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Critique Cinoche : Deadpool & Wolverine – Un duo explosif et jubilatoire

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Drôle de film auquel nous avons affaire là. Tel un parasite venant se greffer sur un autre être vivant, la licence Deadpool – autrefois détenu par la Twentieth Century Fox, racheté depuis par Disney – se rattache ici au Marvel Cinematic Universe. Enfin pas tout à fait, car avec cette astuce éculée du Multivers chacun gardera son propre univers afin que les X-Men et les Avengers restent chacun de leur côté. Du moins pour le moment.

En attendant la Grande Confrontation entre les deux équipes phares de Marvel, le mercenaire cinglé nous présente ici sa troisième aventure cinématographique et pour marquer l’événement il a un invité : rien de moins que le légendaire Wolverine ! Nul doute que la collaboration entre les deux héros va provoquer un remue-ménage du tonnerre…

Wade Wilson s’est rangé des voitures après avoir été refusé chez les Vengeurs du Marvel Cinematic Universe. Revenu dans son univers à lui (voyageant grâce à la « montre » de Cable piqué dans le deuxième métrage) il vit depuis lors une vie tranquille de vendeur de bagnoles, un job déniché grâce à son ami et désormais collègue Peter. Menant une petite vie pépère où la seule ombre au tableau vient du fait que Vanessa l’a quittée des mois plus tôt, il reçoit le soir de son anniversaire la visite surprise du TVA (l’espèce de « Police spatio-temporelle » en provenance directe de la série Loki) qui l’embarque aussi sec au QG.

Là on lui propose un deal : en tant qu’individu spécial, il a le droit de rejoindre la Terre-616 (le MCU) avant que son univers de base ne s’effondre et disparaisse. Mais hors de question pour la tête brûlée de perdre ses amis et le voilà donc parti en quête de la seule personne capable de sauver son monde : Wolverine.

Seul petit obstacle : il est mort.

Et c’est donc sur ce pitch assez foutraque que notre bon taré de Deadppol va parcourir le multivers à la recherche d’un Hugh Jackman encore vaillant pour tenir une fois de plus le rôle iconique qui le fit connaître. Et au passage croisé tout un panel de personnages issus des films Marvel Pré-MCU. Soyons précis il s’agira principalement de héros développés par la 20th Century Fox, studio désormais sous l’égide de la firme aux grandes oreilles.

Car l’avatar de Ryan Reynolds possède un énorme avantage sur ses petits camarades de la Maison aux Idées version ciné : il peut nous parler aussi bien de l’histoire de son film que de notre monde réel bien à nous. Et que l’acteur ne s’en prive pas en balançant vannes bien senties aux différents studios et piques acerbes à ses collègues de plateaux.

On apprécie d’ailleurs le fait que SEUL le mercenaire bavard a conscience de son «pouvoir» et de son délire. Les autres personnages eux sont traités de manière parfaitement sérieuse au sein de l’univers du film. Jamais un second rôle ne fait une blague méta ou un regard caméra appuyé – enfin aucun autre second rôle qui ne soit pas un autre Deadpool… mais chhuuuuut !

Le véritable cœur de ce troisième volet reste cependant cet hommage sincère à tout un pan de cinéma qui essuya jadis les plâtres avant qu’un certain Iron Man ne débarque avec une vague idée de saga connectée en 2008. Car il est là le véritable fond du film. Plus que de nous parler de cet envahissant Univers Cinématographique Merveilleux , il nous replonge dans une autre époque des adaptations des comics Marvel.

Ce vibrant témoignage du passé amène avec lui des seconds rôles pour le moins surprenant qui même si largement éventés au moment de la publication de ces lignes ne seront guère dévoilés par nos soins, au cas où un lecteur un peu moins avisé que les autres passerait par là.

On se contentera de dire que certaines de ces apparitions laissent pantois tant elles sont inattendues, allant même parfois jusqu’au « vrai-faux caméo », un concept un peu novateur faut bien le dire (voyez le film pour comprendre). Quoi qu’il en soit, on reste coi en découvrant à l’écran certains acteurs, et encore plus quand on capte le rôle qu’ils incarnent.

Ces retours posent d’ailleurs pas mal de questions sur la cohérence et la coexistence du Multivers Marvel, mais la continuité narrative n’a jamais été un grand souci pour Deadpool, qui se fiche bien de respecter une quelconque chronologie ou un historique de personnage (enfin, un peu quand même). D’ailleurs parlons du seul retour que l’on peut évoquer sans souci, à savoir Logan/Wolverine/Serval (pour les anciens ayant connu « Strange »).

Hugh Jackman rempile donc une fois de plus. Près de 25 ans après sa première incarnation du héros griffu dans le premier X-Men de Bryan Singer (2000) il faut bien avouer qu’il entre toujours parfaitement dans le costume. Il faut préciser quand même qu’il ne s’agit pas du Wolverine que l’on connaît, mais de l’un de ses variants, duquel on ne sait pas grand-chose et dont on ne saura pas grand-chose de plus. Au mieux apprenons-nous qu’il a vécu un grave trauma explicité à demi-mot qui fit de lui un paria tentant de noyer dans l’alcool ses erreurs passées.

Sa participation forcée à l’aventure du mec en rouge ne lui fait pas particulièrement plaisir, l’agace même très profondément. C’est toutefois à travers ce périple digne d’un Buddy-Movie qu’il trouvera une certaine forme de rédemption et de pardon. Sans parler d’un semblant de (nouvelle) famille…

Évoquons maintenant l’antagoniste en la personne de Cassandra Nova, incarnée par une Emma Corrin habitée. Sœur jumelle maléfique de Charles Xavier «morte» avant même sa naissance (c’est compliqué), elle est dans cette version «Live» exfiltrée dès son plus jeune âge dans cet univers ‘poubelle’ qu’est le «Vortex» – une autre idée venue de Loki, où le même endroit se nommait alors «Le Néant». Devenue l’une des maîtresses des lieux, elle est à la tête d’une petite communauté de vauriens, eux aussi expulsés de leurs univers respectifs.

Là encore on ne détaillera pas l’identité de ces-dits vauriens car une fois de plus on peut y retrouver des vieilles tronches d’anciennes sagas de la Fox. On vous laisse donc le soin de les (re)découvrir par vous-même (et c’est un petit jeu assez rigolo même si ce n’est pas forcément les mêmes acteurs qui les incarnent).

Toutes les péripéties se suivent sur un rythme haletant, les nombreuses rencontres s’émaillant au fil d’un parcours mouvementé ou aussi bien « Wolvy » que « Nid de Poule » seront poussés dans leurs derniers retranchements. On note au passage la superbe confrontation dans la voiture pour ce qui reste la scène-clé du film, celle qui met à nu les deux personnages principaux.

En dehors de cette séquence introspective, on retrouve pendant une grande partie du métrage l’humour très « Deadpoolien » qui va du graveleux au prout-prout en passant par l’absurde clownesque. On note quand même que le film est « plus sage » (tout est relatif) que les précédents épisodes dans certaines catégories de vannes (les -18) mais qu’il compense par des scènes d’action d’un gore décomplexé (la scène d’ouverture en exemple). Cela reste toutefois ‘fun’, nous ne sommes pas du tout dans le genre de l’horreur. Le Rated-R est cependant fortement justifié (PEGI 12 en France).

Ne vous attendez pas non plus à un long discours philosophique sur la condition de l’Humanité. Ce qu’on veut dire par là c’est que le scénario reste assez basique et ne contient aucune Grande Révélation ou de twist qui retourne toute la lecture de l’aventure à l’aune d’une information nouvelle. Cela reste classiquement un ‘film à étape’ certes rondement mené par le réalisateur Shawn Levy mais sans rien de plus non plus. Quelques séquences sont même assez nigaudes, on pense notamment à la grande scène de bravoure finale, assez mièvre (ce qui reste très surprenant dans la trilogie).

La musique continue sur la lancée des précédents opus, elle est donc parfaitement quelconque et complètement oubliable. Qui peut dire si Deadpool possède même un thème au travers de ses films ?
Par contre on retrouve des tubes assez improbables distillés ici ou là, comme ‘Bye Bye Bye’ de NSYNC ou ‘Like a Prayer’ de Madonna. Le décalage entre les chansons et les passages où elles sont introduites contribue à renforcer la loufoquerie ambiante.

Quant aux effets spéciaux, c’est vraiment inégal. Cela varie du totalement indétectable au dégueulasse de première classe. Il y a des plans en CGI qu’on croirait dater de… Bah tient, des films de la Fox d’il y a 20 ans ! C’est peut-être aussi un hommage quand on y repense…

Dernier point, et pas des moindres, pour pleinement apprécier toute la moelle référentielle de cette troisième aventure de ce cher Wade Wilson encagoulé, il faut non seulement avoir suivi d’assez près le MCU, et tout particulièrement la série en deux saisons Loki mais également connaître – non pas par cœur mais tout au moins avoir déjà vu – les films de super-héros produit par la Fox il y a parfois 20 ans.

Ce qui pour la plupart des gens ayant découvert l’existence même des super-héros de comics au travers de l’univers élargi Marvel au cinéma ne sera pas franchement évident, et ils passeront sans nul doute au travers des nombreuses surprises du métrage. Ce qui est grandement dommage car cela en constitue tout de même le principal intérêt.

AVIS DE LA REDAC

Ce très attendu Deadpool & Wolverine nous offre ce pour quoi on était venu : du fun, de l’humour gras, des blagues méta et des caméos qui décrochent la mâchoire. Ce qui est déjà pas mal mais il ne faut pas en attendre plus. On est ici devant un pur délire de fan qui pour rien au monde ne se prendrait au sérieux ou proposerait ne serait-ce quoi que ce soit d’un tantinet novateur pour le MCU. En s’amusant avec le Multivers, il met toutefois en place doucement mais sûrement l’idée de «Secret Wars». Et si Deadpool 3 était finalement l’un des films Marvel les plus importants de ces dernières années ?

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • Les combats bien nerveux (et sanglant)
  • Les caméos
  • Hommage aux super-héros sous l'ère de la Fox
LES MOINS
  • Certaines blagues vraiment limites
  • Quelques scènes un peu "bêbêtes"
  • Certains effets numériques d'un autre âge...
81
%
OH QUE OUI !

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