Close

Login

Close

Register

Close

Lost Password

TEST : Shenmue III – Cet incroyable temps qui passe…

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Il y en aura eu des doutes et des moments d’égarement. Des mots forts et des pensées déplacées. Et puis un beau jour, on finit par se lancer dans l’aventure, depuis si longtemps attendue. Sentiment étrange sur le temps qui passe, 18 ans pour les uns, une simple nuit pour deux autres.
On fait un bout de chemin ensemble et c’est déjà le moment de se dire adieu alors que l’on foule le Grand Mur de l’Empire du Milieu. Il est désormais venu l’heure du bilan. Avec quelques années de recul, une fois l’hystérie collective loin derrière nous, que vaut finalement Shenmue III ?

VENANT D’UN PAYS LOINTAIN À L’EST

Ryo Hazuki est encore et toujours sur les traces de l’assassin de son père, Lan Di. Le jeune homme lors de sa quête finit par atterrir à Bailu, un petit village isolé en plein cœur de la Chine. En compagnie de Shenhua Ling, il tente de retrouver le paternel disparu de cette dernière, un tailleur de pierre qui pourrait lui en apprendre davantage sur le passé de feu Iwao Hazuki. Car contre toute attente, il se trouve que le père de Ryo effectua lui aussi ce voyage en ce lieu il y a une vingtaine d’années…

Derrière cette quête vengeresse se dessine en sous-main celle d’un ancien trésor, auquel semblent mener deux miroirs couleur jade. L’un de ces artefacts étant en possession du meurtrier tandis que l’autre se trouve entre les mains de notre impassible japonais…

Après Shenmue au Japon et Shenmue II du côté de Hong Kong, nous parcourons dans Shenmue III deux zones : Bailu et Niaowu (prononcez ‘Miaou’, il suffit d’y être deux minutes pour comprendre pourquoi). La première est un village pittoresque au pied des montagnes chinoises et la seconde une ville fortement touristique en bord de rivière.

L’objectif dans ces deux lieux et de retrouver Yunshen Yuan, père adoptif de Shenhua. Pour ce faire il faut mener l’enquête et surmonter les épreuves qui se dresseront sur le chemin. À ces fins, notre stoïque héros a en sa possession son précieux carnet de notes, ses aptitudes aux arts martiaux et une profonde détermination. Pour le reste…

Entrons dans le vif du sujet en déclamant haut et fort que Shenmue III est un bon Shenmue. On y retrouve l’essence et l’âme qui furent les ingrédients indissociables des deux premiers épisodes. Son rythme lancinant, au tempo journalier qui berce doucement l’épopée du jeune japonais, nous invite encore et toujours à prendre notre temps.

Cette notion du quotidien, au cœur de la saga, est toujours bien présente et très vite chaque joueur adopte son propre agenda. Entraînement, séances de pêche, quelques heures de boulot, shopping, jeux… Et quand on le souhaite on fait avancer l’enquête.

Le plaisir d’exploration est toujours là. On flâne à observer les habitants, les maisons, à scruter pour découvrir quelques particularités amusantes. Les joueurs ayant apprécié les opus précédents dans leurs jeunes années retrouveront avec plaisir cette atmosphère si unique, troquant toutefois les espaces citadins pour un décor plus bucolique.

Vous vous amuserez avec cette idée géniale qui consiste à dégoter les Chobu-San cachés dans chaque magasin à Niaowu ou bien tenterez de battre les records dans les salles de jeu devant les bornes d’arcade (mécanique ou électronique).

Alors certes les Licences SEGA ont disparu mais cette parodie de Virtua Fighter pas aussi simple qu’elle en a l’air reste un palliatif acceptable. Le chasse-taupe vous demandera d’être attentif et d’affûter vos réflexes tandis que les jeux de lancer vous demanderont précision et un peu de chance. La poursuite en voiture quant à elle nous est restée mystérieuse, nous n’y avons pas compris les subtilités à saisir pour garantir un bon score. À notre grand dam, les bornes de lancer de fléchettes ont disparu mais on retrouve les « Excite QTE », des bornes toujours aussi « Punchy » !

L’une des grandes nouveautés de ce troisième Shenmue, c’est de pouvoir changer les vêtements de Ryo. À condition d‘acquérir auparavant les tenues disponibles ici et là. Blousons, T-shirts, jeans et même baskets seront modifiables à l’envie via le menu. À Niaowu il y a même possibilité de devenir acquéreur d’une tenue traditionnelle chinoise qui termine de rendre classe notre ami nippon.

Enfin, il y a possibilité de téléphoner à nos vieux amis depuis la cabine de l’hôtel (seule capable d’appels internationaux dans le coin… pour rappel nous sommes ici en Chine en 1987). Ine-San, Fuku, Joy ou même Nozomi pourront avoir de vos nouvelles. Un élément pas indispensable mais qui renforce la cohésion de l’ensemble, surtout que les voix ont été assurées peu ou prou par les acteurs de l’époque pour enregistrer les dialogues

UN PHÉNIX DESCENDRA DES CIEUX

Mais quels autres atouts possède cette renaissance inespérée de la saga ? Tout d’abord, une évidence : Shenmue III existe. On ne va pas revenir une énième fois sur le parcours tortueux qu’il aura fallu pour que cet état de fait soit avéré mais bon, hein, voilà quoi. Il est là. La saga compte désormais TROIS jeux. BOUM !

Graphiquement, c’est beau. C’est net. C’est minutieux. Chaque PNJ à son propre faciès, son propre nom, sa propre histoire. Ryo et Shenhua ont bien sûr également été retravaillés. Visages moins ronds et plus détaillés. Pour lui le changement est clair mais on le reconnaît. Pour elle, c’est une reconstruction faciale complète, il faut s’y faire. Elle fait moins ‘fille de la campagne’ et plus ‘petite princesse des bois’. Son visage et charmeur et souriant, ses yeux pétillants. Ren est peut-être celui qui a le moins changé, sans parler de Lan Di mais modifier le personnage d’une quelconque façon aurait été très mal perçu tant il est iconique.

Question maniabilité, le poids lourd d’antan laisse place certes pas à une Porsche mais tout au moins à une belle citadine. La caméra désormais totalement libre aère le point de vue sans pour autant casser l’immersion, cela grâce à un axe au niveau du regard de notre protagoniste. Plusieurs niveaux de caméra, de la vue ‘classique’ à la vue à la première personne, sont disponibles et plus ou moins agréables à utiliser.

Les menus ont été revus de fond en comble, incluant de nombreux nouveaux volets. Ils sont très réussis, en tout cas bien plus que dans les Remasters HD au design bien trop timoré. Toutes les informations nécessaires y sont présentes, du tableau de la nourriture aux collections échangeables. On y retrouve l’attirail habituel de notre gamin en vadrouille, dont les photographies qui font faire un bond en arrière nostalgique aux vieux fans que nous sommes. Tous les objets sont modélisés en 3D et sont donc observable sous toutes les coutures.

Bon, ça c’était pour les fondamentaux. Passons maintenant aux nouveautés, les vraies.

La plus marquante étant bien entendu l’arrivée d’un estomac pour Ryo (et il a un gros appétit le bougre !) Tout un éventail de victuailles est disponible pour rassasier le bonhomme et reconstituer sa barre d’endurance, les célèbres ‘petites boules vertes’.

Transition parfaite pour parler du système de combat et de niveau de Kung-fu. Car en début d’aventure Ryo a une sacrée échelle de progression face à lui. Il ne possède que la moitié de ses fameuses boules vertes, qui à chaque seconde régressent inexorablement (d’où la nourriture pour les restaurer). Le seul moyen d’augmenter son endurance est de s’entraîner quotidiennement sur des pantins de bois, sous forme là encore de mini-jeu qui à la longue peuvent devenir redondant. Il en existe trois sortes : le coup de poing sans recul (le plus cool), la posture du cavalier (qui frise le ridicule) et le pas du coq (pas vraiment passionnant).

Au fur et à mesure que le niveau augmente, le nombre de bouboules aussi. Aussi simple que ça. Bien entendu lors des combats il vaut mieux avoir une endurance assez élevée pour être paré au mieux.

Les combats justement ont eux aussi été revu de A à Z, avec cette fois-ci un système quasi-automatique via les gâchettes (trahison pour beaucoup, mais complètement facultatifs) et surtout l’ajout là aussi de ‘niveaux’ pour les attaques. Une fois encore l’entraînement est là pour permettre de monter à fond chacune d’entre elles.

Des dojos sont présents pour effectuer ces séances de progression mais il est également possible de combattre quelques combattants de rue qui peuvent faire office de sparring-partner.

De nombreux coups sont disponibles et il faudra du temps pour bien apprivoiser tout le panel. On retrouve les habituelles attaques de la Maison Hazuki que vont compléter les parchemins obtenu dans cette troisième épopée. Les combinaisons de touches ne sont en revanche pas toujours optimum et la cadence à adopter semble parfois curieuse, mais surtout il faudra savoir user du bon coup au bon moment face à vos adversaires, sous faute d’un retour de bâton impitoyable.

Un système sommaire de ciblage fait son apparition permettant de choisir le combattant du camp d’en face sur lequel taper quand ceux-ci sont tout une bande. Une garde arrive également et fait grandement du bien, Ryo peut toujours esquiver mais ne fait plus les grandes roulades qu’on lui a connu.

Le niveau de Kung-Fu sera au centre de la progression de Ryo (il s’agit du niveau ‘général’ alliant l’endurance et la puissance) car il ne sera pas en mesure de combattre certains adversaires tant qu’il n’aura pas atteint un certain seuil. Un moyen comme un autre de forcer le joueur à développer cet aspect-là du gameplay et surtout pour inciter à farfouiller comme on peut l’aire de jeu pour mettre la main sur les manuscrits, seul moyen in fine d’augmenter notre personnage.

Évoquons maintenant l’aspect de loin le plus réussi du titre : sa cohésion générale. Car en plus de dégoter des parchemins de coups, il y a la mise en place de tout un système de commerce très poussé. Par souci de temps et d’espace nous n’allons pas énumérer toutes les possibilités et subtilités mais sachez que celles-ci sont vertigineuses et sauront vous occuper un moment. À cela s’ajoute en plus une espèce de marché parallèle via les ‘jetons’, multipliant d’autant plus le champ des possibles…

Les jetons sont « la monnaie » utilisable pour les jeux de hasard, nombreux et loin d’être rentable (pachinko, course d’animaux, roulette…). Mais si vous avez l’esprit joueur – et persévérant – il se pourrait bien que vous décrochiez le gros lot. Une fois votre besace pleine à ras bord de jetons, vous pouvez vous rendre dans un comptoir d’échange ou contre une somme de jetons vous pouvez acquérir divers objets voire même des nouveaux vêtements pour Ryo.

Il est donc possible, entre la vente, l’échange et l’achat des objets – que ce soit avec de l’argent sonnant et trébuchant ou avec des jetons – d’avoir une économie assez florissante. Cela demande cependant de bien se pencher sur la question et de noter les prix des objets dans chacun des étals…

Pour en revenir aux parchemins de coups spéciaux, certains d’entre eux ne sont échangeables que contre des objets rares et chers. Objets disponibles soit en gagnant aux jeux d’adresse, aux bornes d’arcade ou aux jeux de hasard. Obtenir tous les parchemins se révèle donc une véritable quête en soi, demandant une certaine forme d’abnégation.

Le plus fort c’est que le joueur lui-même peut influencer le marché en fonction de son travail sur le port et des déchargements qu’il effectue. Sachez aussi que si vous souhaitez obtenir tous les parchemins, objets spéciaux et tenues qu’il est possible d’acquérir, vous en aurez pour un moment et qu’il vous faudra sagacité, persévérance et malice. Croyez-nous vous aurez de quoi faire !

Un mot sur la cueillette, autre grosse nouveauté et pas des moindres, car Ryo n’a jusque-là jamais porté un grand intérêt pour la flore (Nozomi en sait quelque chose…). Mais comme il s’agit du moyen le plus simple et le plus rapide de se mettre des brouzoufs plein les pockets, il se penche très sérieusement sur la question. Et par extension nous manette en main.

C’est bien simple on se met à ramasser tout ce qu’il est possible pour tout revendre au prix fort dans les officines. À la découverte de la moindre parcelle d’espace vert on se transforme en jardinier du dimanche pour rafler tout ce qui dépasse. Et le pire c’est qu’on se prend au jeu à fond, ratissant les rizières et les champs de manière méthodique, pour ne rien laisser filer. Là aussi il est intéressant de signaler que plus vous vendrez le résultat de vos cueillettes à la même enseigne, plus ses prix seront avantageux à l’avenir.

Dans les autres moyens mis à disposition pour gagner de l’argent se trouve la pêche. Il n’y a pas grand-chose à dire là-dessus, c’est de la pêche quoi. Certains spots sont à découvrir via des quêtes annexes et il y a même quelques concours ici et là auxquels Ryo peut bien entendu participer. Au passage il ne peut que louer les cannes et n’en achète pas (une location pour une ‘séance’ de pêche). Plusieurs modèles de cannes sont proposés à des prix locatifs différents, pour des résultats plus ou moins efficaces.

On trouve de plus l’activité de bûcheron (des bacs à sable). Malheureusement cela ne rapporte pas beaucoup. Mais ce job – pur héritage de l’arcade d’antan – est fortement amusant tout en restant simple, clair et efficace. Parfait pour passer le temps en gagnant son petit pécule à la même occasion.

Mais le meilleur moyen de gagner sa croûte dans Shenmue III c’est bien sûr de bosser en tant que cariste. Car oui, le chariot élévateur fait bel et bien son grand retour. Et si on se débrouille bien permet de se faire rapidement un petit pactole non négligeable. L’engin se manie en plus de manière agréable et fluide. Seul petit bémol, Niaowu à un tout petit port et donc forcément le parcours ne varie jamais (le bateau-> l’entrepôt ou l’entrepôt-> le bateau…) mais cela reste plaisant et demande mine de rien une maigre notion de gestion dans l’entreposage des différents chargements.

UN DRAGON ÉMERGERA DE LA TERRE

Malgré ce retour inespéré, il y a tout de même son lot de critiques à formuler face à cette résurrection. Et la plus vive d’entre elles est certainement le fait que ce troisième épisode ne clôture pas la saga, alors qu’il en avait parfaitement les capacités !

Yu Suzuki ne démord pas de son canevas scénaristique initial, et sa ténacité qui fait sa force reste également son plus gros défaut, quitte à ne jamais finir son œuvre-phare. Pour être clair, Shenmue III n’apporte aucune révélation majeure ou aucune conclusion à quel niveau que ce soit. Il a été conçu comme il était prévu depuis le départ, c’est-à-dire comme narrant les chapitres 7 et 8 d’une histoire plus vaste. Ni plus ni moins… et pour le pire et le meilleur.

Revenons-en à nos moutons et tout comme nous avons dressé la liste des points positifs, voici venir celle des points négatifs. À commencer là aussi par le plus évident : la technique en berne.

Car oui Shenmue III a de sérieuses lacunes de ce côté-là. Principalement de clipping. Quand Ryo marche cela reste acceptable (le décor se détaille à une trentaine de mètres devant lui) mais quand il court c’est la débandade. Il peut arriver que le jeune Hazuki se pointe dans un magasin et que ce dernier soit vide. Nous assistons alors à l’apparition du décor en temps réel, avec le tenancier (ou la tenancière) se matérialisant à la fin, comme surgissant des brumes.

Même problème dans la rue, ou notre bon gars se bloque en plein milieu du chemin sans raison apparente, le temps que se charge le quidam numérique qui effectivement compte les dalles sous la pluie. Agaçant par moment !

Outre cela, quelques autres points noirs méritent d’être signalés. En premier lieu les reflets du fleuve de Niaowu qui agissent assez bizarrement (l’eau ne reflète que ce qu’affiche l’écran du joueur, on peut s’amuser avec cet effet). On déplorera également le fait que la pluie ne modifie en rien le comportement des habitants, qui se prennent une saucée sans sourciller.

Ensuite oui les visages de certains PNJ qui sont vraiment mais vraiment moches et rappelleront parfois les Guignols de l’Info de la grande époque de Canal+. Et l’animation assez sommaire rajoute parfois à ces faciès burlesques. Toujours dans le domaine de l’animation voir marcher les enfants est assez perturbant, c’est tellement caricatural que cela en devient absurde (quel enfant au monde marche en arquant les bras comme ça ?).

Question boustifaille, les aliments proposés sont pour la plupart trop faible ‘en calories’ pour être intéressant. Au village seul l’ail noir restaure un niveau convenable, Ryo se les aligne donc par dizaines (on espère qu’il a des pastilles à la menthe). Pas de possibilité de cuisiner, ce qui est un peu triste au vu de la liste de légumes auxquels on a accès.

D’une manière générale la conception de ce Shenmue III fait très « vieillotte ». En tout cas pas au standard des productions vidéoludiques actuelles. La non-fluidité des dialogues, les fondus au noir systématiques, les répétitions de phrases récurrentes… Cela a toutefois son charme, mais on comprend tout à fait qu’on puisse ne pas y adhérer, surtout vu de nos jours.

Parfois, il se peut même qu’on mette à mal le déroulé de l’aventure quand on réussit à déjouer certaines mécaniques mises en place. Par exemple lors du premier combat contre le chef des racailles de Niaowu, où on est censé perdre. Il est pourtant complètement possible de le vaincre – sur le fil du rasoir certes, mais possible. Mais comme le jeu n’a pas prévu cette possibilité-là, se lance quand même la cinématique où Ryo est tenu en échec ! Un peu déconcertant…

Le plus frustrant reste tout de même le fait que les cartes ne se débloquent que petit bout par petit bout et que tant que notre Ryo n’a rien à faire dans une parcelle, celle-ci lui est interdite (« Je n’ai rien à faire par-là » « Je devrai aller parler à Shenhua »). Ce choix fut clairement pris pour guider le joueur dans le récit mais nuit grandement à la découverte spontanée des lieux.

En suite logique du point précédent, les personnages sont bien plus statiques que dans les anciens opus et restent cantonnés dans leurs « zones », s’ils ne sont pas carrément figés à un emplacement dont ils ne bougeront jamais (ils ne rentrent pas chez eux le soir par exemple…).

Dire aussi que notre vaillant héros n’est pas des plus doué pour relier le fil entre deux informations et que tant que quelqu’un ne lui dira pas de manière explicite une conclusion pourtant parfaitement évidente, il ne la trouvera pas tout seul… Sa naïveté face à certaines situations laisse aussi souvent pantois.

Enchaînons avec la musique qui elle aussi propose du bon « dans le fond » mais pêche pas mal « sur la forme ». En soi la qualité musicale est de très bonne facture, certes ne proposant pas de morceaux aussi enlevés que dans les deux premiers mais reste quand même « dans le ton ». Il ne s’agit cependant pas entièrement de créations car pas mal de musique reviennent directement du II, ce qui a dû faire économiser sur la production.

Là où le bat blesse c’est encore une fois sur la technique pure. Quand on dit qu’il s’agit de « morceaux », c’est bel et bien le cas, avec un début…et une fin. Quand on arrive à la fin du thème en cours, il y a un silence de quelques secondes avant que le morceau… ne se relance à nouveau !

Et si vous restez trop longtemps dans une zone donnée, la boucle musicale finira même par ne pas repartir et c’est le silence qui s’imposera alors (le morceau doit tourner 5 ou 6 fois tout de même avant de se taire pour de bon). Très surprenant et c’est l’un des aspects qui nous fait comprendre que le budget était tout de même relativement serré.

Dans un autre genre, on se retrouve à des moments donnés avec des séquences bien trop tirées en longueur. On pense surtout à tout le passage avec le vieil alcoolique à Bailu qui en fera soupirer plus d’un à coup sûr… Sûrement le point de rupture qui en découragera beaucoup (l’une des astuces consiste à collecter et vendre les plantes qu’à ce moment du récit. Cela évite de trop perdre son temps…)

Néanmoins d’autres scènes sont toutefois hilarantes, notamment lors des affrontements de Ryo contre les bandits de grand chemin. On sent qu’une certaine autodérision se développe chez le jeune homme vis-à-vis de son comportement réservé et froid, qui laisse donc entrevoir un peu plus sa personnalité. Il ose même parfois se dérider un peu en présence de Shenhua, c’est dire !

Pour un financement participatif, suite du jeu vidéo le plus cher de son temps, il n’a malgré tout pas à rougir. Au contraire même ! On reste persuadé que beaucoup avec la même somme n’auraient pas été capable de faire le tiers de ce que Yu Suzuki et son équipe ont accompli ici. C’est là que l’on perçoit tout le talent incommensurable du créateur, qui avec des contraintes énormes est tout de même parvenu à livrer un Shenmue III plus qu’honorable. Et rien que pour cela, respects éternels.

ET LA SAGA…

Parlons à présent des DLC qui s’ajoutèrent à l’aventure principale. Au nombre de trois, deux sont inclus dans le récit même tandis que le troisième est un mode de jeu supplémentaire disponible depuis le menu principal. Commençons donc par ce dernier.

Baptisé Battle Rally il se divise en deux parties distinctes. La première est une ‘Chasse aux Bailu-Chan‘, basé sur le même principe des Chobu-Chan de Niaowu. Il s’agit, à l’intérieur d’une zone définie du village de Bailu, de retrouver les 20 figurines cachées dans l’environnement (et non plus uniquement dans les magasins).

Certains sont quasiment mis en évidence mais d’autres sont planqués avec malice, voire fourberie.

La deuxième partie allie course de rapidité et combat. Sur un parcours donné vous devez franchir la zone d’arrivée le plus rapidement possible tout en combattant les différents adversaires croisés sur le chemin. Chaque adversaire vous octroie du temps en fonction de sa catégorie de puissance. Des items de gain de temps sont aussi récupérables lors de votre périple.

Dans ce mode – et pour la première fois dans Shenmue – vous choisirez entre 3 personnages (plus un déblocable), à savoir Ryo Hazuki, Ren Wuying (Cool!) et Wei Zhen la fondue d’arts martiaux amie de Shenhua. Chacun possède ses caractéristiques propres et surtout ses techniques de combats uniques !

Sachez enfin que chaque victoire dans ce mode spécial vous attribuera des bonus pour votre partie, comme des blousons, des tenues chinoises ou bien encore des manuscrits de coups.

Le deuxième contenu téléchargeable est le ‘Story Pack‘ qui comme son nom l’indique incorpore une quête dans le jeu lui-même. Celle-ci commence quand on croise par hasard Zhang en train de déguster une glace près de l’hôtel de Ryo. Le bras droit de Zhu vous informe alors que des activités de Chi You Men ont été notées dans le coin (et pour cause…) et vous demande assistance pour collecter des informations.

Bien entendu vous acceptez et vous revoilà parti pour entrer en contact avec des informateurs secrets via les fameux signes Chawan de Shenmue II (souvenez-vous, ceux avec les tasses), qui seront amenés à évoluer dans plusieurs configurations.

Alors il s’agit d’une quête assez ardue étant donné que le jeu possède de nombreux endroits où effectuer le code avec le quatuor de tasses et que rien n’indique les lieux précis où il faut les faire (l’intrigue vous invite à communiquer ainsi 4 à 5 fois, ce qui au bout d’un moment devient un peu lassant). Vous faites donc confiance au hasard pour dénicher les bons spots.

Au bout d’un moment un dîner en couple sera de la partie avant la visite d’une planque de voyous, avec révélation d’un traître à la clé. Comme d’habitude Ryo résoudra tout cela à coups de tatanes. Le principal intérêt de cette quête est d’offrir en récompense finale une tenue alternative pour Ryo… mais surtout une pour Shenhua !

Enfin le Downloadable Content final  – Le Sésame des Mers – consiste en un bateau-casino assez pompeux qui proposera deux petites quêtes qui nous feront faire connaissance avec des gens un peu étranges.

Le but ici sera de gagner un maximum de ticket pour la grande roue qui offre comme prix de nombreuses tenues pour notre japonais en vadrouille. Vous recevrez ces tickets soit en finissant les quêtes susmentionnées, soit en jouant aux bornes de jeux mécaniques, soit en remportant des défis journaliers aléatoires, comme par exemple gagner 5 courses de grenouilles, 10 parties de dés etc…

Il est dommage que ce DLC ne propose pas d’autres jeux que ceux déjà présents dans le titre de base. Car au final tout cela fait doublon et ne se révèle donc pas très intéressant. Seules les tenues à gagner et les personnages un peu à l’ouest permettent à ce ‘niveau supplémentaire’ d’être ‘un peu‘ digne d’intérêt. Mais cela reste bien maigre.

Au final ces DLC valent-ils le coup ? Pour les fans oui, un peu, pour compléter le jeu et accroître l’expérience générale très plaisante en y ajoutant des éléments en plus. Pour le joueur lambda, franchement aucun intérêt sauf si vous souhaitez garnir la garde-robe de Ryo et obtenir une seconde tenue pour la Miss qui l’accompagne. Sinon passez votre chemin…

shenmue 3 13

AVIS DE LA REDAC

Découvrir Shenmue aujourd’hui reste très difficile, car ancré dans un autre temps. Ce troisième épisode ne fait pas exception car développé « à l’ancienne ». Ses mécaniques, sa narration, son écriture… L’ensemble du titre a ce coté désuet qui en rebutera plus d’un. On est loin cependant de la catastrophe annoncée. C’est grand, c’est (semi) ouvert, c’est vivant, c’est beau. Dès les premières minutes on retrouve nos marques et on explore Bailu et sa place principale avec émerveillement. Nonobstant tout cela, n’en demeure pas moins une faiblesse technique évidente que chacun jugera selon de quelle coté de la lorgnette il examine la situation. Pour un jeu vidéo de renom sorti en 2019, ce n’est pas au niveau. Pour un Kickstarter qui s’est terminé grosso modo aux alentours des 7 millions, plus d’autres fonds de divers investisseurs, le résultat final est plus qu’honorable, et même digne d’éloges. En reste quoi qu’on en pense cette formidable quête initiatique déguisé en soif de vengeance, qui certes ne prend pas le même sens pour un joueur de 40 ans que pour le même joueur à 20 mais qui sait garder sa pertinence et son symbolisme.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
85
%
Graphisme
87
%
Animation
68
%
Maniabilité
77
%
Intérêt
60
%
Son
85
%
Graphisme
87
%
Animation
68
%
Maniabilité
77
%
Intérêt
60
%
LES PLUS
  • Le jeu existe
  • Beau et détaillé
  • Système de commerce très (trop ?) poussé
LES MOINS
  • Technique en berne et vieillotte
  • Héros trop naïf
  • Ne conclue rien... et peu d'espoir d'un Shenmue IV
75
%
CA PASSE BIEN

    Laisser un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

    Merci d'avoir soumis votre commentaire !

    nos dernieres actus