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TEST : Pocahontas – Beau comme un Disney

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Tous les joueurs connaissent les grands noms des jeux Disney des années 90. Qu’il s’agisse d’Aladdin ou du Roi Lion, sans oublier les « Illusion’s » mettant en vedette la célèbre souris, mascotte de la société. Mais beaucoup moins connu est Pocahontas, l’adaptation vidéoludique du dessin animé de 1995. Sorti sur Megadrive et Game Boy, c’est sur la version Sega que nous allons nous pencher aujourd’hui.

SYMBIOSE

An 1607 en Amérique. Pocahontas, fille d’un chef Powhatan apprend que ce dernier souhaite la marier à un homme de la tribu sans vraiment lui demander son avis. Triste et décontenancée elle part demander conseil auprès de Grand-Mère Feuillage, l’esprit bienveillant de la forêt. C’est là qu’elle aperçoit au loin un imposant voilier, remontant le fleuve depuis la côte. Curieuse et sans doute trop téméraire elle cherche à en savoir plus : qui peuvent bien être ces étrangers venus saccager son territoire ?

On débute notre parcours en prenant le contrôle de la belle mais dès le départ un carton nous prévient de ce qui sera la plus grande particularité du jeu: on peut passer à n’importe quel moment de Pocahontas à Meeko, son raton laveur gaffeur et intrépide qui lui sert d’animal de compagnie, par une simple pression sur la touche C. Et cela quel que soit l’endroit où vous aurez laissé votre compagnon de route à l’intérieur du niveau.

Concrètement cela ne sera pas complètement possible car la collaboration entre nos deux héros sera indispensable pour pouvoir avancer dans nos pérégrinations et cela redécoupera par conséquent les dits niveaux en sous-section (bien que dans la même continuité de level-design). Notre duo progresse donc par étapes, en fonction des obstacles rencontrés.

Poca (notre affectueux surnom pour la courageuse indienne) pourra sauter, nager et gravir des plateformes là où la bestiole à fourrure aura la possibilité de son côté de se faufiler dans les terriers et de grimper aux arbres (ainsi que de récolter des fruits pour obtenir de bons scores, mais ça ne sert à rien – à part obtenir de bons scores)Tous deux peuvent pousser des objets et la brune aux cheveux ondoyants soulèvera parfois Meeko afin d’atteindre des endroits inaccessibles pour lui sans l’aide de sa maîtresse. Et c’est seulement en se servant des avantages de l’un et de l’autre que l’on parviendra à atteindre la fin du niveau.

L’autre particularité de Pocahontas vient dans la capacité de la demoiselle du Nouveau-Monde à gagner des compétences au fur et à mesure qu’elle viendra en aide aux animaux du coin. Par exemple elle ne saura pas nager avant d’avoir aidé ce couple de loutres à se réunir (de là elle pourra nager et retenir sa respiration… indéfiniment ! Bien pratique). Elle sera amenée à croiser sur son chemin entre autres un cerf, un ours, un banc de poissons ou divers oiseaux qui lui fourniront à chaque épreuve remportée un Totem lui procurant une nouvelle aptitude permanente.

Importante précision : nous sommes ici en présence d’un jeu de plateforme mais nullement d’un jeu d’action. Il s’agira en effet plus d’énigmes à décoder et à résoudre tout du long. D’ailleurs il n’y a aucun ennemi avant le troisième niveau et notre héroïne ne pourra mourir qu’en chutant dans les ‘puits sans fond’. Meeko lui ne peut trépasser quoiqu’il advienne (il nage jusqu’à la rive la plus proche ou bien se fait «héliporter» par le colibri en cas de mauvaise chute).

ÉLÉMENT PERTURBATEUR

L’aventure s’arpente sans grande difficulté outre mesure. Du moins jusqu’à la moitié du jeu, et pour être encore plus précis, jusqu’à l’arrivée à la cascade. La phase de saut qu’on y trouve et qui ne dure pourtant que le temps de quelques rochers a le don d’agacer mais ce n’est rien face à l’épreuve du loup qui s’en suit juste après. Ludiquement il s’agit de traverser une zone assez rapidement avant que le Canis Lupus ne parvienne au bout du parcours. Une course, quoi.

Des sauts, de la grimpette, de l’accrobranche… bien que la séquence soit relativement rapide, elle ne pardonne aucune erreur. La moindre d’entre elles entraîne une chute mortelle et donc une fin de partie, et donc un rechargement bien plus tôt dans le périple nécessitant de refaire moult actions avant de pouvoir retenter sa chance contre le canidé sauvage. Une séquence à s’arracher le scalp.

Car au-delà de ce système de sauvegarde archaïque – compréhensible pour l’époque – il y a surtout la lourdeur du déplacement de l’amérindienneHoulalaa! La dextérité ne fait clairement pas partie de ses nombreuses qualités. À dire vrai elle est plutôt agile, c’est plus dans la fluidité de ses mouvements que ça pêche.

Devoir enchaîner course, saut puis escalade est loin d’être évident. Il faut bien décomposer les mouvements et leurs manipulations affiliées. D’où la difficulté de l’épreuve du loup dont on parle plus haut.

Se déplacer sous l’eau est également peu satisfaisant puisqu’en vérité on ne comprend pas trop le fonctionnement. On se contente de forcer comme un bœuf sur la croix dans la direction où l’on souhaite aller tout en martelant les boutons, sans trop savoir si cela sert ou pas à quelque chose.

Un temps d’apprentissage est aussi indispensable pour bien saisir toute la palette de mouvement de notre protagoniste, et ce d’autant plus qu’elle en acquiert de nouveaux tout du long de son périple !

NOUVEAU MONDE

D’un point de vue visuel, clairement ça se défend. Et plutôt bien même ! Les environnements boisés sont beaux avec une palette de couleurs vraiment attrayante. Les animations sont de très bonne qualité même si comme déjà dit il y a un petit problème de saccade quand il s’agit d’enchaîner plusieurs d’entre elles.

Du côté sonore c’est déjà beaucoup plus mitigé : les sons sont assez sommaires et la musique bien qu’inspirée de certains airs du film reste entêtante dans le mauvais sens du terme. Ces ritournelles qui tournent en boucle vont vite vous soûler on vous le garantit.

Les rares séquences ‘cinématiques’ n’utiliseront pas du tout les images du métrage d’animation mais garderont cependant l’essence et l’esprit de ses scènes de fort belle manière.

Passons maintenant au point qui fera polémique, la durée de vie. Pocahontas le jeu vidéo sur Megadrive n’est constitué en tout et pour tout que de quatre niveaux. Oui oui, pas un de plus ! Et encore, le quatrième ne sera en fait qu’une course chronométrée où vous devrez utiliser à bon escient toutes les capacités apprises au cours des trois précédents chapitres. Il dure grosso modo deux minutes et il ne nous a fallut pas plus de trois essais pour en voir le bout.

Donc en fait c’est « trois véritables niveaux + un final très rapide ». Et sans aucun boss. Et quasiment pas d’ennemis (on va dire une dizaine répartie entre les stages 3 et 4, armés de tromblon qui ‘one-shot’).

Et pourtant cela ne représente en rien de notre point de vue un défaut, bien au contraire ! Ce Pocahontas nous fournit expérience vidéoludique aussi courte que dense, avec un esprit de synthèse qui ne rallonge pas artificiellement la durée du récit. On est aux antipodes des jeux en monde ouvert avec un milliard de quêtes annexes dans tous les sens.

Cette aventure indienne de quelques heures correspond donc parfaitement aux joueurs souhaitant investir un minimum de temps dans ce médium actuellement. Mais on peut aisément comprendre que cela ne satisfasse pas tout le monde…

AVIS DE LA REDAC

Très joli et proposant une aventure plaisante avec le concept de l’héroïne assisté de son familier, il ne faut pas pour autant y voir un ‘indispensable du jeu vidéo’. Fort sympathique malgré les phases de la cascade suivie de celle du loup un peu plus revêche, il demeure surtout une belle trouvaille pour les fans de l’animation de Disney. Au-delà de ça, cette épopée aussi courte que bienveillante saura ravir les joueurs en quête de calme et de beauté simple. Une belle découverte.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
58
%
Graphisme
88
%
Animation
85
%
Maniabilité
72
%
Interet
67
%
Son
58
%
Graphisme
88
%
Animation
85
%
Maniabilité
72
%
Interet
67
%
LES PLUS
  • Très beau et enchanteur
  • L'idée du duo Pocahontas/Meeko
  • L'obtention des pouvoirs tout du long
LES MOINS
  • Une rudesse dans l'enchaînement des mouvements
  • Les plateformes mal intégrées au décor
  • Trop court (ou pas ?)
74
%
CA PASSE BIEN

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