Tomba! Spécial Edition : test sur Ps5
Tomba! Special Edition – Plaisir vraiment cochon
Une fois n’est pas coutume, Limited Run Games nous offre une version remasterisée d’un jeu plus ou moins connu, car il s’agit de Tomba! (au japon et USA), ou Tombi en Europe.
Comme de nombreux joueurs de l’époque, nous avions fait la découverte de ce jeu grâce au CD de démo fourni pour la console PS1. Depuis, ce jeu a suscité une certaine effervescence chez les joueurs et entraîné une recherche constante chez les collectionneurs du fait de sa rareté. Le jeu Tomba! a été considéré comme un véritable culte pour une seule et unique raison : ce jeu de plate-forme était la première création de Tokuro Fujiwara, l’auteur notamment de Ghosts’n Goblins et Breath of fire, depuis son départ de Capcom. Ceci explique cela.
Ceci dit, 17 ans après, nous avons l’édition spéciale de Tomba! et sa foultitude de surprises…
En cette période où le remaster a le vent en poupe, qu’en est-il ? Est-il bon ? Nous allons décrypter tout ça dans ce test.
Un jeu de cochons (-18)…
Maintenant que nous avons votre attention, non, il ne s’agit pas d’un jeu pour les cochons de plus de 18 ans, non, mais ! On vous a vu venir. Pour le speech, nous sommes dans les années 90, donc on fait au plus simple. Un jeune garçon à la chevelure rose (oui…) qui vit sur l’île se fait dérober son bracelet en or, cadeau de son grand-père, par une horde de cochons maléfiques fraîchement arrivée sur votre lieu de villégiature. Vous devrez donc partir à sa recherche en traversant moult niveaux.
Après une courte cinématique pour l’introduction vous présentant votre protagoniste courant après son repas de midi sur lequel il se cassera les dents, vous voilà dans le feu de l’action.
Nous sommes en présence d’un jeu de plateformes avec quelques subtilités. Si c’est bien de cela dont il s’agit sur la forme, il s’ajoute quelques éléments de gameplay qui diffèrent d’un jeu classique. En effet à l’instar d’un Sonic old school où vous défilerez de gauche à droite et bien ici que nenni ! L’évolution dans les niveaux pourra se faire dans plusieurs directions et même passer dans l’arrière-plan du décor à certains endroits, vous permettant de contourner les ennemis et pouvoir accéder a diverses récompenses.
C’est donc un jeu de plate-forme qui combine la 2D et la 3D pour en faire de la 2,5D, un style qui deviendra par la suite une mode, Pandemonium en étant le plus bel exemple ! De la fausse 3D, mais qui est très bien exploitée pour en donner l’illusion. À l’heure actuelle, on ne peut pas parler d’une révolution graphique, ça date et ne fera vibrer la fibre nostalgique que chez quelques gamers férus de ce genre de jeu.
Malheureusement, dans cette nouvelle mouture, on sent que le style a pris un coup et a subi les affres du temps ! Oui, c’est moche, les développeurs n’ont rien apporté à ce niveau là ! Fort dommageable. Nous y reviendrons.
« Le bâton de Berger, y a pas d’heure pour en manger ! «
Au niveau du gameplay, disons que la première minute de jeu est surprenante. En effet, en saut, votre personnage bénéficie d’une inertie qui n’est pas bienvenue et qui va sacrément corser les choses, du fait de sa précision plus que précaire ! C’est encore une chose qui n’a pas été corrigée dans cette version… Pas cool !
Du côté de Justin Bridou (oui, on va le surnommer comme ça notre expert en cochonnailles), celui-ci possède un panel de mouvements assez restreint : le coup de marteau et le saut pour éliminer les porcs. Vous aurez à charge de leur rentrer dans le lard afin de les mettre dans un sac ou encore de les balancer sur leurs congénères, et ça s’arrête là. Outre son aspect action plate-forme, l’équipe de WhoopeeCamp nous a ajouté un soupçon de RPG…
« C’est d’abord un grand jambon »
Si Tomba mélangeait deux styles de jeu différents, peut-être aurait-il fallu faire ça plus sérieusement. Le côté RPG apporte un plus ; oui, mais c’est trop. Notre Justin possède 4 points de vie en début de jeu. Points que vous pourrez augmenter en effectuant des quêtes annexes ou principales.
Et c’est là que le bât blesse, il y en a énormément. Si tant est qu’au final on perd le fil conducteur et on se mélange les pinceaux à ne plus savoir qui nous a demandé quoi. Même avec la carte, la chose devient ardue.
Une fois un niveau fini, il ne l’est pas. Vous devrez revenir dans des endroits où vous êtes déjà venus pour récupérer un item ou un pouvoir vous permettant d’aller plus loin. Ces allers-retours incessants deviennent vite redondants et plombent un peu la linéarité du jeu.
Cependant, au chapitre des bonnes nouvelles, les développeurs ont eu la bonne idée (ou pas) d’implémenter une option rewind, chose forte utile avec la difficulté de certains passages et niveaux. On vous offre également la possibilité de sauvegarder n’importe où, chose absente de la version originale dans laquelle vous deviez trouver des points de sauvegarde disséminés dans les niveaux. Pour le gameplay on conserve celui qui a fait ses preuves sur PlayStation 1. Rien de nouveau.
« Le gout des choses simples »
Toutefois, il faut souligner que certains aspects techniques du jeu original n’ont pas été modifiés dans cette version, ainsi que les graphismes et les temps de chargement. Certaines textures font vraiment peine a voir.
Malgré quelques options graphiques très maigres (comme le jambon sans sel ajouté !), on est loin d’un remaster digne de ce nom. La présence d’un mode CRT simulant l’ajout de scanlines n’apporte rien de plus. En effet, l’ajout de quelques fonds d’écran ne changera pas la donne, et le 16/9 non plus.
Au chapitre des joyeusetés présentes sur cette édition, on notera le manuel d instructions du jeu en format scan, une bande son remasterisée ou encore un musée contenant des croquis d’époques, des publicités, les jaquettes des différents pays et même des interviews sur les débuts de la conception du jeu. Très bon point pour la localisation du jeu, le français est bien présent. Et surtout le prix! Vous pourrez découvrir a moindre « coût » un jeu qui a fait beaucoup parler de lui a l’époque et qui devenu un Graal chez certains collectionneurs.
« Mon jambon star »
De plus, il y a une toute nouvelle bande originale composée par Harumi Fujita, qui avait déjà travaillé sur les musiques du jeu d’origine. Sans être entêtantes elles ne resteront pas dans les annales. Du coté des bruitages tout est bon comme dans le cochon même si notre ami Justin est quant à lui bel et bien muet.
Enfin, comptez environ 8 heures pour en venir a bout.







