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Critique Cinoche : Le Flic de Beverly Hills: Axel F – Un comeback plein de panache

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Après « Le Flic de Beverly Hills » (1984), après « Le Flic de Beverly Hills 2 » (1987), après « Le Flic de Beverly Hills 3 » (1994) et après le pilote de série non-retenu (2013), voici venir « Le Flic de Beverly Hills : Axel F » en cette bonne vieille année 2024.

Disponible sur la plateforme Netflix, ce revival entre trip nostalgique et suite d’une trilogie culte reste un grand risque pour le leader du streaming car immense est le risque de voir se planter un tel projet. D’ailleurs la gestation du métrage aura été plutôt fastidieuse, ayant connue plusieurs fois le point mort avant de repartir de plus belle. Mais tout vient à point à qui sait attendre et ce fut donc cette fois-ci la bonne.

Que vaut le retour d’Eddie Murphy dans son rôle iconique du flic gouailleur en ces temps bien différents des eighties ? Suivez-nous dans le quartier le plus huppé de la planète pour connaître la réponse…

30 ans après avoir quitté Axel Foley à WonderWorld, on retrouve notre bon flic de Détroit en train d’officier dans sa ville en faillite du Michigan, toujours à poursuivre les pires gangsters de ce coin d’Amérique.
A l’autre bout du pays, à Los Angeles, Jane Saunders, avocate de son état, est gravement menacée par des inconnus qui ne souhaitent pas la voir poursuivre la défense d’un repris de justice peut-être pas aussi coupable qu’on veut bien le faire croire. Or, il se trouve que la demoiselle n’est nulle autre que la fille de l’agent Foley, et que ce dernier, prévenu par son vieil ami Rosewood, débarque aussi vite qu’il le peut pour venir prêter main-forte à sa progéniture.

Mais Axel ne se doute pas du sac de nœuds dans lequel il met les pieds, et pour enfoncer le clou Jane refuse catégoriquement de lui adresser la parole…

Quand on commence le visionnage de ce « Flic de Beverly Hills 4 », on se demande vraiment sur quoi on va tomber. Car on aura beau dire, le cinéma des années 80 reste bien différent de celui de 2024on ne chipotera pas ici et maintenant sur le fait que ce n’est pas un « vrai » film de cinéma car justement il ne sort pas au cinéma, ce n’est pas le sujet du jour.

Et c’est donc avec un certain plaisir que l’on découvre un métrage respectueux de ses œuvres sources, cherchant à moderniser la saga sans non plus la déconstruire. Honnêtement venant de Netflix, on s’attendait clairement à une relecture « pour public moderne », avec force inclusion et autre diversités de genre à tous les étages. Et il faut admettre que ce n’est pas du tout le cas, pour le plus grand bonheur de tous.

Pourtant, alors que l’on retrouve une bonne partie du casting de l’époque, de nouvelles têtes font également leur apparition, et pas des moindres. On commencera par Kevin Bacon interprétant un flic présomptueux, plus apte à côtoyer les cols blancs de la mairie que les petites frappes des rues. Assez étonnant de le voir là mais il campe son rôle avec un délice presque palpable.

Autre surprise, Joseph Gordon-Levitt qui lui aussi s’invite à la distribution. Également policier, il reste toutefois peu sûr de lui-même et plus apte à donner des leçons de psychologie qu’à se confronter aux rudesses de son métier sur le terrain.

Et enfin Taylour Page dans la peau de la fille d’Eddie Murphy. Aussi obstinée que son père et aussi débrouillarde quand il s’agit de se démêler d’une situation épineuse. Elle entretient pourtant une relation houleuse avec son paternel en visite, qui a laissé partir mère et fille il y a bien longtemps sans tenter de les retenir.

Mais que serait la licence sans le fameux trio iconique (oui bon on passe sur le 3). Auprès d’Axel Foley reviennent donc Rosewood et Taggart (respectivement Judge Reinhold et John Ashton), qui eux aussi ont pris trois décennies dans les dents. Après une brouille entre les deux hommes de L.A., le zélé Rosewood a quitté les forces de l’ordre pour ouvrir son agence de détective privé, agence qui travaille souvent en étroite collaboration avec Maître Saunders par ailleurs.

De son côté, le bougon Taggart est lui devenu commissaire de Beverly Hills, mais cette position pourtant envieuse ne lui sied guère. Entre les flicaillons aux dents longues tel que celui incarné par Kevin Bacon et les bourdes de ses hommes dans les rues friquées du quartier, il ne sait plus où donner de la tête. Et l’énième retour du trublion de Détroit n’est pas pour arranger son ulcère.

Dernier larron à venir faire coucou, Serge. Toujours aussi fantasque et déluré, l’homme pur souche du Los Angeles excentrique va venir sans la moindre hésitation donner un coup de pouce à son vieil ami Aquel. Après avoir été vendeur dans une galerie d’art et marchand d’armes, le voilà désormais dans l’immobilier, et il donne dans le grand luxe, le bougre !

Le subtil mélange entre action et comédie et judicieusement dosé, à l’instar des deux premiers opus – là où dans le 3, encore lui, on partait un peu trop loin dans l’humour parfois à la limite de l’absurde. La séquence emblématique de cela dans ce quatrième métrage, c’est la fuite en hélicoptère qui est une fusion parfaite entre les deux genres. Une scène qui entre directement dans le panthéon de la franchise.

Assez étonnamment, Eddie Murphy sort quelques répliques assez inattendues pour un métrage Netflix sauce 2024, ce qui renforce ce sentiment très « années 80 » décomplexées. On sent que l’acteur s’amuse des limites qu’impose désormais la bien-pensance hollywoodienne, même si lui-même tombe dans certains de ces travers parfois.

Cependant il faut bien avouer que l’intrigue est somme toute assez banale et délaisse au fur et à mesure de son avancée des éléments secondaires qui disparaissent sans plus d’égard. L’accusé à tort par exemple, pourtant présenté convenablement en début de métrage mais dont on ne reverra jamais le visage. Il sera à peine évoqué dans un dialogue lors de la conclusion. Comme si en cours de tournage on avait décidé tout à coup de mettre l’emphase sur des choses bien différentes.

Autre point qui peut titiller qui là ne concernera que la version française, ce n’est plus le regretté Med Hondo et sa voix emblématique qui donne vie dans la langue de Molière à Axel Foley, mais Christophe Peyroux. Pour beaucoup, ce changement forcément nécessaire fait perdre pas mal de plaisir à voir cette nouvelle enquête de l’inspecteur railleur, mais malgré le décalage perceptible qui atténue la malice de l’acteur, le nouveau timbre de voix fait tout de même bien son office.

https://www.youtube.com/watch?v=xaDHZIfrv-4

AVIS DE LA REDAC

Le retour longtemps attendu du flic de Beverly Hills n’est certes pas un chef-d’œuvre mais on passe tout de même un très bon moment devant celui-ci, pris entre nos souvenirs de la trilogie et la joie des retrouvailles de personnages qu’on apprécie. Les nouveaux venus s’intègrent sans aucun souci et permettent d’étoffer un peu plus l’univers sans non plus alourdir l’existant. La balance entre l’action et la comédie est parfaitement dosée et le rythme est rien de moins que tambour battant. Reste que le changement de VF peut perturber et que l’intrigue n’est pas des plus développée. Mais pour une remise à niveau après trois décennies, c’est objectivement pas mal. En attendant un cinquième film ?

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • Vrai plaisir de revoir des personnages appréciés
  • Conserve l'esprit de la trilogie
  • Aussi drôle que mouvementé
LES MOINS
  • Pas une grande intrigue
  • La nouvelle voix d'Axel qui peut surprendre
84
%
OH QUE OUI !

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