Beyond Good & Evil a été testé sur PS5
Ahhh les remake, les remaster, les portages HD, on connaît la rengaine ! Veritable « dada » des éditeurs qui estiment depuis des années que le rétro doit faire son come-back (sic!), on se demande encore, à l’heure actuelle, quelle licence n’y a pas eu droit ! Bon, on n’a pas envie de chercher, mais c’est en tout cas chose faite pour le chef-d’œuvre d’Ubi Soft, sorti en 2003 sur les consoles d’époque (Xbox, PS2 et Gamecube) ainsi que sur PC.
Acclamé par la critique et les joueurs, il ne connu pourtant pas le succès commercial qu’on lui aurait voulu, forçant Ubi Soft à reculer et repousser, presque indéfiniment une suite qui n’est toujours pas sortie (peut-être l’arlésienne la plus célèbre du jeu vidéo avec Duke Nukem Forever). Ainsi, le mastodonte français veut-il prendre la température et évaluer l’aura qu’à la licence aujourd’hui auprès des joueurs ? Cette édition du premier opus donnera t’elle le « La » avant d’avoir droit à une suite ou verra t’on l’éditeur enterrer définitivement la licence ?
Face à ces suppositions, nous nous retrouvons, en 2024, à rejouer à ce titre plus qu’iconique, alors, venez avec nous, partons au-delà du bien et du mal !
Jade n’a pas tourné la Pey’j
Qui dit édition 20ème anniversaire dit « petits bonus sympas mais sans plus ». Bon, on n’en n’est pas très loin, car l’éditeur nous offre une galerie d’images, un mode « speedrun » pour les pressés de la croix directionnelle, quelques objets à « chasser » en plus, une musique réorchestrée et du 4K à 60 images par secondes.
Dans le détail, ce qui frappe le plus dans Beyond Good & Evil 20th Anniversary Edition, ce sont surtout les qualités techniques. Certes, les petits bonus flattent le vieux gamer qui peut découvrir un peu l’envers du décors de la création du jeu originel, ou lui permettent de montrer ses muscles phalangiques en sortant le meilleur temps pour le terminer.
Mais, avec un petit encart aux habitudes, commençons par la musique : tellement agréable, elle se fait discrète et se fond totalement avec le jeu, dans le jeu, englobant le joueur dans cette aventure via la volupté d’une musicalité riche qui colle parfaitement aux thèmes abordés. On sent que les développeurs ont tenu à peaufiner cet aspect du titre, pour en tirer toute la quintessence.
Car BG&E, c’est avant tout un conte d’amitié, une histoire d’amour de la nature, de son environnement, une histoire de défense d’un monde aux libertés contraintes, opprimées. Et ces thèmes, la musique les transcende tout au long de notre aventure.
Les bruitages sont par contre légèrement en deçà : ils « font le job » et les doublages sont de bonne qualité, surtout qu’il y a une bonne dose d’humour tout au long du jeu, mais rien de transcendant malheureusement. Néanmoins, toute cette partie sonore, retravaillée, est une franche réussite.
Ja-de lumières
Si l’on ne va pas revenir sur les indéniables qualités du titre (même si l’envie nous démange !), la refonte graphique, bien que n’atteignant évidemment pas un Avatar : Frontiers of Pandora ou un Hellblade 2, est très bien dosée et apporte son lot de nouveautés, toutes bienvenues. Pour un jeu de 2003 qui s’en tirait déjà étonnamment bien, la version 2024 n’est est que plus aboutie encore.
En effet, les jeux de lumière ont été revus, et mettent en évidence l’univers très riche du jeu, tout comme les changements de météo renforcent l’immersion. Passage obligé, les ombres, absentes en 2003, permettent d’étoffer le titre et lui confèrent un volume encore plus appréciable.
Au delà de ces petite touches, c’est surtout la refonte graphique des textures qui fait mouche : d’un jeu « lisse », on passe à un environnement plus organique, riche de détails, de nervures, de couleurs nouvelles, qui embellissent l’image, mettent en avant les personnages (Pey’J en est le parfait exemple) et subliment les niveaux que l’on arpente. Discrète autant que nécessaire, cette retouche concerne tous les éléments du jeu, et l’on s’en délecte. Une copie presque parfaite, car on note quand même une faiblesse au niveau du rendu de l’eau, qui ne nous a pas convaincu, tout du moins pas plus que dans la version originelle.
Jade, pierre (précieuse) angulaire du jeu
Si les qualités techniques de ce nouvel opus nous ont convaincu, que reste t’il de l’essence même du jeu : son gameplay et sa jouabilité ? Et bien, c’est (presque) parfait. Il n’y a pas d’autres mots. Pour être jusqu’au-boutiste, il est à signaler que les divers bugs n’ont pas été corrigés, notamment les bugs graphiques ou de collision, mais cela n’entrave en rien le jeu, et aucun crash n’a été à signaler sur la console (par opposition au PC, où, semble t’il, il y a des soucis avec certaines cartes graphiques).
Mais dans l’ensemble, tout fonctionne à merveille : la jouabilité est irréprochable, les variations de gameplay (marche, course, navigation, combats, infiltration, photographies…) ajoutent à l’immersion et, même si, aujourd’hui, on pourrait trouver à y redire, c’est la vue d’ensemble qu’il faut évaluer. Et en cela, le jeu propose une aventure riche et dense, dans laquelle on ne s’ennuie jamais, on découvre des choses, on fait face à des rebondissements, on s’émerveille, on s’émeut.
Alors certes, le jeu est court, (n’est pas un JRPG qui veut), ce n’est pas un monde ouvert (même s’il ne faut pas hésiter à errer ça et là pour parler à des inconnus qui vont vous donner des indices, à s’aventurer hors des sentiers battus pour découvrir animaux et objets), mais, encore une fois, c’est le monde dans son ensemble qui nous happe, et nous transporte dans cette aventure.
Car le jeu mixe ladite aventure avec une bonne dose d’action, de la conduite et des courses de véhicule, un soupçon d’infiltration, du craft, de l’exploration, de l’émotion, bref, un florilège et une variété de types de jeu qui force le respect.
Pour finir, et ayant joué à la version Xbox de 2003, il faut noter que la version actuelle prend tout son sens avec des manettes encore plus adaptées à un gameplay riche mais qui ne déborde pour autant pas de nombreuses combinaisons de touches pour effectuer nos actions.
Simple mais pas simpliste, la prise en main de BG&E est sublimée par les manettes actuelles qui collent parfaitement à ce dont nous avons besoin pour jouer au jeu dans les meilleures conditions possibles. Un portage bénéfique sur ce point là, assurément.









