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TEST : Outer Wilds – Un voyage inoubliable entre les étoiles

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Par où commencer ?

Outer Wilds est ce qu’on appelle un jeu à réputation. Sorti tout d’abord sur XBOX ONE et PC puis plus tard sur le PSstore, il sut conquérir bien des joueurs qui le portèrent aux nues. Voire crièrent au chef-d’œuvre.
C’est clairement ce qu’on appelle faire monter la ‘Hype’. Alors quand le titre d’Annapurna et Mobius se pointa à portée de main nous ne nous fîmes pas prier pour nous lancer à notre tour dans la conquête spatiale de cette galaxie atypique.
Que retenons-nous au terme de ce voyage spatio-temporel ô combien surprenant ? Découvrez-le dans les lignes qui suivent.

SPACEMAN (I ALWAYS WANTED YOU TO GO)

Par où commencer ?

Vous voilà dans la peau d’un Âtrien, de la planète Âtrebois et vous vous apprêtez à effectuer votre premier voyage d’exploration spatial dans votre système stellaire. Vous êtes un brin nerveux, un brin anxieux et un brin excité. On le serait à moins.

Comme quatre de vos camarades avant vous, vous allez parcourir les planètes voisines afin de découvrir – et peut-être percer – le mystère de l’antique civilisation disparue qui occupa jadis ces astres. Vous terminez vos dernières préparations avant le grand départ quand un étrange événement survient avec la statue Nomaï du musée de l’observatoire. En effet le buste représentant l’ancienne peuplade a subitement ouvert les yeux à votre passage, tout en téléchargeant visiblement vos souvenirs. Quelle étrange sensation !

Mais cela ne stoppe en rien votre départ imminent. Vous voilà donc doté d’un équipement et d’un vaisseau flambant neuf, mais fait de bric et de broc, rafistolé ici et là par du ruban adhésif et des planchettes de bois.

Votre matériel lui se compose d’un oscilloscope permettant de capter les signaux radio à plus ou moins longue distance, d’un lance-guetteur (engin permettant de prendre des photos de reconnaissance), d’un tout nouveau prototype de traducteur de langue Nomaï qui vous confère un net avantage sur vos prédécesseurs et d’une combinaison spatiale munie d’un propulseur.

Vous êtes fin prêt pour votre décollage…

Et vous voilà parti dans l’espace !

Autour de votre étoile, nommé simplement ‘Soleil’, se tiennent en orbite cinq planètes qu’il convient de présenter succinctement.

D’abord Sablière, en fait deux planètes jumelles qui attirent tour-à-tour le sable présent sur leur sol. Puis Âtrebois, votre fief et seule planète non hostile du système. Vient ensuite Cravité, la planète creuse qui semble abriter l’ancienne cité des Nomaï. On poursuit avec Léviathe, la planète océan sans cesse tourmentée par des puissants ouragans. Et pour finir ce tour d’horizon Sombronces, planète visiblement en bien mauvais point dû à une plante galactique pas très amicale aux propriétés physiques étonnantes.
À tout cela ajoutez quelques corps célestes supplémentaires, comme des lunes ou autres comètes de bon aloi.

Quand on dresse le bilan, il y a largement de quoi explorer. On joue à l’apprenti archéologue dans des environnements divers et variés tous plus éblouissant les uns que les autres, et cela avec plaisir et entrain. Précisons toutefois que le système planétaire n’est pas très vaste, quelques Km³ tout au plus. Mais c’est bien suffisant !

À partir de là, libre à vous d’arpenter l’espace de jeu (Ha! Ha!) comme bon vous semble. Il est vivement conseillé toutefois de se rendre de prime abord sur Rocaille, la lune en orbite toute proche de votre planète de départ, histoire de se familiariser avec les commandes (on y revient plus tard !) et de rencontrer Esker, sorte de veilleur des différents astronautes en vadrouille. Mais à part ça, le système solaire est entièrement à votre disposition !

Mais c’est alors que vous élaborez un premier plan de vol afin de vous rendre sur chacune des planètes qu’à lieu un bien fâcheux aléa de voyage. En effet sous vos quatre yeux ébahis votre astre solaire favori se transforme subitement en supernova et implose, emportant avec elle mondes, lunes, bases spatiales, comètes et jeune explorateur de l’espace !

ALLÔ ÂTREBOIS ? ON A UN PROBLÈME…

Par où commencer ?

Vous vous réveillez comme la première fois et constatez que vous revivez les derniers moments survenus. Comme une immense sensation de déjà-vu.

À la différence près que cette fois-ci nul besoin de redemander les codes de lancement de la navette : vous les connaissez déjà. Tout est reparti de zéro à l’exception de votre savoir. Une notion qui sera au cœur de votre épopée.

Tout cela reste tout de même très étrange. Vous rejoignez votre vaisseau pour votre second premier décollage et repartez en goguette autour de l’étoile locale. Vous remarquez alors que l’astre de feu voit son aspect se modifier au fur et à mesure que le temps passe. De jaune vif il passe à l’orange puis au rouge écarlate… avant de repartir une fois encore en implosion !
Vous fuyez comme vous pouvez mais cette fois encore vous êtes happé par la catastrophe cosmique. Et rebelote, vous vous réveillez de nouveau au pied de la tour de lancement de votre engin. C’est reparti pour un tour…

Vous n’êtes pas idiot et comprenez que vous êtes bloqué dans une boucle temporelle. Et que surtout vous semblez être le seul à en être conscient ! Vous voilà bien parti pour un premier vol !
Vous vous décidez alors à enquêter – pas vraiment le choix – sur la raison de cette anomalie et accessoirement pour tenter de sauver votre système planétaire de la destruction imminente. Comment est-ce possible qu’une étoile se transforme en supernova en si peu de temps ? Et Pourquoi ??

Et si cela avait un rapport avec cette étrange lueur bleue propulsée de cette base lointaine que vous apercevez à chaque fois que vous ressuscitez ?

Et c’est ainsi, de fil en aiguille, d’exploration de ruines célestes en traduction de langages antiques que vous progressez dans votre compréhension de l’univers. Nous tairons volontairement la nature, les lieux et les péripéties de ces aventures qui connaissent des difficultés variées pour ne rien dévoiler aux futurs explorateurs. Mais quoi qu’il en soit vous l’aurez compris, chacune de ces phases de recherche connaîtra une fin explosive – si vous parvenez à rester en vie jusqu’à la fin de la boucle, ce qui n’est pas forcément évident.

Parce que oui l’espace n’est pas vraiment un lieu de villégiature. Noyé, asphyxié, atomisé, empoisonné, carbonisé, explosé, dévoré, on en passe et des meilleures… Vous en connaîtrez des morts et des accidents au cours de vos pérégrinations ! Jusqu’à une certaine forme d’agacement. Jusqu’à une certaine forme de libération. Car quoi qu’il arrive la boucle repartira certes, mais vous aurez aussi acquis de l’expérience, aurez pris connaissance de certains raccourcis, aurez résolu une petite part du mystère global.
Fort heureusement, tout cela est consigné dans votre journal de bord – seul autre élément qui ne repart pas de zéro – qui vous permettra de savoir à tout moment quelles pistes approfondir.

Et il est donc venu maintenant le moment de parler du point le plus admirable d’Outer Wilds, à savoir le fait que tout est basé sur la connaissance et l’étude de son environnement. À force d’exploration et de savoir acquis, vous commencez à connaître votre système comme votre poche. Et pourtant votre personnage n’a évolué en rien depuis le premier réveil. Même capacité, même équipement, même vaisseau. Seul votre apprentissage vous fait progresser.

Ainsi vos traductions et votre travail de recherches archéologiques vous permettent de mieux appréhender les obstacles, de mieux les franchir ou de les contourner. Pourtant tout était là depuis le début. Les planètes sont rigoureusement les mêmes, la galaxie tourne en boucle. Les plus observateurs d’entre vous pourront même résoudre certaines énigmes par la seule force de leur esprit et de leur sens de la curiosité.

Mais pour la plupart c’est bien par ces actes de découverte et de lecture que vous avancerez. Comme pour le coup des tornades. Comme pour le coup des Cœlacanthes. Comme pour le coup de la Lune Quantique (le passage le plus tordu, le plus barré, le plus étonnant… et le plus grisant !).

TOUT est faisable depuis la première boucle, y compris finir le jeu ! Mais vous n’avez pas les connaissances nécessaires pour y parvenir.

Il est là le véritable coup de génie d’Outer Wilds

L’autre aspect fabuleux du titre, c’est cette notion permanente de mouvement, d’interactions physiques spatiales cohérentes, du temps qui s’écoule sur les différents corps célestes qui nous entourent.

Alors qu’Âtrebois reste globalement stable durant la boucle, c’est loin d’être le cas pour les autres planètes.

Sablière voit par exemple la sœur rouge se remplir constamment du sable qui se déverse de sa sœur noire, ce qui concrètement limite le temps d’exploration de l’une (qui se voit envahir par la silice petit à petit, bloquant les grottes et autres cavités souterraines) tandis que l’autre se dévoile de plus en plus, laissant apparaître bâtiment et autres structures au fur et à mesure qu’elle se vide. Il faut donc jongler avec ses contraintes pour examiner à fond chacun des mondes jumeaux.

Pour Cravité, ce sont des pans entier de la planète qui s’effondre, laissant par là-même des trous béants sur la surface, rendant difficiles certaines phases d’exploration, surtout quand on sait que la principale cité est à parcourir sous la croûte terrestre.

Léviathe et Sombronces ne bougent pas trop non plus mais leurs caractéristiques propres leur confèrent également bien des péripéties à surmonter pour pleinement les découvrir. Sombronces notamment dont on ne divulguera pas la particularité mais qui laisse assez pantois quand on la parcourt pour la première fois.

LA FACE OBSCURE DU SOLEIL

Par où commencer ?

Au milieu de cet émerveillement se terre pourtant une bien pernicieuse épine dans le pied. Dès le premier décollage on perçoit ce qui sera de très loin le plus gros défaut du jeu : sa maniabilité. Et notamment à bord du vaisseau.

Prenant en compte l’inertie et le différentiel de vitesse entre vous et les corps stellaires on vous avoue que nous avons très vite abandonné le principe de l’atterrissage en douceur. On ne compte plus le nombre de fois où nous nous sommes crashés lamentablement à la surface d’une planète où on souhaitait atterrir. À un point tel qu’on finit par s’en amuser et même à maîtriser le principe de «l’accident réussi».

Cependant il faut savoir qu’il existe des aides au pilotage, à commencer par le bien nommé ‘pilote automatique’. Un système pas forcément au point qui nous envoya l’une des premières fois ou on en usait en plein cœur du soleil ! C’est donc drastiquement que nous avons limité son utilisation par la suite, même si dans certains cas il peut sortir de quelques tristes postures (principalement quand on dérive en dehors du système).
Couplé à ce guidage un peu bancal se trouve un ‘régulateur de vitesse’, qui en fait va caler votre rotation orbitale sur un astre ciblé et vous permettre de vous approcher sans trop d’encombre.

Il faut du temps pour parvenir à maîtriser le vol spatial dans Outer Wilds, et en ce qui nous concerne nous avons fini le titre sans pleinement avoir saisi le principe. Y compris sur la fin nous nous écrasions encore comme un sac de patates ou bien nous étions réduits en cendres dans l’étoile centrale pour une simple trajectoire mal calculée…

Dans la continuité du principe précédent, l’utilisation du jetpack qui parfois peut rendre dingue. Il nous est fréquemment arrivé de nous retrouver bloqué au milieu du vide, ne pouvant bouger dans aucun sens durant des dizaines de secondes, forçant sur la manette jusqu’à ce que cette étreinte invisible se relâche et que l’on puisse continuer notre déambulation. Nous ne savons toujours pas si cela est dû au fait que nous n’avons pas compris un principe du jeu ou si c’est lui qui débloque parfois…

Nous évoquerons aussi le paradoxe de cette contrainte temporelle permanente. Tous ceux qui détestent le compte-à-rebours dans le jeu vidéo seront loin d’être ravi en jouant à Outer Wilds. Tout le principe de l’aventure tenant sur cette contrainte.
Il arrive fréquemment de ne pas avoir le temps d’effectuer l’action que l’on souhaitait accomplir dans le temps imparti d’une boucle, ce qui peut ‘légèrement’ rendre chafouin. Le contrepoint à cela c’est que cette exigence de temps fini par ne plus en devenir une, l’échec ayant de toute façon généré une nouvelle accumulation d’expérience.

La boucle suivante vous ne réitérez donc pas les mêmes erreurs, vous tentez autre chose. Alors oui on pique une ou deux crises de nerfs sur ce principe mais finalement il y a largement le temps, au cours de ses fameuses boucles, de faire ce qu’on y a prévu du moment que l’on a bien appréhendé son parcours et qu’on ne se laisse pas disperser dans tous les recoins du système stellaire.

Enfin, et sans rien divulguer du grand final, nous devons bien avouer que ce dernier nous a laissés de marbre. Du genre ésotérique à la ‘2001, l’Odyssée de L’Espace’, c’est en fait du n’importe quoi réalisé de manière certes stylisé et sans nul doute visuellement chatoyant mais qui au fond ne raconte strictement rien de concret. Certains appellent cela de la poésie, nous nous appelons cela de la fainéantise d’écriture. Quand on regarde la fin du jeu on se dit juste « Ouais, OK. Et alors ? ».

Ce n’est clairement pas une conclusion satisfaisante au vu de la fantastique odyssée que l’on vient de vivre pour y parvenir. Mais d’autres seront certainement enchantés par cette conclusion très ‘spirituelle’, à n’en pas douter. Chacun ses goûts après tout.

Quand on observe la balance, on constate que ces défauts, loin d’amoindrir la qualité intrinsèque du jeu, lui nuisent tout de même de manière sous-jacente tout du long. Une meilleure jouabilité – surtout pour le vaisseau ! – et un épilogue plus terre à terre aurait fait d’Outer Wilds un titre majeur du média. Assurément.

AVIS DE LA REDAC

Par où finir ? Oui Outer Wilds est une expérience unique, puissante, jouissive. De ces idées toutes bêtes qui misent en œuvre révèlent tant de possibilités et de rêveries. Un pur jeu d’exploration et d’analyse, qui demande parfois un peu de jugeote et de malice pour se dépêtrer de certaines situations, pour en résoudre d’autres. On reste coi devant certaines découvertes, devant certains environnements, devant certaines interactions physiques, logiques ou quantiques. Quelle satisfaction quand on comprend et réussit ce qu’il faut faire pour progresser, quand on obtient la réponse à une énigme d’une autre planète, quand on découvre tout un nouveau pan de décor à visiter. Face à cette sensation inouïe d’être un archéologue de l’extrême, les soucis récurrents de maniabilité font bien pâle figure mais gâchent quand même le tableau général. Il faut le savoir quand on se lance dans cette odyssée spatiale, et on ne peut que trop vous conseiller de vous y lancer à votre tour, tant le périple, bien que parfois chaotique, vaut le détour. Mais n’est ce point-là le cas de tous les voyages?

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
92
%
Graphisme
86
%
Animation
82
%
Maniabilité
77
%
Intérêt
95
%
Son
92
%
Graphisme
86
%
Animation
82
%
Maniabilité
77
%
Intérêt
95
%
LES PLUS
  • La sensation de découverte
  • Les environnements éblouissants
  • Une aventure, une vraie !
LES MOINS
  • La maniabilité "spatiale"
  • Quand on est perdu, on est perdu...
  • Le temps qui défile inexorablement...
86
%
OH QUE OUI !

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