a pas précisé mais le show prend la forme d’un Road-Trip initiatique – qui atteint des sommets de crétinerie et de niaiserie qui confine à du mauvais génie. On souffle de dépit à chacune des interventions de cet adjoint lourdaud qui a de plus le mauvais goût d’en faire des caisses.
Mais alors que dire du reste de sa famille. Si la mère Wendy ne s’en sort pas trop mal dû à l’immense talent de son interprète Stockard Channing (éternelle First Lady de The West Wing), du côté de la frangine c’est un truc de dingue. Mais alors vraiment. Faut le voir pour le croire tellement là on est au-dessus du soleil en ce qui concerne le n’importe nawak absolu. Absolument insupportable, complètement débile, sans cesse vindicative, Edi Patterson joue à fond la carte de la peste absolue.
On tente encore de comprendre la scène du coup de fourchette, et en dehors de conclure qu’elle souffre d’un grave problème psychologique assez évident on ne voit pas d’autres explications plausibles. Et pourtant elle fait partie selon ses dires du FBI. Et nous autres, pauvres spectateurs égarés, on est censé croire que cette demeurée qui à le culot de se croire supérieure aux autres a réussi un quelconque concours pour entrer dans les forces de l’ordre ? Non mais franchement, chers scénaristes hollywoodiens, respectez-nous un minimum au moins…
Nous passerons rapidement sur le père car trop parler de lui dévoilerait l’intrigue et celle-ci est tellement mince qu’en dire peu c’est déjà en dire beaucoup mais vraiment lui aussi est lamentable de caricature et de surjeu (et faut voir son costume, tout en subtilité).
Il faut aussi parler des antagonistes, qui ne s’en sortent pas mieux. Tout d’abord les deux imbéciles arrogants de l’agence secrète G.U.N. (la même qui détient un certain Shadow), les agents Mason et Willoughby. Traîtres à leur cause, ils ont pour mission de capturer Knuckles afin de le livrer à un méchant tellement survolé et avec si peu de profondeur qu’il n’est connu uniquement que sous le nom de « l’acheteur ».
Les motivations de ce dernier sont vaguement esquissées mais il n’est qu’un « méchant de fonction », n’ayant pas la moindre nuance. Le combat final entre lui et le héros se terminera de manière un peu abrupte et surtout sans que cela n’entraîne la moindre conséquence, malgré les nombreux dégâts causés en ville. Une incohérence parmi les nombreuses autres (on pense notamment au pouce de la sœur… on vous laisse découvrir).
Un mot enfin sur les « amis » de Wade : la petite Susie et Jack «le Scorpion» Sinclair. La première est une adversaire de bowling de huit ans qui deviendra partenaire de jeu lors de la finale et le second un chasseur de tête – lui aussi joueur de bowling et ancien coéquipier de Wade – qui n’hésitera pas à capturer son ancien camarade pour de l’argent. Interprété par un Julian Barratt en roue libre, on ne le voit que dans deux épisodes mais il marque de manière indélébile son passage. Pour de mauvaises raisons certes, mais on se souviendra de lui…
La totalité de ces personnages sont mauvais, mal écrits et agissent sans raison ni sens. Encore une fois on insiste sur le fait qu’ils sont censés être « drôles » mais tout est tellement à côté de la plaque (en termes d’écriture et de jeu) qu’ils en deviennent justes aberrant de sottises. On est au niveau des comédies pour enfants en bas âge, et parmi la catégorie la moins flatteuse dans un genre déjà pas très glorieux.
UNE RÉALISATION AU POIL
Les différents dialogues sont consternants de médiocrité et les séquences d’introspection voire dramatique ne fonctionnent pas, les situations décrites étant tellement ridicules qu’elles prêtent plus à rire qu’à s’émouvoir. Sans parler du jeu d’acteur aux fraises. Dès que la série tente une scène d’émotion elle est donc de fait plus gênante qu’autre chose…
Malgré tout, la réalisation se maintient et offre un spectacle certes pas révolutionnaire mais qui fait le café. On y trouve même diverses séquences qui parviennent à dégager un semblant de quelque chose, comme les scènes finales de l’épisode 4 ou bien l’extinction des bougies (plan final épisode 3). Il faut aussi prendre en compte le fait que la conception des plans doit se penser en fonction d’un personnage principal qui n’existe pas et qu’il faudra intégrer par la suite.
Ce qui nous emmène directement au SEUL point positif de la série : Knuckles. Alors pas en ce qui concerne son intrigue ou ses dialogues mais en termes d’effets spéciaux. Knuckles est réussi à la perfection et il n’y a rien à dire sur la création et l’intégration de l’échidné sur chacun de ses plans. En contrepoint de cela, le reste des FX ne sont pas très développés malheureusement. Certains fonds verts sont plus que discernables et d’autres visuels laissent également à désirer. Ce n’est toutefois pas non plus catastrophique et d’une manière générale il n’y a rien de complètement irregardable.
Nous vous partageons ensuite cette petite vidéo pour vous montrer des extraits mais nous vous invitons à être plus particulièrement attentif à la scène de conduite ayant lieu à 4 minutes 09 secondes, qui résume parfaitement la nonchalance globale. Dans la droite lignée d’un Leslie Nielsen de la grande époque, nous voyons une route en arrière-plan clairement tourner tandis que le conducteur maintient tout aussi clairement le volant dans la même position. Alors soit c’est délibéré pour accentuer le côté humoristique et farfelu de l’ensemble soit nous avons affaire là à une véritable débâcle et un « je-m’en-foutisme » exacerbé.
Pour terminer sur une note un peu positive, sachez que Sonic n’est pas doublé ici par Malik Bentalha mais par Alexandre Gillet, sa voix vidéoludique officielle. Une chose qui nous le pensons ravira pas mal de monde. La mascotte de Sega n’apparaît cependant que dans le premier épisode et le comédien de doublage français ne devrait pas reprendre le rôle dans le film Sonic 3, afin que l’humoriste puisse retrouver sa place.










