Bad boys, bad boys
Whatcha gonna do?
Whatcha gonna do when they come for you?
Bad boys, bad boys
Whatcha gonna do?
Whatcha gonna do when they come for you?Bad Boys, bad boys
Nanana nanana Nana
Bad Boys, bad boys
Nana nanana…Bon ok, donc vous ne connaissez toujours pas les paroles. On vous pardonne. Personne ne les connait de toute façon. Pas même Martin Lawrence, star de la franchise cinématographique éponyme. Passons cela.
Nous voilà donc devant le quatrième film du duo de flics de Floride, une saga revenue sur le devant de la scène après plus de 15 ans de pause. Retour gagnant donc en 2020 avec Bad Boys For Life, alors que sur le papier le projet ne partait pas forcément gagnant (en toute confidentialité, on vous suggère un lien qui vous amène tout droit à une review complète de la trilogie – et de la série ! – écrite par votre serviteur en d’autres temps et en d’autres lieux…). Mais qu’en est-il de Ride or Die, ce nouveau volet à la sauce 2024 ? Réponse dans cet article.
DEUX FLICS A MIAMI
Alors que Mike Lowrey s’apprête à franchir une étape importante dans sa vie personnelle surgit une enquête sur les possibles malversations du capitaine Howard. Ses deux protégés ne peuvent laisser passer un tel affront sur leur ancien mentor et décide donc de tirer cette affaire au clair, mettant au jour une filière de trafic de drogue qui semble monter bien haut dans la hiérarchie huppée de Miami.
Ayant secoué le mauvais cocotier, les deux compères sont très vite mis en difficulté et se retrouvent à devoir fuir car désormais en tête de liste des hommes les plus recherchés du pays. Mais dans cette quête pour la vérité ils pourront toujours compter sur leurs alliés au sein des forces des stups ainsi que sur Armando, le fils de Mike toujours sur la voie de la rédemption…
Et c’est donc ainsi que l’on retrouve nos deux acteurs – bien entendu Will Smith et Martin Lawrence – pour une nouvelle aventure aux côtés de Mike Lowrey et Marcus Burnett, toujours dirigé par le tandem de réalisateurs belges Adil El Arbi et Bilall Fallah (les mêmes derrière le fameux film Batgirl dont Warner a annulé la sortie en salle alors que le projet en était à ses derniers ajustements d’effets spéciaux…).
Comme dans le volet précédent, les metteurs en scène font du très bon boulot en s’imprégnant du travail de Michael Bay sur les premiers films sans tomber – heureusement – dans ses travers superfétatoires. En résulte un métrage enlevé, plein d’action et d’humour, sachant doser avec habileté ses moments de tensions et de légèreté.
Pour ce qui est du reste du casting, on retrouve en grande partie l’équipe du précédent opus auquel s’ajoute la présence remarquée de Rhea Seahorn – éternelle comparse de Saul Goodman – dans un rôle tertiaire qui a toutefois son importance. Ioan Gruffudd, ex-Red Richards dans les métrages 4 Fantastiques de Tim Story est également de la distribution. Du côté du méchant on découvre un Eric Danes qui certes s’impose à l’écran mais reste un vilain-pas-beau un peu caricatural et sans relief. Il fait toutefois son office.
On notera un changement de visage pour ce qui est de la femme de Marcus, dont le rôle est désormais dévolu à Tasha Smith alors que c’était précédemment Theresa Randle qui l’interprétait (avec un capital sympathie plus élevé). On retrouve également le ‘géant’ John Salley pour une nouvelle apparition en tant que Fletcher, mais ce sera selon toute vraisemblance la dernière fois (fort dommage…).
SOUS LES SUNLIGHTS DES TROPIQUES
L’un des aspects intéressants de la saga Bad Boys, c’est le contraste apporté par ses co-vedettes. Là où Will Smith va plutôt être dans le drama et la causticité, Martin Lawrence lui va plutôt être dans la surenchère d’humour gras et loufoque. Rien de bien nouveau, c’est le schéma classique du Clown Blanc et l’Auguste. Mais c’est une formule qui perdure car elle a fait ses preuves au fil du temps.
Martin Lawrence joue donc une fois de plus le bouffon infatigable qui frise parfois avec les limites du bon goût (on est loin cependant des outrances de Bad Boys II qui seraient tout bonnement infaisables aujourd’hui). Malgré son caractère volubile et ses hilarantes réparties, il reste d’une certaine manière le plus sage des deux, en tout cas le plus pragmatique sur le long terme et le plus mature sur ce qui est des sentiments et des relations humaines. Il est aussi le plus spirituel du groupe et il croit sincèrement aux forces de l’esprit et aux mystères de l’au-delà, là où Mike est bien plus cartésien.
Mike justement qui avec l’âge et ses nouvelles responsabilités familiales prend conscience tout d’un coup qu’il a désormais beaucoup à perdre. Et que l’homme d’action d’autrefois va s’en doute devoir apprendre à se ménager et à calmer ses ardeurs s’il ne veut pas mettre en danger ses proches. Remettant en question ses méthodes bien trop souvent expéditives, la crainte semble vouloir prendre le dessus sur sa témérité légendaire. Ce sera là la nouvelle épreuve que devra traverser notre héros lors de cette enquête.
Celle-ci et une autre, qui consistera à se rapprocher de son fils déjà bien grand Armando. On ne reviendra pas sur les événements de «For Life» qui font que cette relation est passablement un peu compliquée à mettre en place (aussi bien avec Mike qu’avec les autres membres de la team) mais le mexicain semble bien plus apaisé et prêt à se racheter, même si la route pour ce faire sera longue et semée d’embûches. Lowrey Junior aura droit lui aussi à ses moments de bravoures, qui seront bien plus violent et cinglant que pour les deux vieux ringards qui l’accompagnent.
On se doit également de mettre en avant la séquence de l’attaque chez les Burnett où un personnage secondaire culte va se révéler et mettre tout le monde d’accord. Une scène brut de décoffrage qui fait dire à certains que la suite de la franchise – ou un spin off – pourrait mettre en avant cette révélation en Team Up avec Armando, pour une hypothétique aventure pleine d’action débridée et de fusillades qui déboîtent… L’idée n’est pas mauvaise…
La dernière vedette mise en avant dans la saga, c’est bien sûr la ville de Miami elle-même. Superbement mise en valeur , on l’admire dans l’ensemble des films sous ses meilleurs atours. Immeubles d’un blanc immaculé, rues propres sans un seul embouteillage, ciel d’un bleu azur, nuits fiévreuses sous des néons multicolores, eaux limpides…
Un véritable catalogue de la Jet-Set de Floride. Une image d’Épinal bien loin de représenter la vie interlope des ruelles malfamées de la cité. Mais nous ne sommes pas là pour ça et la photographie lumineuse qui nous en met plein les mirettes tout du long est clairement là pour nous vendre du rêve. C’est de quel côté la Floride déjà ?
CROCODILE DUNDEE
Parmi les passages marquants, on trouve la course poursuite dans un van en feu qui mettra bien en difficulté nos héros, le crash de l’avion et surtout la rencontre avec Duke, un balèze de chez balèze qu’il vaut mieux éviter de se mettre à dos.
Ces séquences pétaradantes au possible sont certes bien moins « éclatées au sol » que sous la direction du fantasque Mr Bay, une absence de surenchère qui leur permet en échange de gagner en compréhension. On trouve quand même de belles idées de mise en scène qui pour les détracteurs feront sans doute un peu trop « Jeu Vidéo » mais cela permet de pleinement s’immerger dans l’action lors de l’assaut final contre la base des méchants.
Et comme relevé plus haut, certains passages de combat au corps-à-corps font vraiment mal car franchement brutaux. Armando sait clairement encaisser les coups…
Autre point que la production gère de fort belle manière: les caméos. Parfois attendus, parfois surprenants, toujours placés pile poil au bon moment sans en faire des tonnes… On ne peut s’empêcher de sourire à chacune des apparitions surprises de ses invités d’un plan. Très cool à voir et bien amené à chaque fois.
Parmi les rares reproches que l’on pourrait associer à ce quatrième Bad Boys, une scène finale un peu hors sujet qui oui reste sympathique mais n’offre pas non plus une conclusion des plus satisfaisantes. À tel point qu’on pourrait plus la considérer comme une scène bonus que comme un véritable point final. Un comble et une tare de l’époque.
Puis surtout il y a cette fameuse tentative un peu loupée d’apporter de la psychologie aux personnages. Non pas qu’il n’y en eût pas auparavant mais là c’est de toute évidence une notion qui essaye d’être creusée, sans grande réussite toutefois. Cela ne dessert pas le métrage fort heureusement et on pourrait même y voir une forme de prise de conscience que le temps passe pour nos vieux briscards, Martin Lawrence s’approchant de la soixantaine et Will Smith ayant tout de même 55 ans.
Il est peut-être venu le temps de s’assagir et de passer la main à la nouvelle génération. Mais bon, pas tout de suite non plus hein, et certainement pas à la sauvette. Si les Bad Boys doivent quitter la scène, ce sera avec Pertes et Fracas, leurs fidèles acolytes qui les suivent à la trace depuis 1995 !







