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Critique Cinoche : Secret Level (Saison 1) – Vibrant hommage au Jeu Vidéo ?

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

C’est sous la direction de Tim Miller (Deadpool, Terminator Dark Fate) et Amazon MGM Studio que les 15 épisodes qui composent l’anthologie « Secret Level » ont vu le jour. Chacun de ces segments revient sur une licence du jeu vidéo et y puise l’inspiration pour un court-métrage courant entre 15 et 20 minutes. En résulte une première saison – diffusée en deux fois – qui explore d’une manière inédite notre média favori.

Yaeck et Renard vont, dans les lignes qui suivent, revenir brièvement sur chacun des épisodes et nous livrer leurs appréciations, avec parfois des ressentis bien différents…

DONJONS & DRAGONS : le Berceau de la Reine par Unit Image

Pas simple de condenser en une quinzaine de minutes toute l’essence de la célèbre licence de jeu de rôle. Le récit est forcément hyper serré et la quête assez sommaire, bien que plutôt bien amené. Les personnages sont bien campés et basés bien évidemment sur les archétypes du genre. Sympathique bien qu’un peu nébuleux.

Cette vision de « Donjons & Dragons » pose une ambiance médiévalo-fantastique magnifiquement rendue, avec des clins d’œil aux classiques du genre. Les décors rappellent les illustrations des manuels de jeu de rôle, et les dialogues sont ponctués de références subtiles aux campagnes légendaires de « D&D », ce qui me fait énormément penser à  Critical Rôle et sa série la légende de Vox Machina.

SIFU : Le Prix d’une Vie par Digic Pictures

Tout le concept du jeu de Sloclap en une histoire de moins de 10 minutes. Oui le héros gagne de l’expérience mais vieillit à chaque fois qu’il meurt. Ça se tient bien, c’est visuellement beau, c’est efficace, la mise en scène est pêchue – à l’image du jeu – et la conclusion un brin amère…

Dans « Sifu : Le prix d’une vie », un jeune combattant, consumé par la vengeance, découvre le véritable coût de son obsession. L’esthétique s’inspire des films de kung-fu des années 70. Les décors urbains, aux néons éclatants, évoquent le cinéma de Hong Kong, tandis que la bande-son dynamique renforce l’immersion, tout ça mélangé à la sauce John Wick.

NEW WORLD : Un Roi en Devenir par Unit Image

Graphiquement bluffant, surtout les visages. Basé sur un jeu dont j’ignorai jusqu’à l’existence. Le seul épisode de tout le lot qui apporte de l’humour et de l’autodérision, ce qui le démarque clairement des autres. Ça et son final où le héros comprend une leçon importante, qui l’amène à évoluer pour un plan final lumineux et plein d’espoir.

Cet épisode présente un roi conquérant échoué sur une île mystérieuse, sans armée ni repères. L’ambiance mystique de l’île crée une atmosphère intrigante. Les références à la littérature d’aventure classique sont omniprésentes, rappelant des œuvres comme « L’Île au trésor » avec une grosse dose d’humour quand même.

UNREAL TOURNAMENT : Xan par Blur Studio

Partant de très très loin – une révolte de robot sur une lointaine planète minière – de manière très surprenante pour finir par se retrouver pleinement dans l’univers d’Unreal, cet épisode adapte très surprenamment bien les codes du maître des Fast-FPS. Il s’agit en fait d’une préquelle aux jeux…« TIR À LA TÊTE ! »

Dans « Unreal Tournament », une révolte robotique dans une battle arena. L’esthétique futuriste, avec ses décors high-tech rendent clairement hommage aux jeux de tir des années 2000, avec une grosse ambiance de gladiateurs romains, le tout en 2235.

WARHAMMER 40,000 : Ils ne connaîtront pas la peur par Blur Studio

Houlà ! Warhammer 40 000. Tout un programme que cet épisode va égrener sans sourciller. Les Spaces Marines sont classes. Les Spaces Marines n’ont peur de rien. Rien n’arrête les Spaces Marines. N’en reste pas moins une adaptation à l’ambiance étrange, bien loin de l’attendu…

« Warhammer 40,000 » nous transporte dans un futur sombre, où un guerrier génétiquement modifié pourchasse un sorcier mutant. L’ambiance oppressante, avec des décors gothiques et des champs de bataille dévastés, reflète parfaitement l’univers de Warhammer. Les armures détaillées et les créatures monstrueuses sont un régal pour les fans de la franchise, de la pure Dark SF.

PAC-MAN : Cycle par Illusorium

L’épisode charnière. Celui qui va faire que vous adhérer ou non à la vision globale de Secret Level. Et c’est donc là que j’ai vraiment commencé à en avoir marre du ton de la série. Toujours sombre, toujours cynique, toujours désespéré et violent. Pour parler de ce Pac-Man à la sauce « Monstre de l’espace », c’est pour moi un hors sujet total, une relecture insensée d’un jeu coloré, fun et joyeux. Une aberration, ni plus ni moins.

« PAC-MAN : Cycle » offre une relecture surprenante du jeu d’arcade classique, avec une entité piégée dans un labyrinthe, pourchassée par des fantômes. L’esthétique rétro-futuriste, avec des néons et des effets visuels psychédéliques, évoque les années 80. Les créateurs ont intégré des sons 8-bit originaux pour renforcer la nostalgie. Un cri d’amour à la mouvance qui fit émerger Métal Hurlant ou les Humanoïdes associés.

CROSSFIRE : Les Bons et les Méchants par Platige Image

Encore un jeu complètement inconnu pour moi. On suit deux escouades, l’une devant convoyer un gars et sa mallette jusqu’à la frontière, une autre devant l’empêcher. On découvre les deux camps, chacun persuadé d’œuvrer pour le bien. Pour une conclusion aussi déprimante et amorale que les autres…

Pas grand-chose à rajouté à l’avis de mon compère rédacteur : du panpan à la call of avec une morale de fin facile et qui ne sert strictement à rien.

ARMORED CORE : L’homme et la machine par Digic Pictures

Avec Keanu Reaves. C’est donc forcément cool n’est-ce pas ? Et bien non en fait. Une fois de plus très noir, rempli de ce cynisme omniprésent et avec des enjeux auxquels on ne comprend rien. Les combats aériens sont bien mis en scène, et j’ai réfléchi 5 minutes pour trouver quoi dire de positif sur cet épisode en vérité sans le moindre intérêt.

Ah, Keanu Reeves aux commandes d’un mecha boosté aux stéroïdes cybernétiques, c’est vrai que ça a de quoi faire rêver… ou grincer des dents, selon votre attachement à la saga Armored Core. Cet épisode, bien que visuellement sombre et chargé d’ambiance, semble effectivement manquer de profondeur pour les fans aguerris. Mais on ne peut nier l’effort de Keanu, qui livre une performance marquée par une rotule brisée, ajoutant une touche authentique à son personnage de pilote à bout de souffle. Résultat : un Neo qui jongle entre Cyberpunk 2077 et un Evangelion en panne. Pas transcendant, mais respect pour la dédicace au style « jusqu’au-boutiste ».

THE OUTER WORLDS : Loin des yeux, près du cœur par Goodbye Kansas Studios

Que de soupirs au cours du visionnage de ces 18 minutes. Cette fois c’est bon l’atmosphère et la vision du jeu vidéo développé dans « Secret Level » me gave au plus haut point. Et ce n’est pas cette succession de scènes d’une perfidie absolue – maculée d’une naïveté effarante – qui me feront changer d’avis…

The Outer Worlds est un jeu auquel j’ai très peu joué, mais je dois reconnaître que l’ambiance mise par la série y est. L’épisode de Secret Level, en revanche, est pour moi beaucoup trop téléphoné. Une morale sur le bien et le mal bien trop facile. Et on devine la fin au bout de 5 minutes…

MEGA MAN : Naissance d’un héros par Illusorium

Le petit robot de Capcom pointe le bout de son nez dans ce qui est le plus court des épisodes – à peine 5 minutes !! En vérité un Teaser de Luxe pour vérifier la faisabilité d’un long-métrage sur le Blue Bomber. Quoique – une fois encore – trop sérieux il reste pour moi la seule chose valable de cette première saison. Par contre les dialogues sont ignobles (le « Je suis désolé… » répété en boucle…).

Le petit bonhomme bleu avec lequel j’ai ragé sur ma manette il y a quelques décennies ! Adapté dans cet épisode très enfantin avec une ambiance très manga des années 80/90, ça passe plutôt bien pour ma part. On y retrouve les codes du jeu, mais on reste sur sa faim, et c’est bien dommage.

EXODUS : Odyssée par Blur Studio

Une histoire basée sur la relativité du temps et de l’espace entre un père et sa fille très tirée par les cheveux mais qui si on accepte le principe s’en sort plutôt bien. Même si une fois de plus on reste sur une sensation globale pessimiste quand tombe le générique.

EXODUS : Odyssée, que dire de cet épisode… De la SF bien actuelle traitant de la courbure de l’espace-temps dans l’univers, le tout mélangé à une course effrénée boostée par l’amour paternel. Trop court, mais très esthétique.

SPELUNKY : Tally par Illusorium

Sans doute celui qui se distingue le plus visuellement parlant (dans le style d’Arcane). Malgré son ambiance plus « funky », on reste dans une atmosphère violente et brutale. On y perçoit tout de même la reconnaissance de la persévérance et de l’apprentissage par l’échec. La mise en image du « Die & Retry » en quelque sorte…

L’épisode SPELUNKY, comme le souligne mon collègue, est très, très « Arcane » au niveau graphique. Une petite Indiana Jones coincée dans une boucle d’aventures, qui devra trouver au plus profond de soi-même la solution pour sortir de ce piège. Très enfantin, mais j’ai passé un bon moment, sans prise de tête.

CONCORD : La Saga de L’Implacable par Axis Studios

Voilà donc tout ce qu’il restera de Concord : un court-métrage très cool d’un quart d’heure. Enlevé et coloré, personnages sympathiques, récit clair et sans temps mort… avec des twists, des révélations et même un cliffhanger sans oublier un dernier plan malin, on trouve là de toute évidence un des meilleurs épisodes de Secret Level, rien de moins.

Cet opus sur Concord est une pâle copie des Gardiens de la Galaxie… Désolé, je ne trouve rien d’autre à dire.

HONOR OF KINGS : Ainsi vont les choses par Digic Pictures

Ha ! Enfin quelque chose d’original avec ce jeune homme partant affronter l’IA contrôlant une ville vivante en déliquescence. Tiré d’un jeu dont j’ignorai l’existence (un MOBA apparemment) je dois bien avouer avoir été fortement marqué par cette histoire surprenante reprenant un peu l’idée de la partie d’échecs (ici un jeu de Go, je crois bien…) entre l’homme et la machine. Le décorum inspiré de la Chine Antique ne fait que renforcer ma sympathie pour cet épisode.

Avec toute honnêteté, un de mes épisodes préférés qui nous plonge dans un univers dystopique aux relents de Chine médiévale futuriste. Un scénario au top qui a le don de faire réfléchir et surtout qui ne nous laisse pas sur notre faim.

PLAYTIME : Accomplissement par Digic Pictures

Très étrange au visionnage car il s’agit de fait d’une publicité pour la Playstation  reprenant un peu le concept de « Ready Player One ». On y vante la valeur du ludique et de l’importance de sortir des sentiers battus dans une société formatée. Rien que de très basique en fait.

PLAYTIME reprend tous les codes de Ready Player One, avec d’autres personnages. Si on regarde ça avec de la nostalgie on y prend du plaisir. Sinon pour les autres, passez votre chemin.

BILAN

Yaeck : Mon avis général sur Secret Level est en fait très simple : cette vision du jeu vidéo me sidère. Baigné dans une noirceur insondable, dans un cynisme crasse, dans une violence et un gore constant, ce qui ressort principalement de ces quinze épisodes ne délivre pas un message très positif du média vidéoludique. Et fort heureusement, le jeu vidéo ce n’est pas ça. Du moins pas uniquement ça. C’est donc cette absence de diversité de ton que je regrette profondément dans cette première saison. Un ton bien trop pessimiste qui à mon sens dessert le jeu vidéo plus qu’autre chose…

Si une deuxième saison se fait – comme annoncée – elle devra impérativement s’ouvrir à des récits plus enjoués, plus lumineux. C’est impératif si la série ne veut pas devenir le porte-étendard de la caricature qu’en font à longueur de temps les médias généralistes. Non le jeu vidéo n’est pas que guerre, violence, haine et gerbe de sang…

 

Renard : La série Secret Level sur Amazon Prime, c’est un peu comme une manette défectueuse : ça démarre bien, mais plus on avance, plus ça bug. Chaque épisode ressemble à un clin d’œil à un jeu vidéo culte, avec des références plus ou moins subtiles, mais l’intrigue finit souvent par se perdre dans une sorte de glitch narratif.

Visuellement, la série a de l’allure, un peu comme une cinématique d’intro qu’on adore revoir, mais dès qu’on met le pied dans l’aventure, c’est comme si on était coincé dans une boucle de Dark Souls… en mode facile. Si tu es un gamer pur et dur, tu trouveras sûrement l’ambiance « old school » assez charmante, mais le tout manque cruellement de profondeur.

Au final, Secret Level est un peu comme cette mission secondaire qu’on accepte sans vraiment y croire : ça te fait passer un bon moment, mais quand tu vois les crédits de fin, tu t’interroges un peu. Est-ce qu’on a vraiment découvert quelque chose d’important ? Ou est-ce juste un DLC de plus dans un monde saturé de contenu ? Allez, on ferme la console et on espère un patch pour la saison 2.

À bon entendeur, Mr Miller et Mister Renard

AVIS DE LA REDAC

Alors, faut-il voir "Secret Level" ? Oui quand même, surtout pour les joueurs de jeu vidéo qui auront là l'occasion de voir 15 courts-métrages adaptant leur média favori. Cela pourra toutefois être surprenant et pas forcément une expérience très joyeuse ou philosophique. Chacun pourra quand même y trouver son compte dans l'un ou l'autre des épisodes, tous aux qualités diverses. Visuellement en revanche c'est un sans faute et quelques segments laissent même ébahis devant la prouesse technique accomplie.

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • Impressionnant visuellement
  • À chaque épisode un nouvel univers
LES MOINS
  • Ambiance générale trop sombre
  • Manque de profondeur
70
%
CA PASSE BIEN

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