Silent Hill 2 a été testé sur PS5
Une fois n’est pas coutume, ce test sera rédigé à la première personne. En effet, au-delà du fait que je représente MEGA FORCE MAGAZINE au travers de ces quelques lignes, je représente aussi mon expérience de joueur, moi qui suis passé, il y a fort longtemps, par le chef-d’œuvre Silent Hill 2, en 2001.
Parmi pléthore de jeux auxquels j’ai pu jouer, peu peuvent se targuer de m’avoir fourni une expérience vidéoludique aussi dense, riche, intense, et, finalement, marquante.
La musique, l’ambiance, les thèmes abordés et, bien sûr, les frissons qui nous parcourent tout au long du récit font de ce Silent Hill 2 un digne représentant de la richesse émotionnelle que peut nous apporter un jeu vidéo.
Loin des préjugés qui ont suivis l’annonce d’une version remake, c’est avec délectation que je me suis plongé à nouveau dans l’horreur de Silent Hill et dans l’esprit de James Sunderland.
Welcome to Silent Hill !
Silent Night
James Sunderland, veuf éploré, reçoit un jour une lettre de sa défunte épouse, cette dernière lui annonçant être à Silent Hill, petite bourgade dans laquelle ils ont passé de merveilleux moments ensemble.
Arrivé sur place, James découvre une ville déchirée, fantomatique, enveloppée d’un épais brouillard et remplie de monstres à combattre et de mystères qu’il devra résoudre. Retrouvera t’il sa femme dans cette ville maudite ? Sortira t’il indemne de ce voyage aux enfers ?
Tant de questions qui trouveront une réponse, ou pas, dans l’une des nombreuses fins du jeu, chaque fin dépendant de votre parcours tout au long de l’aventure. Nouveauté made in Bloober Team, le jeu se voit affublé de 2 nouveaux scénarios, en plus de 6 autres piochés parmi ceux d’origine.
Ainsi, pour qui voudrait essayer de toutes les parcourir, il y a de quoi faire ! Sachant qu’une partie durera, selon votre aptitude à gérer le stress, entre 15 et 20 heures, vous pourrez vous amuser un moment.
Alors bon… S’amuser est un bien grand mot pour un jeu d’horreur. Car c’est de ça dont il s’agit ici, d’un jeu qui va explorer les méandres les plus profonds de l’esprit, un jeu à la fois psychologique et horrifique, qui ne peut laisser personne indifférent.
Entre le scénario, très recherché et abouti, les scènes, toutes plus traumatisantes les unes que les autres, et les « monstres » auxquels on fait face, tout conduit à une ambiance sale, malsaine, pesante. De plus, cette sensation est renforcée par la relative lenteur du personnage, à la fois dans sa gestuelle et dans sa façon de s’exprimer.
En effet, perdu au milieu de l’horreur et d’une psyché délirante, notre héros parcourt ainsi un monde qui le dépasse, qu’il ne comprend pas, tout en essayant de retrouver son épouse, pourtant décédée.
L’ensemble scénaristique, fouillé, fonctionne donc à merveille, d’autant qu’il est épaulé par une partie technique redoutable et des éléments de gameplay percutants !
Castle on the Hill
Mais avant toute chose, je m’arrête un instant sur le côté « horreur » du titre. Car James n’est pas venu à Silent Hill pour une cure thermale.
La ville, coupée du monde et ensevelie sous un brouillard très très épais, regorge de secrets inavouables, mais aussi et surtout de monstres tout droit sortis des cerveaux les plus fous.
Rampants au sol, déambulant avec des mouvements brusques et lents à la fois, crachant leur bile ou se jetant sur nous, ils nous donnent de belles séquences de « jump scare » !
Avec leurs corps difformes, parfois seulement composés de jambes cousues entre elles, parfois rampant au sol, cela va des infirmières sans visages, pleines de sang, aux ennemis plus dégoutants les uns que les autres, et, s’ils faisaient déjà énormément leur effet il y a 23 ans, c’est d’autant plus vrai aujourd’hui grâce au travail des développeurs.
En effet, au-delà de la beauté des ennemis, le brouillard est incroyable de réalisme, les rues, les intérieurs, les décors, sont crades, poisseux, et provoquent le malaise. Les animations des monstres forcent le respect, tant elles sont cohérentes pour ce type de jeu.
Gênant et malaisant ? Oui, assurément, tant tout est fait pour dérouter le joueur et le surprendre !
Alors évidemment, la base est un jeu de 2001, avec des déplacement rigides et, à l’époque, un jeu de caméras pas hyper hyper pratique, mais Bloober a fait un beau travail de remise au gout du jour, et propose une version embellie, avec des graphismes superbes malgré une finition des personnages un peu en deçà.
On voit que l’accent à ainsi été mis sur les décors, les environnements et l’ambiance, et le tout fonctionne à merveille.
Immersion garantie !
Mais, et c’est un gros MAIS, tout ce qui fait le sel de cette version (comparativement à l’original et à la version « HD » sortie sur PS360), ce sont la musique et l’utilisation fort judicieuse de la manette.
Si l’on parle de faire plaisir à nos oreilles, les développeurs nous ont entendus et le titre en jette énormément : le matériau d’origine était déjà superbe (je vous conseille d’écouter Theme of Laura et de lire notre critique de la Bande Originale ici), mais aujourd’hui la partition est transcendée par tous les effets sonores à disposition des développeurs qui poussent le curseur très loin, notamment dans tous les petits moments de tension qui seront agrémentés de bruits sourds, craquements stridents, et autres cris à en devenir tout pâle.
Se diffusant tout au long du jeu, l’ensemble musical suit notre héros, sa descente aux enfers, et est systématiquement idéalement placé, que ce soit dans les phases d’action comme dans celles plus calmes. Un excellent point donc !
Enfin, on arrive à l’un des éléments qui me semble essentiel de ce remake, celui qui a été le plus « jouissif » dans l’expérience que j’ai vécue avec ce titre PS5 : l’utilisation de la DualSense.
Il faut savoir une chose avant, chers néophytes, c’est que l’une des touches de gameplay du jeu d’origine est un petit appareil, une sorte de mini radio située dans la poche de James (on la trouve en début de jeu), qui va se mettre à faire du bruit, grésiller, crépiter, lorsqu’une créature belliqueuse s’approche.
Tel le radar introduit dans le film ALIENS (d’ailleurs si cela pouvait donner une idée aux développeurs du prochain ALIEN ISOLATION…), chaque petit bruissement qui sort de cette machine du diable a le don de donner des sueurs froides. Et pour cause ! Si l’engin s’emballe, grouille, crépite, c’est qu’un être ignoble rôde dans le coin ! Gare à vos angles morts, sortez votre arme (il y en a peu, et peu de munitions ou de fioles de soins), et préparez-vous à estourbir du monstre !
Ces éléments de gameplay posés, on en revient à la manette de la PS5, celle-là même équipée d’un haut-parleur. Ainsi, pour ce remake, Bloober n’a pas manqué l’occasion de simuler cette fameuse radio via la DualSense.
L’immersion en arrive donc à son paroxysme, ayant l’impression de tenir dans nos mains le fameux appareil qui va détecter le prochain monstre à devoir absolument tuer. L’utilisation de la manette dans ce cas précis est ainsi loin d’être un gadget inutile et dispensable, il est plutôt le point de bascule entre le jeu d’époque et le remake que nous testons dans ces lignes.
Au final, entre l’ambiance plus prononcée, la musique plus percutante encore, et cette radio démoniaque entre nos mains, le jeu prend une nouvelle saveur qui m’a fait redécouvrir le titre originel d’une façon plus impressionnante encore, rendant donc ce remake indispensable aux amateurs de cette série horrifique.
Pour les autres, vous ! Oui, vous ! Qui débutez avec ce remake, vous l’aurez compris, vous allez pouvoir découvrir un chef-d’œuvre absolu, un remake qui en est, au final, sans doute un lui aussi !











